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 Il ne suffit pas toujours d’écouter pour entendre [Pv Lu Zaizhuan]

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Lu Zaizhuan
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas toujours d’écouter pour entendre [Pv Lu Zaizhuan]   Mar 24 Nov - 15:21

Xing He lui disait d’oublier, et il avait probablement raison. Il ne servait à rien de se tourmenter pour un simple rêve, entraperçu au détour d’une rue, une fraction de seconde... un simple regard échangé. Un coup de foudre, ni plus ni moins. Xing He était une personne sage, presque trop : détaché du monde, le Premier Ministre de Funan méritait son surnom de Dragon des Montagnes. Le dieu tutélaire de Funan n’aurait pu être plus éloigné des considérations des Hommes. Mais malgré toute sa sagesse, le meilleur ami de Lu Zaizhuan ne pouvait imaginer que le mal dont souffrait son seigneur était bien plus profond qu’il ne le pensait. Ce n’était pas une passade, ni un caprice. En deux ans, les sentiments se seraient affaiblis. Ils auraient même complètement disparu. Dans les bras d’une femme aussi belle que Leng Bing Xuan, comment un homme n’aurait-il pas oublié un désir fugace ? Non, ce que Lu Zaizhuan éprouvait était bien plus sérieux que cela.
Tourmenté, blessé, le seigneur de Funan tournait dans ses appartements comme un lion en cage. Il n’ignorait pas les rumeurs qui disaient qu’il était faible, qu’il était pris d’un mal qui l’empêchait de diriger Funan comme un roi aurait dû le faire. Le pire, c’était peut-être qu’il en était conscient lui-même. Mais ce n’était pas tant l’absence cruelle de Qing Yi qui lui rongeait le cœur, mais l’impression terrible de trahir les attentes de son peuple. À trop rêver d’un habitant du pays ennemi, ne se comportait-il pas comme un espion ou un traître ? Et... n’était-ce pas contre-nature ? Les dieux lui pardonneraient-ils sont amour pour un homme ? Lui, le seigneur de Funan, avait la responsabilité de donner un héritier au royaume. Il n’était plus certain d’en être capable. Il n’avait pas rendu visite à Leng Bing Xuan – ni à aucune autre de ses concubines – depuis des semaines. Cela ne tarderait pas à renforcer les rumeurs, lorsqu’on le saurait.
Pris au piège et tiraillé entre ses devoirs et ses sentiments, Lu Zaizhuan ne voyait plus la moindre aide en qui que ce soit. Il ne pouvait plus se confier à Xing He, c’était certain. Personne au palais ne l’écouterait. Lu Jin, qui haïssait Sizheng plus que quinconque, ne pourrait pas comprendre ce qu’il ressentait. Elle le détesterait certainement, si elle venait à apprendre qu’il aimait Qing Yi. Alors que pouvait-il faire ? Désespérer, seul, en attendant que les choses se calment et que son cœur s’apaise ? Non, ce n’était ni son habitude ni son désir. Il ne voulait pas oublier. Il ne voulait pas se morfondre. Il avait besoin de réponse, et la seule personne à pouvoir sans doute les lui apporter était ici, à Funan.
Sans plus attendre, Lu Zaizhuan quitta ses appartements. Aussitôt, deux hommes de sa garde personnelle prirent sa suite ; il ne leur accorda aucun regard. Assurer la sécurité d’un seigneur sur lequel on murmurait des ragots, dans l’ombre de la Cour, était pour eux une priorité, mais Lu Zaizhuan ne craignait pas d’être attaqué. Il avait déjà été sur le champ de bataille : il avait su y survivre, un assassin ne lui faisait pas peur. On lui conseillait désormais de s’armer pour sortir. Précaution inutile. Le jeune homme portait en permanence un sabre court à la ceinture et un poignard dans sa botte. Il avait déjà dû essuyer des attaques auparavant. Un complot contre lui, vrai ou supposé, ne serait qu’un de plus parmi ceux passés et à venir.
En cette fin de journée, alors que le soleil s’apprêtait à descendre à l’ouest des montagnes de Funan, les rues de la ville étaient encore animées. On ne le retint pas, cependant. Le peuple aimait son seigneur mais la déférence était trop grande pour qu’ils osent s’approcher plus que de raison. On s’inclinait, on s’agenouillait, on saluait, mais on ne s’interposait pas. Lu Zaizhuan se dirigea à grands pas vers le temple du Dragon des Montagnes. La prêtresse était sans aucun doute la seule à pouvoir apporter des réponses à son seigneur, à présent. Lu Zaizhuan n’avait jamais été plus dévôt qu’un autre, mais il respectait les croyances de son peuple et vénérait tout autant que lui leur divinité tutélaire.
À son entrée dans le Temple, des moines vinrent l’accueillir avec la courtoisie qu’exigeait son rang.

