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 Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]

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Yīng Feng
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MessageSujet: Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]   Ven 25 Déc - 2:32

Tac.. Tac.. ..

Une tignasse de feu traverse le ciel noir. Il fait nuit depuis plusieurs heures, les rues de la capitale de Funan ne sont plus sûr et elles le sont encore moins quand il s'agit d'être une Dame. Heureusement.. elle n'en est pas une. Ses pieds agiles frappent en rythme les tuiles des toits, sa course est légère, déliée, volatile.. Un oiseau de nuit vol de toit en toit, cherche t-il une proie ? Va t-il frapper ? S'abattre brusquement sur les épaules de sa victime. Sa course ralentie.. elle s'arrête. Debout au bord d'un vide de quelques dizaines de mètres, tout en haut d'une maison noble, ce qui ressemble à une jeune fille à la chevelure enflammée regarde droit devant elle. Le vent vient s'engouffrer dans la cape sombre qu'elle porte sur les épaules. Elle était arrivée la veille en ville, avait déposée ses affaires à la Maison Close après avoir passer un bref entretient avec la maîtresse des lieux, une femme fort intéressante d'ailleurs. Vêtue comme un homme, d'un pantalon long et d'une chemise ample, il était difficile de croire qu'elle ait pu être acceptée au sein des belles de Funan. Un sourire tenant plus à celui d'un loup qu'a celui d'une Dame de compagnie, la jeune fille s'était démaquillée il y a peu et avait ressentit le besoin pressent de sortir, de s'évader et d'aller trouver en ville quelques occupations nocturnes. Pas de contrat pour cette nuit, juste le moment de faire un peu de repérage.. cela sert toujours de connaître le terrain. Avec un dernier regard pour les étoiles encore un peu pâles la jeune fille saute dans le vide. Elle se laisse tomber, plie simplement les genoux quelques fractions de secondes avant l'impact.. silencieux. D'un mouvement fluide elle se redresse et lance son large capuchon sur sa tête. Pourquoi une telle précaution ? Personne ne la reconnaîtrait ici.. personne ne la reconnaîtrait tout court. Mais elle savait bien quand ces heures de petites crapules trainaient dans les rues et elle n'avait aucune envie de se faire ennuyer par une bande de roublard juste parce qu'ils auraient vu son visage de femme.

Sous son capuchon sombre, une silhouette se déplace parmi les ombres. Le pas rapide, la louve commence à faire le tour de son futur territoire. Elle passe devant un bar.. s'arrête un moment, hésite un instant, elle serait bien contente d'aller boire un peu de l'alcool des montagnes.. Mais non, ce n'était pas le moment. Elle se remit donc en route mais.. le moment qu'elle avait passée devant la porte avait suffit à ce qu'un homme la remarque. Etait il intrigué ? Soucieux de voir une demoiselle de sortie si tard ? Ou bien juste ivre et mal intentionné ? Feng n'en savait fichtre rien et n'en avait que faire, elle ne mit pas longtemps à voir qu'on la suivait et accéléra le pas tout en se fondant un peu plus dans l'ombre des murs. Un homme saoul l'aurait sans doute perdue de vue aussitôt.. mais celui la ne semblait avoir de mal à la suivre. Cela commençait à agacer sérieusement la jeune femme qui tourna brusquement à l'angle d'une ruelle et s'enfuit dans une seconde puis une troisième, courant cette fois, mais avec toujours le même silence de brume. A la cinquième ruelle il n'y avait plus personne derrière elle. Finalement il devait avoir abandonné. C'était pas trop tôt ! Passant le dos de sa main sur son front d'un mouvement las, Feng s'en retourna à sa promenade. Mais il faut croire qu'elle n'avait pas de chance ce soir.. elle tomba presque nez à nez avec une bande de bandit. Comment pouvait elle le savoir ? Il n'est pas difficile à une ancienne crapule de reconnaitre d'éventuels confrères.. D'un rapide coup d'oeil, Feng compta six personnes, quatre adossées contre le mur, deux qui tournaient en rond dans la rue et une qui.. courrait vers elle.

*C'est bien ma veine !*

Se muant en ombre, plus métamorphique qu'un mage, elle se laisse couler dans l'obscurité, elle n'aurait pas eut le temps de s'enfuir, le bandit l'aurait tout de suite vue. Mais là il semblait bien plus intéresser par la surveillance de la rue que par observer les ombres autour de lui. Il s'arrêta quelques pas seulement devant elle, à l'angle de la rue par laquelle elle était arrivée, la tête de l'homme tourna à gauche.. à droite.. Mais s'il se retournait par sa gauche il la verrait forcement, elle devrait agir plus vite que lui..

