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 La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]

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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mar 15 Déc - 3:06

Quand le général affirma qu'il le méritait, Su s'insurgea et allait parler pour le défendre contre ses propres opinions et le créditer. Il ne voulait pas que le général pense que c'était foncièrement de sa faute, même si au fond, on pouvait penser ça. Cependant, la main de sa mère se posa sur son épaule et il la regarda. Son regard sévère lui informa qu'elle ne voulait pas qu'il défende Yao Shih. Et au fond il savait pourquoi. Sa mère n'était pas du genre à juger les gens et à leur inculquer de grandes leçons. Cependant, si une personne reconnaissait ses torts devant elle, quand elle estimait que torts il y avait eut, elle ne faisait qu'acquiescer doucement, contente que la personne soit assez sage pour les reconnaître.

Shue Xia sourit quand Yao Shih parla de ce que son fils avait fait pour lui. Elle regarda Su qui, gêné, préféra lui regarder par la fenêtre.

- Vraiment ? Je suis heureuse d'apprendre que mon fils sait faire preuve de... gentillesse.

Su soupira et préféra regarder ailleurs, toujours à ses interrogations. Il tentait de démêler exactement ce qu'il ressentait, ce qui n'était pas simple du tout. Comment savoir pourquoi il agissait ainsi et ressentait une forme de jalousie ? Il se souvint de la phrase que sa mère lui avait dit avant de venir. Se cachait-il des choses ? Tout à sa remise en question, il ne remarqua pas l'éclair de souvenir qui traversa les yeux de sa mère, suite aux mots de Yao Shih. Cette dernière sourit doucement et prit la parole, d'un ton plutôt doux.

- Quel enfant turbulent vous faîtes, Yao Shih...

Elle se souvenait de ce jour comme si c'était la veille. Elle avait aidé cet enfant que personne ne voulait approcher car elle sentait déjà qu'elle portait la vie en elle. Elle ne voulait pas qu'un enfant, même un fils de général, futur général lui-même s'il s'en montrait digne, soit exclu de tous sous prétexte qu'il soit différent. Quand elle l'avait séché et réchauffé avec du thé, elle lui avait dit cette phrase, mot pour mot, sur le même ton. Elle se souvenait de garder toujours, à ce moment là, ses cheveux attachés en chignon. Pour donner plus d'indice à l'homme sur qui elle était, elle les réunis et les mit dans un chignon peu serré. Elle planta son regard outremer dans celui de Yao Shih.

- Et en effet, je trouve que le bleu de la mer est une couleur magnifique... Su ? Va nous chercher le thé, s'il te plait...

Le stratège du Funan acquiesça et sortit de la chambre. Shue Xia regarda Yao Shih.

- Vous avez changé depuis la dernière fois. Ne vous en faîtes pas, je sais garder pour moi les identité des gens. Je vous demanderai de faire de même, seigneur. Je ne veux retourner à Sizheng. Je pense que vous même devez vous douter du pourquoi... je suis heureuse de voir ce que vous êtes devenu, Yao Shih. Je ne doute pas que vous vous faîtes respecter à présent... Je vous demanderai juste de prendre soin de vous. Cela me désole un peu de constater que l'étranger ivre de hier soir se trouve être un enfant que j'ai aidé, au passé...

Elle sourit malgré tout, toujours avec cette petite réserve qu'ont toutes dames de cour qui se respectent. Malgré son présent de villageoises mariée, travaillant comme elle pouvait pour gagner de quoi vivre, son éducation, elle, restait toujours là. Peu de temps après, Su revint avec trois tasse et une théière. Il déposa le plateau sur la table et servit chacun.

- Merci Su.

Elle prit une tasse et s'assit doucement sur une des deux chaises présentes. Su se sentait plutôt gêné, et "de trop". Il s'écarta, afin de laisser la dernière chaise au général.

- Vous avez dit vous avoir montré peu coopératif avec mon fils, seigneur ? Pourtant, il n'a pas l'air de vous en porter grief...

Elle but un peu de son thé tandis que Su se figeait. Comment sa mère pouvait-elle viser si juste à chaque fois ? Avait-elle une sorte de don ? Il soupira légèrement et alla s'appuyer contre le mur, peu éloigné de la table. Pour une fois, son naturel était percé à jour : il ne décochait pas un seul mot depuis que sa mère parlait à Yao Shih.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mer 16 Déc - 4:11

Yao Shih admettait ses torts, mais seulement à moitié. Il avait trop bu, c’est vrai. Il s’était ridiculisé devant tout le monde. D’un autre côté, cette soirée de beuverie lui avait fait du bien. Oui, il était amoché, mais il se sentait curieusement en vie. Son inconfort physique général l’empêchait de penser à autre chose. Il n’était pas prêt de recommencer, mais il ne regrettait pas réellement ce qui s’était passé. Était-il désespéré à ce point? Peut-être…

De la façon dont s’exprimait la mère de Wei Su, ce dernier ne semblait pas avoir pour habitude de faire preuve d’autant de gentillesse envers des étrangers. Yao Shih regarda brièvement le jeune homme. Qu’avait-il pour attirer l’attention de Wei Su? Probablement rien de particulier sinon qu’il avait vraiment fait pitié la veille. Peut-être s’était-il occupé de lui simplement parce qu’on ne laisse pas un homme croupir dans la rue comme ça. En même temps, il l’avait quand même amené à sa chambre, déshabillé et lavé avant de le coucher. Il lui avait fait boire de l’eau, bref il avait fait preuve de beaucoup plus que de la simple gentillesse et Yao Shih commençait à en avoir conscience. En plus, il avait fait preuve d’un caractère particulièrement exécrable en lui hurlant dessus et en le frappant au visage. Quelqu’un de simplement gentil l’aurait sans doute frappé en retour avant de lui dire de se débrouiller seul à l’avenir. Wei Su était resté. Soit il était plus gentil que sa mère le pensait, soit il y avait quelque chose d’autre. Dès que la mère serait partie, Yao Shih aurait une petite discussion avec le fils. Il ne le laisserait pas sortir de cette chambre avant que les choses soient tirées au clair.

Yao Shih vit clairement le regard de la femme changé à l’évocation de ce souvenir. Il se permit même un bref sourire lorsqu’elle prononça cette fameuse phrase. Oui, il s’en souvenait aussi, comme si c’était hier. Enfin, c’était un flou, car ça remontait à bien loin déjà, mais elle avait bien prononcé cette phrase. Elle était donc vraiment de Sizheng. Ses sens ne l’avaient pas trompé. Maintenant que c’était confirmé, tous les petits détails lui sautaient aux yeux. Elle était la dame de la cour qui avait fui peu de temps après l’incident du bassin. Personne ne savait pourquoi elle avait quitté sa vie de confort. Maintenant, Yao Shih savait. Wei Su avait un peu plus de 20 ans, ce qui correspondait au nombre d’années depuis la fuite de cette femme. Wei Su fut envoyé chercher du thé, laissant les deux ressortissants de Sizheng seuls. Shue Xia ne voulait pas retourner au palais et c’était compréhensible.

— Je n’ai aucun intérêt à vous ramener à Sizheng. De toute façon, plus rien de bon ne vous attend là-bas. Si vous retournez au palais après tout ce temps, vous serez sans doute châtiée et exilée. De toute façon, notre reine n’était même pas née quand vous avez fui… pour des raisons qui me sont évidentes. Je ne connais pas l’âge que Wei Su, mais je ne crois pas me tromper en disant que vous étiez déjà enceinte lorsque vous êtes partie.

Le général sourit tristement lorsqu’elle lui avoua qu’elle trouvait dommage que l’homme ivre de la veille fût le même petit garçon qu’elle avait aidé des années plus tôt.

— Je ne suis plus un enfant et je crois être le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour moi, mais merci de vous inquiéter pour moi.

Sur ces mots, Wei Su revint dans la chambre avec le thé. La mère du jeune homme prit place sur une chaise et Yao Shih l’imita aussitôt, soulager de pouvoir s’assoir. Il n’avait pas imaginé qu’une cuite pouvait être aussi dure pour le corps. Manger un peu lui ferait sans doute du bien. Dès que la femme aurait quitté, il demanderait à Su d’aller y chercher quelques choses à manger. Le général avala une première gorgée prudemment. Aussitôt, le liquide brulant lui procura un grand soulagement en calmant la sensation de brulure qui ne voulait pas lui donner de répits.

— Non, pas vraiment. Il faut dire que j’ai un mauvais caractère.

Yao Shih regarda Wei Su des pieds à la tête pendant un bref instant. Depuis le début de l’entretien, il était resté silencieux comme une tombe. Étrange, depuis qu’ils s’étaient rencontrés, Wei Su s’était montré particulièrement loquace en sa compagnie.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Sam 19 Déc - 15:34

Avant que Su n'arrive, Shue Xia sourit doucement en entendant Yao Shih se souvenir d'elle. Cela lui faisait du bien de savoir que quelqu'un à Sizheng se souvenait d'elle, malgré tout le temps qu'elle avait passé à l'extérieur. Elle regrettait un peu son pays, car elle l'aimait de tout son coeur, et avoir vu son fils combattre contre sa patrie natale lui avait fait l'effet d'une douche froide, à l'époque. Mais elle avait prit sur elle et fait avec. Depuis qu'elle s'était enfuie, elle ne pouvait se considérer comme de Sizheng.

Ce fut la raison principale du pourquoi elle n'avait pas dit à Yao Shih d'où venait son fils. Mais elle aimait tellement son ancienne patrie et avait tellement de respect pour Yao Shih qu'elle ne disait pas non plus que Yao Shih était général de Sizheng. Elle ne voulait ni causer du tort à l'un, ni à l'autre. Et elle savait au fond que si elle disait quoi que ce soit, c'est les deux qui vont finir par avoir des problèmes et du tort.

- En effet, j'étais déjà enceinte de Su quand je suis partie... Vous savez, il n'y a pas pire choix à faire que celui entre son pays et son coeur. J'ai fait mon choix. Pourtant, Sizheng me manque, parfois. Seule la peur d'être reconnue m'empêche d'y aller. Mais Sizheng reste mon pays natal...

Son fils coupa court à la conversation en revenant par la suite. Il ne parlait toujours pas. Au regard que lui envoya sa mère, il sut qu'elle avait parfaitement comprit qu'il avait ramené un thé peu infusé pour calmer les douleurs des brûlures que Yao Shih devait certainement avoir après l'état où il s'était mit la veille au soir. Trop fort, le thé aurait eut l'effet inverse. C'était elle-même qui lui avait apprit. Su ne tint pas plus longtemps le regard de sa mère et regarda dehors, attendant la réponse de Yao Shih.

Un mauvais caractère ? Ce n'était pas Su qui allait lui affirmer le contraire. Sa mâchoire ne voulait certainement pas contrarier une telle vérité, après le coup qu'elle avait reçu. Le jeune homme restait dans son coin, sans intervenir dans la conversation, ni même vraiment les écouter. Il ne décochait pas un seul mot, retrouvant son état habituel. Ce qui fit pousser un léger soupire à sa mère.

- Su, tu pourrais faire un effort, pour une fois...

Il ne répondit pas, sa mère ayant déjà lâché l'affaire. Il savait, et elle aussi, qu'il ne répondrait pas. Inutile donc de s'attarder dessus. Ils avaient eut nombre de fois cette conversation et Shue Xia savait bien que son fils n'allait pas céder. Et surtout, qu'il allait rester silencieux. Elle se demandait bien pourquoi il restait toujours ainsi. Elle finit par se dire qu'il était temps pour elle de rejoindre son mari.

- Je suis heureuse de vous avoir rencontré Yao Shih. Je m'excuse du comportement de mon fils. Mais il est toujours ainsi. Je suis désolée, mais je dois partir.

Elle se leva, ayant finit son thé. Ils allèrent près de la porte, puis elle se pencha respectueusement devant Yao Shih. Su, lui, restait à côté et ne disait encore aucun mot. Il adressa tout de même un très léger sourire à sa mère quand elle le regarda.

- Prenez soin de vous.

Elle s'en alla. Une fois la porte fermée, Su alla directement débarrasser la tasse de sa mère. Il vit que celle de Yao Shih n'était pas terminée, il la laissa donc, ainsi que la théière. Il n'avait pas utilisé la sienne, ne s'étant pas mêlé de leur conversation. Mais il savait que sa mère lui aurait encore fait une remarque s'il n'en avait ramené que deux. Il s'éloigna après près de la fenêtre et regarda de nouveau dehors, silencieusement.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 20 Déc - 15:29

Oui, Shue Xia était encore très attachée à son pays, cela se voyait clairement dans ses yeux et dans la façon dont elle en parlait. Elle avait fait le choix de suivre son cœur, ce qui était très noble même si Yao Shih avait du mal à comprendre. Si Bing Qing n’avait pas été de Sizheng, est-ce qu’il l’aurait suivi par amour? Oui, il aurait tout fait pour lui, sans la moindre hésitation. Il veut même sacrifier sa vie. Non, Shue Xia avait fait le bon choix, il suffit de l’assumer entièrement. Visiblement, même si son pays lui manquait, elle était très fière de ce qu’elle avait fait. Pour cela, Yao Shih ne pouvait que lui montrer plus de respect encore.

— Je peux peut-être faire quelque chose pour vous. Si vous le désirez, à mon retour, je prendrai des nouvelles de certaines personnes dont vous avez perdu la trace depuis le temps. Vous n’avez qu’à passer à l’auberge d’ici la fin de la semaine et je verrai ce que je peux faire.

C’était bien peu, mais cela pourrait peut-être soulager les inquiétudes de cette femme séparée depuis longtemps de sa famille et de ses amis. Les parents devaient être morts depuis bien longtemps déjà, mais elle avait surement laissé quelqu’un derrière elle qui était toujours en vie aujourd’hui.

Yao Shih buvait le thé à petites gorgées pour en profiter le plus longtemps possible. Il était peu infusé. Visiblement, Su avait fait attention à son estomac fragile. Il faisait beaucoup d’effort, mais restait aussi muet qu’une tombe en compagnie de sa mère. Pourquoi une telle attitude? Le général était agacé par le comportement de Su. Shue Xia lui demandait de l’excuser, prétextant qu’il était toujours ainsi, mais Yao Shih fit non de la tête.

— J’ai pourtant vu un côté de sa personnalité beaucoup plus loquace. Enfin…

Yao Shih soupira avant de se lever de sa chaise pour saluer une dernière fois la ressortissante de Sizheng.

— Vous aussi, madame. Prenez soins de vous.

