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 La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]

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Lai Yao Shih
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MessageSujet: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 29 Nov - 2:15

Lai Yao Shih en avait assez de se tourner les pouces. Les deux royaumes étaient officiellement en trêve depuis deux ans. Toutefois, des deux côtés de la frontière, les troubles se multipliaient. Rien n’était officiellement déclaré, mais Yao Shih n’était pas dupe à ce point. Se sentant de plus en plus inutile, il avait décidé d’enquêter un peu à ça façon. Se rendre de l’autre côté de la frontière était hors de question, mais il y avait bien quelques endroits neutres qu’il pouvait fréquenter et glaner ici et là quelques informations qui pouvaient être utiles autant à lui qu’à son seigneur.

Tôt le matin, il partit à cheval en direction du village de Chenlan bordant la rivière Changmin. Il avait laissé derrière tout ce qui risquait de l’identifier comme étant un habitant de Sizheng. Il avait même opté pour des vêtements de basse qualité. Évidemment, le simple fait de posséder un cheval faisait de lui un homme financièrement confortable. Yao Shih espérait simplement qu’on ne se pose pas trop de question.

Le voyage jusqu’au village devait lui prendre environ une demi-journée. En chemin, il en profita un peu pour admirer le paysage. Sans aucun doute possible, son royaume était magnifique, mais si difficile à défendre. Tout était plat, rendant les déplacements beaucoup trop faciles. Avec un peu de détermination, l’armée ennemie n’aurait aucune difficulté à se rendre jusqu’à la capitale et ainsi tout balayer sur son passage. C’est à se demander pourquoi un royaume avait été fondé dans un endroit pareil. D’un autre côté, c’était magnifique. D’un côté il pouvait voir la mer, source de vie et qui jour après jour, permettait aux hommes de son royaume de survivre. Tout près s’élevait la cité construite sur son aplomb rocheux. Quand le soleil était à son maximum dans le ciel, on avait l’impression qu’elle se mettait à scintiller. C’était magique, un spectacle qui éblouissait tous ceux qui le voyaient. Le point culminant était le palais qui surplombait le tout. Depuis la fin de la guerre, il n’y avait remis les pieds que pour faire son rapport sur les derniers combats. Il était encore affaibli par sa blessure à l’époque et malgré les interdictions des médecins, il avait insisté pour continuer ses activités habituelles. Il leur en voulait de ne pas l’avoir laissé mourir comme il le désirait. L’un d’eux avait même eu le culot de dire que s’il avait survécu, c’est qu’il voulait vivre. Que seule cette force pouvait expliquer sa guérison. En réponse, il avait reçu un coup de poing au visage.

Il arriva au village et le soleil était presque à son plus haut dans le ciel. Il alla confier son cheval à une écurie publique, payant un petit supplément pour s’assurer la discrétion du palefrenier. Un voyageur à cheval attirait toujours l’attention et il n’en avait pas besoin.

Le capuchon rabattu sur sa tête pour se protéger du soleil, il commença à arpenter les rues du village. À cette heure du jour, l’endroit était animé et les gens se tournaient sur son passage. Un homme grand, portant un capuchon, qu’il le veuille ou non il lui était impossible de ne pas attirer l’attention. « Arrêter de me regarder si vous ne voulez pas vous attirer des ennuis. » pensa-t-il en fusillant l’un des passants du regard.

Pour recueillir des informations, il devait se rendre dans des endroits achalandés où il pourrait écouter les conversations sans se faire remarquer. Il y avait la taverne, un lieu rêvé et en plus il pourrait y manger tranquillement. Il n’avait rien avalé depuis le matin et son estomac commençait à lui faire sentir. Il y avait aussi le marché public. Tiens, à lui rappelait quelque chose. La dernière fois qu’il était venu ici, il avait goûté à un fruit qu’il n’avait pas vu ailleurs. On lui avait dit que ça venait de Funan. Même si l’idée de consommer un truc venant de ce royaume ne l’enchantait guère, ça restait un fruit. Il prit aussitôt la direction du marché. En chemin, il bouscula durement un passant qui ne regardait visiblement pas où il allait, le nez plongé dans un livre. Yao marmonna de brèves excuses avant de continuer son chemin sans remarquer qu’il avait perdu sa petite dague… Celle qui avait achevé son amant. Elle était tombée sur le sol, au pied de l’homme qu’il venait de bousculer. Il ne s’en séparait jamais. Dès l’instant où il le remarquerait, il serait capable de retourner ciel et terre pour la retrouver.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 29 Nov - 14:45

Début d’après midi à Chenlan. Su se promenait doucement dans les ruelles de la ville, la redécouvrant. Il se souvenait avoir demandé, la veille à Xing He, l'autorisation d'aller à Chenlan pour pouvoir enfin éviter les tensions du royaume juste l'histoire d'une journée. Evidemment, en cette période de trêve, la présence du stratège n'était pas forcément obligatoire, et son ami avait accepté. Il se rendait aussi compte que Su n'était pas vraiment bien ces derniers temps et il était sûr qu'à Chenlan, il n'aurait pas de problème, étant sa ville natale.

C'est donc très tôt ce matin là que le stratège de Funan est parti en direction de Chenlan, sortant des vêtements que ses parents lui achetait au fur et à mesure qu'il avait grandit, pour qu'il puisse venir dans sa ville sans forcément montrer qu'il était de Funan. Une simple tunique, dans les tons pauvres, l'habillait et il avait décidé d'y aller à pied, pour ne pas trop se faire remarquer. Bien entendu connu comme il était, ce sera dur, mais il pouvait toujours essayer...

Tout le long du chemin, le tacticien ne songeait qu'à la situation du royaume. Peu simple, il sentait qu'à force d'attentats et de problèmes entre Funan et Sizheng, la guerre risquait de reprendre, avec de plus en plus de probabilité chaque jour qui passait. Il avait beau faire part de ses doutes à He, il savait bien que ce dernier ne pouvait rien y faire. Lui-même cherchait des moyens d'apaiser les tensions et n'y arrivait guère. Cela le contrariait au plus haut point, et c'est une des raisons pour lesquelles il avait décidé de retourner à ses sources, l'espace d'une journée.

Quand il arriva à Chenlan, directement il fut reconnu par plusieurs personnes. Ces dernières eurent la présence d'esprit de ne rien dire sur son allégeance, de rester discret dessus. Ils n'étaient pas sans savoir qu'entre Funan et Sizheng, les choses se gâtaient et ça risquait de mal finir. Par conséquent, la discrétion était une valeur de mise pour le moment, et ce jusqu'au traité de pays, s'il venait un jour.

Après avoir passé voir ses parents, où la visite fut aussi brève que courtoise, il alla flâner dans le marché de la ville, où il retrouva plusieurs de ses anciens "élèves". Ces derniers l'informèrent de la présence d'un étranger peu aimable dans le village.

"Peu aimable ?

- Oui, nous ne savons pas pourquoi il est venu, mais il a l'air véritablement peu aimable, il regarde tout le monde avec un de ces airs !

- Je vois..."

De naturel peu bavard, Su ne resta pas longtemps avec eux après cette nouvelle et continua son tour. Il savait qu'ils le lui en voudraient pas, ils le connaissaient après tout.

Dans un petit magasin du marché, il vit un livre qu'il n'avait pas vu dans la bibliothèque de Funan. Curieux de nature, il l'acheta et ne put résister à l'envie de l'ouvrir et le lire tout en marchant. Petit tic qui lui valut une nouvelle fois une collision. Il leva les yeux et prêta une plus grande attention à celui qui l'avait bousculé. Du moins assez pour remarquer qu'il ne s'était pas arrêté et avait juste marmonné des excuses qu'il semblait à peine penser.

C'est lui.

Oui, c'était lui l'étranger au village dont on lui avait parlé. Il baissa les yeux et découvrit une jolie dague à ses pieds. Sûrement cet hommes qui l'avait perdu en le bousculant. Il se baissa et la ramassa. Il l'examina un moment puis la mit dans son sac, se promettant de se souvenir de retrouver cet homme pour lui rendre son bien. Pour le moment, il l'avait perdu dans la foule et il devait continuer ce livre.

Un peu plus tard, il arriva à la taverne du village et commanda juste de l'eau, histoire de se reposer un peu.

"Et bien Su, Toujours de l'eau ?

- Oui, toujours de l'eau...

- Ah, tu changeras jamais hein !"

Le stratège ne prit pas la peine de répondre et but un peu de son verre d'eau. La porte de la taverne s'ouvrit et Su reconnu l'étranger à la dague. Se souvenant brusquement de l'objet qui était dans son sac, il la sortit et alla vers lui, surprenant la plupart des gens qui le connaissait.

"Excusez moi... vous avez perdu ça, tout à l'heure."

En lui tendant sa dague, il détailla l'homme qui lui faisait face. Plus grand que lui, il n'était pourtant pas beaucoup plus imposant. Il était plutôt beau et cette pensée surpris Su. C'était la première fois qu'il trouvait un homme beau, autre que son seigneur, même si là... ce n'était pas la même beauté...

"Vous êtes de passage à Chenlan ?"

Le ton était encore un peu froid, mais c'était plus par habitude que par réelle envie de laisser une distance plus que nécessaire entre lui et l'homme.


Dernière édition par Wei Su le Sam 5 Déc - 18:22, édité 1 fois
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 29 Nov - 19:50

Yao Shih disparu rapidement dans la foule dense du marché à la recherche du fameux étalage de fruits. Toutefois, plus il avançait dans la foule, plus il se rendait compte que les gens parlaient sur lui. Malgré tous ses efforts pour passer inaperçu, il n’était parvenu qu’à tout le contraire. Il faut dire qu’un homme de sa taille, habillé de noir avec un capuchon sur la tête. Il souhaitait cacher ses longs cheveux. Les gens de basses conditions les portent court, car ce n’est pas pratique pour travailler aux champs. Ainsi, on devinerait bien assez vite qu’il était un haut gradé et qu’il venait probablement d’un des deux royaumes. Ceux de Funan venu faire leurs petits trafics dans le coin réaliseraient assez vite qu’il n’est pas des leurs. Cela causerait sans doute quelques échauffourées, ce que Yao Shih souhaitait éviter pour l’instant. « La prochaine fois, je viendrai à pied même si je dois marcher deux jours et j’aurais des habits de miséreux. Ça fait trop longtemps que je n’ai pas quitté la cité. Je perds la main. » En fait, il avait l’impression de perdre la main sur à peu près tout. La veille, il avait failli se faire battre dans un combat amical contre une jeune recrue un peu trop ambitieuse.

Le marché était rempli d’animation. Il y avait une foule variée, mélangeants petits paysans qui venaient vendre leur précieux surplus de culture avec des marchands ambulants qui transportaient les richesses issues des contrées lointaines. Les produits frais de la terre rivalisaient avec des babioles exotiques de plus ou moins grande utilité. Un étalage de bijoux attira son attention. Il s’y arrêta un instant plus pour admirer la qualité de l’orfèvrerie que pour acheter, mais le vendeur sentait qu’il avait ferré un gros poisson.

— Ah, jeune homme. Nous avons de magnifiques bijoux pour votre épouse. Regardez ce collier.

Le petit homme bedonna et aux joues rougies par le vin lui présenta effectivement un beau collier fait d’or et de jade beaucoup trop cher pour la grande majorité de la population du village. Avait-il deviné son rang? Yao Shih plissa les yeux et répondit simplement.

— Je n’ai pas d’épouse.

— Mais pour votre fiancé alors. Avec un cadeau semblable, elle ne vous résistera pas très longtemps. Croyez-moi ! Il éclata de rire, mais Yao Shih se contenta de tourner les talons pour continuer sa route. Il n’avait pas d’épouse et pas plus de fiancés. Malgré ce qu’il avait imaginé, maintenant qu’il était ouvertement à la recherche d’une femme, elles ne se bousculaient pas à sa porte. Dans un sens, ça ne le dérangeait pas, mais d’un autre côté, il était vexé. Son attitude glaciale ne l’aidait surement pas.

Yao Shih n’avait pas fait une dizaine de pas qu’un jeune garçon le bouscula. À cause de la différence de taille, le gamin se retrouva sur le sol. Aussitôt, une voix de femme s’éleva au-dessus de la foule comme un coup de tonnerre.

– Hey, vous, empêchez cette vermine de fuir. Ce morveux m’a volé un pain.

Yao Shih grogna. Ne pouvait-il pas faire ce qu’il avait à faire sans être impliqué dans quoique se soit qui ne le regardait pas? Il se pencha et releva l’enfant en le soulevant par le bras. Il était chétif et mal nourri. Il pouvait avoir 10 ans, mais semblait en avoir tout juste 7. Ses vêtements étaient déchirés et puaient la porcherie. Terrorisé, il regardait Yao avec de grands yeux humides de larmes, tenant contre sa poitrine maigrelette la miche de pain frais. Pendant ce temps, la boulangère vint se poster près d’eux.

– Merci Monsieur. Maintenant, viens ici toi. Je vais te montrer ce que l’on réserve aux sales petits voleurs dans ton genre.

Elle le prit par le bras. Sachant que ce qui attendait l’enfant était des coups de bambou sur les fesses, Yao l’arrêta.

— Attendez. Je vais payer pour lui. S’il a volé, c’est qu’il a faim.

Il paya la miche de pain en plus d’un léger dédommagement avant de donner quelques pièces à l’enfant.

— C’est ton trésor, cache-les bien. Et ne recommence plus surtout.

Cette petite scène avait attiré une fois de plus l’attention sur lui. Soupirant, il continua son chemin cette fois bien déterminé à atteindre son but. Yao trouva enfin l’étalage en question à l’autre bout du marché. Pendant un moment, il avait craint que les fruits ne fussent plus de saison, mais apparemment ils étaient bien mûrs et prêts à manger.

-Je vais en prendre deux, s’il vous plait.

Ses fruits avaient une peau épaisse impossible à manger. On devait absolument l’enlever si l’on désirait manger le fruit. La chair était d’une douce couleur jaune, juteuse à souhait et juste assez sucrée. Son butin en main, il se retira dans un coin tranquille pour pouvoir en manger un. L’autre serait pour le chemin de retour. Il porta la main à sa ceinture pour prendre son couteau et ne trouva… rien.

Une bouffée de panique l’envahi. Où était-il? Il l’avait avec lui lorsqu’il était parti ce matin et était presque certain de l’avoir à son arrivée au village. Ce couteau, il y tenait plus qu’à sa vie. S’il ne le retrouvait pas… Non, il ne voulait même pas y penser. Yao devait se calmer et réfléchir. Il avait égaré l’objet quelque part entre l’écurie et ici. Que c’était-il passé entre temps? Il avait marché, tout simplement. Ah oui! Il avait percuté un homme avant d’arriver aux étalages. Il avait aussi frappé ce garçon, mais en se penchant pour le relever, il aurait surement vu son couteau s’il était tombé sur le sol.

Sans perdre un instant, il reprit la route vers l’écurie, regardant au sol à la recherche du moindre éclat métallique. Rien, pas même une piécette. L’objet avait de la valeur. Si quelqu’un l’avait trouvé, il pouvait aisément en avoir un bon prix avec tous ses marchands dans les environs. Peut-être que l’homme qu’il avait percuté l’avait trouvé, mais il n’avait aucun souvenir de son physique. La seule chose dont il était certain, c’est qu’il avait un livre. C’était bien maigre comme indice. « J’ai besoin d’un remontant… »

Yao Shih avait repéré une taverne non loin de là. Il y trouverait surement quelque chose pour lui faire oublier sa perte. Il entra et tous les regards se posèrent sur lui. Les ignorant tous, il s’avança vers le comptoir, mais un homme l’arrêta avant. Cet inconnu sortit de son sac un objet, sa précieuse dague. D’un mouvement plus vif qu’il ne l’aurait souhaité, il l’arracha des mains. Dans sa poitrine, son cœur battait la chamade sous l’émotion d’avoir retrouvé sa précieuse dague.

— Merci…

Il pinça les lèvres, sa façon de sourire. Un mouvement de tête et il marcha vers le comptoir où il s’installa.

— Du vin, de la bière… Peu importe, quelque chose de fort s’il vous plait.

Yao Shih glissa sa dague dans sa ceinture et l’étranger vint s’assoir près de lui, devant un verre d’eau. Le général n’avait pas envie de parler, mais l’autre avait commencé la conversation. Avec son ton, il l’avait fait pour la forme, mais Yao se sentit obligé de répondre.

— Je suis de passage.