« Je souhaite voir la Prêtresse », annonça-t-il sans ambages.

On s’inclina. Le souhait d’un seigneur était un ordre : à moins d’avoir une bonne raison, on ne pouvait lui refuser ce droit. Lu Zaizhuan n’abusait jamais de son autorité, mais il savait se faire obéir. C’était sans doute pour cette raison qu’il n’était pas encore mort...

« La Grande Prêtresse boit le thé en ce moment-même, Votre Majesté, lui répondit l’un des moines. Je vais immédiatement l’informer de la présence de Votre Majesté. »

Lu Zaizhuan ne répondit pas. Il n’aimait pas les débordements de politesse, d’ordinaire. Il s’était toujours senti plus à l’aise sur les champs de bataille, où son rang n’avait plus guère d’importance, que dans les milieux politiques où le paraître était bien plus prisé que tout le reste. Il patienta dans l’entrée, jusqu’à ce que le moine revienne :

« La Grande Prêtresse va recevoir Votre Majesté. »

Sans un mot de plus, il entraîna Lu Zaizhuan dans les couloirs du Temple, jusqu’à une porte qu’il entrouvrit, avant de s’incliner profondément. Lu Zaizhuan passa devant lui et pénétra dans la pièce. L’intérieur était silencieux, apaisant. Le seigneur de Funan se sentit aussitôt à son aise. La Grande Prêtresse, agenouillée sur le sol, tenait une tasse de thé dans ses mains ; Zaizhuan s’inclina devant elle.

« Je vous remercie de bien vouloir me recevoir à cette heure, Noble Prêtresse, dit-il avec respect. Pardonnez-moi de venir vous importuner pendant votre repos, mais j’ai grand besoin de vos conseils. »

Il resta penché, humble et contrit. Oui, les conseils seraient plus que bienvenus. Même si Lu Zaizhuan n’était pas désireux d’entendre les mêmes réponses que celles données par Xing He, il avait besoin d’entendre une voix extérieure, amie, sincère et discrète, sur les souffrances qui étreignaient son cœur.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas toujours d’écouter pour entendre [Pv Lu Zaizhuan]   Sam 28 Nov - 21:36