Sur ce, elle quitta la chambre de l’auberge, laissant les deux hommes à nouveau seuls tous les deux. Yao Shih retourna s’assoir sur le lit qui était beaucoup plus confortable que la chaise de bois. Sa tasse toujours à la main, il continua à la boire en silence jusqu’à ce qu’il ait terminé. Une fois fait, il déposa la tasse sur la petite table de chevet avant de lever les yeux vers Wei Su qui regardait par la fenêtre.

— Je n’approuve pas vraiment ton comportement envers ta mère. Je me mêle sans doute de ce qui ne me regarde pas, mais comme tu le fais avec moi depuis hier, permet moi de le faire pendant un bref instant.

Yao Shih se leva pour s’approcher de Wei Su. Il le toisa de son regard sévère comme il savait si bien le faire.

— Ma mère est morte alors que je n’avais que deux ans. Je ne suis pas le plus expansif des hommes, mais je donnerais tout ce que j’ai pour pouvoir passer quelques heures avec elle et discuter jusqu’à ce que je sois incapable de parler. Tu réaliseras à quel point elle était importante dans ta vie le jour de sa mort et là tu regretteras ton comportement, mais il sera trop tard, beaucoup trop tard.

Il croisa ses bras sur sa poitrine sans jamais le quitter des yeux.

— D’ailleurs, j’ai été surpris par ton attitude. Tu n’as pas dit un mot durant tout le temps qu’elle a été ici, mais tu étais beaucoup plus volubile lorsque nous étions que tous les deux. Je me demande…

Yao Shih retourna s’assoir sur le lit, étant incapable de rester debout trop longtemps. Il avait tellement faim que ses jambes étaient tremblantes. Toutefois, avant de demander de la nourriture, il voulait éclaircir certaines choses qui l’intriguaient.

— J’ai tout fait pour me débarrasser de toi. J’ai été particulièrement désagréable et méchant. J’ai même usé de violence, mais tu es toujours resté là. Tous auraient compris et déguerpis depuis longtemps, mais pas toi. Ne me dis pas que c’est de la simple gentillesse. Je n’y crois pas un mot. Non, je suis certain que ton attitude à un rapport avec le baiser de la veille. C’était la première fois que quelqu’un t’embrassait et cela t’a fait beaucoup d’effet que tu l’aurais imaginé. Maintenant, reste à savoir pourquoi tu restes ici et qu’est-ce que tu espères de moi…

Yao Shih n’avait pas l’habitude de parler autant, mais là il jugeait que c’était nécessaire. Wei Su lui cachait quelque chose. Alors qu’il avait fait tant d’effort pour le mettre à la porte, maintenant il voulait essayer de le comprendre. C’était peut-être une stratégie pour mieux s’en défaire par la suite.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 20 Déc - 18:36

Shue Xia sourit quand Yao Shih lui proposa de l'aider à avoir des nouvelles de Sizheng. Elle ferma les yeux, et souffla doucement, comme perdue dans ses pensées :

- Je crois que la chose qui me manque le plus est la mer... Les personnes que j'ai connu ou ma famille ne sont plus de ce monde, je le crains... Et malgré mes regrets, j'ai tout ce qu'il me faut à Chenlan, je vous remercie de tout coeur Yao Shih. La seule chose que je pourrais vous demander serait de me ramener de l'eau de mer... mais ce serait d'une stupidité assez grande. Merci pour tout.

Quand Yao Shih affirma avoir vu une partie bien plus loquace de Su que ce que le jeune homme montrait à présent, Shue Xia sembla se détendre et sourire.

- Mon fils est vraiment agréable, quand il le souhaite. Je sais qu'il a certainement dû se montrer assez exemplaire avec vous.

Puis vint le moment des au revoirs. L'ancienne dame de cour de Sizheng sourit de manière entendue à Yao Shih quand il lui demanda de prendre soin d'elle. Oui, elle le ferait sûrement et sera aidée par son mari. Après toutes ses années, elle l'aimait encore et c'était réciproque. Sil y avait bien une chose qu'elle souhaitait, pour Yao Shih ainsi que pour son fils, c'était qu'ils vivent un tel amour. Elle sortit donc, allant rejoindre l'homme pour lequel elle avait tout quitté, et ne regrettait en rien ce choix.

Quand Yao Shih lui parla, Su se tourna vers lui. Du moins tourna la tête. Ses idées avaient beaucoup travaillées, c'était en partie pour cela qu'il n'avait rien dit, de tout le long de la conversation. Il s'interrogeait, et tentait de sonder son esprit pour savoir pourquoi il était aussi attentionné avec Yao Shih. Il eut un choc certain, quand il finit par interroger son coeur. Ce dernier battait plus vite, en regardant Yao Shih. Su ne comprenait pas quand il aurait pu s'enticher de lui de la sorte. Au moment du baiser ? Avant ? Il s'était senti aimé. Par le biais d'une autre identité. Cela l'emplissait de honte, mais au fond, il avait aimé ça. Son coeur glissait sur une pente qu'il n'arrivait pas à remonter. Il savait qu'arriver en bas de la pente, il serait incapable de vivre sans Yao Shih. Cette pensée le fit frissonner. Il le sentait, cet amour naissant. Cet amour...

... Qui lui faisait atrocement peur. Il savait inconsciemment qu'il allait souffrir. Beaucoup souffrir. Y aurait-il du bonheur pour lui au bout de cette route ? Mais était-il capable de faire marche arrière ? Il avait l'impression que le voile de brouillard qui cachait sa vision se levait, comme si un vent violent le chassait, laissant une vue magnifiquement douloureuse. Il n'aurait jamais pensé un jour éprouver cette sorte de déclinaison douloureuse mais si merveilleuse pour quelqu'un, encore moins pour un homme.

Tout à ses pensées, il eut du mal à se concentrer véritablement sur ce que Yao Shih lui disait. Il lui parlait de sa mère, qu'il n'approuvait pas son comportement. Il lui expliqua qu'il était au moins orphelin de mère à ses deux ans, et Su sentit poindre une sorte de culpabilité de ne pas avoir parlé plus que ça à sa mère. Mais il savait, et elle aussi, qu'il se rattraperait. Et qu'il lui dirait merci aussi. Sans elle, il serait encore à se demander le pourquoi de son geste.

Quand Yao Shih s'arrêta et alla jusqu'au lit, Su comprit qu'il ne se sentait pas bien. Une lueur d'inquiétude traversa son regard avant qu'il ne comprenne. Bien sûr, Yao Shih n'avait rien dans le ventre depuis un moment et après tous ces efforts qu'il devait faire, il devait se sentir atrocement mal. Il allait parler, pour lui dire de reporter à plus tard la conversation qu'il devait avoir apparemment mais Yao Shih ne lui donna pas l'occasion de parler. Il enchaîna rapidement.

Le coeur de Su battait de plus en plus rapidement au fur et à mesure que Yao Shih parlait. Ce dernier devait donc se douter de quelque chose. Mais quand ? Comment ? Il venait lui-même de comprendre la raison de son comportement, et Yao Shih, qui n'éprouvait pas ce que lui pouvait éprouver, pouvait l'avoir deviner ?

- C'est normal que cela m'a fait beaucoup d'effet. C'était la première fois que quelqu'un m'embrassait, comme vous dite, la première fois qu'on me montrait de l'affection quelconque. N'importe qui aurait eut de l'effet, avec moins que cela. Nous reporterons cette discussion une fois que vous aurez mangé quelque chose. Je reviens.

Avant que Yao Shih n'ait pu dire quoi que ce soit d'autre, Su était sortit. Il avait de l'argent sur lui, il alla directement au centre du village, où se trouvait le marché et autre chose du genre, puis alla acheter deux plats moyens, un avec du poisson et l'autre avec de la viande. Ne connaissant pas les goûts de Yao Shih, ni ses besoins, il avait prit un mixe de légumes divers, dont du riz, tous en petite quantité pour éviter le gaspillage. Il en eut pour plutôt cher, mais il avait de l'argent sur lui, assez pour tenir encore plusieurs jours.

Une fois ses emplettes terminées, il alla vers l'auberge. Arrivé pas loin, un homme l'arrêta. Il le reconnu. C'était un de ses ennemis du village. Oui, Su avait été beaucoup apprécié et beaucoup craint, mais comme partout, il y avait des fortes têtes. Et celle ci avait aussi un bon niveau à l'épée, même si Su le battait toujours.

- Wei Su... je vois que tu t'entiches de n'importe quel étranger qui te paraîtrait plutôt beau, n'est-ce pas ? Je ne savais pas que tu étais ce genre de monstre dégoûtant...

- Je crains ne pas t'avoir demandé ton avis.

Le ton de Su n'aurait rien à envier au froid glacial des terres beaucoup plus au nord d'ici. Mais cela ne découragea pas l'homme.

- Tu ne me contredis même pas... aurais-tu perdu ta fierté en plus de ta raison ? Ta mère ne sera pas toujours là pour te sauver la mise...

Su ne répondit pas et alla vers l'auberge. La fenêtre de sa chambre donnait droit vers la rue où il était. Cependant, l'autre ne semblait pas vouloir lâcher l'affaire. Il frappa Su au visage, et l'attrapa par le col et lui claqua le dos contre la petite maison, à côté.

- Ne joues pas les fier avec moi...

Mais il se retrouva avec une épée juste au niveau du cou, prête à trancher. Su avait eut le temps de sortir son épée et de s'en servir, le regard froid. Sa lèvre légèrement coupée sous le coup ne le gênait en rien dans ces moments là. Il avait connu bien pire.

- Si tu ne veux pas que la prochaine vie que je prends soit la tienne, tu as intérêt à me lâcher... maintenant...

L'homme était certes énervé, mais pas stupide. Il lâcha Su et recula.

- Je n'en ai pas finit avec toi...

Il s'en alla, et Su soupira. Il rangea son épée et passa sa langue sur sa lèvre blessée. C'était bien visible et toute espérance que Yao Shih ne le remarque pas tombait à l'eau. Mais il se dirigea tout de même vers la chambre, toujours avec les plats en main. Il entra et les posa sur la table.

- Je ne sais pas ce qui vous plait ni quels sont vos goûts, alors j'ai prit plusieurs choses...

Il se tourna vers lui oubliant sa lèvre malgré l'élan de douleur qu'il ressentait de sa part. Quand il s'en souvint, il lui tourna de nouveau le dos, espérant qu'il n'ait pas eut le temps de le voir, et prépara la table pour que Yao Shih puisse manger. Mais c'était sans doute peine perdue, avec le sens de l'observation du général.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 20 Déc - 21:29

Lui rapporter un peu d’eau de mer? Non, ce n’était pas stupide, juste un peu surprenant. D’un autre côté, ça ne le dérangeait pas de le faire et il comprenait parfaitement les motivations de cette femme. Il pourrait prendre une petite bouteille de verre dans laquelle il mettrait un peu de sable avec un coquillage trouvé sur la plage. Ce n’était pas le genre de Yao Shih de faire ce genre de chose, mais étrangement, ça lui faisait plaisir de le faire. C’était peut-être sa façon de remercier cette femme qui l’avait jadis aidé alors qu’il était un jeune enfant désobéissant et trempé jusqu’aux os.

Apparemment, Wei Su commençait à prendre conscience de certaines choses. Dommage que Yao Shih n’ait pas la capacité de lire dans l’esprit des gens. Le général fixait toujours Wei Su, à la recherche d’un signe ou d’une réponse de sa part, mais le stratège ne dit pas un seul mot. Pourtant, il était évident qu’il réfléchissait à toute vitesse, essayant de comprendre la raison de son comportement inhabituel avec Yao Shih. S’était-il entiché à ce point de lui? Il était quand même passé par-dessus toutes ses remarques blessantes. À moins qu’il ait vu clair dans le jeu du général, voyant à quel point il était, en réalité, un homme cruellement blessé par la vie. Son corps était marqué par de nombreuses cicatrices. Imaginez qu’elles soient toutes ouvertes et sanglantes. Ajoutez à cela un trou béant dans sa poitrine comme si quelqu’un y avait plongé la main pour s’emparer de son cœur sans pour autant le tuer. Puis, faite-le parler et agir normalement et vous aurez une vision de comment est Yao Shih en réalité. Plutôt effroyable comme spectacle et pourtant, il est bien réel.

Yao Shih avait déjà connu les palpitations de l’amour. Même s’il ne ressentait pas cela en ce moment, il pouvait facilement deviner ce qui pouvait se passer dans la tête de Wei Su. Ainsi, lorsqu’il l’admit, il ne fut pas réellement surpris, même s’il avait envie de rétorquer que ce n’est pas tout le monde qui aurait réagi ainsi à un baiser d’un autre homme. Il aurait pu le frapper et lui refaire le portrait à sa façon avant de l’abandonner à son sort. Non, il avait aimé ça au point de s’occuper de lui du mieux qu’il pouvait.

— De l’affection?

Ivre comme il l’était, ce baiser n’avait pas dû être le plus glorieux de sa carrière. Yao Shih avait sûrement dit quelque chose en plus, mais quoi? Wei Su refusait obstinément de lui dire plus de détails comme s’il en avait honte… Ou il voulait simplement garder ça pour lui. Quoi qu'il en soit, Su profita de la faim de plus en plus importante de Yao pour fuir la suite de la discussion en allant lui chercher quelque chose à manger. Yao Shih se retrouva à nouveau seul. Wei Su ne se rendait pas compte à quel point il piquait la curiosité du général maintenant. Sa frustration de ne pas savoir le rendrait encore plus déterminer à percer ce mystère.

Yao Shih était assis sur le lit à réfléchir lorsque des éclats de voix provenant de l’extérieur attirèrent son attention. Il reconnut la voix de Wei Su et une autre beaucoup moins amicale. Le général se leva du lit pour aller voir par la fenêtre. Il arriva juste à temps pour voir l’inconnu frapper durement Su au visage avant de plaquer au mur d’une maison voisine. Instinctivement, Yao Shih porta la main à sa ceinture pour prendre sa dague, mais elle se referma dans le vide. Il ne la portait pas. Elle était encore sur la table de chevet. De toute façon, Su savait se défendre très bien tout seul et l’agresseur se retrouva avec une épée sous la gorge. Où avait-il appris à se battre de cette façon? Yao était impressionné et se dit qu’il aimerait bien croiser le fer avec lui dans une joute amicale.

Voyant que l’échauffourée était terminée, Yao Shih retourna s’assoir sur le lit pour attendre le retour de Wei Su. Ce dernier entra dans la chambre avec la nourriture. Il avait acheté un peu de tout, ne sachant rien des goûts de Yao Shih.

— Le poisson, c’est mon plat préféré.