Il avait usé du même ton froid et distant avant de siroter sa boisson. Sa puissance le surprit et il toussota lorsque l’alcool lui brula la gorge. Ça avait au moins le mérite de lui faire du bien en réchauffant son estomac. Malheureusement pour lui, il n’eut pas l’occasion d’en profiter bien longtemps. Un groupe d’homme du village entra dans la taverne. Le plus costaud d’entre eux tira Yao Shih par-derrière.

– Alors, on ne se mêle pas de ses affaires en aidant un sale petit voleur. On n’aime pas que des étrangers mette son nez dans ce qui ne le regarde pas.

Yao Shih regarda la petite assemblée qui le toisait. D’une main, il releva son capuchon, dévoilant sa longue chevelure ébène. Il n’avait pas envie de se battre avec eux et espérait les décourager avant.

— Si j’étais vous, je n’insisterais pas.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 30 Nov - 0:48

Quand le bel homme... enfin, l'étranger lui prit la dague relativement précipitamment des mains, Su ne put s'empêcher de sourire intérieurement. Cela se voyait sur la tête de l'homme qu'il était soulagé de récupérer son bien et Su pensait fort bien le comprendre, un objet d'une telle valeur, lui aussi ne voudrait pas que le premier inconnu le vende pour en tirer un peu d'argent.

Ils se dirigèrent ensuite vers le comptoir. Su avait bien entendu la demande de l'homme et sourit légèrement, amusé. Le tavernier le regarda, l'air de l'interroger du regard. Su acquiesça. L'étranger voulait quelque chose de fort ? Il allait avoir la spécialité de la ville, un alcool plutôt... très fort. Ceux n'étant pas habitués avaient souvent du mal avec la première gorgée. Su n'avait jamais goûté à cet alcool, n'aimant pas ce qui était alcoolisé pour une bonne raison : il ne supportait pas l'alcool. Il se souvenait encore de la fois où, vers ses 15 ans, il avait beaucoup bu, entraîné par les autres, faisant fi des recommandations de son père...

~~Flash Back~~

Su était à la taverne, avec les autres, et buvait lentement son premier verre d'alcool. Il n'aimait pas particulièrement le goût, mais il aimait bien la douce chaleur qui se propageait lentement dans sa gorge et jusqu'à son estomac. Incité par les autres, il finit son verre et enchaîna le deuxième. Dès la moitié de ce dernier, il se sentait plus euphorique et d'humeur joyeuse. A la fin de son deuxième verre, il se retrouva à chanter avec les autres. La suite est flou, dans la mémoire du jeune stratège, mais il se souvint vaguement s'être fait très mal.

Le lendemain, son père lui expliqua, non sans sévérité, qu'il avait finit par casser une table dans la taverne à force de danser dessus et qu'il s'était fracturé un bras. Ce jour là, le stratège de Funan s'était promit de ne plus toucher à une seule goutte d'alcool.

~~Fin de Flash Back~~


- Je suis de passage

Cela répondait à la question de Su et le sortit aussi de ses pensées. Il n'ajouta rien pour le moment attendant de voir l'effet qu'aurait la boisson sur le bel homme. Enfin l'étranger. Le résultat fut à la hauteur de ce qu'ils attendaient, lui et le tavernier. L'étranger toussa sous l'effet de la puissance de l'alcool. Le stratège de Funan sourit un peu plus et allait prendre la parole quand un groupe d'homme entra dans la taverne. Su les reconnu au premier coup d'oeil, il s'agissait d'un groupe d'homme qu'il avait du mal à supporter et ce depuis tout petit. Plus d'une fois il leur avait donné une leçon à l'épée, mais ces hommes ne se comportaient que comme des brutes épaisses et idiotes, ils ne comprenaient que rarement les leçons qu'on leur donnait. Su voulu les ignorer mais apparemment, ils en voulaient à l'étranger.

– Alors, on ne se mêle pas de ses affaires en aidant un sale petit voleur. On n’aime pas que des étrangers mette son nez dans ce qui ne le regarde pas

Su regardait la petite scène hésitant à intervenir. Au final, il eut raison d'hésiter. L'inconnu enleva son capuchon, dévoilant un visage fin et des cheveux tels que les gens aisés pouvaient avoir. Le regard de Su ne le trompa pas. Cet homme était un guerrier et saurait se défendre aisément. Mais lui apporter plus d'ennuis n'était pas ce qu'il voulait. C'est pourquoi, après la phrase simple d'avertissement de l'étranger, il se leva et s'approcha. Les brutes épaisses, en voyant Su, arrêtèrent leur mouvement vers l'avant afin de donner une leçon à cet étranger qui leur manquait de respect.

- Wei Su ?!

Le stratège de Funan se mit devant Yao Shih.

- Tels que je vous connais, vous aviez envie de vous en prendre à quelqu'un et c'est tombé sur le nouveau venu, ais-je tort ?

- Il a aidé un petit voleur à s'en sortir ! Les étrangers doivent savoir rester à leur place !

- Ah oui... ? Et vous vous croyez à votre place, peut-être ?

Le ton glacial de Su déstabilisa les hommes qui reculèrent. Ils avaient déjà tous, chacun leur tour, tâté de l'épée du jeune prodige et recommencer n'était pas vraiment leur projet initial en venant dans cette taverne.

- Les étrangers...

- Qu'importe, je ne veux plus que vous importuniez cet homme. Suis-je suffisamment clair ?

Après une brève hésitation, les hommes acquiescèrent, n'ayant pas le choix, puis sortirent tous de la taverne. Su resta un moment debout, face à la porte, pour calmer l'adrénaline qui parcourait ses veines. Une fois totalement calmé, il revint prendre place devant son verre d'eau et ignora le tavernier qui le félicitait sur sa petite prestation. Il se tourna tout naturellement vers l'inconnu.

- Veuillez nous pardonner pour cet accrochage. Les habitants de Chenlan ne sont pas tous comme eux. J'espère que vous saurez passer outre. Je veux bien payer votre boisson en dédommagement.

Il le regarda un moment avant de continuer.

- Je peux vous faire visiter la ville ? D'ailleurs, comment vous appelez vous ? Je suis Wei Su, enchanté...

Il fit un signe de tête respectueux, ignorant les taquineries du tavernier qui l'embêtait sur sa prétendue timidité. Il avait autre chose à penser, attendant la réponse du bel étranger, finissant son verre d'eau, la main droite toujours posée sur son épée, le temps de pouvoir bien se calmer entièrement.


Dernière édition par Wei Su le Sam 5 Déc - 18:23, édité 1 fois
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 30 Nov - 6:01

Ces brutes ne faisaient pas peur à Yao Shih. Il était parfaitement capable de se débrouiller seul. Il avait le souvenir de situations plus dangereuses encore, impliquant des hommes qui avaient étudié la science du combat. Là, il était face à des paysans, des hommes qui ne comptaient que sur leur force brute pour se défendre ou encore pour imposer leur loi. Ici, ils exprimaient ouvertement leur aversion pour l’étranger. En même temps, Yao Shih les comprenait. Ils vivaient dans un village neutre entre deux royaumes qui se vouaient une haine viscérale depuis des siècles. Ils voulaient éviter les problèmes.

Toutefois, Yao Shih n’eut pas l’occasion de se défendre. Un homme, visiblement connu de la place, s’interposa entre lui et les brutes. Il le regarda, plissant légèrement les yeux. Non, il ne pouvait pas venir d’ici. Il y avait peut-être habité à une certaine époque, mais il ne ressemblait en rien aux hommes qu’il avait croisés jusqu’à maintenant. « C’est peut-être un marchand, mais une chose est certaine, il mène un train de vie assez élevé malgré ce qu’il tente de montrer. » Curieux de voir la tournure des évènements malgré l’agacement qu’il ressentait, il resta silencieux balayant du regard tantôt son « sauveur », tantôt ses opposants.

Apparemment, cet homme malgré son aspect chétif, impressionnait ces hommes. Yao pouvait voir dans leurs yeux une certaine frayeur. Non, ce n’était pas le mot juste, mais il inspirait le respect. Au bout d’un certain temps, ils battirent en retraite non sans signifier à Yao Shih qu’ils ne voulaient pas le voir s’attarder trop longtemps.

— Ne vous en faites pas, je partirai au coucher du soleil.

Il avait parlé sérieusement, mais il rigolait. S’il devait rester une semaine sur place, il resterait une semaine au village. Yao Shih était ici dans un but précis, récolter des informations. Il y avait tant de gens de passages ici que les informations circulaient. C’était un lieu incontournable et… il avait du temps à tuer.

— Je peux très bien me débrouiller seul.

Totalement indifférent aux félicitations qui fusaient de toute part pour le dénommé Wei Su, il continua à boire cette boisson, spécialité locale, qui lui réchauffait de plus en plus l’estomac. C’était puissant et comme il avait l’estomac vide, il devait être prudent. En fait, boire n’était probablement pas une bonne idée. Yao Shih ne buvait pas souvent, seulement durant les victoires où il célébrait avec ses hommes. Enfin, c’était avant la mort de son amant. Par la suite, chaque fois qu’il s’approchait de l’alcool, il avait tendance à exagérer. Alors, il évitait le plus possible. Si ça devenait insoutenable, il le faisait dans le cadre privé de sa demeure lorsqu’il était seul la nuit alors qu’il ne pouvait pas dormir.

— Mon nom… est trop connu pour que je le lance à tout vent.

Yao Shih but le reste de son verre avant de le poser sur le comptoir usé par les années et les nombreuses beuveries qu’il avait vu passer. Il ne voulait pas paraître insolent, mais ils étaient près de Sizheng. C’était un grand général qui était reconnu pour ses exploits, parfois totalement irraisonnables. Néanmoins, c’était peut-être l’alcool qui commençait à lui embrouiller le cerveau, mais il souffla en direction de son interlocuteur.

— Appelez-moi Yao Shih.

Il resta un moment immobile, à observer sa réaction. Allait-il le reconnaître? Ce nom allait-il lui évoquer quelque chose? En même temps, il surveilla discrètement le tavernier avant d’ajouter à l’intention de Wei Su.

— Vous devriez vous détendre un peu. Depuis tantôt, vous avez la main posée sur la garde de votre épée. C’était une altercation mineure. Comment réagissez-vous lorsque vient le temps de vraiment vous battre? Vous sautez au plafond?

L’absence d’émotion dans la voix de Yao Shih rendait les choses ambigües. Se moquait-il de Wei Su? Ce n’était pas vraiment le genre du général. Il ne faisait plus d’humour depuis un moment déjà. En ce moment, il regardait son verre vide, tirailler à l’idée de le remplir à nouveau. D’un autre côté, son compagnon venait de lui proposer un petit tour de la ville. Ça tombait bien, il pourrait sans doute l’amener dans des endroits qu’il ne connaissait pas et peut-être même soutirer quelques informations ici et là.

— J’accepte votre proposition. Qui sait, j’aurai peut-être besoin à nouveau d’un garde du corps.

Pendant un moment, il sembla sourire, mais ce n’était pas le cas. En fait, un bref éclat de solitude traversa son regard. L’alcool rendait le contrôle de ses sentiments de plus en plus difficile. Il ne laissait jamais rien transparaître, mais l’alcool est traitre pour ce genre de chose.

Il se leva et pendant un bref instant, la pièce tangua autour de lui. Yao Shih fronça les sourcils, mais ne dit rien. Aux yeux des autres, c’était clairement visible que l’alcool faisait son effet sur le général. Il déposa quelques pièces sur le comptoir et prit les devants en sortant de la taverne. Comme il faisait sombre à l’intérieur, il fut aussitôt ébloui par le soleil qui frappait fort maintenant.

— Où allons-nous? Je vous suis.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 30 Nov - 23:05

Su ne prit pas garde aux derniers mots échangés entre Yao Shih et les hommes. Il était bien trop occupé par la suite de la conversation. Tout d'abord, quand l'homme refusa sa proposition de payer sa boisson, il ne s'offusqua pas le moins du monde, comprenant bien qu'il voulait garder un peu d'honneur et lui accorda volontiers. Su espérait juste qu'il comprenne qu'il l'avait défendu à la fois pour lui éviter des ennuis par la suite, mais aussi pour le village afin d'éviter que les étrangers ne le fuient. Après tout, même s'il était à Funan à présent, il conservait une sorte d'attachement certain pour son village.

L'étranger semblait réticent à lui donner son nom. Su pouvait le comprendre : il n'était pas forcément prudent de dire haut et fort comment on s'appelait, surtout en ces périodes de tensions s'il était connu. Qu'il soit de Funan, de Sizheng ou même un sans allégeance, il était préférable de garder l'anonymat. Pour Su, déjà il avait été nommé devant tout le monde par ces brutes sans cervelle, mais il savait qu'il n'était pas forcément connu parmi les gens important de Funan. De plus, les villageois le couvriraient aisément sans qu'il ait besoin de leur demander.

Pourtant, sûrement aidé par l'alcool, l'étranger lui donna tout de même son prénom. Yao Shih. Su le trouva vraiment beau.

- Yao Shih.... Comprit.

Ce nom lui disait vaguement quelque chose, mais il n'arrivait pas à retrouver quoi exactement. Il cessa d'y réfléchir rapidement. Après tout, si l'homme voulait garder l'anonymat, il devait le respecter. Le tavernier, lui, était déjà reparti avec ses autres clients, comprenant qu'il gênait Su par son comportement. Le jeune homme n'avait pas besoin de mot pour se faire comprendre ici et il en jouait clairement.

A la remarque de Yao Shih, Su écarquilla légèrement les yeux puis les baissa pour remarquer qu'en effet, il gardait sa main droite collée contre la garde de son épée. Il eut un de ses rares sourires amusés et retira sa main.

- Il faut dire que par les temps qui courent, on n'est jamais trop prudent. Et lorsque vient le temps de devoir véritablement me battre, je ne dois pas être loin de ce que vous affirmez...

- Ah ça oui ! Vous verriez Su avec une épée à la main, ça vous surprendrais tiens !

Le tavernier était de retour et semblait tout fier de vanter les mérites de l'ancien petit prodige du village. Su ne répondit pas et cessa aussi de sourire. Le tavernier, inconscient cette fois du froid qu'il jeta, repartit s'occuper de nouveaux clients qui arrivaient.

Su se "détendit" de nouveau quand Yao Shih accepta sa proposition. Il récupéra un très léger sourire.

- Vous pourrez compter sur moi pour vous éviter d'autres ennuis. Mais je pense qu'après la petite altercation de tout à l'heure, vous n'aurez aucun soucis pour un moment.

Su se tut pour deux principales raisons. La première fut qu'il remarquait à quel point il était bavard par rapport à d'habitude. L'homme, malgré son attitude plutôt froide, arrivait à le faire parler. Le dernier à avoir réussit cet exploit fut Xing He, quand il était arrivé à Chenlan. La deuxième raison fut ce qu'il put lire dans le regard de l'homme. Cette solitude, cet éclat, il ne l'avait jamais vu que dans un seul regard, le sien, une fois seul devant un miroir. Cet homme souffrait-il autant de la solitude ? Une sorte de curiosité le prit mais il la freina, plus par crainte de devoir à son tour se dévoiler et dire des choses qu'il ne voudrait pas, que par pudeur ou autre. Si l'homme lui demandait des informations en échange, cela pourrait peut-être lui nuire. Prudence...

Il se leva donc et remarqua avec un certain amusement que la spécialité locale faisait son effet sur le bel étranger. Il vérifia la somme qu'il avait laissé et voyant qu'il y aurait largement assez pour payer la boisson, il sortit à son tour. Habitué au soleil, il arriva devant l'homme sans aucun soucis.

- Venez, je vais vous indiquer les principaux lieux importants de la ville.

Il l'emmena à travers Chenlan, lui montrant les quartiers des jeux, ceux plus résidentiels, les quartiers calmes ainsi que ceux plus agités. La visite du village fut relativement rapide. En effet, même si plutôt grand grâce à l'affluence des étrangers qui lui donnait de quoi vivre et s'étendre.

- Vous connaissez donc tous les quartiers du village. Si vous souhaitez rester dormir pour ce soir, ou d'autres nuits, je vous conseille cette petite auberge. Vous voulez savoir autre chose en particulier ?

Su le regarda un moment et reprit sur un ton cette fois neutre, ayant oublié son ton froid au milieu de l'après midi, entre deux ruelles.

- Reviendrez vous à Chenlan, ces prochains jours ?