Il s’agenouilla face à elle, silencieux. La Prêtresse du temple de Funan était une femme d’une grande beauté. Une personne telle qu’elle aurait pu séduire n’importe lequel des hommes du pays, sans doute même un homme de la Cour. Un prince, peut-être. Il était étonnant qu’une femme telle que celle-ci eut choisi de devenir prêtresse. Sa famille n’avait-elle donc aucune ambition ? Ils auraient eu beaucoup à gagner en l’offrant en mariage un noble de Funan. Enfin... il ne lui revenait pas de donner son opinion. Peut-être n’avait-elle simplement pas eu le choix. Il n’était pas le seul à ne pas pouvoir décider de ce qu’il voulait vraiment faire.
Il remercia pour la tasse de thé, d’un simple hochement de tête. À dire vrai, cette situation l’embarrassait. Que devait-il faire ? Se confier ? Il n’était pas de ce genre-là. Il avait hésité à parler à Xing He et Lu Jin elle-même ignorait tout de son amour pour Qing Yi. Les derniers échanges qu’il avait eus avec son Premier Ministre à ce sujet avaient été comme une douche froide : Xing He s’était montré sans compassion, aussi froid et implacable qu’il l’était sur le champ de bataille. Lu Zaizhuan en avait été désemparé. Si son meilleur ami ne comprenait pas ses sentiments ni ne cherchait à lui apporter le moindre réconfort, personne d’autre ne le ferait. Il ne savait plus vraiment pourquoi il était venu au Temple. Sur le moment, cela lui avait paru être une bonne idée. À présent, il n’était plus vraiment convaincu.
Refermant ses doigts autour de sa tasse de thé, le roi de Funan fixa son regard sur le liquide fumant, comme s’il y cherchait une réponse qui ne viendrait pas. Maintenant qu’il était là, ça ne servait à rien de tourner autour du pot. Qui sait, peut-être serait-elle de bon conseil...? Ou aussi sage que Xing He, ce qui n’était pas pour rassurer Lu Zaizhuan. L’invitation de la prêtresse à lui parler le tira de ses pensées. Il releva la tête vers elle et inclina la tête.

« Noble Prêtresse, les raisons pour lesquelles je viens vous voir sont... très personnelles. J’ai foi en votre discrétion et en votre sagesse. »

Il but une gorgée de thé, plus pour se donner du courage que parce qu’il avait réellement soif.

« Mon cœur est en proie aux pires tourments. Je suis partagé entre mon devoir envers Funan et le désir que j’éprouve... Noble Prêtresse, vous n’êtes sûrement pas sans avoir eu vent des rumeurs qui courent à mon sujet. On dit... On dit que j’ai été séduit par un comédien de Sizheng. Ces derniers temps, même moi j’ai eu vent de ces mots. »

Il sourit, mais ce sourire n’avait rien de joyeux. Loin s’en fallait. Son cœur se serrait à l’idée que des rumeurs sur sa faiblesse puissent courir à la Cour. Si ces histoires venaient dans des oreilles mal intentionnées, il risquait de perdre son trône – le trône de sa famille, que son sang lui avait fait gagner, pour lequel son père s’était sacrifié – mais aussi sa tête. On risquait de le tuer, de l’humilier. Qing Yi lui-même y laisserait peut-être son honneur. Sa main se serra sur sa tasse de thé ; la chaleur qui brûlait sa main était une douleur bien faible comparée à celle qui le poignardait jour après jour.

« Noble Prêtresse... ces rumeurs sont vraies, finit-il par avouer. Je sais qu’en tant que seigneur de Funan, je ne peux pas me laisser aller à ces sentiments, mais... je n’arrive pas à me raisonner. Que dois-je faire ? Que me conseillez-vous, pour purifier mon âme ? »

Il s’attendait à tout. Il avait déjà tout entendu. Xing He lui avait maintes fois conseillé d’oublier Qing Yi, et Lu Zaizhuan savait qu’il n’avait pas tort. Funan et Sizheng s’affrontait depuis si longtemps que plus personne ne savait exactement quand le conflit avait commencé, ni pourquoi, mais ils étaient ennemis. Les horreurs perpétrées par les soldats de Sizheng envers le peuple de Funan ne pouvaient être pardonnées. Et Lu Zaizhuan connaissait son devoir : il devait donner un héritier à son peuple, et Qing Yi était un homme. C’était contre nature... Comment pouvait-il seulement y penser ?
Son cœur se serra à nouveau. Baissant la tête, il posa la tasse devant lui. S’il devait passer une semaine seul dans la montagne pour être pardonné, il le ferait sans la moindre hésitation. S’il devait prier le Dragon de Funan jusqu’à ce qu’un signe lui parvienne, lui montrant qu’il ne craignait plus la colère de son dieu, alors il s’exécuterait. Il posa ses mains sur le sol, devant lui, et se pencha en avant pour s’incliner devant la prêtresse. Sa voix ne tremblait pas lorsqu’il parla à nouveau :