Il se leva pour s’assoir à la table. Yao Shih vit bien qu’il essayait de se cacher de lui. Comme si être blessé était une honte!

— Pas la peine de te cacher. J’ai tout vu de la fenêtre.

Le général prit une bouchée de nourriture et soupira de soulagement. Il avait si faim qu’il en avait mal à l’estomac. Toutefois, il devait se montrer prudent. Il était encore fragile et pourrait être malade à nouveau s’il mangeait trop, trop vite. C’est pourquoi, après quelques bouchées, il s’arrêta pour prendre un mouchoir qu’il avait dans ses affaires.

— Lasse-moi faire…

Yao Shih trempa un coin de mouchoir dans l’eau et s’approcha de Wei Su. Le tenant d’une main ferme par l’épaule, il commença à nettoyer doucement la lèvre blessée du stratège. Il semblait très concentré sur sa tâche et totalement indifférent aux sentiments que pouvait éprouver le blessé en voyant de si près l’homme qui l’avait embrassé la veille.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 21 Déc - 3:42

Oui, Su avait véritablement fuit la conversation qu'il aurait dû avoir avec Yao Shih. Certains auraient pu dire "mais non, il n'a juste pas entendu la question qu'il lui a posé alors qu'il sortait" ou d'autres auraient pu dire qu'il n'en avait que faire de la veille au soir. Mais Yao Shih avait véritablement un sens de l'observation qui déstabilisait Su. Il n'aurait jamais pensé avoir autant piqué la curiosité du général. S'il l'avait su, il en aurait été assez retourné. Mais ce n'était pas le sujet pour le moment.

Il sourit en voyant Yao Shih se diriger vers les plats et grimaça en sentant sa lèvre lui tirer. Cet enflure ne l'avait pas loupé. Il savait aussi qu'il n'en avait pas fini, et attendait qu'il sorte de nouveau et qu'il baisse sa garde pour régler ses comptes avec lui. Les vieilles rancunes avaient encore de beaux jours devant elles. Cet homme ne supportait toujours pas Su. Pure jalousie, mais ça, l'homme n'en avait cure. Il voulait battre Su, qu'importe dans quel état il mettrait le jeune homme, et prouver ainsi qu'il était meilleur. Sauf qu'il ne savait pas que Su avait encore et encore progressé depuis son départ de Chenlan.

Cependant, le jeune homme ne voulait pas se battre. Il tentait déjà de préserver la paix, ce n'était pas pour passer son envie de violence dans les ruelles même de son village. Mais il ne pouvait pas passer sa semaine enfermé. Il devait sortir. Voir ses parents, ses amis, peut-être même partagé certains instants avec Yao Shih. Il s'ôta cette dernière idée de la tête avant que ses joues ne commencent à le chauffer.

Il semblait content de lui. En effet, il avait acheté du plat préféré de Yao Shih, tout à fait par hasard. Ce contentement pour une chose aussi simple surpris Su. C'est vrai, quelle fierté pouvait-il résulter d'avoir acheté précisément du plat préféré de Yao Shih ? Cela le conforta d'avantage sur ce qu'il commençait à ressentir... et cela lui fit aussi d'avantage peur. Était-il possible de s'enticher de la sorte d'un homme que l'on venait juste de rencontrer ? Cela perturbait au plus haut point les valeurs si sûres de Su.

Ce fut pour cette raison, et aussi pour cacher sa lèvre afin d'éviter encore une fois des explications qui risquaient d'être houleuses, que Su cachait sa lèvre de la vue de Yao Shih. Il savait que ce dernier devait se douter de ce qu'il venait de se passer, mais sa phrase le bloqua un instant. Il l'avait vu ? Par la fenêtre ? Il soupira doucement.

- Je n'avais pas pensé que la fenêtre donnait sur cette rue...

Il regarda Yao Shih manger doucement. Il s'approcha de la table et lui servit un verre d'eau, au cas où son estomac encore fragile ait besoin d'une pause. Apparemment, Yao Shih en était aussi conscient, parce qu'il s'arrêta de manger au bout de quelques bouchées. Su le regarda prendre un mouchoir et s'approcher de lui. Une sorte d'appréhension le prit. Pourquoi ? Il lui demandait de se laisser faire. Le coeur de Su se mit à battre plus rapidement, le rythme de sa respiration s'accélérant également. Ses lèvres s'entrouvrirent, sans doute pour dire quelque chose, mais la main de Yao Shih sur son épaule le fit se taire, bien que ce fut surtout le mouchoir légèrement humide qui nettoyait sa lèvre qui lui fit perdre son chinois.

Il ferma les yeux, laissant faire Yao Shih docilement tandis que ce dernier s'occupait de lui. A part sa mère, personne n'avait prit soin de lui ainsi. Le fait que Yao Shih agisse ainsi de son propre chef, et pas parce qu'il était une apparition de Bing Qing mais bien lui, Wei Su, lui faisait vraiment plaisir. Quand il eut finit, Su le regarda.

- Merci...

Il ne trouvait pas quoi dire d'autre, ni quoi faire d'autre. Il semblait cette fois comme acculé, impossible pour lui de fuir les conversations qui risquaient d'arriver. Mais jamais il ne dirait ce que Yao Shih lui avait dit à ce moment là, ni qu'il l'avait prit pour son amour disparu. Il regarda Yao Shih droit dans les yeux et se perdit quelques instants dans ceux ci, incapable de s'en détacher. Et incapable de se défiler pour la suite.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 21 Déc - 16:50

Yao Shih avait un sens de l’observation naturel, développé par sa carrière dans l’armée. C’était essentiel dans son métier. Il devait jauger d’un coup d’œil la situation et réagir le plus efficacement possible. De même, il devait prévoir la réaction de l’ennemie en décelant les signes, aussi infimes soient-ils. Yao Shih n’était pas un expert, mais il pouvait aussi deviner si quelqu’un lui mentait ou encore, lui cachait quelque chose. Wei Su n’étant pas le plus doué des menteurs, Yao Shih pouvait presque lire en lui comme dans un livre ouvert. En fait, il avait découvert que, simplement en le fixant intensément, il abattait une à une ses protections, ou encore, le faisait fuir. Wei Su était attiré par lui et c’est ce maudit baisé qui a tout déclenché. Cette constatation le frustrait énormément. Comment pouvait-on être attiré par un être aussi désagréable que Yao Shih? Ce dernier faisait absolument tout en son pouvoir pour éloigner tout le monde de lui. Bref, le général n’étant pas du tout attiré par lui, il n’aurait qu’à le confronter à la réalité et à lui briser le cœur. Comme il est jeune, il s’en remettrait facilement et Yao Shih serait toujours seul. Ainsi devaient être les choses.

— Le bruit de votre conversation a attiré mon attention. On doit déjà en parler dans tout le village. Cet homme ne semble pas vraiment t’apprécier.

C’était un euphémisme, cet homme semblait vraiment en vouloir à Wei Su. Toutefois, les raisons ne l’intéressaient pas. Le garçon trouverait bien le moyen d’arranger les choses. Un petit duel et ainsi tout serait fini. Si Wei Su était aussi fine lame qu’il le prétendait, ce combat serait rapidement remporté et sa supériorité ainsi confirmée. Yao Shih ne comprenait pas pourquoi il devrait être rebuté par ça.

Yao Shih nettoyait maintenant la plaie de Wei Su avec beaucoup de douceur. Il voulait enlever le sang séché tout en veillant à ne pas ouvrir à nouveau la lèvre fendue. Heureusement, le coup ne semblait pas lui avoir abimé de dents. Il avait vu des hommes avoir des dents brisées suite à un coup semblable au visage. Pour mieux voir ce qu’il faisait, Yao Shih lâcha l’épaule de Wei Su pour lui tenir le menton, lui faisant ainsi tourner la tête de gauche à droite. Une fois terminé, il le libéra. Wei Su ouvrit les yeux à cet instant et le regard de Yao Shih fut aussitôt capturé par eux.

— Ce n’est rien…

Le général voulu retourner à son repas et faire comme si de rien n’était, mais il ne bougea pas d’un centimètre. Wei Su était si près de lui, beaucoup trop près pour son bien. C’était quand la dernière fois qu’il avait laissé un homme s’approcher d’aussi près de lui? Des années au paravent, alors que Bing Qing était encore vivant. Habituellement, quand ils figeaient ainsi, peu après, ils se sautaient mutuellement dessus s’en suivant des échanges torrides qui les laissaient à bout de souffle, mais heureux. Durant un bref instant, le visage du défunt Bing Qing se superposa à celui de Wei Su. Ça dura tout juste une fraction de seconde avant que le visage tuméfié de Wei Su ne s’impose à nouveau. Malgré la teinte violacée et l’enflure qui déformait légèrement ses traits, Wei Su était un homme d’une très grande beauté. Ses traits fins et étonnamment délicats étaient ceux de Sizheng hérités par sa mère. Toutefois, ses yeux d’un noir profond ne venaient pas de son peuple. Délicieusement en amandes et bordés de longs cils noirs qui leur donnaient une douceur naturelle, Yao Shih ne pouvait que s’y perdre…

Et c’est à ce moment précis que son cœur manqua un battement.

La réaction fut instantanée chez Yao Shih. Son visage qui exprimait jusque-là une curiosité détachée se teinta d’une violente agressivité. Tout son corps se braqua, cherchant à se défendre contre cette sensation étrange qui venait de l’envahir, sentiment qu’il s’était juré de ne plus jamais vivre de sa vie. Il poussa violemment Wei Su qui tomba sur le sol avant de faire un bond en arrière. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine et son visage s’empourpra sous la colère qui bouillonnait dans ses veines. Il regardait Wei Su avec une telle haine. Que s’était-il passé pour qu’il change aussi brusquement en quelques secondes?

— Dégage! Sors de cette chambre, maintenant! Et ne reviens plus!

Emporté dans sa rage, il donna un coup de pied dans la table qui se renversa sur le sol, ainsi que toute la nourriture qu’il y avait dessus. Il prit une chaise et la lança contre le mur où elle se brisa en abimant aussi la cloison. Il était si en colère qu’il n’arrivait plus à réfléchir correctement. Yao Shih criait comme s’il avait mal. C’était le cas, il avait mal. Son âme le torturait depuis si longtemps et rien ne pouvait le soulager, sauf la mort qui tardait à venir d’elle-même.

Un tel vacarme aurait tôt fait d’alerter l’auberge en entier.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 21 Déc - 21:39

Su fronça les sourcils. Oui, Yao Shih avait raison, son altercation ne restera que peu de temps non sue dans le village. Tout le monde saurait que l'homme et lui avait eut un accrochage et les proportions de cette histoire risqueraient de devenir un peu trop grandes... il soupira doucement. Il aurait voulu que l'homme reste à sa place et qu'il ne soit pas poussé à devoir accepter un duel avec lui.

- C'est un euphémisme que de dire qu'il ne m'apprécie pas, je crois. Cet homme m'en veut véritablement...

Su laissa entièrement faire Yao Shih quand ce dernier lui nettoya sa plaie à la lèvre. Il avait fermé les yeux pour mieux apprécier les attentions de ce dernier. Il le laissait faire, la douleur n'était rien à côté de ce qu'il ressentait. Quand il eut finit, il vit, car ayant les yeux ouverts, que Yao Shih semblait le détailler avec une légère curiosité. Il sentait comme le regard de Yao Shih passer sur sa peau, détailler ses lèvres, la finesse de son visage avant de s'encrer dans ses yeux et de rester ainsi, un moment. Pendant tout le long, Su sentait des fourmillements dans le dos, le long de la colonne vertébrale. Il n'avait jamais ressentit cela auparavant, il avait comme l'impression qu'un courant chaud puis froid le traversait juste sous le regard de Yao Shih. Il sentait comme si d'un instant ou d'un autre, ils allaient se rapprocher et...

Mais ce fut tout le contraire. Il vit le visage de Yao Shih se métamorphoser sous ses yeux et il se retrouva à terre avant même qu'il n'ait le temps de réagir. Son dos cogna fermement contre le meuble, derrière lui, ce qui lui arracha un petit hoquet de douleur. Mais il se redressa rapidement. La crise de colère aussi soudaine qu'inexpliquée de Yao Shih lui semblait cette fois ci dangereuse. Il attrapa tous les objets dangereux, telle que dague et épée qu'il avait sous la main et voulu les mettre à l'abris dans un coffre que la chambre refermait. Ce fut à ce moment là que Yao Shih brisa la chaise contre le mur. Su ne vit pas d'autre solution, laissa les épées et dagues à terre et sortit dans le couloir. L'aubergiste était là, inquiet.

- Pas de blessure... ?

- Non, laissez, ça va aller.

- Mais...

- Laissez !

Su ferma la porte à clé et écouta. Longtemps. Très longtemps. Yao Shih semblait hors de lui, malgré le fait qu'il soit sortit. Il ferma les yeux, collé contre la porte, patient. Il savait l'être, patient. Surtout maintenant, qu'il savait à quel point Yao Shih était profondément dans son coeur malgré la raison. Il priait les dragons pour que Yao Shih ne se blesse pas. Du moins pas trop gravement.

Au bout d'un long moment, Su n'entendit plus rien dans la chambre. Il attendit encore un moment, au cas où il ne se reposerait pas avant de repartir de plus belle. Mais ce fut quand il entendit des sanglots, derrière la porte, qu'il sut que c'était finit. Il entra doucement dans la chambre et ferma la porte à clé derrière lui. Il put constater l'ampleur des dégâts. Il soupira. Décidément, il allait avoir des soucis encore avec les habitants du village. Mais il se reprit et commença à ranger comme il put le bazar que Yao Shih avait mit. Il s'approcha doucement de ce dernier et s'accroupit à côté de lui. Il était assit à terre. Su vit avec horreur qu'il avait tenté de se couper le poignet. Il alla chercher un tissu et de l'eau lui prit de force le bras de Yao Shih. Avec la force de ce dernier, il n'eut aucun mal.

- Laissez vous faire à votre tour. Par les dragons, Yao Shih, qu'est-ce qu'il vous arrive...

Il nettoya la plaie et la banda fermement, comme il put. Il laissa tomber le bras de Yao Shih, et l'aida à se relever.

- Aller... debout... il faut vous reposer maintenant, je suis là...