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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mar 1 Déc - 1:00

Si Yao Shih avait su qu’il avait une influence de ce genre sur Wei Su, dans son état actuel, il serait capable de lui rire au nez. À moins qu’il ne décide de totalement l’ignorer. De toute façon, il n’avait rien remarqué. Comme il ne le connaissait pas, Yao Shih présumait que son côté volubile était naturel, malheureusement pour le général qui détestait les bavardages inutiles. En fait, s’il ne parlait pas trop, Wei Su finirait peut-être par comprendre et se taire. Tiens, voyons voir si le message allait passer et à quelle vitesse. Yao Shih passa une main devant sa bouche pour cacher son envie de sourire qui faisait frémir ses lèvres.

Le village était beaucoup plus grand que dans ses souvenirs. Il faut dire que la dernière fois qu’il était venu, c’était en temps de guerre. Le contexte difficile faisait en sorte que les voyageurs avaient longuement hésité à venir ici. La paix bénéficiait au village qui avait littéralement explosé durant ces deux dernières années. Il comprenait mieux pourquoi certains étaient nerveux lorsqu’ils voyaient des étrangers à l’aspect aussi louche que le sien. Il pouvait tout aussi bien venir d’un royaume ou l’autre. « Ils ne veulent pas perdre leur précieux acquis. Mais je suis désolé, je n’ai pas l’intention que cette paix s’éternise… »

Quartier de jeux, quartier résidentiel et aussi ceux qui valaient mieux éviter si l’on ne voulait pas d’ennuis. Tien, c’est exactement là où il voulait aller. Il nota dans son esprit le chemin pour s’y rendre. Durant tout l’après-midi, il avait acquiescé aux paroles de son guide soit par un hochement de tête, soit par un simple « hum hum ». Apparemment, c’était suffisant pour relancer le jeune homme dans son babillage, même si parfois, Yao Shih sentait qu’il faisait des efforts pour se contrôler.

— En fait, j’ai l’intention de rester une semaine ici. Il faut que je veille à… quelques petites choses. Votre visite me facilitera grandement les choses.

Ils continuèrent à marcher pendant un moment, s’éloignant de plus en plus de l’agitation du village. Ils étaient maintenant à sa frontière, sur la route qu’empruntaient ceux qui désiraient se rendre à Funan. « Vaut mieux ne pas aller, plus loin. Pensa-t-il en regardant le chemin de terre qui se dirigeait vers les lointaines montagnes du royaume ennemi. Même si la végétation faisait en sorte qu’on ne pouvait pas les voir, Yao Shih regarda dans cette direction avec une intensité dans le regard… Sa concentration fut toutefois détournée par un bruissement étrange. Son instinct de soldat prit aussitôt le dessus et il fit signe à Wei Su de se taire. Sa main se referma sur sa dague, prêt à bondir au moindre signe. Cherchait-on à l’attaquer malgré l’intervention de Wei Su? Peu importe, il était parfaitement apte à se défendre seul et cette fois, il était prêt à le prouver.

Un autre bruit braqua l’attention du général vers les fourrés. Il brandit sa dague, prêt à faucher qui que ce soit sortant de là. Il leva son bras quand le gamin qu’il avait défendu plus tôt dans la journée déboula devant lui. Heureusement, il avait encore assez de réflexes pour arrêter son mouvement, non sans provoquer un cri de panique chez l’enfant.

— Qu’est-ce que tu fais là? S’exclama Yao Shih visiblement énervé.

Le gamin le regarda avec de grands yeux de biche effarouchée. Yao Shih rangea sa dague à sa ceinture et posa les poings sur ses hanches. Il n’avait jamais été très à l’aise avec les enfants.

-Désolé Monsieur, j’avais envie de vous revoir. Ma maman m’a dit de toujours remercier ceux qui sont gentils avec nous.

Sur ces mots, il sortit un fruit qu’il avait caché on ne sait trop où sur lui. C’était ceux que Yao Shih appréciait particulièrement. Toutefois, en le voyant, le commandant foudroya du regard l’enfant.

— Tu as encore chapardé?

— Non! Non! Je l’ai acheté avec l’argent que vous m’avez donné. J’ai vu que vous aimiez ces fruits. C’est un cadeau.

Le général prit le fruit et ébouriffa les cheveux de l’enfant, geste qu’il regretta aussitôt en réalisant au combien ils étaient sale.

— File, je ne suis pas le genre de personne avec qui il faut trainer. Mais merci.

L’enfant, tout heureux, fila vers le village en courant. Yao Shih se tourna vers Wei Su, le fruit toujours à la main.

— Tu sembles connaître pas mal de monde ici. Est-ce que tu connais sa famille?

Avec sa dague, il fendit le fruit en deux et en donna la moitié à son guide. Le jus coulait entre ses doigts, sucrés et tout collants.

— Pour te remercier.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mer 2 Déc - 0:26

Su se rendit compte plus d'une fois qu'il ne cessait de parler. Oh, pas en continue, certes, mais dire plus d'une phrase tous les quart d'heure relevait de l'exploit pour le stratège du royaume des montagnes, à part avec Xing He ou lors d'une situation qui l'imposait, ce qui n'était pas le cas ici. Il se retenait, parfois, une phrase ou deux, de ci ce là, mais il finissait toujours par se remettre à parler, le silence du bel étranger ne le décourageait pas. Il ne l'encourageait pas non plus, certes, mais il ne coupait pas court à la discussion du garçon. Pour un regard étranger aux deux hommes, ils ne parlaient que peu et bien. Pour Su, il était trop bavard et il ne doutait pas que l'homme le trouve trop bavard aussi. Son silence le révélait aussi clairement que s'il lui avait dit.

Il sourit quand il apprit qu'il restait pour la semaine.

- Je tâcherai de rendre votre séjour agréable, si vous me le permettez. Si Chenlan peut vous être utile, alors je le peux également.

Ils arrivèrent à la limite avec Funan. Su pensa vaguement à envoyer une missive pour prévenir He qu'il resterait sûrement plus longtemps que prévu à son village natal. Pour ce qu'il est utile au royaume, avec les tensions et les risques pour son seigneur, autant qu'il reste à Chenlan pour au mieux glaner de ci de là quelques informations, au pire prendre du recul avec la situation au royaume et donc pouvoir revenir plus serein.

Perdu dans ses pensées, le tacticien entendit tout de même le léger bruissement venant des fourrés avant que Yao Shih ne le fasse taire, bien qu'inutile vu qu'il ne lui parlait pas. Il resta immobile également, une main posée sur la garde de son épée. Ce n'était pas un des hommes de tout à l'heure, il en avait la certitude. Si c'était une attaque, ce n'était pas quelqu'un de Chenlan, il ne connaissait que trop bien leur façon de combattre. Alors qui cela pourrait bien-être ? Un émissaire de Funan qui, sous les ordres de ses ennemis au royaume, aurait commandité sa mort ? Ou bien un de Sizheng qui l'aurait reconnu ? Ou bien quelqu'un d'autre qui en voulait à Yao Shih ? Dans le doute, le stratège restait sur ses gardes mais laissait le contrôle de la situation à l'étranger qui semblait savoir ce qu'il faisait.

Mais la fin du moment de tension arracha une exclamation à Su. Un enfant. Un simple enfant qui venait apparemment voir Yao Shih. Le pire avait été évité de justesse et pourtant, Su savait que l'homme avait réussit cela grâce à ses réflexes. Il avait deviné juste, encore une fois, Yao Shih devait être un guerrier de renom. Raison de plus pour lui préserver son anonymat.

Apparemment, l'enfant et le bel homme se connaissaient, sûrement du début de la journée. S'il ne se trompait pas, l'enfant était un des habitants des quartiers les plus pauvres, n'ayant que rarement de quoi se payer à manger. L'histoire du voleur devint plus clair dans l'esprit de Su, surtout après la petite discussion qui suivit entre Yao Shih et l'enfant. S'il comprenait tout, l'enfant avait été attrapé à voler quelque chose et le bel étranger l'avait sauvé de ses bourreaux et lui avait même donné de quoi s'acheter un peu de nourriture. L'enfant remercia Yao Shih en lui offrant un fruit. Ainsi donc, il aimait ce fruit ? Su le nota dans un coin de sa mémoire et regarda l'enfant partir en courant, avec un sourire amusé.

La question de l'homme le sortit de ses réflexions. Il regarda de nouveau vers le village.

- Oui, je connais beaucoup de monde, j'ai grandit ici. Pour la famille de ce garçon, je ne saurais vous dire qui elle est exactement, mais elle se trouve très certainement dans les quartiers que je vous ai dit d'éviter. Généralement, ce sont eux qui nous trouve et pas l'inverse.

Su remarqua que l'homme le tutoyais, mais il ne s'en offusqua pas particulièrement. Après tout, il devait se mettre dans la peau d'un paysan d'ici, voire d'un marchand, pour ne pas être reconnu comme étant de Funan et pas le premier soldat qui passait.

- Vous tenez à retrouver la famille de l'enfant ? J'espère pour vous que vous les trouverez. Si vous avez un soucis, je chercherai avec vous.

Quand Yao Shih lui tendit la moitié du fruit, Su ne put s'empêcher d'être surpris. Il accepta avec un léger sourire et le mangea avec dextérité, semblant habitué à ne pas mettre de jus partout avec le fruit. Il remarqua par contre que ce n'était pas le cas de son vis à vis et il ne put s'empêcher de sourire un peu plus.

- Tenez. Cela vous aidera.

Il lui tendit un mouchoir qu'il gardait dans sa poche. Peut-être l'étranger en avait-il, mais pour le moment c'était le seul geste qui lui était venu en tête.


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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mer 2 Déc - 16:26

Yao Shih n’avait pas vraiment d’intérêt à chercher la famille de cet enfant. D’un autre côté, il trouvait cela dommage que ce gamin, qui n’avait pas du tout un mauvais fond, risquait de prendre la mauvaise route une fois adulte. C’était comme ça que ça fonctionnait dans ce monde. La pauvreté le pousserait à survivre comme il pouvait et la voie facile était celle de la malhonnêteté. Les meurtriers, les voleurs venaient souvent de ce genre de milieu. Yao Shih savait qu’il y avait des exceptions, mais il trouvait ça injuste.

— Non, je n’ai pas vraiment d’intérêt à le retrouver.

Valait mieux changer de sujet maintenant. Tandis qu’il mangeait sa moitié de fruit, il se mettait effectivement du jus partout. C’était bien une chose qui l’agaçait, mais le goût valait largement la peine de se salir un peu. Toutefois, lorsque son guide lui tendit un mouchoir, il le foudroya du regard. Aussi noblement que possible, il le prit et s’essuya discrètement le menton. Il ne le remercia même pas, trop fier pour le faire. « Non, mais pour qui il se prend celui-là? » Pensa-t-il en terminant sa part de fruit. Lorsqu’il eu terminé, il se tourna vers son guide.

— Merci pour cette visite, mais maintenant je crois pouvoir me débrouiller seul. Au plaisir de vous revoir, peut-être.

Un signe de la tête et le général de Sizheng s’éclipsa dans le village sans même lui avoir rendu son mouchoir. C’était peut-être un signe sur le fait qu’ils allaient se revoir bientôt. Bref, sans écouter les recommandations de Wei Su, il se dirigea vers les quartiers peu recommandables. Comme Yao Shih s’était fait un peu trop remarqué dans la journée, il ne pouvait pas se permettre de se faire voir. Aussitôt qu’il le pouvait, il disparaissait dans l’ombre des ruelles où personne ne pouvait le voir. Pendant longtemps, il resta à l’affut des moindres conversations. Il repéra certaines personnes dont les visages lui étaient familiers. Il était prêt à parier que certains d’entre eux étaient Sizheng. Qu’est-ce qu’ils faisaient là? Certainement pas la même chose que lui. Juste à voir la façon dont ils agissaient, on voyait bien qu’ils avaient quelque chose à cacher. Le général entreprit de les suivre pour en avoir le cœur net. Toutefois, rien d’intéressent de sorti de leur bouche. Bientôt, le soleil commença à décliner à l’horizon. Yao Shih ne pouvait pas rester là. En plus, il commençait à avoir faim. « J’ai encore toute une semaine pour découvrir s’il se prépare encore des attentats contre ma reine. J’ai tout mon temps. »

Yao Shih retourna sur ses pas pour revenir à la taverne qu’il avait fréquentée plus tôt dans la journée. Cette fois, il s’installa dans un coin pour ne pas être dérangé. Il commanda à manger et à boire des spécialités locales. Autant les encourager et puis ça changerait de ce qu’il mangeait habituellement. Dès la première bouchée, il fut surpris. Ce n’était pas mauvais du tout, c’était même très bon. Il mangea avec appétit, vidant en même temps son verre qui contenait la même boisson dont il avait goûté aux effets plus tôt le jour même. Après avoir fini de manger, Yao Shih continua à boire. C’était ce genre de soirée où il avait besoin de s’évader un peu. Habituellement, il le faisait dans l’intimité de sa maison où personne ne pouvait le voir. Il ne buvait pas tous les soirs, mais parfois, il avait besoin de le faire jusqu’à sombrer totalement dans l’inconscience.

Au bout d’un certain temps, Yao Shih fut vraiment amoché. Il était assis et tout tanguait autour de lui. Maintenant, il devait trouver un endroit où dormir. Il n’avait même pas réservé de chambre. À cette heure-ci, tout devait être complet. Le général paya sa note et quitta la taverne non sans trébucher dans les fleurs du tapis une fois ou deux fois. Une fois à l’extérieur, il longea la taverne en prenant appuis contre le mur. Maintenant qu’il était debout, il était encore plus étourdi. Lorsqu’il tourna le coin pour s’engager dans une petite ruelle, il trébucha et tomba face la première sur le sol d’où il ne se releva pas.

L’enfant qu’il avait sauvé arpentait les rues à cette heure à la recherche des hommes ivres morts qu’il pourrait détrousser. Lorsqu’il vit un homme s’écrouler, il se précipita vers sa proie pour lui faire les poches. C’est en s’approchant cependant qu’il réalisa qu’il le connaissait. C’était son héros! Il ne pouvait quand même pas faire les poches de son sauveur!

– Monsieur! Allez, réveillez-vous! Il le secoua, mais la seule chose qu’il obtint de lui fut un grognement accompagné d’un rot aviné. Il tenta de le tirer par ses vêtements, mais il était très lourd. Il ne pouvait quand même pas le laisser là toute la nuit. Il se souvint d’avoir vu un autre monsieur avec son héros plus tôt dans la journée. Peut-être pourrait-il l’aider s’il le trouvait. Il fouilla dans les poches de Yao Shih à la recherche de quelque chose qui pourrait permettre de l’identifier. Il trouva un fruit comme celui qu’il avait donné. Satisfait, il le prit.

- Ne bougez pas monsieur. Je reviens. Il fila à la recherche de l’inconnu en espérant que celui-ci accepte d’aider un gamin des rues. Courant à gauche et à droite, il réussit à le trouver. À bout de souffle, il s’accrocha aux vêtements de Wei Su.

– Il… il… il… a…. Trop… Il a trop bu. Venez… S’il vous plaiiiiit. Il montra le fruit dans l’espoir que ça évoque quelque chose à Wei Su.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 3 Déc - 15:49

Yao Shih semblait ne pas vouloir retrouver l'enfant, malgré sa question. Au fond, Su pouvait comprendre, quel intérêt de retrouver cet enfant et sa famille ? Ils ne pouvaient rien faire pour eux et ils finiraient tous par devenir des voleurs expérimentés ou même des mercenaires plutôt peu fréquentables, tout pour gagner de quoi vivre. Su n'avait jamais expérimenté la pauvreté, mais il avait déjà connu quelqu'un qui l'avait expérimenté. Il avait finit par partir du village afin de trouver de quoi vivre ailleurs.

Le jeune homme soupira silencieusement et préféra passer à autre chose. Sa légère morosité disparu quand il vit que Yao Shih avait plutôt mal prit son geste. Mais seul de l'amusement lui venait. Voir le plutôt bel homme s'essuyer avec son mouchoir, sans le remercier, avec le maximum de fierté qu'il pouvait avoir sur le coup, le menton plein de jus, lui semblait être une scène digne d'une bonne comédie. Mais il préféra ne pas montrer clairement son hilarité. Il ne voulait pas non plus totalement vexer son vis à vis.