« Je n’ai plus personne à qui me confier, Noble Prêtresse. J’écouterai vos conseils et je ne les discuterai pas. »

Le visage de Qing Yi était derrière ses paupières closes, mais il tenta de ne pas y prêter attention. Il ne serait jamais capable de l’oublier... mais si on lui demandait de faire semblant, de mentir, peut-être y parviendrait-il. À moins que ce ne fut qu’une odieuse façon de se convaincre, alors qu’il savait pertinemment que c’était perdu d’avance.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas toujours d’écouter pour entendre [Pv Lu Zaizhuan]   Mar 8 Déc - 12:56

Alors, il n’y avait aucune solution. Malgré toute sa bonne volonté et les bons conseils qu’on voulait bien lui prodiguer, il n’y avait pas de réponse toute faite. On ne lui disait ni de suivre son cœur ni d’écouter sa raison. Comme toujours, c’était à lui, le roi, le seigneur, de se débrouiller et de prendre toutes les décisions par lui-même. Le Dragon de Funan ne lui apportait aucun soutien et ne le condamnait pas non plus. La Prêtresse, qui s’exprimait en son nom, n’indiquait rien au roi qui eut pu lui servir d’ancrage. Amer, déçu, Lu Zaizhuan baissa la tête et serra ses mains autour de sa tasse brûlante. Il n’était venu chercher qu’une piste. Il savait ce que lui dictait sa raison, il savait ce que désirait son cœur. Ce qu’il ignorait, c’était ce qu’il fallait choisir.
Il resta quelques secondes silencieux, le temps de digérer l’absence de réponse claire et la colère sourde qui agitait son esprit. Il pouvait sentir le sang affluer et battre contre ses tempes, les muscles de sa mâchoire se contracter, son cœur s’emballer et ses mains trembler. Lorsqu’il se crut enfin maître de ses émotions, il redressa la tête, et son regard pourpre croisa celui de Xiao Lin. La jeune femme attendait ses réactions, guettait le moindre sentiment sur son visage. Lu Zaizhuan hocha lentement la tête.

« Je vois, dit-il, et sa voix fut étonnamment ferme et grave en comparaison du trouble qui l’agitait. Ainsi, il ne tient qu’à moi de choisir. Encore une fois, tout repose uniquement sur moi. »

À quoi s’était-il attendu ? Qui prendrait les décisions pour lui ? Son père n’avait jamais fait preuve d’autant de faiblesse. À Funan, on commençait à parler de complots pour renverser celui qui n’avait ni la carrure ni la force d’un véritable seigneur. Lu Zaizhuan était sans doute indigne de la chance qu’il avait...
Au palais, il avait des concubines dévouées, dont la beauté était telle qu’elles en étaient les perles de Funan. Leng Bing Xuan l’aimait plus que tout ; combien de fois le lui avait-elle exprimé ? Il lui suffisait de la rejoindre pour connaître le plaisir et la tendresse. Elle aurait fait une reine parfaite, s’il avait pu la choisir. Ce n’était même pas ce qu’elle attendait. Tout ce qu’elle voulait, c’était de l’amour, en retour de celui qu’elle lui offrait. Et il n’était même pas capable de le lui rendre, égoïste, tordu qu’il était. Il avait fallu qu’il s’éprenne d’un homme, et sans doute du seul qu’il ne serait jamais en mesure d’avoir. D’autres seigneurs de Funan avaient eu des « concubins », mais tous avaient eu le bon sens de choisir des garçons de leur Royaume et non ceux du Royaume ennemi. Sizheng ! La trêve était peut-être acceptée depuis deux années, mais ce n’était pas une paix, loin de là. Le moindre faux pas reviendrait à relancer la guerre comme si rien n’avait changé. Mais en définitive, rien n’avait réellement changé. S’il enlevait Qing Yi, ce serait provoquer la colère de Wang Li Mei... et elle n’aurait pas tort. Le peuple de Funan se retournerait alors contre lui pour avoir osé relancer la guerre et leurs malheurs.