Il se dit que c'était précisément pour cette raison que l'homme avait fait une crise. Mais il ne voudrait pas l'abandonner. Non, pas maintenant. Encore moins maintenant. Il croisa le regard de l'homme, une lueur inquiète brillait dans ses yeux noirs.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mar 22 Déc - 3:17

Wei Su avait bien fait de sortir plutôt que d’essayer de raisonner Yao Shih. De toute façon, dans l’état où il est, le général n’aurait rien entendu. Il était dans un tel état de crise qu’il ne pensait plus à rien. L’idée qu’il était parfaitement ridicule et que tous les regards étaient tournés vers la porte et la fenêtre de cette chambre d’auberge ne lui effleura même pas l’esprit. Il était terriblement en colère, comme s’il libérait une rage depuis longtemps contenue. C’était une explosion violente de tout ce qu’avait gardé en lui Yao Shih. Chaque cri exprimait de ce qu’il avait désespérément caché depuis toutes ses années. L’amour, la perte, la honte et la tristesse, autant de sentiments puissants et ravageurs lorsqu’ils sont trop longtemps contenus. Yao Shih n’était pas un super héros. Il n’avait pas un cœur de pierre et de glace comme certains s’amusaient à dire de lui dans son dos. Il n’était pas totalement insensible. Il était plus que l’homme cruel et sanguinaire qui se battait sur les champs de bataille. Il était capable de réciter la plus douce des poésies. Il pouvait admirer la beauté des fleurs et des paysages printaniers. Il était victime d’avoir aimé… D’avoir aimé si sincèrement et si profondément que son cœur eût cessé de battre en même temps que celui de l’être tant chérit.

La crise durant longtemps. Une fois seul, il balança une autre chaise contre la porte et donna des coups de pied ici et là sur tout ce qui se trouvait sur son chemin. Il arpentait la petite pièce comme un animal qu’on avait enfermé. Il frappa les murs avec ses poings et malgré la douleur qu’il ressentait, cela ne suffisait pas à le calmer. Yao Shih fini prostré sur un des lits, sa dague à la main. Il la serrait avec tant de force qu’il en avait les jointures blanches. Il hurlait toujours aussi fort, tout en lacérant le matelas avec la lame. Ses hurlements résonnaient dans toute l’auberge sans jamais diminuer d’intensité. Yao Shih était littéralement en train de s’arracher les cordes vocales. C’était comme si l’on était en train de le torturer alors que ce n’était pas le cas… Enfin, pas directement. C’était lui-même qui se torturait en pensant au visage de Bing Qing puis à celui de Wei Su qui refusait de sortir de sa tête.

Au bout d’un moment, totalement épuisé, le général devint silencieux. La douleur était si insupportable. Elle devait s’arrêter, maintenant. Il ne pouvait pas aller plus loin. C’était fini. Aujourd’hui, dans cette petite chambre d’auberge, le grand général Yao Shih allait mourir comme un lâche. Ça n’avait plus la moindre importante. Tenant toujours sa dague, il la regarda. Il allait se donner la mort avec le même instrument qui avait servi à achever les souffrances de son grand amour. C’était presque poétique. Yao Shih appuya le tranchant de la dague sur l’intérieur de son poignet puis la fit glisser d’un coup sec. Le métal entailla la peau et fit gicler le sang jusque sur le mur. La plaie n’était pas bien profonde, mais brulait comme si on avait appliqué sur sa peau un fil de fer chauffé à blanc. Le général serra le poignet blessé contre lui, pleurant à chaude larme. Honteux, il se leva du lit et alla se cacher dans un coin de la pièce, sur le sol, attendant que la mort veuille bien se déplacer pour lui cette fois.

Peu après, la porte de la chambre s’ouvrit sur Wei Su. Yao Shih ne leva même pas les yeux, semblant être plongé cette fois dans une sorte de mutisme amorphe. La chambre était dans un état désastreux et cela lui couterait probablement très cher à rembourser dès qu’il aurait repris ses esprits. Il n’opposa pas la moindre résistance lorsque Wei Su prit son bras pour le soigner. Il ne répondit pas à la question de Wei Su. Non, il se contenta de souffler d’une voix rauque.

— Je veux mourir…

Yao Shih se releva plus par automatisme que par réelle volonté. Lorsqu’il croisa le regard de Wei Su une nouvelle fois, il lâcha un hoquet étranglé avant qu’un nouveau flot de larmes n’inonde son visage. De son autre main, il tenait toujours la dague. Il prit la main de Wei Su et la lui donna.

— Je t’en pris… Tue-moi. Je t’en supplie, fais-le. Je n’en peu plus. J’en ai assez… de me battre. Je ne suis plus capable. Je suis tellement… fatigué.

La lame était pointée sur le ventre de Yao Shih, prête à le frapper et à le tuer. Il y avait tant de détresse dans le regard de Yao Shih.

— Fais-le…

Le grand général s’affalait de plus en plus contre Wei Su, enfouissant son visage contre son cou. Il continua de pleurer tout en tremblant comme une feuille au vent.

— Je t’en pris… fais-le… pour moi…
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mar 22 Déc - 3:54

Durant tout le temps où Yao Shih hurla et ravagea la chambre, jamais Su ne s’était sentit aussi blessé qu’il l’était à présent. Chaque cri de Yao Shih semblait se répercuter en lui, comme une terrible blessure sur son âme. La douleur de cet homme le transperçait littéralement. Il avait parfois du mal à respirer tellement il semblait comme la sentir dans sa gorge. L’aubergiste, les gens du village, étaient-ils tous aussi insensibles ? Pour ne pas entendre les cris d’agonie de Yao Shih ? De ne penser de cet homme qu’il était fou, au lieu de voir la douleur qui émanait de lui. Pourtant, malgré tout, Su était content de voir qu’il se défoulait. Il entendit l’aubergiste derrière lui.

- Les factures te seront décomptées, Su. Si tu tiens tant à protéger et à aider cet homme complètement fou, fais le aussi financièrement.

Ce dernier s’en alla, allant rassurer les autres clients, laissant Su qui attendait encore et encore. Il s’imprégnait de la douleur de cet homme pour mieux la comprendre et mieux savoir quoi faire. Il inspirait chaque son qui sortait de cette chambre. Au fond de lui, son potentiel magique s’emballait lui aussi. En quelques efforts, il aurait été capable de se projeter dans l’avenir, de trouver un moyen puis de revenir. Mais Su avait encore assez de maîtrise de lui-même pour éviter d’en arriver là. Il savait que sinon, il aurait été incapable de se reprendre par la suite, et cela aurait été physiquement dangereux pour lui. Alors il resta là, jusqu’à ce que le silence arrive, calmant à la fois l’atmosphère et aussi l’âme de Su qui s’en trouvait totalement chancelante à ce moment là.

Ce fut une des raisons pour laquelle il ne fut pas surpris quand Yao Shih lui dit qu’il voulait mourir. La suite fut assez floue pour Su. Il vit Yao Shih se remettre à pleurer mais ce dernier semblait comme vidé. Su savait qu’il n’avait pas assez de force pour le moment pour s’énerver. Mais qu’importe, il ne lui donnerait pas satisfaction. Il sentit la dague dans sa main et Yao Shih le pria. Le supplia même de l’achever. Mais le regard de Su se fit plus dur.

- Non.

Il voulu lâcher la dague mais Yao Shih la fit pointer vers son ventre, meurtrière, assassine. Le général lui demanda une nouvelle fois de le faire, de mettre fin à ses jours.

- Non.

La réponse claqua une nouvelle fois, implacable. A ce moment là, Yao Shih se pencha sur le stratège et enfouit son visage dans le cou de ce dernier. Il tremblait et pleurait. Su avait mal au coeur en le voyant ainsi. Et au fond de lui, il savait qu’il serait bien incapable de raconter cela à qui que ce soit. Il lâcha la dague et serra fort Yao Shih contre lui.

- Yao Shih, cela suffit. Vous ne pouvez pas appeler la mort alors que tant d’hommes ont appelé la vie alors qu’ils étaient mourrant. Je sais pourquoi vous vous mettez dans cet état et je sais aussi qu’à votre place, je... j’aurais du mal. Mais vous devez vivre ! Pas survivre, mais vivre Yao Shih ! Pour vous même. Laissez au passé ce qui est au passé.

Il passa une main, doucement, dans les cheveux totalement décoiffés de Yao Shih. L’homme était bel et bien incapable de se braquer de nouveau. Et même s’il le faisait, et que Su se prenait encore quelques coups, ça serait un moyen pour lui d’extérioriser encore un peu le mal qui le rongeait. Toutefois, Su éloigna la lame du pied, pour éviter quelconque tentation. Il ne manquerait plus qu’il perde la vie sous un excès de colère de Yao Shih... lui qui ne voulait que l’aider.

- Libérez vous de votre douleur Yao Shih, allez de l’avant, ouvrez les yeux. La mort ne vient pas pour ceux qui ne la désirent pas ardemment. Si la mort ne vient pas, appelez la vie ! Ressaisissez vous, Yao Shih, vous complaire dans cette douleur ne fera que vous torturer sans cesse sans vous apporter aucune solution. Libérez vous de vos fantômes et allez enfin de l’avant ! Songez à vivre une nouvelle vie, si votre ancienne vous blesse autant...

Il continua à caresser les cheveux de l’homme tremblant dans ses bras. Son visage dans son cou, la douceur de ses cheveux, ce genre de détail, Su les savourait malgré la situation. Il savourait tout ce qu’il pouvait, il faisait tout son possible pour rendre la vie à cet homme qui lui semblait bien proche de la mort. Cette mort qu’il ne cessait d’appeler et qui ne viendrait pas aujourd’hui non plus. Su pensait que les dragons veillaient sur Yao Shih, malgré lui. Si la mort ne venait pas, alors la vie de cet homme n’était pas terminée. Il avait d’autre chose à ressentir et à accomplir. Et à partager. Et Su n’osait encore espérer avoir une place dans l’avenir de cet homme, et pourtant au fond de lui cette espérance était déjà là.

- Yao Shih, reprenez vous...

Su le serra un peu plus, espérant que l’homme le repousse ou ait au moins une réaction, n’importe laquelle.

- Cette fois ci c’est moi qui vous le demande... pour vous-même...
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mar 22 Déc - 23:15

Pourquoi Wei Su était-il aussi cruel? Pourquoi lui refusait-il la seule chose qu’il demandait? Il désirait la paix éternelle. Il voulait fermer les yeux à jamais et ne plus ressentir cette douleur qui refusait de se calmer même après toutes ces années. Le temps guérissait toutes les blessures? Non, c’était faux, complètement faux. Certaines plaies refusaient tout simplement de se refermer.

— Pourquoi? C’est si… insupportable…

Yao Shih abattit son poing sur l’épaule de Wei Su, non pas pour lui faire du mal, mais plutôt comme on frappa la table du poing pour exprimer sa frustration. Wei Su avait raison, Yao Shih était à bout de force. Il ne pouvait plus s’énerver. S’il pouvait résister, c’était en vain. Il n’avait plus d’énergie. Il se sentait comme une coquille vide, une épave rejeté par la mer après une terrible tempête. C’est ce qu’il venait de traverser, la plus terrible des tempêtes. C’était celle qu’il aurait dû vivre il y a bien longtemps et qu’il avait tout fait pour éviter. Le processus de guérison venait de commencer. Il serait long et ardu. Yao Shih se révolterait surement à un moment ou à un autre, mais il était impossible de revenir en arrière maintenant.

Lorsque Wei Su affirma savoir pourquoi il était dans cet état, Yao Shih releva la tête pour le regarder. Dans ses yeux rougis par les larmes qui ne cessaient de couler, on pouvait y lire l’incompréhension. Comment pouvait-il savoir? Il n’avait jamais rien dit de cette histoire. Yao Shih était resté muet comme une tombe. Il n’avait même jamais écrit un seul mot. C’était son secret, son deuil éternel.

— Comment peux-tu... savoir?

Puis il comprit. La nuit dernière, alors qu’il était ivre comme il ne l’avait jamais été, il avait sûrement parlé. Yao Shih s’était confié à un étranger, puis l’avait embrassé. Un comportement qui lui semblait très peu logique, qui ne lui ressemblait en rien. D’un autre côté, Yao Shih ne se ressemblait plus du tout en ce moment. Il baissa les yeux, se détestant encore plus pour tout ce qu’il avait fait. Wei Su tentait de l’aider, de le convaincre qu’il devait recommencer à vivre et non pas survivre comme il le faisait depuis des années. Un sourire triste apparu sur son visage. Yao Shih ne souriait pas souvent et même s’il était infiniment triste, ce sourire éclairait son visage.

— J’en ai plus la force…

Wei Su étreignit le général. Il avait peur d’être rejeté par lui, mais le stratège ne se rendait pas compte à quel point c’était de ça qu’il avait besoin. Yao Shih avait besoin de contact humain, de sentir qu’il comptait pour au moins une personne. Yao Shih resserra volontairement son étreinte autour de Wei Su. Ça lui faisait un bien immense de sentir la chaleur de Su, puis son odeur. Il sentait bon. Yao Shih inspira profondément et peu à peu, il semblait se calmer.

— Je l’aimais tellement… Si tu savais… Ça fait tellement mal et cette douleur… ne veut pas s’arrêter.

Ses mains se crispèrent dans le dos de Wei Su, s’accrochant à ses vêtements. Les larmes roulaient encore sur ses joues. Il ouvrit les yeux et pris soudainement conscience de l’état de la pièce. Il regarda autour de lui, envahi d’un soudain regret. Ce n’était pas lui, il devait se reprendre et ne pas se laisser détruire par ça.

— Qu’est-ce qui me prend…

Yao Shih se libéra de l’étreinte de Wei Su pour s’assoir sur le lit, le seul qui était encore intact. Frénétiquement, il tenta de faire disparaître les larmes qui inondaient son visage, mais rien à faire. Il avait plutôt envie de disparaître entre les fentes du plancher et de ne plus jamais en sortir. Yao Shih essayait de reprendre pied, mais c’était peu concluant pour l’instant.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mer 23 Déc - 17:45

Su serra légèrement les dents quand Yao Shih abattit son poing sur son épaule. Mais la douleur de ce coup était négligeable. Il devait aider Yao Shih. C'était son coeur, sinon, qui irait mal. Il continuait de tenter de faire se reprendre l'homme, de l'aider, de le réconforter. Ce n'était pas son fort, il était le plus clair du temps totalement décontenancé face à une telle détresse. Mais là, les gestes lui venaient seuls, il n'avait pas forcément besoin d'y réfléchir. Peut-être était-ce le tort de Su, de trop réfléchir. Il avait trouvé en Yao Shih une personne qui le faisait agir sans qu'il ne réfléchisse avant. C'était relativement agréable.