Ils finirent doucement leur fruit puis l'étranger prit congés de lui. Su lui fit un simple signe de tête d'au revoir et alla directement à un endroit où se réunissait souvent les habitants de Chenlan, dans le but d'avoir une ou deux informations. Sur le chemin, il se souvint que Yao Shih avait toujours son mouchoir. Il haussa les épaules, se disant qu'il reverrait bien l'étranger au moins une fois dans la semaine qu'il allait aussi rester à Chenlan. Il s'assit dans la petite salle de réception et rédigea une lettre pour Xing He, afin de lui annoncer qu'il resterait une semaine à Chenlan, pour collecter des informations et pour éviter de provoquer des soucis avec les nobles du royaume qui se méfiaient trop de lui. Il ne signa bien évidemment pas la lettre, sachant que son ami allait savoir de qui cela venait. Il parla avec un habitant qu'il connaissait bien afin de lui demander de faire parvenir ça à Funan, le plus tôt qu'il pourrait.

Su était ainsi à Chenlan. Il ne demandait que peu de chose et toujours à des gens en qui il avait confiance. Et il savait que dans ces moments là, il pouvait tout leur demander, ils ne le trahiraient jamais. Une fois sa petite demande faite, il questionna un peu l'homme sur les actualités. Il apprit donc que plusieurs personnes reconnues de Sizheng et de Funan venaient, par moment, au village. Qu'ils tentaient de se cacher, mais qu'ils étaient le plus souvent facilement reconnus. Cependant, aucun habitant ne semblait savoir ce qui les amenait ici, et ce qu'ils y faisaient.

Il le pria aussi de faire attention, des gens de Sizheng, dont apparemment un général, serait ici. Su le remercia, la tête un peu ailleurs. Il ne risquait rien ici, il avait l'habitude de venir et savait faire attention. Mais tout de même, il se demandait ce que pouvait attirer un général de Sizheng et nombres de leurs nobles à Chenlan. Et aussi les nobles de Funan. Le village avait toujours été un lieu de transition, mais autant de personnalités éminentes, cela relevait de l'étrange. Il avait une semaine pour tenter de savoir ce qu'il se passait.

Après avoir resté un long moment dans la salle de réception, le stratège de Funan décida de marcher un peu dans le village dans l'espoir de pouvoir, peut-être, croiser ce général ou bien une personne de Sizheng. Il n'espérait pas forcément tomber sur un noble de son propre pays, au risque d'être démasqué. Il était connu, après tout, à Funan, et cela ne pourrait pas lui être bénéfique s'il venait à être évité ici aussi.

Il marchait depuis un long moment, ne faisant pas attention au temps qui passait. Il alla dans une petite auberge et demanda à réserver une chambre avant qu'il ne soit trop tard. Une chambre double seulement restait. Haussant les épaules, Su la prit quand même. Il n'aurait pas besoin de deux lits, certes, mais s'il n'y avait que ça, il n'allait pas faire le difficile. Il alla mettre ses affaires donc dans chambre de taille moyenne qu'il avait prit pour une semaine. Deux lits disposés de part et d'autre d'une petite table de chevet étaient contre la parois nord de la chambrée. Un meuble et une petite table avec deux chaise composaient ensuite la chambre. Le meuble n'était pas très grand mais largement suffisant pour Su. Il n'aurait juste qu'à aller chercher quelques vêtements chez ses parents, s'il restait plus longtemps ici. Ce qu'il s'empressa de faire, d'ailleurs, après être sortit de l'auberge.

Après avoir dîner et prit ses affaire chez ses parents, le stratège voulu profiter un peu de la nuit à Chenlan. Il marchait tranquillement dans les rues les plus sûres du village, flânant de ci de là à la recherche de tranquillité. Les rares habitants qui étaient encore dehors à ce moment là le saluèrent respectueusement et Su répondait d'un signe de tête. Il continua à flâner quand soudain, un enfant lui fonça dedans.

Il mit un temps avant de reconnaître le petit voleur que Yao Shih avait aidé. Méfiant tout d'abord, il vérifia que son sac était bien sur ses épaules et bien fermé. Mais ce qui attisa finalement toute sa curiosité fut que l'enfant ne le lâchait pas et tentait de parler. Il s'accroupit, pour être à sa hauteur.

- 'Il' ? Mais de qui parles tu voyons ?

Ce fut quand l'enfant lui montra le fruit que Su comprit finalement. Yao Shih était donc ce genre d'étranger qui se saoulait une fois arrivé dans un village ? Malgré son interrogation, il se releva, décidé à aller l'aider.

- Emmènes moi à lui.

L'enfant couru droit vers la taverne où Yao Shih avait eut des ennuis, plus tôt dans la journée. Su accéléra un peu le rythme et arriva dans la ruelle où était étalé l'étranger. Un enfant tentait déjà de le fouiller pour prendre ce qu'il y avait de valeur sur lui. En quelques secondes, Su attrapa l'enfant et lui fit lâcher ce qu'il avait prit. Il put reconnaître la fameuse dague qui avait tant d'importance pour l'homme.

- Que je ne te reprenne pas à voler... sinon, tu auras des ennuis, d'accord ?

Après que l'enfant ait acquiescé et parti rapidement, il se tourna vers Yao Shih et l'autre enfant qui tentait encore de le réveiller, après avoir récupéré les affaires du bel homme. Il soupira doucement.

- C'est bon, laisse moi faire, retourne chez toi. Et gardes le fruit.

Il arriva et réussit, après maintes essais, à faire se relever le bel étranger. Il soupira et bénit le fait que la fameuse auberge ne soit pas loin. Il le traîna donc jusqu'à celle ci, tentant de lui parler pour le faire se réveiller.

- Aller, ce n'est pas le moment de dormir... Réveillez vous, et aidez moi un peu...


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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 3 Déc - 19:47

Yao Shih était bien loin de là, l’esprit embrumé par tout l’alcool qu’il avait ingéré. En fait, il n’avait pas bu plus qu’à l’habitude. Il s’était seulement fait prendre au piège par la puissance de la boisson. Cette dernière était beaucoup plus forte que ce qu’il avait l’habitude de prendre. Il faut aussi spécifier que Yao Shih ne se soulait pas à la moindre occasion. C’était occasionnel, quand il en sentait le besoin. Il avait trop de fierté pour s’abandonner totalement à la boisson. Quoique là on pouvait bien en douter à voir l’état dans lequel il était. Étendu sur sol, le visage dans la poussière, il dormait comme un bienheureux totalement inconscient du monde qui l’entourait. Il ne se doutait pas non plus qu’une rumeur courrait à propos de la présence d’un général de Sizheng au village. Ce général étant lui-même.

Heureusement que Wei Su intervint à temps. À son réveille, Yao Shih aurait sans doute été totalement dépouillé. Enfin, c’est s’il se réveillait, car quelqu’un aurait pu le reconnaître et décidé de se débarrasser du gêneur rapidement et facilement. Tendit que Wei Su faisait fuir les petits pickpockets, le gamin tenta une fois de plus de le réveiller.

- Allez monsieur. Vous n’allez quand même pas mourir!

Il le secoua comme un prunier. C’était plutôt une mauvaise idée pour un homme qui avait bu autant et qui, autant le dire, avait le teint de plus en plus crayeux. L’enfant fut arrêté dans son élan de bonne volonté par Wei Su qui allait prendre en main la suite des évènements.

– Faut pas qui meurt, hein !

Il s’éloigna de quelques pas avant de filer à travers les ruelles. Quelques curieux s’attroupaient pour observer l’étrange spectacle. Certains allaient de leurs commentaires bien sentit, condamnant tous les ivrognes comme étant des gens paresseux, de vraies plaies pour la société.

– Laissez-le croupir dans son vomi. Il le mérite bien.

Yao Shih commençait à émerger de la brume épaisse qui l’entourait. Il tentait de se tenir sur ses pieds, ce qui n’était pas du tout facile. Il n’avait aucune force et aucun équilibre. Heureusement, quelqu’un, il ne savait pas qui encore, le soutenait. Autant dire qu’il profitait de sa béquille un maximum. Malheureusement pour lui et la béquille, ils n’avaient fait que quelque mètres que le corps de Yao Shih fut prit de convulsion et rendit l’intégralité de son repas du soir autant sur ses propres vêtements que sur le sol. L’alcool étant un poison, le corps tentait maintenant de s’en débarrasser en vidant l’estomac. C’était peu ragoutant, mais oh combien efficace. Yao Shih gémi avant de perdre à nouveau conscience un bref instant dans les bras de Wei Su.

C’était un spectacle bien pathétique qu’offrait cet homme normalement si fier et si droit. Il était maintenant tout poisseux et sentait mauvais. Des larmes barraient ses joues, comme à chaque fois qu’il vomissait que ce soit à cause de l’alcool ou non. D'ailleurs, il n’avait jamais bu d’alcool au point d’en être malade. Il savait se contrôler. Cette fois, il avait perdu le contrôle. Tout son visage semblait exprimer de la souffrance et de la tristesse. Habituellement, il le cachait habilement, mais là il était comme un livre ouvert dont les pages tournaient librement au vent. Il suffisait de se pencher pour lire.

Yao Shih ouvrit les yeux, retrouvant du même coup, un peu plus de tonus, mais pas pour autant de lucidité. Il tourna la tête vers Wei Su, le fixant avec toute l’intensité que pouvait déployer un homme dans tel état d’ivresse. Le général fronça les sourcils, comme s’il n’arrivait pas à se souvenir de la personne qu’il voyait. Puis, quelque chose d’extraordinaire se passa. Tout le visage de Yao Shih s’illumina. Une véritable métamorphose s’opérait devant les yeux de Wei Su. Un tendre sourire modula les lèvres de Yao Shih et son regard brillait comme si des millions d’étoiles s’y trouvaient. Après avoir montré un visage si morne toute la journée, il semblait reprendre vie. Il soupira, exhalant une terrible mauvaise haleine, mais il ne semblait pas s’en rendre compte. Il était trop absorbé par le visage qu’il admirait avant tant… d’amour ?

- Bing Qing !? C’est vraiment toi !?
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Ven 4 Déc - 2:56

Su tentait d'ignorer les dires des habitants qui le sommaient de ne pas s'occuper de Yao Shih. Il peinait à porter le bel homme qui pour le moment semblait de plus en plus pâle à chaque pas qu'il parvenait à faire. Su avait peur qu'il ne tombe malade et vomisse au milieu de la rue, comme ça. Cela serait pire que tout, selon lui. Il sentait bien que Yao Shih profitait bien de l'appuis qu'il lui donnait, pour pouvoir avancer et le dos du garçon en prenait un coup. Mais il devait tenir bon, pour aider l'homme. Pourquoi il se sentait si responsable, ainsi, de lui ? Il n'aurait jamais dû faire tout cela pour lui. Mais peut-être parce qu'au fond, il s'était un peu vu en Yao Shih, et qu'il voulait inconsciemment que quelqu'un prenne soin de lui ainsi...

Bien entendu, dans ces moments là, rien ne se passe jamais comme on le voudrait. Quelques pas plus loin, alors que les habitants s'étaient éloignés, un peu furieux contre le général, le corps de l'étranger fut prit d'étranges soubresauts. Su fronça les sourcils et avant qu'il n'ait put songer à quoi que ce soit sur les raisons des spasmes de l'homme, ce dernier rendit son repas sur le sol et lui-même avant de se laisser aller un peu plus contre lui. Le stratège de Funan grimaça fortement en sentant l'odeur qui se répandait et dû attendre un moment pour calmer son estomac qui menaçait de faire de même. Il aurait bien voulu respirer profondément mais s'il le faisait, son estomac ne le supporterait pas. Il prit donc son courage à deux mains et soutint du mieux qu'il put l'homme.

Ce dernier semblait aller mal. Vraiment mal. Les larmes dévalaient sur ses joues un peu trop pâles, et sa détresse se lisait sur son visage habituellement inexpressif. Ce spectacle serra le coeur du plus jeune. Quelle douleur renfermait donc cet homme pour que celle ci se voit autant sur son visage ? Le stratège doutait que l'homme ne lui confie un jour quoi que ce soit, mais pour la soirée, il devait l'aider au moins. Et là, l'homme avait surtout besoin de dessaouler et surtout d'être lavé. L'idée fit de nouveau grimacer le jeune tacticien mais il se reprit et tenta de continuer la route.

L'homme le regarda, semblant un petit peu plus réveillé et ouvert. Il le fixa un moment et ce moment fut très long pour le pauvre Su qui avait du mal à présent à rester sur ses jambes. A dire vrai, il était plutôt fatigué, lui aussi, il avait hâte d'avoir finit de s'occuper de l'homme pour enfin avoir un repos bien mérité. Au moment même où il allait continuer sa route, le visage de l'homme s'illumina. Le coeur de Su se serra d'un coup en le voyant si tendre ainsi et surtout si vivant. Il ne comprenait pas la réaction de son coeur en voyant juste le sourire de cet homme, un vrai sourire. Il fronça un peu le nez, quand il soupira et parla, mais... la chute fut assez terrible.

Bing Qing... qui était-ce ? Si Su n'exagérait pas ce qu'il voyait dans le regard de l'homme, il devait être la personne qu'il aimait... pourquoi cette déception dans son coeur ? Sûrement le fait qu'il le prenne pour son amour. C'était une gêne, rien de plus. N'est-ce pas ? Et là, le stratège ne sut pas quoi faire. Lui faire croire qu'il l'était vraiment, sachant qu'il n'aurait certainement aucun souvenir le lendemain ? Même si ce n'était pas très gentil auprès de lui ? Mais au fond, l'homme allait certainement lui obéir et lui faire confiance, s'il le faisait...

- Oui, Yao Shih, c'est moi. Mais il faut que t'avances, maintenant, aller, aides moi...

Il avait honte, au fond, d'avoir fait ça, mais c'était la seule solution, il le savait. Il arriva doucement mais sûrement à l'amener jusqu'à sa chambre. L'aubergiste l'aida à le monter à l'étage, avec réticence et lui apporta donc un bac d'eau pour le laver et plusieurs verre d'eau au cas où. Après leur avoir souhaité vivement bonne nuit, il s'éclipsa, laissant Su seul avec l'homme qui le prenait pour son amour, apparemment. Il soupira.

- Bon... Yao Shih, laisses toi faire d'accord ? Sois sage...

Il se mordit la lèvre inférieur. Oserait-il ? Oui, il le faut. Il ne pouvait pas laisser l'homme ainsi. Il s'approcha donc de lui et commença à lui enlever ses vêtements afin de le nettoyer correctement, après lui avoir fait boire doucement un verre d'eau. Il déglutit en déshabillant de plus en plus l'homme. Pourquoi fallait-il, par les dragons, qu'il se retrouve dans une telle situation ?


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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Ven 4 Déc - 4:07

Une chance que Yao Shih était vraiment dans la brume et qu’il ne se souviendrait pas de ça, car Wei su, en se faisant passer pour son défunt amour, commettait la pire trahison qu’on ne pouvait lui infliger. Le général regardait toujours Wei Su avec une tendresse infinie. Le genre de regard qu’on espère tous avoir au moins une fois dans sa vie. Yao Shih osa même poser la main sur la joue du stratège, caressant la joue avec une extrême douceur. Le regard du général se remplissait de larmes, mais aucune ne roula sur son visage.

— Tu es mort… Alors, je suis mort aussi… Mais pourquoi je me sens si mal?

Yao Shih hocha mollement la tête. Bing Qing lui demandait de le suivre.

— Tu sais, je… je te suivrai jusqu’au bout du monde… Je t’en ai fait la promesse, tu t’en souviens?

Pauvre Wei Su, dans quelle situation s’était-il plongé? Il aurait mieux valu le laisser dans son vomi. Le réveil aurait été pénible, mais le stratège n’aurait pas eu à supporter cela. Le chemin jusqu’à l’auberge ne fut vraiment pas facile. Yao Shih était plus lourd qu’il ne le laissait montrer. En plus, le moindre petit caillou lui faisait perdre pied. En plus, il trouvait ça très drôle! Il n’arrêtait pas de rire pour rien, se trouvant tordant de rire.

Toutefois, une fois dans la chambre, le ton changea. Son sourire s’effaça pour laisser place à nouveau à la tristesse. Lorsque Wei Su commença à le déshabiller, il lança à la blague.

— Ce n’est pas la première fois que tu me déshabilles pourtant…

Le corps que Yao Shih était splendide. Il était musclé, mais pas trop. En fait, était relativement fin, sans pourtant manquer de puissance. On voyait qu’il était forgé par le maniement des armes. D’ailleurs, celles-ci avaient laissé de nombreuses marques sur sa peau. Il y avait des cicatrices qui zébraient sa peau. Certaines avaient été faites à l’épée, d’autres… visiblement par des flèches. La plus importante se trouvait sur sa cuisse. C’était elle qui avait failli le tuer. La plaie faisait 15 centimètres. C’est une infection qui avait failli l’emporter deux ans plus tôt. Il avait survécu. Yao Shih était peut-être complètement ivre, mais il se sentait si mal qu’il comprit bien assez vite qu’il était vivant et que Bing Qing n’était qu’une illusion.