« La légende n’est qu’une légende, n’est-ce pas ? poursuivit-il après avoir bu quelques gorgées de thé. On ne peut croire que le prince de Funan et la princesse de Sizheng s’aimaient réellement, et que la guerre ait continué tout ce temps malgré cela. Comment les Dragons auraient-ils pu laisser une telle chose se faire, si la légende était vraie ? »

Et pourtant, en son for intérieur, il ne pouvait s’empêcher de comparer son histoire avec celle de la légende. Le roi de Funan, amoureux de l’étoile de Sizheng... Ah, si seulement Qing Yi avait pu l’aimer, lui aussi ! Tout aurait été tellement plus simple. Il n’y aurait pas eu d’enlèvement, juste un... mais non, c’était impossible. Le peuple de Funan ne pourrait pas accepter.

« Ainsi, vous me conseillez de me montrer plus fort, Noble Prêtresse ? Si je domine ma crainte et que je suis mon instinct, je perdrai où mon trône ou ma vie, où... cette personne. Je risque de la mettre en danger ou de mettre Funan en danger. Si j’étais un simple soldat, le problème ne se poserait pas... »

Il n’y aurait aucune réponse possible, et il le savait. Gao Xiao Lin avait beau être sage et lui prêter une oreille amicale, elle ne pourrait pas le conseiller comme il l’espérait. En vérité, il était le seul à pouvoir choisir son avenir et à prendre la décision. Personne ne pourrait décider pour lui. Et s’il n’avait pas les épaules pour faire ce choix, il n’était probablement pas digne d’être souverain de Funan.
Une seule solution s’imposait à lui – une solution que Xing He n’apprécierait pas, lorsqu’il apprendrait les desseins de son seigneur et ami. Revoir Qing Yi au moins une dernière fois serait la seule façon de savoir si oui ou non ses sentiments étaient partagés et si se battre pour réaliser ses désirs avait véritablement un sens. Ce serait dangereux, douloureux, sans doute, mais il n’avait pas vraiment d’autre choix. Entre mettre sa vie, celle de Qing Yi ou son Royaume en jeu, il ne pouvait que se diriger vers une seule alternative. Sa vie n’avait que peu de prix. S’il était capturé à Sizheng et tué, Lu Jin deviendrait reine, et il savait qu’elle brûlait de trouver une excuse pour provoquer la guerre. L’assassinat du roi de Funan serait un argument valable.

« Je pense savoir ce qu’il me reste à faire, Noble Prêtresse. Puis-je avoir votre bénédiction, néanmoins ? Le soutien du Dragon de Funan me sera sans doute plus que nécessaire... »

Il se pencha en avant, s’inclinant devant Xiao Lin, et attendit humblement sa réponse.

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas toujours d’écouter pour entendre [Pv Lu Zaizhuan]   Mer 30 Déc - 0:23