Quand Yao Shih lui demanda comment il le savait, Su n'eut pas besoin de lui répondre avant que le général ne comprenne de lui-même. Su se disait qu'il se rapprochait de la vérité, mais qu'il ne l'atteindrait sûrement jamais. Oui, car Su éprouvait tellement de honte, au final, de s'être fait passé pour son amour perdu, qu'il ne lui dirait sûrement jamais. Yao Shih baissa de nouveau la tête et Su pouvait aisément entendre les pensées qui tournaient dans sa tête sans même pouvoir y entrer. Il devait se détester, il devait sûrement aussi s'interroger du pourquoi il avait agit ainsi, pourquoi avec lui. Mais Su n'allait pas s'en plaindre. Oh que non, il serait sans doute le dernier à s'en plaindre. Il arrivait enfin à aider celui qui l'avait emprisonné, malgré lui. Ce simple fait lui redonna une bouffée de courage.

Un sourire fleurit doucement sur le visage du bel homme. Un sourire qui fit battre le coeur de Su plus fort qu'il ne battait déjà. Yao Shih était si beau quand il souriait... oui, il aurait préféré voir de la joie, du moins autre chose que de la tristesse dans ses traits et dans ses yeux, mais il avait déjà un sourire de l'homme, et adressé à lui.

Mais ce ne fut absolument rien par rapport à ce qu'il se passa après. Yao Shih resserra son étreinte sur Su. Le jeune stratège sentit sa respiration se couper et son coeur accélérer de nouveau. Yao Shih inspira fortement son odeur. Su comprit à ce moment là que le général avait besoin de sa présence, de contact physique. Il le serra donc d'avantage, ignorant les délicieux frissons qui le parcouraient. Que lui arrivait-il... ? Il sentait une sorte de douce torpeur, une sorte de douce chaleur qui l'envahissait. Il se sentait juste... bien. C'était étrange, pour lui, qui subissait maintes et maintes pressions de la part des nobles de Funan, qui devait soutenir son pays, qui faisait son possible pour réfléchir à un moyen de préserver la paix, qui avait encore mal à la lèvre et au dos de ses coups qu'il avait prit, de voir Yao Shih ainsi... il se sentait bien. Pour peu, il aurait pu fermer les yeux et se laisser aller dans les bras de Yao Shih.

Il l'écouta de nouveau, caressant ses cheveux, tendrement. Oui, il pouvait comprendre. il n'était pas jaloux, qu'est-ce que cela voudrait dire de jalouser un mort ? Il voulait juste faire en sorte que Yao Shih se sente mieux. Il sentit Yao Shih se calmer et se reprendre. Ses efforts seraient-ils efficaces... ? Yao Shih se libéra de son étreinte et s'assit sur le lit. Su le regarda, suivant ses mouvements des yeux. Une fois le bel homme éloigné, il sentit comme un manque, mais il tenta de passer outre.

- Vous aviez besoin de faire cette crise... maintenant, ça va aller...

Il se redressa et s'assit aussi sur le lit. Il prit le bras blessé de Yao Shih dans ses mains, doucement, et vérifia le bandage. Il semblait tenir. Su sourit, content de lui : il arrivait à faire des bandages qui semblaient tenir autant que ceux de sa mère à présent. Il jeta un coup d'oeil par la fenêtre. Plus personne. Ils devaient sûrement rapporter au reste du village la crise de Yao Shih. Su ne s'en faisait pas pour la porte, se souvenant de l'avoir fermée à clé.

Il passa doucement le bout de ses doigts sur le poignet de Yao Shih puis sortit un autre mouchoir en tissus de sa poche et essuya délicatement les larmes de Yao Shih. Il serait là pour l'homme, il se l'était promit après tout. Qu'importe ce qu'il lui demandait, si ça pouvait l'aider à mieux se sentir. Il allait lui demander sa dague ? De sortir ? De manger ? De dormir ? Qu'importe, Su l'aiderait de son mieux. Il lui avait fait prendre conscience qu'il devait se reprendre, il espérait que l'homme garde cet état d'esprit, celle qu'il n'était pas lui-même et qu'il devait se reprendre. Il s'approcha un peu plus pour mieux essuyer les larmes qui coulaient encore des yeux de Yao Shih.

S'approcher de l'homme sembla combler un peu le manque qui s'était créé en lui quand il s'était reculé. Il s'approcherait d'avantage s'il n'avait pas peur de déranger l'homme. Il serait patient, il prendrait sur lui. C'était une promesse qu'il se fit à lui-même. Une promesse solennelle. Qu'il ne conviendrait de briser pour rien au monde.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Mer 23 Déc - 21:08

Yao Shih se sentait complètement égaré. Il tentait de reprendre pied alors qu’il avait l’impression d’être en pleine chute libre. C’était comme s’il tombait de très haut à une vitesse folle et que rien n’allait arrêter sa chute sauf le sol qui s’approchait de plus en plus. Yao Shih avait le vertige et la pièce tournait autour de lui. C’était peut-être l’épuisement ou le peu de nourriture qu’il avait avalé. Le repas que lui avait apporté Wei Su gisait misérablement sur le sol au travers des meubles brisés. Pourtant, le jeune homme ne semblait pas lui en vouloir. Bien au contraire, il faisait preuve d’une grande douceur et d’une patience sans égale. Yao Shih avait agi comme le pire des salopards depuis leur toute première rencontre et il était encore là. Il n’avait plus envie d’essayer de le repousser. Il n’en avait plus la force et puis Yao Shih avait besoin de lui. Il avait besoin d’un point d’ancrage solide auquel s’accrocher pour éviter de sombrer. Si Wei Su avait réussi à résister à tout ce que lui avait fait subir le général, peut-être était-il la bonne personne pour l’aider. Yao Shih courba un peu plus l’échine lorsque le stratège lui dit que cette crise était nécessaire, que les choses n’iraient qu’en s’améliorant à partir de maintenant. Là, maintenant, il n’en avait pas du tout l’impression, mais quelque chose en lui le poussait à croire Wei Su.

Le lit s’affaissa légèrement sous le poids de Wei Su attirant ainsi à lui le général dont l’épaule effleura celle du stratège. Ils étaient tout près l’un de l’autre, l’un prostré comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules, l’autre examinant le poignet du malheureux. Le bandage était très bien fait. En temps normale, Yao Shih l’aurait remarqué et félicité, Wei Su pour ses habiletés. Cette fois, il s’en moquait bien. Un peu de sang tachait le tissu, mais la plaie avait arrêté de saigner. La coupure était superficielle, Yao Shih avait manqué de courage au dernier moment. Au fond de lui, quelque chose voulait vivre encore. Une petite voix criait à la vie, mais l’homme refusait de l’entendre. Il avait besoin que quelqu’un d’autre l’en convainque.

Puis une main emplie de douceur commença à essuyer les larmes qui refusaient de s’arrêter. Yao Shih la laissa faire, fixant toujours le plancher de bois à ses pieds. Au bout d’un moment, une autre main se referma avec douceur sur celle de Wei Su pour suspendre son geste. Le général tourna légèrement la tête vers le stratège, plongeant ainsi son regard dans le sien. Ses yeux étaient rouges et bouffis. Il avait même de la morve au nez, offrant une image peu glorieuse de sa personne. Au point où il en était, il ne se souciait plus vraiment de ça. Il regarda pendant un long moment Wei Su, en silence, comme s’il cherchait une réponse à une question non dite. Ils étaient tout près l’un de l’autre, beaucoup trop près sans doute. Yao Shih voyait clairement l’inquiétude dans le regard de Su. Pourquoi un homme qu’il connaissait à peine pouvait-il être inquiet pour lui? Le général aurait fait preuve de beaucoup moins de compassion pour un étranger. Il était plutôt du genre à penser que ce qui arrive n’arrive jamais pour rien dans la vie et que les épreuves forgent le caractère.

Yao Shih plissa légèrement des yeux et ses lèvres frémirent. Il semblait vouloir dire quelque chose, mais les mots refusaient de sortir de sa bouche. Seul un petit son étranglé en sortit. Il baissa les yeux un bref instant, cherchant à nouveau ses mots. Finalement, il regarda Wei Su dans les yeux, plus déterminé cette fois. Toutefois, il ne prononça qu’un seul mot.
— Pourquoi?

C’était la grande question, celle qu’on se pose tous à un moment ou à un autre dans notre vie. Le plus souvent, la réponse impliquait un millier de choses compliquées impossibles à raisonner. C’était ainsi, tout simplement. La question pourrait être posée mille et une fois encore et la réponse resterait aussi vague. Wei Su n’avait probablement pas la réponse, ou peut-être était-elle trop abstraite pour être dite avec des mots, mais Yao Shih voulait savoir. Il n’y avait pas la moindre trace d’agressivité dans le visage du général. Seule persistait cette tristesse qui s’abattait sur lui, impitoyable.

Pourtant, voilà qu’il s’approchait de Wei Su, comme s’il n’était pas assez prêt comme ça. Voulait-il s’assoir sur ses genoux maintenant? Il se penchait doucement vers lui, la tête légèrement inclinée de côté. Son regard s’adoucissait à mesure qu’il s’approchait. Finalement, ses lèvres se posèrent sur celles de Wei Su pour un baiser qui n’avait rien à voir avec celui que Yao Shih lui avait donné la veille. Il était extrêmement doux et timide comme s’il embrassait pour la première fois. L’échange ne dura que l’espace de quelques secondes avant de le rompre. Mais Yao Shih tenait toujours la main de Su…
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 24 Déc - 0:38

Dire que Su était soulagé était un euphémisme. La plaie ne semblait pas du tout grave, comme si Yao Shih avait arrêté son geste au dernier moment. Manque de courage ? Envie de vivre ? Su n'aurait pas su exactement quelle solution était la bonne, mais il était véritablement soulagé que Yao Shih n'ait rien de vraiment grave. Il soupira de soulagement mais il restait tout de même cette inquiétude dans son regard pour Yao Shih. Il voulait que l'homme aille mieux, il voulait aussi, il osait l'espérer maintenant, être celui qui aiderait Yao Shih de la manière dont il le fallait. Il espérait lui rendre le goût de vivre et il ne lâcherait pas l'affaire jusqu'à ce qu'il l'ait fait.

Il ne lui ferait jamais oublié Bing Qing, il le savait, mais s'il arrivait au moins à lui faire penser à autre chose, et qu'il arrivait à prendre une place suffisamment importante dans le coeur de l'homme, il pensait enfin réussir à faire en sorte que l'homme s'en sorte sans plus de blessure qu'il n'en avait maintenant.

Cependant, le stratège commençait à se perdre lui même. Il sentait cet attachement pour l'homme, il sentait ce besoin de lui devenir de plus en plus fort. Il espérait vraiment qu'il s'en sortirait lui aussi indemne. Mais il pensait, cette fois ci, espérer trop. Il essuyait les larmes de Yao Shih machinalement, ne faisant plus attention à ce qu'il faisait, trop concentré sur son inquiétude. Au fond de lui, il savait qu'il était celui pour qui il devait se faire le plus de soucis, mais il ne pouvait s'empêcher de ne s'inquiéter que pour l'home qu'il avait vu dans ses pires états.

Soudain, l'homme l'arrêta dans son geste et le regarda droit dans les yeux. Il était très proche de Su. Trop proche... ce dernier sentait son coeur s'accélérer et pourtant son inquiétude ne faiblissait pas. Il sentait comme un autre frisson, relativement doux, le parcourir. Yao Shih était vraiment près de lui... Su ne remarquait pas toutes les petites imperfections qui venaient du bel étranger. Ou plutôt, il les voyait mais il n'en avait que faire. Il le regarda droit dans les yeux et se sentait brusquement comme aspiré. Il était à deux doigts de pousser un soupire de bien-être. Cette chaleur qui l'entourait, cette douceur qui s'emparait de lui... Pourtant, il revint sur terre quand Yao Shih voulu lui parler. Il finit par réussir à lui demander pourquoi. Su n'était pas idiot, il savait ce que l'homme lui demandait. Pourquoi agissait-il ainsi avec lui, pourquoi il supportait tout ça. Il eut un petit sourire.

- Je...

Non, Su n'avait pas la réponse. Il ne savait pas quoi répondre. "Parce que je t'aime" ? "Parce que j'en ai envie" ? Il n'avait pas la réponse, Yao Shih pensait juste. Il était incapable de le dire clairement, de dire pourquoi il agissait ainsi avec lui. Yao Shih ne semblait plus en colère. Su ressentait une certaine sérénité, juste cette profonde tristesse en lui. Il savait que le beau général n'allait pas faire d'autres crises, du moins pour le moment. Mais rien ne le préparait à ça.

L'homme s'approcha progressivement de lui. Doucement. Une douceur apparaissait dans ses yeux, du moins, c'est ce que Su pu voir avant d'être obligé de quitter du regard ses yeux s'il ne voulait pas loucher. Il sentit le souffle de Yao Shih contre ses lèvres et sa main serra un peu celle de l'homme. Pas de peur, non. Mais sous l'effet d'un violent frisson. Pourtant, ce ne fut rien par rapport au moment où Yao Shih l'embrassa. Tout l'univers de Su s'effondrait pour devenir plus beau. Un grand frisson le parcouru. C'était lui, le baiser était pour lui. Il ferma les yeux et savoura le baiser, incapable de reculer ni de réfléchir. La main de Yao Shih tenant la sienne, ses lèvres contre les siennes, jamais Su ne s'était sentit ainsi. Il avait l'impression de perdre le contrôle de son corps, il était incapable de refuser quoi que ce soit à Yao Shih. Il entendait son coeur parler plutôt fort, lui disant de se laisser aller à se baiser.

Pourtant, ce dernier fut relativement bref. Yao Shih recula, et garda pourtant la main du stratège dans la sienne. Su ouvrit doucement les yeux et les fixa dans ceux de Yao Shih. Une lueur enflammait les yeux noirs du stratège de Funan, et il gardait ses lèvres entrouvertes.

- Yao Shih...