— Je ne suis pas mort… Souffla-t-il d’une voix faible. Mais je sens tes mains sur mon corps.

Justement, ce dernier semblait vouloir commencer à réagir. Ivre comme il était, ça ne durait pas très longtemps, mais l’entrejambe semblait souffrir de quelques raideurs mineures. Yao Shih ferma les yeux, frissonnant.

-Si c’est un rêve…, il est très cruel. Mais si c’est bien toi… Je t’aime tellement. Tu me manques… J’ai un trou béant dans la poitrine qui refuse de se fermer.

Yao Shih s’arrêta de parler lorsque Wei Su lui fit voir à nouveau un verre d’eau. Cette dernière lui tombait sur l’estomac comme un bloc de glace. Ça ne calmait pas vraiment ses nausées, mais ça apaisait les brulures dans sa gorge.

Il se laissa docilement lavé par Wei Su. Il ne dit pas un seul mot durant tout le processus. En fait, il pleurait en silence. Le fait de voir le visage de Bing Qing dans celui de Wei Su le torturait terriblement. Yao Shih savait que ça ne pouvait pas être réel. Il était mort et malgré son état d’ébriété, il s’en souvenait parfaitement. Comment pourrait-il oublier le visage torturé par la mort de Bing Qing. Au bout d’un moment toutefois, il attrapa Wei Su par le col de ses vêtements. Il le regarda dans les yeux d’une façon si intense qu’on avait du mal à savoir ce qu’il avait en tête.

— Une dernière chose avant que… que tu t’en ailles…

Sur ces mots, il l’embrassa. Pas un petit baiser anodin. Non, c’était un vrai baiser, passionné avec la langue et tout. Le genre de baiser qu’on échange avec une personne qu’on aime profondément. Une fois rompu, un silence très chargé en émotion tomba sur eu. Leurs visages étaient encore tout près l’un de l’autre. Puis Yao Shih murmura simplement au creux de l’oreille de Wei Su / Bing Qing.

— À bientôt… mon tendre amour.

Sur ce, Yao Shih ferma les yeux et s’endormit profondément, la tristesse imprégnant chacun des traits de son visage.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 1:02

Quand Su comprit que l'amour de Yao Shih était mort, il eut un moment de vide dans sa tête. Il ne sut ni quoi dire, ni quoi faire. Il se faisait passer pour un mort qui avait énormément compter pour l'homme et rien que ce simple fait l'emplissait de honte plus sûrement que le fait de devoir le traîner jusqu'à dans sa chambre et le laver ensuite. Le point positif du reste du chemin relativement chaotique fut sans nul doute le fait que Su ne puisse réfléchir trop, concentré pour arriver à destination sans tomber ou sans accident.

Quand, une fois dans la chambre, il le déshabilla, le commentaire de Yao Shih le mit atrocement dans l'embarra. Mais le pire restait à venir. Quand Su posa ses yeux sur le corps de Yao Shih, après avoir déposé ses vêtements plus loin, il resta un moment figé par la beauté qu'il trouvait à cet étrange étranger. Les multiples cicatrices n'enlevaient rien à son charme et il était vraiment très... beau. Su ne voyait aucun autre adjectif à lui donner. Il continua son exploration, un peu gêné et remarqua donc la cicatrice sur la cuisse. Une blessure pareille... l'homme avait de la chance d'être encore en vie.

La suite embarrassa au plus haut point le jeune stratège Les propos et les... réactions visibles de l'homme, alors qu'il le lavait doucement, le fit frissonner. Son coeur battait un peu vite pour que ce soit normal. Il évita du regard son entrejambe et inspira profondément. L'homme sentait meilleur à présent, une fois un peu plus propre. Mais il ne cessait de parler, sans cesse, faisant sa confession à son amour perdu. Ce discours décousu faisait de plus en plus mal à Su qui finit par lui présenter un deuxième verre d'eau, pour qu'il se taise. Il ne voulait pas en entendre plus.

La suite se passa plus calmement. Il finit de le laver, l'ayant déposé sur son lit doucement. Il soupira doucement, posa le linge dans la bassine et voulu reculer. Mais il se retrouva à se pencher en avant, ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. Il leva les yeux vers Yao Shih et fut figé par le regard qu'il lui lançait, si puissant qu'il semblait envahir totalement l'esprit de Su. Si ce dernier ne maîtrisait pas quelques bases en magie, il aurait pu croire que Yao Shih tentait de l'hypnotiser. Il n'entendit pas ce qu'il lui dit, mais quand il s'approcha de lui, il sut parfaitement ce qu'il allait faire. Et fut bien incapable de l'en empêcher...

Le baiser qui s'ensuivit le fit fondre totalement. Il s'accrocha aux épaules de l'homme par pur réflexe et ferma les yeux, profitant de ce baiser, de cette sensation qu'il n'avait jamais connu auparavant. Ces émotions l'atteignirent jusque dans son coeur, dans tout son corps et le jeune homme ne sut quoi en penser. Puis le baiser fut rompu et Yao Shih recula légèrement, restant tout de même bien proche de lui. Su gardait les lèvres entrouvertes, et frissonna en le sentant se pencher vers son oreille. "A bientôt, mon tendre amour". Cinq mots qui brisèrent le nuage sur lequel Su était. Cinq mots qui lui firent vraiment mal. Parce qu'ils ne lui étaient pas destinés. Parce que ce n'était pas lui, Wei Su, qui était aimé par le général. Parce qu'il avait usurpé la place d'un mort et qu'il avait connu quelque chose qui ne lui était même pas destiné.

Il recula brusquement quand Yao Shih s'endormit. Le souffle court, il regarda le visage endormi et si triste du bel homme. Il se reprit, doucement et alla le couvrir d'une couverture. Incapable de se reposer pour le moment, il ramena la bassine d'eau, la vida et en demanda une autre, pour lui-même. Il demanda aussi à ce que les vêtements de l'homme soit lavé pour le lendemain.

- Ça ne sera fait qu'en milieu de matinée.

Le stratège acquiesça puis partit dans sa chambre, pour se laver. Il le faisait machinalement, incapable de pouvoir penser clairement. Son coeur battait toujours aussi vite, quoi qu'il fasse. Qu'il se rhabille, qu'il se lave, qu'il lise ou même qu'il s'allonge, toutes ses pensées revenaient sans cesse à la soirée qu'il venait de passer. Finissant finalement par s'énerver de réfléchir sans cesse sans parvenir à poser clairement quelque chose dessus, il finit par s'asseoir au bord de la fenêtre et regarder dans la rue. Le temps passa et le stratège finit par s'endormir sans même qu'il ne s'en rende compte...

Le lendemain matin, le jeune homme se fit réveiller par la lumière du jour. Courbaturé, il s'étira doucement. Il mit un certain temps avant de comprendre pourquoi il était à la fenêtre de sa chambre et pourquoi Yao Shih se trouvait dans le lit supposé vide. Quand tout lui revint, il sentit de nouveau son coeur lui serrer. Pourquoi ? Il soupira, agacé de toujours avoir cette sensation déplaisante depuis que Yao Shih l'avait prit pour son amour perdu. Il se leva et s'habilla rapidement, puis entendit enfin le général se réveiller derrière lui. Il se tourna, de nouveaux vêtements sur lui, prêté généreusement par ses parents, puis s'approcha de lui.

- Bonjour. Vous allez mieux ?

Il prit son sac et déposa les affaires de Yao Shih sur la table de chevet ou par terre, s'il s'agissait du sac de l'homme ou bien de son épée.

- Vos affaires sont là et vos vêtements ne vont pas tarder à arriver.

Il se détourna, encore un peu gêné de le regarder en face à présent. Pourtant, il faisait tout pour arrêter d'y penser, mais rien à faire. Il continua à tourner le dos à l'étranger pour ne pas avoir à montrer clairement sa gêne. Il recomposa rapidement un visage impassible puis se retourna vers lui.

- Vous voulez quelque chose ?


Dernière édition par Wei Su le Sam 5 Déc - 19:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 3:09

Boum boum, boum boum, boum boum. C’était les battements du cœur de Yao Shih qui résonnait jusque dans sa tête. Chaque battement était douloureux et pénible. Malheureusement pour lui, ce n’était pas comme s’il pouvait empêcher son cœur de battre pour calmer la douleur. Enfin, c’était tout à fait possible, et la douleur disparaîtrait aussitôt… ainsi que Yao Shih. Bien qu’il désire mourir, ce n’était pas ainsi qu’il envisageait d’en finir. « Qu’est-ce qui m’arrive… »

Lentement, le général émergeait de son sommeil éthylique. Il reprenait contact avec la réalité et celle-ci semblait particulièrement cruelle. Il avait mal dans tout le corps comme si une horde de chevaux en panique lui était passée sur le corps, plusieurs fois. Yao Shih remua légèrement dans le lit avant d’ouvrir un œil vaseux. Aussitôt, la lumière du jour l’éblouit, exacerbant la douleur qui lui vrillait déjà le crâne. Il gémit, portant une main à son front. Il n’avait absolument aucun souvenir de la veille. En fait, il se souvenait clairement de sa journée d’hier, mais à partir du repas du soir, tout devin flou jusqu’à sombrer dans le néant total. Il avait beaucoup trop bu. C’était bien la première fois qu’il se mettait dans un état pareil.

Prenant son courage à deux mains, il ouvrit finalement ses deux yeux. Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il était, mais la luminosité laissait suggérer que c’était encore le matin. D’ailleurs, où pouvait-il être? Yao Shih tourna prudemment la tête pour regarder autour de lui. Il était dans une chambre d’auberge, mais il n’avait pas le souvenir d’en avoir réservé une la veille. D’ailleurs, il se souvenait de c’être questionné sur les disponibilités. Un mouvement attira son attention et c’est avec surprise qu’il vit Wei Su.

— Qu’est-ce que?

Il remarqua sa propre nudité. Le drap qui l’avait protégé durant la nuit avait glissé et en dévoilait un peu trop sur son anatomie. Le général le replaça avec soin en tentant de garder un air le plus détaché possible. En fait, le mal de tête qui le faisait toujours souffrir creusait une ride entre ses sourcils lui donnant un air plus sévère qu’à l’habitude.

— Pas vraiment. J’ai mal à la tête et je n’ai aucune idée de comment j’ai pu me rendre jusqu’ici. Je le dois à vous visiblement…

Yao Shih se redressa dans le lit, un geste qu’il regretta, car il fut pris d’un léger vertige qui fit danser des points blancs devant ses yeux. Maintenant qu’il était bien réveillé, il prenait conscience de son état général avec un peu plus d’acuité. Yao était encore vaguement nauséeux et sa bouche pâteuse indiquait qu’il avait probablement vomi. D’un autre côté, son ventre émettait des grondements sourds signifiant qu’il avait besoin de manger. Le général se doutait bien que ce n’était pas une bonne idée de manger maintenant.

— Merci…

Visiblement, Wei Su s’était bien occupé de lui. Du moins, beaucoup mieux que plusieurs autres ne l’auraient fait. Pourtant, même si ses sens étaient encore engourdis, Yao Shih sentait bien que quelque chose n’allait pas chez Wei Su.

— Je veux un verre d’eau, tout simplement…

Yao Shih prit le verre d’eau et en but prudemment quelques gorgées. Son estomac ne protesta pas comme il l’avait craint. Il but le reste d’un trait avant de poser le contenant vide sur la table de chevet. Il resta un moment silencieux à observer Wei Su qui donnait l’impression de vouloir disparaître entre les lattes du plancher.

— J’ai bu beaucoup plus que de raison hier. Jamais avant je me suis mis dans un état semblable. Ne croyez pas que je suis qu’un sale ivrogne. Votre boisson est traitresse.

Le général le fusilla du regard comme s’il le mettait au défi de contredire ses paroles. Visiblement, tout ce qui c’était passé la veille était bien loin derrière. Le si beau sourire qui avait illuminé son visage ne semblait n’avoir été qu’une illusion ou une erreur de parcours. Yao Shih avait oublié depuis longtemps comment sourire.

— Je n’ai plus aucun souvenir. Racontez-moi ce qui s’est passé. J’ai horreur d’être dans le flou et selon votre visage, quelque chose est arrivé. Dite-moi quoi.

Le ton de Yao Shih était beaucoup plus un ordre qu’une simple demande. Il valait mieux pour Wei Su de tout dire et en détaille.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 15:10

Le général semblait être bien malade ce matin. Ce fut la brillante conclusion que Su avait faite en le voyant avoir du mal à juste ouvrir les yeux. Il semblait être complètement perdu et Su pouvait le comprendre. Lui aussi, à la seule et unique cuite qu'il avait eut, il s'était demandé comment il s'était retrouvé dans le salon de sa maison, avec son père qui le regardait sévèrement. Ne rien savoir de ce qu'il s'était passé était une torture, du moins, assez pour demander ce qu'il s'était passé rapidement. Pour le moment, le général ne semblait pas assez en forme pour le demander. Mais il remarqua que le drap ne le cachait plus et se cacha de nouveau. Su lui en était reconnaissant, car il était difficile de le regarder si en plus il devait le voir nu face à lui.

- En effet, vous êtes dans la chambre double que j'ai réservé pour la semaine. L'enfant d'hier vous a trouvé ivre mort et est venu me chercher pour que je vous aide.

Il le regarda se redresser, attentivement. Quand il vit qu'il n'y avait donc plus de risque d'un malaise ou autre joyeuseté de ce genre, il se détendit. Du moins du plus qu'il pouvait en pensant à la veille. Le général finit par lui demander un verre d'eau. Bien sûr, c'était sûrement pour tester l'état de son estomac, il devait être affamé après tout. Rendre son repas de la veille au soir, ce n'était pas forcément bon, pour l'appétit ensuite. Il lui tendit silencieusement. Son comportement contrastait beaucoup avec la veille où il avait beaucoup plus parlé que d'habitude.

Quand Yao Shih se justifia pour la veille au soir, Su soupira doucement. Que répondre à cela ? Même si lui ne le pensait pas, le reste de la population de Chenlan n'allait pas être aussi facile à convaincre. D'ailleurs, pourquoi le croyait-il aussi facilement ? Son coeur semblait lui jouer de sales tours, il ne parvenait pas à le comprendre. Mais, au fond, il savait qu'il ne devrait pas tenter de le comprendre pour le moment, cela ne pourrait que lui apporter de la souffrance.

- En effet, notre spécialité est traîtresse mais, même si je vous crois, je ne pense pas que les habitants de Chenlan seront aussi compréhensif que je ne peux l'être avec vous.

Quand l'ordre claqua, Su regarda Yao Shih droit dans les yeux, parfaitement impassible ce coup là. Il avait l'habitude des ordres, et depuis un moment, c'est lui qui en donnait. S'il était un simple homme, incapable de résister aux ordres de n'importe qui, il lui aurait sans nul doute tout raconté. Mais là, il savait d'une part que tout dire n'allait pas forcément être une bonne chose et d'autre part, il savait aussi que le général risquerait sans doute de s'en vouloir et de lui en vouloir. C'est pour cela qu'il opta pour une version légèrement différente de la réalité.

- A vrai dire quand je vous ais trouvé, vous avez failli vous faire voler vos effets. Je suis intervenu à temps et j'ai tenté de vous porter jusqu'à l'auberge. Les habitants de Chenlan ont, malheureusement pour vous, remarqué votre état. Surtout que vous avez vomi devant tous ces gens.

Il alla s'asseoir, pour être plus posé afin de paraître convaincant tout en cherchant quoi dire. Ce n'était pas un exercice facile, surtout qu'à ce moment là, le baiser que lui avait donné le bel homme lui revint et il dû faire appel à toutes ses capacités de calme et de maîtrise de soit pour ne rien faire paraître. Le seul petit détail qui lui échappa fut un léger soupire et mordiller légèrement sa lèvre inférieur.

- Une fois arrivé ici, je ne voulais pas vous laisser dans vos vêtements souillés, alors je vous ai déshabillé et lavé. Vous déliriez un peu, murmurant des choses que je n'ai pas vraiment comprit. Vous tentiez de vous raccrocher à moi pour je ne sais quelle raison. Mais une fois que je vous ais fait boire deux verres d'eau et que vous étiez lavé, vous êtes tombé endormi. Sans doute l'effet de l'alcool. Vous savez tout.