La Prêtresse du grand Dragon des Montagnes n’avait pu l’aider, mais au moins, elle lui avait accordé sa bénédiction. Lu Zaizhuan se sentait vide et fatigué. Ce sentiment irait en s’accroissant, jusqu’à ce que, dans les jardins de son palais, il se décide à se mettre en route, mais pour le moment, il laissait le seigneur de Funan seul avec ses interrogations. Il n’y aurait pas de solution divine, pas de réponse toute faite. Il était le seul à pouvoir trouver ce qu’il cherchait. Ramènerait-il Qing Yi à Funan, au risque de provoquer la guerre, ou se contenterait-il de le regarder de loin à une représentation de l’Opéra, il l’ignorait encore. Mais il devait obtenir une réponse, et celle-ci ne se trouvait qu’à Sizheng.
Xiao Lin semblait croire que le peuple et la Cour accepterait son amour pour le comédien, mais c’était une utopie. Personne ne pouvait décemment accepter que le roi se soit épris d’un homme, pire : d’un homme de Sizheng. Il devait donner un héritier au trône. Qing Yi ne pourrait jamais lui apporter cela, aussi magnifique fut-il dans les rôles féminins. Il ne serait jamais une reine, jamais accepté. Il était un homme de Sizheng, et malgré l’amour inconditionnel que lui portait Zaizhuan et sa célébrité par-delà les frontières de son Royaume, rien ne lui rendrait grâce aux yeux des habitants de Funan.
Il se leva à son tour. La souffrance qu’il ressentait ne s’atténuerait pas aujourd’hui. Il lui fallait faire preuve... de « patience ». Ce simple mot le mettait hors de lui, chaque fois qu’il l’entendait. Comment pouvait-il être plus patient qu’il ne l’était déjà ? Il se consumait depuis deux ans, deux longues années à voir en rêve, nuit après nuit, ce visage qu’il avait juste entraperçu. Qing Yi était une légende même ici. Peut-être était-ce stupide de s’accrocher à ce rêve. Le comédien pouvait avoir tout ce qu’il désirait : il était tellement célèbre qu’il avait le rang d’un prince à Sizheng. La reine elle-même le traitait certainement avec respect. Homme ou femme, Qing Yi n’avait qu’à faire un geste pour obtenir la personne qu’il désirait. Alors que pouvait-il bien en avoir à faire, d’un homme à peine entrevu deux années auparavant ? Lu Zaizhuan serra les poings. Non. Il ne devait pas raisonner ainsi. Il n’y avait qu’un moyen de savoir.

« Vous avez fait beaucoup, au contraire, mentit-il avec conviction. Je comprends maintenant ce que je dois faire. »

Il s’inclina profondément, ses longs cheveux glissant sur ses épaules musclées. À présent, il ne pouvait plus compter que sur lui seul. Ni la Prêtresse, ni son Premier Ministre, ni sa sœur bien aimée, personne ne pouvait l’aider.

« Je vous prie de bien vouloir m’excuser, ma dame, de vous avoir dérangée ce soir pour de si piètres intérêts. Je ne vous dérangerai pas plus longtemps. »

Si cela en valait la peine ? Autant demander à la terre si la pluie lui était utile. Autant demander aux poissons si l’océan leur était précieux. Autant demander aux Hommes si l’oxygène servait à quelque chose. Il aimait Qing Yi plus que la vie. Il n’avait rien de plus précieux au monde, rien d’autre n’en valait la peine. Mais cela, personne ne semblait le comprendre. Cela avait peut-être l’air d’un caprice d’enfant gâté, de prince habitué à ce que tout lui soit dû, mais c’était beaucoup plus que cela.
Mais qu’importe ! Lu Zaizhuan n’attendait plus de conseil, ni de soutien. Il n’en aurait pas. Il ne blâmait personne, cependant. Les autres n’avaient pas à croire ni à lui apporter leur aide : c’était son fardeau, c’était son but. Lorsque Qing Yi et lui seraient réunis – s’il plaisait aux Dragons de les réunir – toutes les questions qu’il se posait trouveraient une réponse. Mais l’heure n’était plus aux interrogations. À présent, il devait méditer sur ce qu’il avait à faire, pour le faire bien, et vite.
Il s’inclina une dernière fois, puis quitta la pièce. Les serviteurs de la Prêtresse, qui attendaient, agenouillés dans le couloir, s’inclinèrent tous à son passage, le front appuyé sur le sol. Lu Zaizhuan ne leur accorda pas un regard. Pas par excès de vanité, non, mais parce qu’il était déjà absorbé par ce qui l’attendait.

« Ma dame, dit-il en se retournant une dernière fois. J’ai une dernière faveur à vous demander. Puisqu’il m’est nécessaire de faire certaines choses, pourriez-vous avoir la bonté de prier pour moi ? »

Puis il reprit son chemin. Son cœur était lourd, son esprit anxieux. Il avait encore à faire. Personne ne lui apporterait la moindre réponse, personne n’était en mesure de l’aider. Ou plutôt, une seule personne le pouvait.
Qing Yi.

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