Sa voix était à la limite du souffle. Il s'approcha de nouveau un peu de Yao Shih, la présence de ce dernier lui faisait un bien fou. Il semblait avoir besoin du contact avec Yao Shih. Cependant, il lui laissait le choix. Il ne voulait pas forcer l'homme à rester proche de lui alors qu'il ne le voulait peut-être pas. Pourtant, sa main dans la sienne lui prouvait le contraire. Il frissonna, sentant la chaleur de Yao Shih si proche...
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 24 Déc - 5:31

Ce baiser… Ce baiser était sans doute le plus doux que Yao Shih ait échangé depuis… depuis la mort de Bing Qing. Son corps fut parcouru de frissons délicieux qui remontaient le long de sa colonne vertébrale et se répercutait jusque dans sa tête. Ses vertiges devinrent plus intenses, lui donnant encore plus l’impression de chuter dans le vide. Ce sentiment était à la fois effrayant et enivrant. Yao Shih ne pouvait pas se mentir. Il n’avait pas touché un homme depuis la mort de son amant. Maintenant que Wei Su était si près de lui, semblant tout à fait réceptif à ses caresses, son corps se montrait tout aussi sensible. Il avait envie de Su, mais peut-être pas pour les bonnes raisons. Le stratège n’avait visiblement jamais connu un homme de façon intime. Yao Shih le sentait frissonner. Il pouvait presque entendre son cœur s’emballer dans sa poitrine. Sans parler de ses joues rosies. Wei Su était beaucoup trop mignon pour son bien. En même temps, ce comportement le déstabilisait un peu. Bing Qing s’était montré très entreprenant dans leur relation. Wei Su était beaucoup plus timide avec lui. Sans aucun doute possibles, Wei Su et Bing Quig étaient deux personnes très différentes.

Le baiser rompu, Yao Shih resta immobile, les yeux fermés. La sensation du baiser s’attardait sur ses lèvres, comme un doux fourmillement sur sa peau. Il se mordilla la lèvre inférieure, flottant sur un petit nuage de sensations délicieuses. Lorsqu’il entendit la voix de Wei Su l’appeler par son nom, il ouvrit les yeux reprenant contact avec la réalité. En croisant le regard de Wei Su, il vit cette lueur de désir qui y brillait. Un baiser aussi léger l’avait enflammé. D’ailleurs, il se penchait à nouveau vers lui à la recherche, peut-être, d’un autre baiser. Yao Shih mourrait d’envie de l’embrasser. Il se pencha pour aller à sa rencontre, tout en glissant sa main libre sur la nuque de Su. Toutefois, alors qu’il allait l’embrasser, il dévia légèrement vers la droite pour déposer un baiser sur sa joue. Sa main se crispa sur la nuque du jeune homme. Il luttait contre ses propres pulsions. Yao Shih ne voulait pas se laisser emporter aussi bêtement et ruiner ce moment important pour Su.

— Je suis désolé…

Yao Shih s’éloigna de Wei Su, tremblant d’émotion. Il se leva du lit pour aller vers la fenêtre tournant ainsi le dos à son jeune compagnon. Il était si troublé par son comportement. La raison et la déraison luttaient pour avoir le dessus. Physiquement, il avait envie de s’abandonner à la plus sulfureuse des étreintes, mais d’un autre côté, il ne pouvait pas faire ça à Wei Su. Il avait agi comme un idiot depuis le début, mais ça, c’était bien plus gros, bien plus important que tout le reste. Une première fois ne s’oublie jamais et les sentiments de Su étaient aussi purs que ceux d’un enfant. Il ne savait pas exactement ce que ressentait Su pour lui, mais il ne voulait pas prendre sa virginité sans être certain ne pouvoir l’aimer ensuite. Faire l’amour… L’expression le dit clairement! Ça implique des sentiments, de l’amour… Ne pouvant pas laisser Su plus longtemps dans l’ignorance, il se retourna vers lui visiblement torturé par quelque chose.

— Je l’ai bien senti… C’est la première fois qu’un homme te touche de cette façon, non?

Enjambant les vestiges d’une chaise, Yao Shih revint vers Su pour s’agenouiller devant lui.

— Je serais le plus grand des menteurs si je disais que je n’ai pas envie de toi. En cet instant précis, j’ai l’impression de bruler à l’intérieur de moi tant je te désire. Toutefois, ce désir… ce n’est pas de l’amour. Je ne veux pas prendre ce que tu as de plus précieux sans savoir si je pourrai vraiment t’aimer un jour.

Il effleura une cuisse de Su comme s’il craignait de s’y bruler. C’était le cas, il avait l’impression qu’en touchant le stratège, il allait se consumer sur place. Yao Shih déglutit péniblement.

— Cette décision t’appartient. Je n’ai aucun droit sur ça… Sur toi…
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 24 Déc - 15:07

Su était véritablement aux anges. Ce baiser était la plus belle chose pour le moment que quelqu'un avait fait pour lui. Alors oui, Su voulait recommencer, il voulait sentir de nouveau les lèvres de Yao Shih contre les siennes. Si à ce moment là, il aurait comprit qu'il ne voulait que celles de Yao Shih sur lui, il aurait sans doute eut peur, en voyant ses sentiments augmenter si vite. Mais le désir embrasait son corps et il était incapable de réfléchir convenablement. Et sincèrement, il adorait ça.

Yao Shih se penchait de nouveau sur lui. Le corps du stratège en frémit d'anticipation, il entrouvrit de nouveau ses lèvres et ferma les yeux. La main de Yao Shih alla se perdre sur sa nuque et il frémit. Il s'attendait à embrasser Yao Shih de nouveau, à la seconde qui suivait sauf que... les lèvres de ce dernier lui effleurèrent la joue. Le stratège ouvrit les yeux, surpris, une lueur d'incompréhension dans le regard. Pourtant, Yao Shih semblait en avoir tout aussi envie que lui... non ?

Apparemment non, se dit le stratège quand le général se leva en s'excusant et alla lui tourner le dos à la fenêtre. Il restait silencieux et chaque seconde s'écoulant faisait reprendre sa raison à Su, et le "refroidissait". Il serra les poings et détourna la tête. Il se sentait vraiment déçu, mais au fond, il devait se reprendre. Yao Shih ne voulait certainement pas aller plus loin avec lui, et il serait le dernier des hommes s'il le forçait à quoi que ce soit dans son état. Il soupira silencieusement, se calmant progressivement.

Mais il ne pouvait empêcher cette amertume de le prendre. Amertume qui avait remplacé les délicieux frissons provoqués par Yao Shih. Un rien pouvait le faire repartir dans son état précédent, mais il le craignait à présent. Est-ce que la chute était à chaque fois si "douloureuse" ? Ce fut plongé dans ses réflexions qu'il vit Yao Shih se tourner enfin vers lui. Aurait-il une explication ?

A sa question, Su soupira.

- C'est la première fois que quelqu'un me touche ainsi, homme ou femme...

Oui et c'était bien pour ça qu'il semblait si déçu. Yao Shih lui faisait goûter quelque chose de si bon, de si différent et il semblait ne plus le vouloir, brusquement. Su ne savait cacher sa déception. Pourtant, le général s'approcha de nouveau de lui et s'accroupit face à lui. Su sentit son coeur vaciller de nouveau. Cet homme le rendra fou...

Yao Shih lui certifia qu'il avait envie de lui, à en avoir du mal à se contrôler. Il comprit qu'au final, le général s'inquiétait plus pour lui que ne voulait rien faire avec lui. Ce simple fait rendit le sourire à Su. Oui, une première fois était importante... mais vraiment, Su ne voulait la partager qu'avec Yao Shih. Il n'avait rien fait ces 23 dernières années, et n'allait sûrement rien faire pour un moment si Yao Shih n'avait pas débarqué dans sa vie. Ce n'était pas de l'amour ? Su sourit un peu plus.

- On ne se connaît que depuis avant hier, l'amour a le temps d'arriver. Pour le moment, comme tu dis, la décision me revient, vu que je suis celui qui a le plus à... comment dire... perdre...

Su quitta le lit pour s'asseoir sur Yao Shih. La petite caresse sur sa cuisse l'avait de nouveau fait frissonner.

- Alors je prends cette décision... je pense être le mieux placé pour savoir ce que je veux ou pas, et ce que je risque de perdre ou pas. Je ne prends jamais mes décisions à la légère et j'en ai véritablement envie...

Il se pencha sur l'homme et l'embrassa, cette fois ci un peu plus entreprenant. Certes, son inexpérience et sa timidité naturelle n'allait guère lui faire aller plus loin. Mais il avait envie de sentir les lèvres de Yao Shih contre les siennes, c'était un fait. Et pas sur sa joue. Il posa ses mains sur le torse de l'homme et frissonna d'anticipation.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 24 Déc - 18:37

Yao Shih était parfaitement conscient qu’en s’éloignant ainsi de Wei Su, il le refroidissait grandement dans son désir. C’était justement le but de la manœuvre. Il voulait que Su réfléchisse à ce qu’il voulait vraiment pour ne pas prendre de décision à la légère. Le désir physique était quelque chose de très puissant qui altérait le jugement. Il pourrait se laisser emporter dans son désir et regretter amèrement au réveil le lendemain. Le stratège devait faire son choix en étant sûr de ce qu’il voulait. Comme Wei Su le disait lui-même, c’est lui qui avait le plus à perdre dans cette histoire. En lui confirmant n’avoir jamais été touché par un autre homme avant, Yao Shih devrait être particulièrement doux et patient. Vu son état après un simple baiser, il doutait de pouvoir y parvenir. S’il perdait le contrôle en devenant aussi ardent qu’avec Bing Qing? Il ferait très mal à Wei Su et cette première fois ressemblerait plus à un viol qu’à la découverte des plaisirs de la chair. Cette éventualité ne sembla pas effleurer l’esprit de Wei Su qui avait pris sa décision. Il voulait que Yao Shih soit le premier. Pour le reste, il verrait après. Wei Su désirait profiter de l’instant qui passe et non pas se poser mille questions sur l’avenir. Yao Shih devrait peut-être apprendre à faire la même chose. Ou, du moins, considéré qu’il a un avenir sans nécessairement le marquer de sa mort.

Wei Su vint s’assoir sur ses cuisses et à nouveau il fut happé par une vague de désir. Il ne l’avait pas encore embrassé que son corps s’enflammait. Yao Shih réalisait à quel point le corps masculin lui avait manqué durant toutes ces années. Malgré tout, il eut une petite pensée pour Bing Qing. Toutefois, le regret et la honte qu’il s’attendait à ressentir de vinrent pas. Est-ce que cela signifiait qu’il pouvait passer à l’acte sans arrière pensé? Peu importe, ses lèvres cherchaient déjà celles de Wei Su pour fusionner dans un baiser plus passionné que le précédent. D’une main, il caressa avec douceur la joue du jeune homme, glissant vers sa nuque qu’il griffa légèrement avant d’enfoncer ses doigts dans la chevelure étonnamment soyeuse. Dans sa poitrine, son cœur accélérait sensiblement et cette impression de vertige revint. Il était perdu. Il ne pourrait revenir en arrière maintenant.

Yao Shih souleva son jeune compagnon pour le déposer sur le lit. Il le fit s’étendre sans jamais arrêter de l’embrasser. Sa langue caressait ses lèvres avant de chercher sa jumelle avec une certaine timidité avant de devenir plus entreprenante. Yao Shih ne voulait pas brusquer Wei Su, alors il allait déployer beaucoup d’énergie à lui faire connaître un maximum de sensation avant de passer aux choses plus sérieuses. Il allait lui montrer que son corps renfermait une multitude de secrets et que certaines régions étaient plus sensibles qu’il ne pouvait l’imaginer. D’ailleurs, sa bouche déviait doucement vers le cou de Wei Su qu’il commença à dévorer et à couvrir de baisers.

Pour ne pas écraser Wei Su sous son poids, Yao Shih prenait appuis sur son bras gauche. Avec sa main libre, il avait commencé la lente exploration du corps de son partenaire par-dessus ses vêtements. Commençant d’abord par son torse, sa main glissa sur sa poitrine et sur son ventre jusqu’à son bas-ventre qu’il effleura à peine du bout des doigts. Il continua sa course sur la hanche et sur la cuisse avant de remonter le long du flan. Au même moment, ses dents se refermaient sur le lobe d’oreille du stratège qu’il mordilla avant de donner un coup de langue sur le pavillon. Il surveillait avec attention la moindre de ses réactions s’amusant à entendre ses soupirs.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Ven 25 Déc - 21:21

Su sentit parfaitement qu'une fois sur les cuisses de Yao Shih, il lui rendit son excitation. Il sourit, fier de lui en quelque sorte, avant d'être happé par le baiser que le général lui donna. Il frissonna d'avantage quand il sentit la main de Yao Shih lui caresser la joue et glisser vers sa nuque. Il se colla contre l'homme et passa ses mains sur son torse, pour mieux le sentir.

Su sentait que l'homme avait sûrement l'habitude de faire de l'exercice, il avait une musculature plutôt développée. Su caressa doucement Yao Shih, par pure envie de mieux le connaître, de mieux le sentir. Yao Shih le griffa doucement dans la nuque et ce simple fait arracha un frisson à Su qui se donna un peu plus dans le baiser. Si Yao Shih était perdu et ne pouvait revenir en arrière, Su lui ne le voulait pas le moins du monde et se laissa aller aux douces sensations qu'il ressentait.

Su se sentit décoller alors que Yao Shih le soulevait pour l'étendre sur le lit. Il garda les yeux fermés, se laissant faire pour ne pas perturber les choses. Il sentit le matelas dans son dos et le poids de Yao Shih sur lui, sans pour autant s'appuyer entièrement contre lui. En effet, Yao Shih s'appuyait sur son bras gauche. Avant que Su ne puisse y remédier, le général commença à lui caresser le torse et à le mordiller dans le cou, remontant vers l'oreille.

Su sentit un grand courant chaud envahir son corps par vague, et il ferma de nouveau les yeux. Il frissonna et poussa un léger gémissement quand l'homme effleura son bas ventre pour ne faire que remonter. Il allait râler mais il ne pu que faire un "ah !" plutôt sonore quand Yao Shih mordilla son oreille. Son corps se cambra de lui-même tandis que la main de Yao Shih continuait à le parcourir. Mais le problème de Su était cette fois ci différent... ses vêtements. Il voulait le sentir tout contre lui, il voulait sentir au moins la main du bel homme tout contre sa peau. Il sentait son corps le chauffer comme si Yao Shih amplifiait un feu en lui, qui n'attendait que ce moment pour se faire sentir. Il passa ses mains le long du corps de Yao Shih puis trouva l'ouverture. Il enfouit ses mains à l'intérieur et passa ses mains le long de son torse.

Son regard se chargea d'avantage de désir et d'envie. Il continua à caresser le torse de Yao Shih, de haut en bas, voulant le connaître par coeur. Il retira une main et prit celle de Yao Shih afin de la glisser sous ses propres vêtements. Il savait qu'il attisait plus que nécessaire l'homme, mais il en avait besoin. Il avait ce besoin d'être touché, plus loin et plus intimement encore par l'homme. Il avait ce besoin de le sentir à même la peau. C'était comme une voix qui lui parlait et lui susurrait ce dont il avait besoin pour calmer ce feu qui le prenait, ce désir qui l'enflammait.