Ou presque. Su espérait vraiment que le mensonge allait passer. Il avait donc justifié sa gêne, dans un mensonge qui pouvait être convaincant Mais il détourna à ce moment là le visage pour regarder l'extérieur, mordillant de nouveau sa lèvre inférieur. Comment faire contre cette culpabilité et surtout, comment faire pour diminuer cette sensation qui le prenait droit dans le coeur quand il regardait le fin visage de son vis à vis ? C'était bien la première fois qu'il ressentait ce genre de chose. Il était plutôt perdu, mais la seule chose qu'il savait, c'est qu'il aurait donné beaucoup, vraiment beaucoup, pour ne plus voir cette tristesse et cette détresse sur le visage de Yao Shih. Il aurait donné tout autant, surtout, pour calmer le coeur meurtri du bel étranger qui lui avait pourtant volé le sien la veille au soir sans qu'il ne s'en rende pour le moment compte.

- Vous devriez manger quelque chose, cela vous ferait du bien...


Dernière édition par Wei Su le Sam 5 Déc - 17:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 16:25

Tomber ivre-mort devant la moitié du village… Lui qui voulait tellement éviter qu’on le remarque, c’était foutu… Définitivement foutu. Depuis qu’il était dans ce village, il multipliait les erreurs de débutants. Ça faisait bien deux ans qu’il était en congé forcé, mais il ne pouvait pas être rouillé à ce point. Certaines choses ne se perdaient pas aussi facilement, non? Bon, il manquait peut-être un peu d’entraînement. Yao Shih se sentait comme un empoté. Un empoté malade pour l’occasion. Il avait honte pour lui-même et son royaume. Si l’histoire venait à se savoir, il n’avait plus qu’à faire ses bagages. Pour lui, l’honneur était une valeur très importante à ses yeux. Cette nuit, il avait totalement perdu la face. Il avait lui-même bafoué son honneur devant tout le village. Personne ne connaissait son nom complet ni même son origine, mais Yao Shih était capable de se condamner lui-même. Wei Su avait raison. Aux yeux des habitants, il était qu’un sale ivrogne. L’image de son beau-père apparu tout à coup dans son esprit. Il avait encore des souvenirs de son adolescence alors que l’homme de guerre revenait de ses obscures soirées en ville, totalement ivre. Il ne pouvait s’empêcher de regarder Yao Shih et de dénigrer tout ce qu’il faisait avant de s’effondrer au milieu de la pièce pour ne se lever que le lendemain lorsque le soleil atteignit son paroxysme dans le ciel.

— Je deviens comme lui. Pensa Yao Shih à voix haute sans le vouloir. On pouvait voir dans le visage du général que cette idée ne semblait pas du tout lui plaire. Il était visiblement dégoûté par cette pensée. Il ferma les yeux un instant, essayant de se reprendre. Il avait encore l’esprit embrumé, sans parler des différents malaises qu’il ressentait. Yao Shih soupira en passant une main dans ses cheveux. Ils étaient emmêlés, donnant l’impression qu’il avait un nid de corbeaux sur la tête. À cet instant précis, il aurait apprécié la présence de se sa servante que rien ne pouvait décontenancer. C’est elle qui peignait les cheveux de Yao Shih. Cette petite routine du matin lui faisait à chaque fois un bien fou. Jamais sa servante n’oserait le juger d’un regard. C’était peut-être par peur, mais Yao espérait que c’était simplement par respect pour lui.

C’étant repris, il avait lancé l’ordre sans vraiment s’en rendre compte. C’était une demande… plus insistante disons-le. Yao Shih était habitué de donner des ordres, c’était dans sa nature, et ce, depuis aussi longtemps que ses souvenirs remontaient. Habituellement, personne n’osait tergiverser et s’exécutait aussitôt, sachant que le général n’accepterait pas qu’on émette le moindre doute sur ces paroles. Le général ne connaissait pas Wei Su. Il aurait du mal à savoir si ce dernier mentait ou déformait simplement quelques aspects de la vérité pour le protéger. Sachant qu’il était impressionnant lorsqu’il commençait à fixer intensément quelqu’un, Yao Shih décida de jouer cette carte. Ce n’était pas très gentil de pousser dans ses derniers retranchements quelqu’un qui l’avait aidé, mais il voulait tout savoir. Il savait qu’un homme ivre pouvait dire des choses que normalement il n’aurait jamais dites. Il pouvait aussi faire des gestes inhabituels.

Son regard félin était fixé sur Wei Su. Il devait déployer des miracles de concentration pour ne pas se laisser emporter par la migraine qui était un obstacle de taille dans sa tâche. La première partie de son discours était vrai, du moins elle était vraisemblable. Qu’on ait tenté de le dépouiller alors qu’il était inconscient dans la rue n’avait rien de surprenant. De même, il n’était pas vraiment surpris d’apprendre que c’était l’enfant qu’il avait aidé plus tôt dans la journée qui l’avait trouvé en premier. Dépouiller les ivrognes devait faire partie de ses activités pour trouver de l’argent. C’est la suite qui le fit légèrement réagir. Non pas dans ses propos, mais plutôt dans le langage corporel de Wei Su. Il cachait quelque chose, quelque chose qui l’embarrassait. Bon, il s’était rendu ridicule devant un étranger! Yao Shih s’était accroché à lui pour une raison obscure, mais il était à peu près certain d’avoir dit quelque chose.

Il plissa légèrement les yeux, toujours fixés sur Wei Su.

— Pour avoir vécu avec un ivrogne dans ma vie, je sais que mon beau-père, même ivre à l’extrême, restait assez loquace pour dénigrer tout ce que je pouvais faire. Le discours était décousu, mais assez clair pour en comprendre la teneur. Dites-moi, ai-je mentionné un nom ou parler de l’endroit d’où je venais?

Yao Shih soupira d’impatience. Wei Su était totalement bouché ou quoi? Il éludait la question en lui demandant s’il voulait manger quelque chose. Son estomac lui faisait mal. Non, il ne voulait rien manger, il voulait simplement la vérité, aussi cruelle qu’elle pût être.

— Non! J’ai mal au cœur, je ne veux rien manger. Lança-t-il tout à-coup agressif. Yao Shih donnait plus l’impression d’être un animal blessé plutôt que quelqu’un sur le point de sauter à la gorge de Wei Su pour obtenir ce qu’il voulait. Il était plus en colère contre lui-même que contre le stratège, mais ne compter pas sur lui pour l’avouer. Plutôt mourir torturé plutôt que ça.

Il porta une main à son estomac, gémissant sous la crampe qui venait de lui tenailler le ventre. Il s’agitait trop. Yao Shih devait se calmer, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Sa respiration était rapide et son corps se couvrait de sueur froide. Wei Su devait la voir perler sur son front. Une autre crampe lui fit fermer les yeux. Le général se détourna vivement pour vomir une nouvelle fois. Son estomac étant pratiquement vide, il ne rendit que l’eau qu’il avait bue un peu plus tôt ainsi que de la bile. Chaque secousse était terriblement douloureuse. Yao Shih se cramponnait au lit, espérant que ça s’arrête. Hier, il avait vomi devant Wei Su, mais heureusement il n’en gardait pas le moindre souvenir. Cette fois, il était parfaitement conscient et c’était très humiliant. Il se sentait tellement vulnérable. Il l’était. Il offrait un spectacle bien pathétique au stratège qui voyait un homme d’habitude toujours bien droit et fier, recroquevillé dans le lit. Une fois la crise terminée, Yao Shih resta un moment prostré. Ses cheveux cachaient son expression, mais lorsque le général passa la main sur son visage, il devait se douter de ce qu’il faisait en réalité. Il essuyait les larmes qui étaient montées à ses yeux sans le vouloir.

— Pathétique…

Yao Shih avait soufflé ce mot comme une condamnation qu’il se faisait à lui-même. Il se sentait comme le plus minable des hommes et cette envie qu’il avait de disparaître depuis des années devint plus lourde encore. Il sentait que son serment de mourir à la guerre, il ne pourrait pas le tenir.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 17:49

Voir le fier homme commencer à dire des choses qui n'avaient aucun sens si on ne connaissait pas sa vie fit encore plus mal au coeur de Su. De qui parlait-il ? De quoi ? Il voyait bien qu'il se maudissait lui-même, qu'il se faisait honte. C'était une bonne chose, certes, mais à ce point là, Su ne savait qu'en penser. Il voulait pouvoir calmer l'homme, mais il ne savait pas quoi faire. De plus, le temps semblait ne rien avoir fait sur lui, comment l'aider ?

Quand il raconta la soirée, sous le regard insistant et fixant de Yao Shih, il se sentait étrange. Déstabilisé. Vers la fin de son récit, ses petits tics se multipliaient. Le souvenir du baiser de l'homme et de ses... quelques réactions lui revint. Il le chassa, comme on devait chasser pensées négatives avant d'être totalement enseveli par celles ci. Il regarda l'homme de nouveau... et eut de nouveau du mal à le regarder en entendant la suite.

Ainsi donc l'étranger avait vécu auprès d'un homme qui finissait ivre la plupart du temps ? Cela expliquait de nombreuses choses. Dont sa mystérieuse phrase. Vu l'état du général, le stratège décida d'éluder la question. La réaction du bel étranger ne se fit attendre. Apparemment, il tenait à avoir la réponse, la vérité. Il s'était rendu bien compte que Su mentait. Mais comment lui dire sans qu'il ne se flagelle que d'avantage ? Il ne devait pas lui dire, il devait garder cela pour lui. Il ne pouvait lui dire. Fort d'une nouvelle volonté, il allait lui expliquer que non, il n'avait rien dit de compréhensible, mais l'homme semblait de nouveau mal en point. Voire même très mal en point. Une lueur d'inquiétude passa dans son regard avant que Yao Shih ne se retourne, son estomac n'ayant pas supporté le verre d'eau. Su se figea avant s'avancer doucement vers lui. "Pathétique...". Ce simple mot, cette condamnation envers lui-même fit réagir Su.

- Non, vous êtes juste malade, ce qui arrive à bon nombre d'étranger venant ici, et goûtant notre spécialité à outrance. La seule chose que vous avez fait fut de boire un petit peu trop. Attendez, je vais...

Il prit un linge imbibé d'eau fraîche et s'approcha de Yao Shih. Mais avant qu'il ne puisse atteindre son visage et surtout son front, l'homme lui attrapa fermement le poignet et serra. Fort. Su serra les dents et lâcha le linge, par réflexe. C'était bien différent d'hier et cette simple pensée failli faire monter les larmes aux yeux de Su, sans même qu'il ne comprenne pourquoi. Mais il se reprit avant que ses yeux ne montrent leur brillance un peu trop vive pour être naturelle.

- Vous ne pouvez rester ainsi. Laissez moi vous aider juste. Je ne ferais que cela, je vous le promet sur mon honneur. Ce n'est pas la première fois que je vous vois dans cet état...

Quelqu'un frappa à la porte. Su fit lâcher Yao Shih puis alla entrouvrir la porte. Après quelques bribes de mot que Yao Shih ne put comprendre, Su sortit quelques instants dans le couloir. Les bribes de mots se transformèrent en cris incompréhensibles. La voix de Su et celle apparemment d'un homme étaient audible, mais leurs propos étaient, eux, tout à fait impossible à entendre. Puis l'homme qui parlait avec Su s'en alla, visiblement énervé si on en croyait les bruits de ses pas. Su, pour sa part, rentra de nouveau dans la chambre, son visage totalement dénué d'émotion, ce qui signifiait pour ceux le connaissant, soit une grande douleur, soit une grande colère. Pour le moment, la seconde hypothèse semblait être la meilleure. Et c'était en effet la bonne solution.

Su alla dans une partie de la chambre, ses gestes étaient rapides et précis, voire secs. Quand il était ainsi, nul doute qu'il était un bretteur hors pair, ses réflexes et la position de son corps le montrait plus sûrement que la veille lorsqu'il avait fait face aux hommes qui en voulaient à Yao Shih. Il rangea quelques effets à lui dans le petit meuble puis retourna auprès de Yao Shih.

- Laissez moi faire. Pas de discussion, je crains que vous n'ayez pas le choix. Vous pourrez me le faire payer comme il vous plaira par la suite, mais pour le moment, laissez moi m'occuper de vous.

Il attrapa le poignet de Yao Shih avant que ce dernier ne puisse réagir et essuya doucement son visage, avec une douceur exemplaire. Qu'importe comment l'étranger pouvait réagir, à présent, Su était comme une huître totalement fermée, il était impossible de voir quoi que ce soit dans son regard ou dans ses gestes. A part une douceur inespérée, rien ne pouvait passer.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 5 Déc - 19:56

Wei Su voulait l’aider? Pour quelle raison? C’était une cause perdue d’avance. Comme il l’avait dit, même le temps n’avait rien pu faire pour lui. Yao Shih se complaisait dans ses ténèbres. Il s’entêtait à y rester sans essayer de s’en sortir. Pour un vaillant soldat, il avait abandonné bien facilement. On dit souvent que le premier chagrin d’amour était terrible, celui de Yao Shih devait équivaloir à la fin du monde. Il s’était entièrement refermé sur lui-même, obsédé par l’idée de mourir noblement. Maintenant, il était dans cette chambre d’auberge, dénudé et malade. Sa façade était mise à nue. Jamais il n’avait été aussi vulnérable devant un inconnu. Wei Su était le premier homme à le voir dans cet état depuis longtemps. Voilà pourquoi je général était si honteux. Si en plus il apprenait que Wei Su était de Funan, il prendrait aussitôt sa dague pour se l’enfoncer dans le ventre. Ceci dépasserait de bien loin tout ce qu’il était prêt à endurer pour tenir sa promesse. Peut-être demanderait-il à Wei Su de le tuer? Il lui dirait sans doute quelque chose comme : achève un homme qui souffre depuis si longtemps. Montre-moi que les hommes de Funan sont capables de charité.

Les épaules de Yao Shih commencèrent à trembler lorsque Wei Su tenta de justifier son état. Il riait en silence. Cette situation était tellement ironique et son sauveur était trop bon. Il était naïf, voilà tout. Le général ne voulait plus de son aide. Lorsque le stratège s’approcha avec un linge humide, Yao Shih lui attrapa le poignet d’un mouvement brusque et serra avec force. Il pouvait presque sentir les os craquer sous ses doigts. Son regard, quasi haineux, se planta dans celui de Wei Su et d’un ton qui se voulait plus agressif qu’autoritaire, il répliqua.

— Ne… me… touchez… PAS!

Yao Shih avait bien distinctement prononcé chaque mot. Il ne voulait que personne ne le touche. Il ne pouvait tout simplement pas le supporter. La simple idée que Wei Su l’a déshabillé la veille pour le laver… Il aurait préféré croupir dans son vomi et être entièrement dépouillé de ses biens. Des contacts de ce genre pouvaient aboutir à des choses que Yao Shih tentait désespérément d’éviter depuis des années. Il ne se pensait pas beau au point de faire tomber n’importe qui sous son charme au moindre regard, mais la réaction de Wei Su laissait deviner que quelque chose était arrivé… Quelque chose qu’il aurait très bien pu faire sous l’effet de l’alcool. Il n’en avait aucun souvenir et c’était encore plus horrible. Tout ceci n’était que suppositions. Il aurait grandement préféré l’entière collaboration de Wei Su.

Peu après, on frappa à la porte. Wei Su se leva pour répondre, laissant Yao Shih derrière avec ses réflexions. De là où il était, il lui était impossible d’entendre distinctement l’échange qui avait lieu derrière la porte. Toutefois, le ton monta rapidement. Était-il la source de ce désaccord? C’était plausible. Plus Wei Su resterait près de lui, plus il risquait de s’attirer des ennuis. Yao Shih ne connaissait pas Wei Su, mais ce dernier semblait apprécié au village. En restant près de lui, avec la réputation que le général avait réussi à se forger en 24 heures, elle risquait de déteindre sur le jeune homme.

Lorsque le stratège revint dans la chambre, il était visiblement en colère. Il tentait de le cacher, mais c’était visible comme le nez au milieu de visage. Yao Shih ne dit rien. En fait, il s’en moquait. Tout ce qu’il voulait maintenant était de mettre le plus possible de distance entre lui et son sauveur. Il voulait rompre les liens et se faire détester par lui. Pour ça, il était vraiment prêt à tout.

Wei Su revint à la charge avec son linge humide. Yao Shih le foudroya une fois de plus du regard. Oui, il avait le choix et il allait le prouver. Toutefois, il le laissa quand même essuyer son visage sans le quitter des yeux. Yao Shih avait la mâchoire crispée, mais semblait s’abandonner à ces soins, mais ce n’était pas le cas. Sans avertir, il frappa durement Wei Su au visage.

- Je vous le répète, ne me touchez pas! Dites-moi plutôt ce qui s’est passé!
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 6 Déc - 4:20

Le stratège était encore bien énervé de son altercation d'il y a quelques minutes. Que voulait donc son père à tenter encore de faire valoir son autorité sur lui ? Yao Shih ne pourrait lui apporter que du mal ? Et alors ? Il ne pouvait le laisser ainsi, c'était contre sa propre nature. Il ne pouvait pas le laisser dans sa douleur, il voulait l'aider, quoi que ça lui coûte. Si le stratège avait analysé ses pensées calmement et posément, peut-être aurait-il comprit qu'il y avait quelque chose qui clochait avec ce qu'il ressentait envers le bel étranger qui le regardait avec un regard toujours aussi haineux.

Ce regard perturbait au plus haut point le jeune homme qui prit quand même son courage à deux mains pour se rapprocher de nouveau de l'homme. Il avait l'impression d'avoir en face de lui un tigre blessé, qui ne se laisserait approcher pour rien au monde. Il approcha tout de même et fut surpris de voir qu'il se laissait faire, quand il passa le tissu sur son visage. Il lui essuya donc doucement le visage, se perdant doucement dans une sorte de confiance en voyant qu'il semblait se laisser aller dans son aide. Confiance qu'il comprit trop tard qu'il n'aurait jamais dû avoir.

Ce fut ce qu'il conclue quand il fit deux pas en arrière, posant une main sur sa mâchoire, suite au coup de Yao Shih. L'homme frappait plutôt fort ! Ce coup lui arracha un soupire et il posa de nouveau son regard sur l'homme. L'énervement et l'agacement le prirent et il planta son regard droit dans celui de Yao Shih, très peu impressionné cette fois par le regard qu'il lui donnait. Il reprenait une sorte de confiance en lui, confiance qui montrait qu'il n'était pas un simple homme ordinaire, couplée avec ses aptitudes à l'épée.

- Ce qu'il s'est passé ? Il vaut mieux pour vous ne pas le savoir. Je ne pense pas que vous réagiriez bien si vous apprenez que vous m'avez embrassé, hier soir après votre discours décousu que je n'ai pas vraiment comprit.

Il lui tourna le dos et s'en voulu soudain de sa dureté. Mais après sa dispute avec son père qui lui annonçait que plusieurs personnes du village le voyaient mal à présent, il n'avait pas énormément de patience. Il ne comprenait pas aussi pourquoi il avait dit ça et pas la suite de l'histoire mais cette fois, il était sûr que l'homme n'allait pas douter de la véracité de son histoire. Après tout, ce fait était assez perturbant pour expliquer son petit malaise d'il y a quelques instants.

Il se reprit tout de même et se tourna vers Yao Shih, l'air beaucoup plus calme et plus posé. Il ne pouvait pas rester aussi froid et dur après tout. Encore moins avec Yao Shih. Et bien oui, il était malade... et quiconque dirait que ce n'est pas la vraie raison n'obtiendrait aucune sorte d'accord de la part de Su. Il soupira légèrement avant de reprendre.

- Vous n'avez rien fait de plus et vraiment ce n'était presque rien. Et ne vous inquiétez pas pour la suite de votre semaine, je vais convaincre les habitants de ne pas vous en vouloir. Vous n'êtes pas le premier étranger à tomber ivre mort dans la rue à cause de notre spécialité. Par contre, je veux bien vous laisser la chambre, je doute que vous trouveriez quelque chose ailleurs, pour le moment, et ça m'embêterai que vous ne devriez rien trouver pour au moins la nuit qui arrive.

Il alla s'appuyer contre le mur près de la fenêtre afin de ne pas avoir à regarder de nouveau Yao Shih. Il avait besoin de se calmer et de relativiser. Pourquoi avait-il ce besoin de l'aider ? Si l'homme ne le voulait pas, pourquoi s'y accrocher ? Il savait que ce n'était pas anodin, mais il espérait, au fond, qu'il n'aurait pas à souffrir plus qu'il a souffert la veille au soir en ressentant la honte d'avoir comme usurper une tendresse qui n'était pas sienne.

Il semblait comme ignorer l'homme mais en fait, il réfléchissait juste. Mais n'obtenait pas plus de réponse que la veille au soir où il avait passé une partie de la nuit à s'interroger. Il écoutait ce qu'il avait à lui dire et quelques uns de ses regards montraient qu'il faisait attention aussi à ses réactions. Il espérait qu'il n'agisse pas de manière inconsidérée.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 6 Déc - 21:38

Oui, Yao Shih l’avait frappé, et ce, sans ménagement. Il ne voulait pas qu’on le touche, il ne voulait pas qu’on l’approche, il ne voulait même pas qu’on le regarde! Il n’avait qu’une seule envie, c’est de rester seul. Malheureusement pour lui, Wei Su semblait bien décider à épancher son besoin d’aider les autres sur sa petite personne. La douleur du coup porter irradiait dans sa main et son bras, mais il s’en moquait. En fait, ça lui faisait plutôt du bien, changeant le mal de place. Son estomac lui faisait encore des misères et son crâne semblait être sur le point d’éclater. D’ailleurs, il se massa les tempes dans l’espoir de soulager un peu la pression. Ce qu’il voulait de Wei Su, ce n’était qu’un peu de collaboration. Il voulait savoir la vérité, rien de plus. Il avait le droit de la connaître. Après tout, il était le principal concerné dans cette histoire. Mais non, Wei Su ne voulait rien lui dire… Du moins, presque.

— Je suis le mieux placé pour savoir ce qui est mieux pour moi ou non alors… Quoi !?

Est-ce que Wei Su venait de dire qu’il l’avait embrassé? Oui, il n’avait pas rêvé, Wei Su avait bien prononcé ces mots. Yao Shih qui était déjà pâle comme la mort devint un peu plus blanc encore, se cela pouvait être possible. Il fut à nouveau pris de vertiges et dut fermer les yeux pour ne pas vomir encore. Embrasser un homme ne le dégoûtait pas du tout. Il avait fait bien plus intime et à de nombreuses reprises. Toutefois, il s’était juré de ne plus jamais être intime avec un autre homme depuis la mort de Bing Qing et il venait de rompre sa promesse. Toute la colère et la hargne qui avaient imprégné les traits du visage de Yao Shih disparue presque aussitôt pour laisser place à un masque vide d’émotion. Il baissa la tête pour éviter que Wei Su ne le remarque. D’ailleurs, ce dernier tentait de dédramatiser le tout en disant que ce n’était presque rien et qu’il n’avait pas été plus loin. Encore heureux! Yao Shih n’aurait pas supporté si ça avait été le cas. Il ajouta qu’il tenterait de calmer la population à propos de ses frasques. C’était bien noble de sa part, mais il doutait fortement qu’on puisse oublier ce qu’il avait fait. Il s’était vraiment rendu ridicule. Si quelqu’un de Sizheng l’a reconnu, il en était fini de sa réputation d’homme droit et fier.

— Pouvez-vous vous taire un moment? J’ai mal à la tête et vous n’arrêtez pas de jacasser. Vous êtes pire qu’une femme quand vous vous y mettez.

Yao Shih se roula en boule dans le lit, tournant le dos à Wei Su. Il ramena le drap par-dessus sa tête et ferma les yeux. Malgré les longues heures de sommeil, il ne se sentait pas du tout reposé. Il était même totalement épuisé. À sa grande surprise, il réussit à s’endormir rapidement. Wei Su put clairement entendre la respiration de Yao Shih devenir plus lente et régulière.

Après les ténèbres, Yao Shih se retrouva debout sur une plage. Il reconnaissait l’endroit. Le général aimait s’y rendre dans ses temps libres, en particulier du temps de Bing Qing. Ce lieu avait été témoin de nombreux de leurs ébats. Son amant avait même fait la remarque que de faire l’amour sous le regard scrutateur des mouettes avait quelque chose de pervers. Yao Shih avait ri. Ça faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas laissé aller à ce genre de chose.

Cet endroit était magnifique. Le soleil ne brillait pas dans le ciel qui était gris, mais pas menaçant. Un vent marin soufflait, Yao Shih pouvait presque en sentir l’odeur. Les vagues venaient mourir sur la plage dans de longs soupirs. Avec un peu d’imagination, on avait l’impression que l’océan respirait. Yao Shih commença à marcher sans trop savoir où il devait aller. Il regardait la mer et les oiseaux marins qui y plongeaient pour chercher de petits poissons argentés quand un mouvement attira son attention un peu plus loin sur la plage. C’est alors qu’il le vit. Un jeune homme s’amusait à jouer les équilibristes sur un tronc d’arbre rejeté par la mer. Yao Shih avait vu cette scène des milliers de fois.

« Bing Qing! »

Interpelé, le jeune homme en question tourna la tête vers Yao Shih. Il souriait. Puis sans dire un mot, il commença à courir.

« Hey, attends! »

Yao Shih entreprit de le rattraper, mais plus il s’approchait, plus le soldat s’éloignait de lui. Au bout d’un moment cependant, une falaise lui fit obstacle et il ne pouvait plus aller plus loin. Le général le rattrapa enfin, à bout de souffle.

« Pourquoi… Pourquoi me fuis-tu? »

Bing Qing, qui lui faisait toujours dos, se tourna lentement vers Yao Shih. Il avait toujours ce doux sourire aux lèvres et Yao sentit son cœur se briser dans sa poitrine. Le soldat ouvrit la bouche pour parler, mais une toux l’étrangla et il commença à cracher du sang, comme le jour de sa mort. Le défunt regarda ses doigts tachés de sang et leva les yeux vers Yao Shih.

« Je suis mort. » Souffla-t-il d’une voix douce avant de s’évaporer dans les airs.

Yao Shih sentit la panique l’envahir. En haut de la falaise, Bing Qing venait d’y apparaitre. Le général entreprit de grimper le haut mur de pierre.

« Inutile de me suivre, je suis mort… »

Yao Shih perdit pied et tomba dans le vide. Avant de heurter le sol, il ouvrit les yeux.
Sa respiration était rapide et il était à peu près certain d’avoir crié. Ce n’était qu’un rêve, mais il lui avait semblé tellement réaliste. Il avait encore l’impression de sentir le vent marin sur son visage, sans parler de la sensation de ses pieds s’enfonçant dans le sable de la plage lorsqu’il courrait derrière son amant. Il n’avait pas rêvé de lui depuis des années. Pourquoi maintenant?

— Ce n’est qu’un rêve… un stupide rêve…
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Ven 11 Déc - 0:11

Su vit bien que Yao Shih avait réagit plutôt mal à l'entente du fait qu'il l'ait embrassé. Il soupira silencieusement, se disant qu'au fond, si Yao Shih n'avait toujours pas fait son deuil, c'était normal qu'il agisse comme ça. Il savait pertinemment que l'homme allait s'en vouloir et il tenta donc de babiller quelques mots pour le réconforter comme il pouvait. Il ne comprenait pas pourquoi il sentait un tel besoin, ainsi, de le rassurer sur la gravité de son geste. Il aurait pu lui en vouloir, le culpabiliser d'avoir voler son premier baiser, ou même encore avoir agit ainsi la veille au soir et de se montrer si peu respectueux et reconnaissant.

Surtout quand celui ci lui parla, d'un air agacé, juste après. Se taire ? C'est vrai qu'il parlait beaucoup, mais tout de même ! Mais non. Su n'était pas en colère. Il n'éprouvait aucune rancune, ce qui n'était pas le cas de sa mâchoire qui le lançait encore un peu. Il regarda le fier général, dont il ignorait encore la profession et la provenance, se mettre sous les couvertures, et attendit un moment. Il entendit que la respiration de l'homme se fit plus calme et plus sereine, comme s'il s'était endormi. Il s'approcha et le découvrit juste légèrement pour savoir. En effet, ce dernier semblait dormir et pas qu'un peu. Su soupira et la matinée passa rapidement.

Il alla tout d'abord chercher de quoi nettoyer la chambre. Une fois sa tâche faite dans le plus grand silence pour ne pas réveiller le bel endormi, il alla s'enquérir de ses vêtements qu'il avait mit à laver, la veille au soir. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que ces dernier avaient été... coupé. Au lieu d'avoir été lavées, les tâches avaient été directement découpées dans le tissu. Autant dire que le vêtement était impossible à mettre, sauf si on voulait exhiber la moitié de son anatomie devant le village entier. Il soupira et décida de sortir, pour lui acheter de quoi s'habiller.

Pensif, il ne remarqua pas que les gens murmuraient, sur son passage. Comment aurait-il pu savoir que ces personnes parlaient sur le général de Sizheng vu avec Su, alors que ce n'était un secret pour personne que celui ci était de Funan ? Comment aurait-il pu se douter qu'aucun de ces habitants, pas même son propre père, ne lui aurait dit une information capitale de cette ampleur ? Bien entendu, ces derniers la gardait aussi pour eux et les rumeurs de Chenlan étaient inaudibles pour n'importe quel étranger, quel qu'il soit. Mais Su ne se considérait pas réellement comme un étranger, voilà pourquoi il ne se douta pas qu'une rumeur courait sur lui, ni que les habitants lui cachaient quelque chose.

Il alla dans plusieurs magasin, mais ne trouvait rien véritablement qui lui plaisait, et assez neutre pour le général. Une tunique aurait pu faire l'affaire, un moment, mais elle était bien plus à sa taille à lui qu'à la taille du général. Et bien évidemment, la couturière aurait besoin de plus de deux semaines pour faire le vêtements pour le bel étranger. Avec sa vitesse de confection, Su en doutait, mais il n'était pas dupe, elle aurait été incapable de faire se vêtement en moins d'une journée. Il continua donc sa balade, à la recherche d'un vêtement pour Yao Shih, quand une voix familière l'interpella.

- Et bien Su, on ne dit pas bonjour à sa propre mère... ?

Le stratège de Funan sursauta et se tourna vers sa mère, qui était derrière lui. La femme était d'une beauté surprenante au premier abord. Un visage fin, ressemblant beaucoup à celui de Su mais en beaucoup plus féminin, des cheveux très long, le plus souvent simplement attaché en queue de cheval, laissant deux longues mèches encadrant son visage. Elle avait des yeux bleu océan montrant ainsi ses origines. On pouvait voir, sur son maintient, sur sa façon d'être et surtout sur la qualité de son physique, qu'elle n'avait pas toujours été femme à fréquenter un village. Pourtant, ses vêtements étaient de qualité médiocre. Malgré cela, ils ne cachait rien de la grâce que la femme semblait posséder.

- Mère... je ne vous avais pas vu, pardonnez moi.

- Ce n'est rien, Su. J'ai cru comprendre que tu cherchais un habit pour ton hôte ?

- En effet...

- Inutile de parler, mon garçon, je ne suis pas idiote, je sais ce qu'il s'est passé. Amène moi à ce jeune homme, je te prie.

Le fils de la femme acquiesça et l'amena docilement à l'auberge où reposait encore Yao Shih. Les desseins de sa mère lui étaient un peu flou. Elle portait un paquet, dans ses bras et il s'interrogea de son contenue. Sa mère sourit, remarquant son regard.

- Tu remarques enfin le paquet que je tiens. Fais attention à toi, Su, tu risques de devenir aveugle si tu finis par ne pas vouloir voir l'évidence.

Parfois, Su ne comprenait pas forcément le rapport des phrases de sa mère. Elle lui avait dit un jour que quand viendra le moment où il en comprendra chacune dès qu'elle arrive, alors il sera véritablement sage à partir de ce moment. Il n'aurait pu savoir que sa mère disait là une phrase qui l'aiderait dans le futur. Mais revenons au présent.

- Que tenez vous là, mère ?

- J'ai eut vent que tu cherchais de quoi habiller ton hôte et j'ai retrouvé un ensemble de ton père. Il faisait à peu près la taille de cet étranger, si j'en crois les rumeurs. Je n'ai eut que quelques points à retoucher, mais elle est comme neuve. Je la gardais depuis longtemps, au cas où tu aurais grandit un peu plus, mais tu n'as jamais égalé la taille de ton père...