Il se redressa un peu pour faire se redresser l'homme et le regarda droit dans les yeux. Il s'approcha et l'embrassa une nouvelle fois, montrant toute sa fougue, tout son besoin. Il avait l'impression de sombrer totalement et de se livrer corps et âme à Yao Shih. Chose qu'il faisait avec plaisir. Il espérait réellement que ça aide le bel homme et en plus ça calmait ses propres besoins. Il perdait doucement pied, ses soupirs et gémissements se faisaient plus fréquent, plus sûrs et plus audibles à mesure que Yao Shih allait plus loin.

Le stratège n'en pu plus et commença à déshabiller Yao Shih. Il dévorait chaque parcelles de peau découvertes du regard, et enleva lui même sa chemise avant de se coller à lui. Un gémissement passa ses lèvres qui se trouvaient juste à côté de l'oreille de Yao Shih. Comme s'il lui offrait ce son. Il ne pu s'empêcher de frotter légèrement son corps à celui de l'homme. Il perdit complètement la tête et le serra contre lui légèrement.

Jamais Su n'avait ressentit ce genre de choses. Il avait l'impression "d'appartenir" à Yao Shih, pas comme une vulgaire chose, mais en plus poussé. Il sentit tout son amour pour l'homme s'exprimer, mais au lieu d'en avoir peur, il l'accepta entièrement.
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Lun 28 Déc - 0:44

Yao Shih regrettait presque d’avoir attendu aussi longtemps avant de toucher à nouveau un homme. Sentir son corps chaud contre le sien, entendre ses soupirs et ses gémissements. C’était très flatteur pour l’ego d’un homme de savoir que c’était ses caresses qui provoquaient tout ça. Il faut dire que Wei Su était très sensible, mais ça rendait les choses plus agréables encore. En effet, il était trop mignon pour son bien à soupirer comme il le faisait sans parler des petits « ha » surpris lorsque Yao Shih trouvait des zones sensibles jusqu’ici inconnues. Bing Qing avait été le premier homme, mais avec lui, il avait prit de l’expérience et retenu certaines choses qui lui seraient sans doute très utiles pour Wei Su. D’ailleurs, ce dernier commençait déjà à perdre patience. Il prit une des mains de Yao Shih pour la glisser sous ses vêtements permettant ainsi au général d’apprécier toute la douceur de sa peau. Il ne pouvait pas voir, mais sous ses doigts, Yao Shih devinait des muscles fins, forgés par un long entraînement aux arts martiaux. C’est ce qu’il aimait des hommes. La fragilité des femmes le rebutait. Elles ne supportaient aucune forme de brutalité. En amour, Yao Shih pouvait être très exigeant physiquement. Il aimait que se soit brusque et intense. Il n’était pas question de frapper son partenaire ou de le maltraiter, mais plutôt d’être plus exigeant. Un court échange très intense pouvait être aussi satisfaisant qu’un rapport qui s’étirait en longueur. Yao Shih pouvait faire preuve d’une douceur sans borne lorsqu’il se sentait plus romantique. Toutefois, Wei Su aura peut-être l’occasion de découvrir une facette du général qui allait peut-être le surprendre.

Les caresses de Yao Shih commençaient à se faire plus entreprenantes alors qu’il glissait un genou entre les cuisses de Wei Su pour simplement l’appuyer contre son entrejambe. Quand le stratège le regardait dans les yeux, il pouvait y lire tout son désir qu’il ressentait. Malgré les apparences, Yao était légèrement déstabilisé. Il se demandait s’il n’était pas en train de faire une mauvaise chose. Évidemment, ses besoins physiques de plus en plus insistants eurent rapidement raison de ses dernières réticences. C’est donc sans opposer la moindre résistance que Yao Shih se laissa déshabiller par le jeune stratège. Il sentait son impatience dans la façon qu’il lui enlevait ses vêtements. Bientôt, il ne lui restait que son pantalon, même chose pour Su. Tiens, il aurait aimé retirer lui-même sa chemise. Il accompagnait généralement le processus d’une multitude de baisers qu’il déposait un peu partout sur la peau frémissante de son partenaire. Yao Shih comprenait le désir de sentir le corps nu de son partenaire contre le sien. C’était une sensation très agréable et surtout très intime. Il sourit avant d’aller chercher un baiser tout aussi sulfureux que les autres. Le général ne pouvait pas prévoir encore ce que cette histoire aurait comme effet sur lui, mais peut-être qu’elle lui rendrait beaucoup plus service qu’il ne l’imaginait.

Yao Shih laissa ses mains parcourir le torse dénudé de Wei Su, suivant ses courbes avec douceur. Du bout des doigts, il effleura les mamelons, sachant très bien que c’était une partie du corps généralement très sensibles. Les gémissements provoqués ne firent que confirmer la chose. Le général déposa ensuite une pluie de baisers sur le torse, suivant une ligne droite qui descendait vers le nombril. Il le darda avec sa langue avant de descendre plus bas malgré le pantalon qui lui barrait l’accès. Peu importe, avec ses deux mains il l’empoigna fermement et tira dessus. Maintenant, Wei Su était totalement nu et son désir était clairement visible. Le stratège avait eu l’honneur de voir le général complètement nu, c’était maintenant à son tour de profiter de cette vue délicieuse. Il caressa ses cuisses musclées et fermes avant de remonter vers cette zone sensible qu’il couvrit d’attentions d’abord avec ses mains, puis avec sa bouche…
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 31 Déc - 15:36

Su avait du mal à retenir ses gémissements et ses exclamations. Les attentions de Yao Shih lui étaient beaucoup trop agréables, il ne voulait pas que ça s'arrête de sitôt. Plus Yao Shih le touchait et plus il sentait cette envie d'aller jusqu'au bout avec lui, ce besoin de contact physique. Jamais il n'avait eut autant besoin de toucher quelqu'un. Habituellement, il n'aimait pas qu'on le touche, il était plutôt du genre à s'écarter si quelqu'un voulait l'atteindre.

C'était donc une des raisons pour laquelle il découvrait tout, les endroits sensibles qu'il n'aurait pensé, les endroits où il tremblait doucement quand Yao Shih les effleurait, ou même les endroits qui le faisaient gémir. Il se demandait vaguement si c'était normal qu'un homme soit aussi sensible qu'il l'était, mais il ne parvenait pas à rester concentré bien longtemps. En effet, déjà Yao Shih continuait son exploration de son corps et Su perdit toutes pensées et toute raison.

En effet, voir Yao Shih torse nu alors qu'il l'était aussi, cela suffisait au jeune stratège de Funan pour avoir envie de plus, et pour lui faire perdre tout le fil de ses pensées. Il le regardait, d'un autre regard que lorsqu'il avait dû le déshabiller la première fois et le laver. Cette fois, il détaillait chaque muscle, chaque mouvement du corps de Yao Shih, appréciant ceux qui l'amenaient vers lui. Il sentait qu'il avait perdu tout le contrôle de sa respiration et il se sentait absolument... bien.

Il avait comme ce besoin d'aller au devant, de caresser Yao Shih, de le sentir tout contre lui... ce simple fait lui arracha un nouveau gémissement, à moins que ce soit à cause des mains de Yao Shih qui le parcourait. Il gémit un peu plus quand Yao Shih lui fit découvrir, du bout des doigts, délicatement, encore une autre partie de son corps qui était très sensible. Su n'était pas dénué de tout savoir sur les plaisirs de la chair, mais il n'aurait jamais pensé que les mamelons étaient aussi sensibles chez un homme que chez une femme. Du moins, les siens. Il savait, au fond de lui, qu'il était trois fois trop sensible, mais cela lui arrachait de délicieux frissons et de tels sensations qu'il ne s'en plaindra pas.

Quand Su sentit les lèvres de Yao Shih le parcourir, il ne put s'empêcher de gémir une nouvelle fois et de passer ses mains dans les cheveux du général de Sizheng. Ses mains massaient le cuir chevelu machinalement, tandis que son corps se cambrait pour aider Yao Shih à retirer les derniers vêtements qui le couvrait. Il se retrouvait dans son plus simple appareil devant Yao Shih et il sentit le rouge lui monter aux joues. Pas qu'il n'était pas fier de son corps, après tant d'année d'entraînement, il savait que son corps était plutôt bien fait et bien sculpté, du moins assez pour plaire en le regardant, mais c'était une sensation assez intimidante que d'être nu pour la première fois devant un amant.

Mais cette sensation ne resta que peu de temps, car déjà Yao Shih lui caressait les cuisses et remontait doucement vers l'endroit d'où venait de multiple langues de chaleurs qui lui caressaient le corps. Quand Yao Shih frôla d'abord le centre de son plaisir de ses mains, Su ne put retenir un gémissement. Il haletait plus rapidement encore, complètement perdu dans son plaisir. Il gémissait doucement le prénom de Yao Shih, plusieurs fois, et laissa passer un "ah !" plutôt sonore quand ce dernier le flatta avec sa bouche. Jamais Su n'avait ressentit pareil plaisir. Il se demanda vaguement comment il avait pu faire jusqu'à présent pour ignorer une telle chose mais ses pensées s'envolèrent rapidement alors qu'il s'accrochait et massait de nouveau les cheveux du bel homme, tout en montrant oralement tout le plaisir qu'il lui donnait. Il frissonnait et tremblait doucement de plaisir, les yeux s'étant fermés seuls. Il laissait toutes les sensations l'envahir et s'exprimer clairement par sa voix.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 3 Jan - 18:20

Plus les choses évoluaient, plus Yao Shih avait l’impression de perdre la tête. Entendre Su gémir à son oreille était la plus douce et la plus agréable des musiques qu’il ait entendues depuis longtemps. Avec ça, il n’avait même pas besoin que Su le touche pour frémir de la tête au pied. C’était plutôt agréable de savoir que ces caresses lui procuraient un tel plaisir. Su se trouvait trop sensible, mais Yao Shih le trouvait parfait. Il prenait un plaisir fou à laisser ses mains parcourir son corps, suivre ses courbes et embrasser la peau frémissante dont la saveur lui donnait des vertiges. Il s’était privé de ce plaisir beaucoup trop longtemps. C’était ses pulsions qui pensaient à sa place et qui le faisaient agir comme un simple pantin. Probablement qu’il allait regretter le lendemain. Du moins, il serait très confus, car comme il l’a dit à Su, il n’est pas amoureux de lui et il est en train de faire avec lui l’acte le plus intime du monde.

Yao Shih vit le rouge colorer les joues de Su lorsqu’il le dénuda complètement. C’était un spectacle absolument adorable, mais il n’avait pas du tout à avoir honte de son corps. En fait, il devrait plutôt en être très fier. Yao le trouvait très séduisant. À la fois puissant et délicat. Ses longues années à se battre à l’épée avaient délicieusement façonné son corps. Il pouvait sentir les muscles fermes sous ses doigts. Il ne put s’empêcher de lui souffler à l’oreille d’une voix rauque.

— Tu es beau, Su. Vraiment très beau…

Une fois dénudé, Yao Shih continua ses caresses jusqu’à ce que Su atteigne l’orgasme une première fois. Il était important pour lui de lui faire connaître cette explosion de sensations sans la douleur que pourrait causer la suite. Il lapa la substance laiteuse, ne pouvant réprimer un frisson qui courut le long de sa colonne vertébrale pour se perdre dans ses reins. Il était temps pour lui de se dénuder à son tour entièrement. Il abandonna un bref instant Wei Su pour retirer son pantalon offrant ainsi à son amant une vision plutôt agréable de sa personne. De plus, son plaisir était clairement visible. Il revint vers Su, sans le quitter des yeux. Yao Shih vint chercher un baiser passionné, pressant doucement son corps contre celui de Su. Il voulait l’habituer à sa présence, à son contact. Le simple fait de sentir ce corps nu contre le sien fit gémir le général.

Lentement et avec une extrême douceur, Yao Shih prépara Su pour la suite. Heureusement qu’il avait de l’expérience, car ce moment aurait pu être très désagréable sur Su. Enfin, il le fit sien une première fois. Ce fut très intense pour Yao qui redécouvrait des sensations qu’il avait presque oubliées avec le temps. Malgré tout, il resta attentif aux réactions de son amant, s’arrêtant de bouger lorsque la douleur devenait trop importante avant de reprendre avec autant de douceur même si son corps tremblait d’impatience. C’est peut-être pour cela qu’il le prit plus d’une fois cette nuit-là. À chaque fois, il gravait un peu plus profondément son nom dans la chair brûlante de Su et l’inverse était aussi vrai. Doucement, et un peu malgré lui, le souvenir de Bing Qing s’effaçait. Wei Su était en train de le guérir. La route était encore longue avant qu’il soit complètement remis, mais il avait réussi à appliquer un baume apaisant sur ces plaies à vif.

Épuisé, mais satisfait, Yao Shih se laissa aller contre Su, la respiration haletante et le corps poisseux de sueur. Il l’embrassa une dernière fois avant de rompre le lien qui les unissait. Il s’empressa de couvrir leur corps nu d’un drap pour les protéger de l’air plus frais de la pièce. Yao Shih resta silencieux un moment, gardant simplement Su contre lui, profitant de cette proximité et de l’euphorie qui s’attardait en lui. Il se sentait bien. C’était la première fois depuis longtemps qu’il était aussi apaisé. Yao Shih ne se doutait pas que c’était une réaction normale de son corps après l’amour. Bien assez tôt, il reviendrait à la réalité.

— Ça va?

Yao Shih suivit des doigts la courbe de la mâchoire de Su, repoussant les mèches de cheveux emmêlées derrière son oreille. Tiens, il avait un nid de corneilles sur la tête, mais un charmant nid de corneilles. Il ne put s’empêcher de sourire en se disant qu’il devait être dans le même état.

— Endors-toi… Je reste là.

Il garda Su contre lui jusqu’à ce que le sommeil ait raison du jeune homme. Lui-même était fatigué, mais quelque chose le gardait réveillé. Su ne dormait que très peu la nuit. Il pouvait passer plusieurs nuits de suite sans fermer l’œil pratiquement. C’était peut-être l’une de ces nuits. Pourtant, avec ce qu’il venait de faire, il aurait dû dormir comme une masse depuis longtemps.