Su ne répondit pas. Quelle importance ? Au moins, sa mère le tirait d'un embarra certain. Il n'aurait pas à annoncer à Yao Shih qu'il ne pouvait sortir de la chambre pour cause de quelques soucis de vêtements. Il réfléchissait aussi à un moyen de calmer les tensions du village. Mais depuis même pas une heure que les villageois l'avaient vu, les rumeurs avaient déjà diminuée, les habitants de Chenlan passant déjà à autre chose.

Ils arrivèrent ensuite à l'auberge, Su invitant sa mère dans la chambre. Il ouvrit la fenêtre, doucement, pour aérer quand il entendit Yao Shih bouger dans son sommeil. Il gémissait, comme ayant une certaine angoisse. Le regard de Su se chargea en inquiétude, ce qui ne passa pas inaperçu auprès de sa mère. Quand Yao Shih cria, il alla à ses côtés. Ce dernier semblait doucement se calmer et marmonna une phrase qui interpella Su. Ce dernier se demandait quel pourrait être la nature de son rêve. Pendant ce temps, sa mère avait déposé le paquet sur le meuble en face et était sortie, en comprenant que la tenue vestimentaire de l'homme encore un peu endormi pourrait l'indisposer.

- Yao Shih ? Ma mère est venue m'accompagner, elle vous a apporté... des vêtements. Les vôtres étant... impossible à mettre. Je vous laisse vous habiller, nous entrerons ensuite. Le paquet est sur le meuble, ma mère soutient que cela sera à votre taille et je lui fais confiance...

Il n'ajouta rien d'autre et sortit de la chambre, à la fois pour attendre avec sa mère et surtout, pour laisser le temps à l'homme de s'habiller. Il attendit un moment avant que ce dernier de lui donne l'autorisation d'entrer. Il entra, accompagnée de sa mère qui planta ses yeux océan droit dans ceux de Yao Shih.

- Yao Shih, je vous présente ma mère, Shue Xia.

- Enchantée de vous connaître, Yao Shih...

Elle pencha respectueusement la tête. Malgré ses nombreuses années au sein de ce village, à vivre comme toutes autres villageoises, elle gardait quelques petites manières de son passé. Elle souriait à peine et avait un port assez noble pour une femme du peuple. Cela avait forcé le respect de beaucoup de personne à Chenlan.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Ven 11 Déc - 23:50

Yao Shih se redressa en sursaut dans son lit. Il tentait de reprendre contact avec la réalité. Les dernières images de son rêve le hantaient encore. Il voyait Bing Qing en haut de la falaise si haute qu’il ne pouvait l’escalader. Sans parler du sang qu’il avait craché, si rouge qu’il en paraissait que plus réel. En fait, ce qui l’avait le plus marqué c’était cette vision qui lui rappelait le jour où il était mort. Il avait encore en tête le bruit qu’il avait fait lorsqu’il avait tenté de lui parler. Yao Shih ignore ce qu’il avait essayé de lui dire, mais peut-être que ces mots auraient eu une grande incidence sur le reste de sa vie. Peut-être… peut-être qu’il ne serait pas dans cet état aujourd’hui si Bing Qing avait réussi à passer son message.

Ce n’était que des suppositions. Yao Shih reprit ses esprits quand Wei Su lui parla de sa mère. Il regarda dans le reste de la chambre, mais il n’y avait personne. Elle était peut-être sortie après avoir déposé son paquet. Il pouvait le voir sur le meuble.

— Où sont mes vêtements?

Mais Wei Su quitta la chambre pour lui laisser le temps de s’habiller. Yao Shih se leva du lit et marcha vers le meuble où on avait déposé ses nouveaux habits. Les quelques heures de sommeil qu’il avait eues de plus lui avaient fait grandement du bien. Son mal de tête avait diminué et il n’avait presque plus de vertige. Il ouvrit le paquet et y découvrit des vêtements presque neufs, mais qui semblait quand même dater un peu. Ils étaient très sobres, mais gardaient une certaine touche d’élégance avec des broderies ton sur ton. Le tissu était plus fin que les habits normaux d’un paysan. Toutefois, un homme ayant des moyens ferait tailler ses vêtements dans du tissu de meilleures qualités. N’ayant rien d’autre à se mettre, il enfila les vêtements. Wei Su avait raison. Du moins, sa mère avait l’œil juste, car ces habits lui allaient à merveille comme s’ils avaient été taillés pour lui.

— Vous pouvez entrer.

Yao Shih retourna s’assoir sur le lit alors que Wei Su revint dans la chambre en compagnie de sa mère. Dès qu’il la vit, le général comprit que quelque chose n’allait pas avec cette femme. Non pas qu’elle avait l’air malade, mais plutôt parce qu’elle était comme une fleur de lotus sur un tas de fumier. Par réflexe, Yao Shih se releva. Elle avait un petit quelque chose que seules les femmes venant d’une bonne famille pouvaient avoir et qui incitait le général à rester debout par politesse. Sans oublier ses yeux et son allure générale. Il était prêt à se mettre la main au feu qu’elle venait de Sizheng. À côté d’elle, Wei Su était bien différent. Ses yeux presque noirs contrastaient avec les yeux bleus de sa mère. Il était un peu plus grand, mais gardait un peu de sa finesse.

— Merci pour les vêtements, madame.

Il inclina brièvement la tête vers la dame avant de regarder Wei Su.

— Mais j’aimerais savoir ce qui se passe avec mes vêtements.

Il regarda Wei Su avec un peu plus d’insistance. C’était lui qui s’était chargé de ses vêtements après tout, c’était donc sous sa responsabilité si quelque chose était arrivé. Toutefois, il rapporta son attention à la dame, soudainement très curieux. Il voulait savoir si ses doutes étaient fondés. Le temps n’avait en rien altéré la finesse de son visage et de son teint. Elle était peut-être un peu usée par des années de dur labeur, mais elle conservait une certaine fierté, une noblesse qui irradiait paisiblement de tout son être. Cette finesse était aussi visible dans le visage de Yao Shih, bien qu’il soit un homme surpassant cette femme de presque une tête.

— Pardonnez-moi, madame, de vous regarder avec tant d’insistance, mais votre visage m’est familier… Et pas seulement parce que votre fils vous ressemble.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 13 Déc - 14:46

Su n'était pas véritablement pressé de répondre à Yao Shih sur ce qu'il était advenu de ses vêtements. Même si au fond, ce n'était pas sa faute, dire à Yao Shih que ses vêtements avaient été découpés alors qu'il les avait confié lui-même à l'aubergiste pour qu'il les fasse laver, ce n'était pas vraiment quelque chose d'envisageable sans ressentir une grande gêne. C'est la principale raison pour laquelle il avait "oublié" de répondre à la question de Yao Shih quand celui ci avait demandé ce qu'il état advenu de ses vêtements.

Une fois de retour dans la chambre, il remarqua l'intérêt soudain de Yao Shih pour sa mère. Il se demandait pourquoi, sentant une petite pointe vive de jalousie dans le coeur. Pourquoi ? Sa mère arrivait à attirer l'attention du bel étranger juste en apparaissant et lui, il n'y parvenait pas ? Bien entendu, cela aurait été plus simple si c'était aussi clair dans la tête du stratège, il ne se serait pas posé autant de question sur le pourquoi de cette pointe au coeur qu'il avait. Il se reprit doucement et admit au final que sa mère avait de quoi surprendre, par rapport aux autres femmes du village. Il ne s'était jamais réellement poser la question "pourquoi", il respectait le fait que sa mère ne lui ait rien dit.

Qu'importe les soucis intérieur de Su, il admira inconsciemment l'homme, en face de lui. Les vêtements que sa mère lui avait apporté lui allaient parfaitement bien. Il était encore une fois surpris de l'exactitude du jugement de sa mère, sans avoir vu une seule fois le bel étranger.

- De rien, ce fut un plaisir d'aider mon fils en vous aidant, étranger Yao Shih.

Su reprit contact avec la réalité en regardant sa mère. Il devait se douter que Yao Shih devait l'avoir remerciée, mais voir sa mère agir avec autant de distinction qu'une grande dame le surprenait un peu. Il se tourna vers l'homme quand celui ci s'adressa de nouveau à lui. Son visage perdit un peu de son dynamisme et s'affaissa un peu, en entendant le ton avec lequel Yao Shih s'adressa à lui, à l'instar de sa mère. Un peu sec, froid, et il le regardait avec tant d'insistance. Il ne vit pas le regard amusé que sa mère lui lança.

- Les villageois les ont... découpés. Je saurais faire en sorte que le tort qui vous ait causé soit réparé rapidement... Ils sauront vous fournir des vêtements digne de ceux qu'ils vous ont dégradé.

- Allons Su, ne prends pas la responsabilité de gens qui n'ont pas la sagesse de comprendre qu'à Chenlan, on traite les étrangers avec respect, ce que tu t'efforces de faire. Tu n'as rien à te reprocher, mon fils.

Su la regarda et la vit se tourner de nouveau vers Yao Shih quand elle sentit le regard insistant de ce dernier sur elle. Elle le regarda avec une pointe d'interrogation à l'instar de son fils qui avait aussi remarqué l'insistance de Yao Shih. Su détourna, lui, le regard et alla se poser contre la fenêtre, comme à son habitude. Il se figea en entendant Yao Shih poser sa fameuse question à sa mère puis se retourna. Familier ? Il s'en fut de très peu pour que le stratège de Funan ne prononce cette question de vive voix, tellement la surprise le prenait.

- Vraiment ? Mon visage vous rappelle-t-il quelque chose de familier à votre vie ?

Elle sourit, légèrement amusée.

- Vous devriez faire attention aux mots que vous prononcez, seigneur, je risque de croire que vous êtes quelque peu familier avec mon fils, quoique cela ne me dérangerais pas particulièrement, mon fils est si peu social, et si silencieux que cela me ferait plaisir d'entendre qu'il arrive enfin à être normal avec quelqu'un....

- Mère !

L'indignation de Su s'était enfin exprimé, arrachant juste un sourire à Shue Xia. Elle commençait à comprendre l'attachement que son fils éprouvait pour l'homme et bien qu'elle craigne pour la suite et son futur, qu'il ne sera pas au bout de ses peines, elle était ravie qu'enfin quelqu'un ait pu toucher le coeur de son "insensible" de fils, depuis Xing He. Mais au fond, son fils lui ressemblait. Elle aussi, dans sa jeunesse, elle était comme lui. Elle sourit, amusée de la tournure de ses pensées, et regarda Yao Shih.

- Sauriez vous me dire ce que mon visage vous rappelle, étranger ? Ou serait-ce mes yeux qui vous rappelle quelque chose ?

Su savait bien que sa mère testait Yao Shih, mais il ne savait pas pourquoi, ni dans quel but. Shue Xia planta ses yeux océan droit dans ceux de Yao Shih, comme pour tenter de lire droit dans son esprit. Su se sentait comme mis à l'écart et en ressentait une vive jalousie. Cette jalousie, bien réelle et bien claire, ici, le fit s'interroger sur ce qu'il ressentait. Pourquoi une telle jalousie ? Et... de qui suis-je jaloux ? Voici ce qu'on pouvait entendre dans la tête de Su si on avait la capacité de lire dans ses pensées.

Ce dernier avait donc une attitude un peu distante, ce que sa mère repéra du premier coup d'oeil, mais elle continua tout de même de regarder Yao Shih. Elle laisserait son fils comprendre ce qu'il lui arrivait, pour elle, cela lui paraissait tellement simple et compliqué à la fois. Mais avant tout, il fallait tester ce Yao Shih. Elle voulait savoir jusqu'à quel point son fils risquait de souffrir. Même si elle ne ferait rien pour l'en empêcher. Il faut savoir rester à sa place et laisser les autres, même s'ils nous sont proches, avoir leur leçons pour les rendre plus sage et plus puissants par la suite.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 14 Déc - 5:44

Cette femme rappelait définitivement quelque chose à Yao Shih. En plus, elle agissait comme une grande dame. Aucune femme qu’il avait croisée jusqu’à maintenant n’aurait démontré une telle attitude. En règle générale, les femmes sont timides et soumises aux hommes. Normalement, elles garderaient l’échine courbée devant Yao Shih. Il y avait toujours des marâtres prêtes à tenir tête à n’importe qui, mais elles étaient plutôt rares. La mère de Wei Su n’était ni une femme soumise, ni une marâtre. Elle était bien au-dessus de tout cela. Elle était visiblement instruite et sa façon d’agir surprit même son fils pendant un bref instant. Yao Shih remarqua la surprise se peindre un bref instant sur le visage de Wei Su. En s’adressant à ce dernier pour savoir ce qui était arrivé à ses vêtements, il n’avait pas voulu être particulièrement autoritaire, mais il était quand même agacé par la situation. Visiblement, il n’était pas arrivé à se contrôler. Le général fronça les sourcils lorsque le pauvre stratège lui avoua que ses vêtements avaient été découpés plutôt que nettoyé. Au final, les taches avaient vraiment disparu, ainsi que le tissu. Wei Su était déjà prêt à défendre Yao Shih pour les torts subis, mais sa mère l’arrêta en déclarant qu’il n’était pas digne de traiter aussi mal un étranger.

— Non, ça ira. Après tout, j’imagine que je l’ai un peu mérité. Ce ne sont que des vêtements.

Yao Shih se sentait un peu mieux, mais il n’était pas encore totalement remis. Il avait encore mal à la tête et son estomac lui faisait mal. Il sentait le besoin de s’assoir, mais il ne voulait pas le faire devant la mère de Wei Su. C’était plus fort que lui. Une petite voix dans sa tête lui disait de respecter les bonnes manières en présence d’une dame. D’ailleurs, cette dernière semblait s’amuser du fait qu’elle lui rappelait quelque chose de familier. C’était le cas, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. C’était frustrant, car il avait vraiment l’impression de connaître cette femme, comme si elle faisait partie de son passer. Yao Shih avait encore du mal à se concentrer. Il n’était pas encore au sommet de sa forme. Cette fois, il prendrait bien un peu de thé avec un repas léger. En temps normal, il l’aurait demandé à Wei Su sans ménagement comme un chef aboyant ses ordres. Heureusement pour Wei Su, la présence de sa mère calmait la mauvaise humeur et les envies de dictateur de Yao Shih.

— Votre fils m’a beaucoup aidé durant les dernières 24 heures. Beaucoup m’auraient abandonné à mon sort et je lui en remercie, même si je ne me suis pas montré très coopératif.

C’est fou comme la politesse et le respect envers une dame pouvaient changer quelqu’un d’aussi aigri par la vie que Yao Shih. Ce dernier n’était pas du tout au sommet de sa forme, pourtant il agissait aussi normalement que possible. Il semblait parfaitement détendu quoique légèrement préoccupé par le souvenir qu’évoquait cette femme sans qu’il puisse savoir quoi. Il se tenait bien droit et très dignement comme s’il était en présence de la reine ou d’une dame de sa cour…

Ses yeux? Ah! Un déclic venait de se produire dans la tête de Yao Shih. Ses yeux, son apparence générale… Yao Shih était prêt à mettre sa main au feu qu’elle venait de Sizheng. Dès qu’il eu formulé cette pensée dans sa tête, l’image d’une femme plus jeune d’une vingtaine d’années s’imposa à lui. C’était un lointain souvenir de son enfance alors qu’il était un peu turbulent et désobéissant. C’était peut-être elle, mais ce n’était pas encore certain. Les gens peuvent changer énormément en 23 ans. Durant ce temps, Yao Shih était passé de gamin à homme.

— En fait, vous ressemblez à une femme de mes souvenirs. Je ne l’ai rencontrée qu’une fois quand j’étais enfant. J’avais 5 ou 6 ans et à cette époque, je n’écoutais personne. L’automne était très avancé et il faisait assez froid. Je m’amusais quand je suis tombé dans un bassin de carpe. L’eau était glaciale. Une femme est venue me sortir de là et m’a donné à boire une tasse de thé pour me réchauffer. Toutes les autres refusaient de m’approcher, car j’étais mouillé et qu’en prime, je sentais le poisson.

Un vague sourire apparu sur le visage de Yao Shih. C’était un souvenir plutôt embarrassant de son enfance et il ne l’aurait certainement pas raconté si cela n’avait pas été nécessaire. En fait, il surveillait la réaction de la mère de Wei Su pour voir si cela n’évoquerait pas un souvenir chez elle.

— Mais vos yeux me rappellent aussi le bleu de la mer. C’est une merveilleuse couleur, vous ne trouvez pas?
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La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]

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