Lorsque la lune devint très brillante dans le ciel et qu’il eut la certitude que Su dormait profondément, Yao Shih se leva en prenant soin de ne pas déranger son amant pour aller s’assoir près de la fenêtre. Il resta là, silencieux, à admirer le spectacle de l’astre sélénien dans le ciel dont l’éclat affadissait les étoiles qui le côtoyaient de trop près. Cette vision lui ramenait en mémoire des bribes de ses poèmes préférés, qu’il déclama en murmurant. Finalement, l’épuisement eut raison du grand général. Il revint vers le lit où dormait Wei Su et s’étendit à ses côtés avant de s’endormir presque aussitôt.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 24 Jan - 18:30

Su perdait totalement la tête. Il avait l'impression de se livrer entièrement au général, et rien ne pouvait le défaire de cette impression. Le compliment de l'homme, ses caresses, son odeur, tout enveloppait Su et décuplait ce qu'il ressentait déjà. Si son coeur avait encore quelconques barrières, celles ci venaient de commencer à céder. Progressivement, Yao Shih s'offrait malgré lui une place inébranlable dans le coeur de Su. Une place qui rivalisait avec l'affection qu'il avait pour son pays actuel et avec sa loyauté. Sur le moment, il ne s'en rendait pas compte, mais Yao Shih devenait aussi important pour Su que de défendre Funan et préserver la paix.

Quand l'orgasme arriva, Su ne sut plus exactement ce qu'il ressentait. Il n'avait conscience que de cette sorte de félicité qui l'envahissait, de ces frissons qui le parcouraient. Il ouvrit les yeux et regarda Yao Shih. La vision qu'il avait de lui était magnifique. Il l'avait déjà vu nu, ainsi, mais sur le moment, il lui paraissait encore plus beau. Il le vit s'approcher et son désir revint, plus puissant qu'avant. Pourtant, c'était difficilement imaginable il y avait quelques instants. Il passa ses bras autour du bel homme quand celui ci se mit contre lui et il frissonna, haletant doucement.

Le gémissement et les préparations de Yao Shih eurent raison de la dernière parcelles de réflexion que Su aurait pu trouver s'il avait suffisamment cherché. La préparation en elle-même ne fut pas douloureuse mais un peu étrange pour Su. Ce n'était pas foncièrement désagréable, mais c'était... étrange. Quel autre mot aurait-il pu trouver à ce moment là, lui qui perdait la tête grâce à Yao Shih ? Puis vint le moment où Yao Shih le fit sien. La douleur que Su ressentit le fit se crisper. Il n'avait pas imaginé que cela ferait aussi mal. Bien sûr, il avait entendu des choses, mais entendre et le vivre, il y avait une grande marge. Cependant, Yao Shih réussit doucement à le détendre, à force de patience et de douceur.

Même si la première fois fut assez douloureuse pour Su, les deux... ou trois ? autres fois après celle ci se passèrent bien mieux. La douleur refluait, le plaisir augmentait, Su ne s'était jamais senti aussi proche de quelqu'un. Il avait l'impression de pouvoir tout partager avec Yao Shih, même ses sentiments qui devenaient plus doux, plus puissants aussi. Yao Shih s'inscrivait définitivement dans sa chair, dans son coeur, et cet acte vieux comme le monde avait rendu ce fait encore plus fort.

Quand Yao Shih se laissa allé contre le stratège de Funan, le plus jeune le serra doucement contre lui, se délectant au fond de ce moment qu'il savait pourtant éphémère. Car oui, Su savait que Yao Shih ne l'aimait pas, et qu'il avait juste été l'instrument du plaisir et du besoin de l'homme. Cependant, cela ne l'empêcha pas d'éprouver de l'espoir quand il l'embrassa avant de couvrir leur corps du drap qu'ils avaient repoussé, n'en voyant pas l'utilité dans leur moment précédent, mais se rendant compte au final que le drap peut être très utile à ses heures. Su ferma les yeux, calé contre Yao Shih. Quand il parla, Su fut tellement surpris qu'il en recula la tête, juste assez pour le regarder. Il lui sourit doucement.

- Très bien... je ne me suis jamais sentit aussi bien...

Su ferma à moitié les yeux sous les légères caresses des doigts de Yao Shih sur sa mâchoire. Il se bénit au fond de ne pas les avoir fermé entièrement, car il aurait loupé le spectacle de Yao Shih souriant et ce spectacle valait plus que les trésors de Funan aux yeux de Su. Yao Shih dû remarquer l'état assez endormi de son jeune amant, car il lui dit de s'endormir. Su sourit doucement et se remit confortablement contre lui, laissant le sommeil l'emporter.

Su dormit comme un bien heureux jusqu'au lendemain matin. Il se réveilla doucement et regarda un moment Yao Shih dormir. Il sourit puis se releva, faisant attention de se pas réveiller son amant. Le corps du jeune stratège frissonna quand il pensa cela. Amant... Il n'avait juste pas encore osé l'imaginer que c'était déjà fait...

Il se leva et regarda l'état de la chambre. Dire que c'était un carnage relevait encore de l'euphémisme vu l'état de la pièce. Il soupira et se mit à nettoyer la pièce silencieusement. Il travaillait sans le moindre bruit, et mettait de côté ce qui était impossible à réparer. Du moins les choses qu'il pouvait bouger sans réveiller le bel endormi.

Au bout d'un moment, il le sentit se réveiller. Il abandonna ce qu'il était en train de faire et s'approcha du lit où il était encore étendu. Il s'assit à ses côtés et le regarda, d'une manière assez tendre. Il attendait qu'il dise quoi que ce soit. La pièce avait déjà meilleure mine que la veille, mais on pouvait encore aisément savoir qu'il s'était passé quelque chose d'assez violent ici.
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Lai Yao Shih
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Dim 24 Jan - 22:03

Yao Shih dormit longtemps, cette nuit d’amour torride ayant eu raison de son insomnie qui le prenait par crise. Il dormit si profondément qu’aucun rêve et pensée n’effleura son esprit. Son immobilisme était si flagrant qu’on aurait presque cru qu’il était mort si ce n’était pas de sa poitrine qui se soulevait lentement au rythme de sa respiration. Son visage endormi était vide d’expression. Impossible de savoir s’il était heureux ou non. Certaines personnes peuvent sourire dans leur sommeil, pas Yao Shih. Peut-être en avait-il perdu la capacité depuis la mort de Bing Qing? Bref, regarder le général dormir n’était probablement pas le spectacle le plus fascinant ou le plus tendre qui soit. Toutefois, celui qui le connaissait bien ou qui avait réussi à percer le secret de son âme torturé pouvait peut-être se dire de façon légitime : comme il semble paisible lorsqu’il dort. Tout était plus paisible lorsque Yao Shih dormait. Son aura glaciale qui l’entourait normalement était tombée. Il n’y avait plus de crise, de larmes ou de menace. Surtout, Yao Shih n’avait plus cette expression hautaine de coq blessé dans son orgueil qu’il affichait le plus souvent. Quoique Wei Su n’avait pas tellement eu l’occasion de le voir ainsi. Depuis leur rencontre, Yao Shih ne faisait que démontrer de la faiblesse. Wei Su avait-il abattu la façade que se donnait le général dès leur première rencontre? Quoi qu'il en soit, Yao Shih aurait bien du mal à se reprendre devant lui. Su n’aurait aucune difficulté à déceler le mensonge.

Su aurait pu faire plus de bruit en rangeant la chambre. Yao Shih dormait si profondément qu’il en faudrait beaucoup pour le réveiller. Il devait reprendre de l’énergie après les dernières 24 heures très éprouvantes qu’il venait de vivre. Tant d’émotion en si peu de temps avait de quoi mettre sur les genoux le plus farouche guerrier. Il ne reprit vie que lorsque le soleil fut assez haut dans le ciel. Yao Shih sursauta légèrement dans le lit, comme si un courant électrique l’avait traversé. Il soupira en s’étirant légèrement. Reprenant lentement contact avec la réalité, Yao Shih ne semblait pas très pressé d’ouvrir les yeux. Le général avait l’impression de peser une tonne. Ses muscles étaient encore raides et tendus, surtout ceux de ses épaules, de ses cuisses, de ses fesses et aussi de son ventre. Il grimaça légèrement, n’appréciant pas particulièrement cet inconfort. Yao Shih avait l’impression que son corps réagissait avec un temps de retard. Il inspira profondément et aussitôt, ses narines captèrent les derniers effluves de leur union. Flottait encore dans l’air le parfum puissant et âcre de leur ébat. Encore une fois, son cerveau l’analysa avec un temps de retard. Yao Shih était désorienté et n’était plus certain si la veille n’avait été qu’un rêve ou, au contraire, était la réalité.

Il ouvrit enfin les yeux. Sa vue, d’abord floutée, se précisa avec quelques clignements des yeux. Yao Shih fixait les poutres du plafond qui lui étaient désagréablement familières. Oui, c’était celles de sa chambre d’auberge… Chambre où il s’était remis d’une terrible cuite avant de la détruire dans un accès de rage. C’était aussi celle qu’il partageait avec Wei Su, le jeune homme qu’il avait dépucelé. Tout lui revenait à l’esprit avec violence et une expression étrange teintée d’incertitude apparut sur le visage du général. Il tourna la tête légèrement de côté et vit Su assis au bord du lit qu’il occupait. Le stratège le regardait avec une telle expression de douceur. Ça ne pouvait pas lui être adressé… Si? Pourquoi? Ils avaient couché ensemble et ce fut… délicieux. Il était encore envahi par cette sensation de paisible satisfaction, mais son esprit, lui, n’était pas satisfait. En fait, Yao Shih se sentait coupable. Il avait l’impression de ne pas avoir fait ça pour les bonnes raisons. Ça ne sautait peut-être pas aux yeux, mais Yao Shih restait un romantique et coucher avec quelqu’un, il ne pouvait pas le faire sans raison. Physiquement, il ne pouvait pas nier son envie. Après autant d’années d’abstinence, dès que Su l’avait touché, il avait perdu la tête. Il avait satisfait un besoin tout à fait égoïste sans vraiment penser aux conséquences que cela pourrait engendrer.

— Su…

Yao Shih se redressa en position assise, s’approchant dangereusement du jeune homme. Il semblait tellement timide tout à coup. En passant une main sur son ventre, il sentit les traces séchées du sperme de Su. Un peu plus et il aurait rougi. Yao Shih ne savait pas du tout quoi dire. Comment… comment lui dire qu’il était désolé après ce qu’ils avaient fait? Il risquait de vexer Su profondément et, malgré tout, ce n’était pas ce que voulait le général. Pourquoi se mettait-il toujours dans des situations aussi complexes?

— Tu as bien dormi?

Prenant un air détaché, Yao Shih osa enfin regarder Su dans les yeux.
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Wei Su
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MessageSujet: Re: La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]   Jeu 18 Mar - 21:47

Quand Yao Shih se réveilla, Su ne put s'empêcher de plonger littéralement dans ses yeux... qui n'osaient apparemment pas le regarder. Le stratège n'était pas idiot, il se doutait de ce qui tourmentait le général. Et lui aussi, malgré les apparences, cette nuit le tourmentait un peu. Il n'arrivait pas à tout coordonner, il avait du mal à savoir exactement comment leur relation avait donc évoluée. Il espérait qu'elle n'était pas revenue au point mort, il aurait du mal à le supporter longtemps.

Pourtant, le jeune homme savait qu'un cap avait été franchi. Hier soir. Pas forcément la perte de sa virginité, qui il le savait il ne la regretterait pas, mais surtout dans l'esprit de Yao Shih. Le général ne pourrait plus stagner dans son état, et ne pourrait aller que vers l'avant. Il était bien trop fier pour retourner en arrière, et Su ne le laisserait certainement pas faire.

Quand Yao Shih se redressa, Su sentit immédiatement son souffle se couper. Il était si proche... si proche, il aurait pu le toucher, l'embrasser s'il s'était penché, juste un peu... mais il avait trop de respect envers Yao Shih pour en profiter aussi avidement. Surtout qu'il sentait clairement la timidité et la gêne soudaines de l'homme. Il aurait pu les toucher du bout des doigts tellement il les sentait si palpables.

La situation sembla durer une éternité pour Su. Le silence, la proximité, le souffle coupé, et son regard qui passait sur le corps de son amant d'une nuit, et, il l'espérait, de plein d'autres encore... mais n'allons pas trop vite, il serait dommage d'espérer des choses qui risquent de ne pas arriver. Pourtant, en lui, il subsistait un espoir que ça ne s'arrête pas maintenant. Il le sentait, il espérait et il voulait réellement que ça continue. Qu'il puisse, non pas remplacer, mais avoir une place équivalente que l'amour disparu de Yao Shih pour le général.

La voix du général le ramena à la réalité. Il comprit les sens de ses mots au moment où ses yeux rencontrèrent enfin les siens. Il sourit, légèrement. Oui, pas un vrai sourire, pas encore. Après tout, Su avait aussi quelques barrières qu'il lui serait difficiles à faire tomber. Mais il espérait qu'elles ne tombent pas trop vite. Ses barrières étaient un moyen, pour lui, de ne pas sombrer trop vite, et d'avoir un minimum de protection. Pourtant, il le savait, il se voulait la face. Il était déjà accro à l'homme, et si ce dernier le jetait, il mettrait plus de quelques mois avant de calmer la douleur que ça risquait de créer.

Le général semblait attendre une réponse. Ce fut pour cela que le stratège de Funan prit la parole.

- Plutôt bien. Pour être tout à fait franc, cela fait longtemps que je n'ai pas si bien dormit.

Et ce n'était pas un mensonge loin de là. Rien qu'à repenser à sa situation à Funan donnait envie au stratège de rester bien plus d'une semaine ici, à Chenlan. Il s'assombrit légèrement, mais si peu que seuls des yeux bien entraînés à voir les petits signes chez ses interlocuteurs auraient pu le détecter. Et cela dura brièvement, car très vite, Su reprit une attitude légèrement souriante, comme si de rien n'était.

- Je pense que vous avez bien dormi. Vu la profondeur de votre sommeil, quand je rangeais la chambre... rien ne semblait pouvoir vous réveiller.

Su le savait, il abordait un sujet épineux. Dans le sens où le sujet rappelait directement la crise de la veille et ce qu'il s'était passé ensuite. Il sentait que Yao Shih regrettait. Et ça faisait mal, très mal. Mais il agissait comme si de rien n'était, car il s'y était attendu. Ce n'était pas difficile à deviner, cette gêne, ce regret.

Il amena sa main sur celle de Yao Shih. Juste un contact, comme pour tester, pour voir les réactions du général, pour savoir s'il pouvait espérer quoi que ce soit. Savoir s'il allait le fuir, ou s'éloigner, voire le repousser. Ou bien tolérer sa présence, ou, dans le meilleur des cas, l'accepter. Mais il n'était pas si optimiste. Si le général pouvait au moins tolérer le léger contact physique qu'il avait établit, ce serait une bonne joie pour le jeune stratège.
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La montagne et l'eau finiront par se rencontrer. [Pv Su]

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