*Avec un peu de chan..*

Évidemment ca ne manqua pas, au lieu de tourner sagement sur sa droite, l'homme choisit le mauvais coté. Ce n'était vraiment pas sa nuit ! L'homme eut à peine le temps de cligner des yeux qui déjà, une ombre se détachait des autres et frappait de la tranche de la main la nuque de celui qui s'effondra.. lourdement au sol. La jeune femme ne pensait pas qu'un homme d'une telle carrure serait si vite KO.. elle avait mal jugée l'homme ou sous estimer sa force.. n'en reste qu'elle ne pensait pas qu'il s'effondrerait si vite, elle avait prévu de le retenir un peu avant, histoire de ne pas alerté ses petits copains par le bruit de sa chute. Décidément cette nuit était maudite ! Les autres bandits eurent tôt fait de se tourner vers la silhouette en noire et la masse obscurément humaine à ses pieds. Il leur fallut un petit temps pour comprendre et se mettre à courir, un petit temps que mit à profit la demoiselle pour.. prendre ses jambes à son cou. Elle n'avait aucune envie de se battre ce soir.. elle n'était pas payer alors à quoi bon mettre en pièce cette bande ? Non vraiment, elle se fatiguerait pour rien. Alors elle court. C'est une des choses qu'elle sait le mieux faire. Elle tourne dans une rue à sa droite, puis à sa gauche.. quand un bandit se profil à l'autre bout de la rue. Pas de chance.. eux connaissent le terrain, ils ont l'avantage. Les sourcils froncés cette fois, la demoiselle fait brusquement demis tour, en perdant son capuchon qu'elle aurait bien remis en place si au détour d'une nouvelle ruelle elle n'avait pas faillit se prendre..

*Tient.. c'est le gars de tout à l'heure.*

Elle l'avait évitée de justesse, ne devant cela qu'à son extrême agilité et à des réflexes plus animales qu'humain. Ayant une très bonne mémoire des silhouettes elle reconnue par celle là, l'homme qui l'avait suivit après le bar. Sans chercher à savoir qui il pouvait être ni même à voir son visage, elle s'arrêta, jeta sa cape en arrière et se saisit du bras de l'homme.


Je vous revaudrais ça alors soyez gentil homme !


A peine eut elle lâcher ses mots, qu'elle l'attirait brusquement à elle, allant poser ses avant bras sur ses épaules, reculant jusque dans l'ombre du mur, elle jeta un rapide coup d'oeil par dessus l'épaule de l'inconnu et vu trois des bandits qui entraient dans la rue et se rapprochaient rapidement d'eux. Sans aucune hésitation elle élança ses lèvres contre celles de l'homme. Un baiser sans émotion. Du moins.. un baiser sans émotion existe t-il ? Le souffle court de sa course, le coeur encore emballé et le sang bouillonnant d'un combat qui allait peut-être venir, elle avait l'étrange impression d'échanger un baiser plein de passion avec un simple inconnu. Elle se força pourtant au calme et tendit l'oreille.. puisqu'elle n'avait plus la vue, il fallait que cet autre sens lui indique où en était le danger. Ainsi elle entendit très précisément les pas de trois hommes qui s'approchaient, qui s'arrêtaient, l'un deux qui s'avançait plus près.. semblant bien voir un couple en plein fait, il lança une bonne tape dans le dos de l'homme qui se retrouvait prisonnier de l'étreinte de la fugitive alors que le bandit s'esclaffait :


Profites en bien mon p'tit chanceux !


Les pas des trois hommes s'éloignèrent alors doucement, l'inconnu voulu s'écarter mais Feng le retenait encore fermement, d'une manière bien inconvenante pour une demoiselle. Mais elle voulait être sûr.. enfin les pas ne furent plus que murmure et la jeune femme relâcha sa victime. Affichant un sourire à peine désolée elle se pencha pour ramasser sa cape, la remis sur ses épaules, son capuchon sur sa tête et d'un léger signe de la main lança :


Pardon du dérangement, tu ferais mieux d'aller te coucher maintenant.


Elle baisse la main en signe d'adieu et repart comme si de rien n'était, ne pense même plus au baiser qu'elle vient de voler, d'arracher, et s'apprête simplement à reprendre sa petite exploration.


Dernière édition par Yīng Feng le Sam 9 Jan - 19:51, édité 1 fois
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Shao Xia
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MessageSujet: Re: Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]   Sam 9 Jan - 17:46

« L’ennui est un des visages de la mort ». Ou presque. Shao Xia faisait la cruelle expérience de l’ennui depuis deux ans, depuis que Lu Zaizhuan et Xing He avaient eu la bonne idée de proposer une trêve à la gamine de Sizheng. À présent, le jeune homme errait comme une âme en peine, espérant que la roue tournerait bientôt. Ce n’était pas gagné. Même si elles étaient toujours glaciales, les relations entre les deux Royaumes de Jade n’avaient jamais été aussi bonnes. Curieusement, il semblait presque évident à tout le monde que la paix fragile allait perdurer plus longtemps que prévu. Ça n’arrangeait pas les affaires de Xia, pas plus que celles des autres mercenaires. Tous attendaient la reprise des hostilités. La petite goutte d’eau qui ferait de nouveau déborder le vase. Il avait peut-être contribué au retour de la guerre. Qui sait, cette femme à la maison de thé réussirait peut-être à faire changer l’état actuel des choses...?
Pour l’instant, néanmoins, le jeune homme n’avait rien à faire, et si la guerre est l’ennemie du sage, la paix est celle du guerrier. Il se rouillait. Oh, ça n’était pas visible, et il avait pu remporter haut la main les quelques combats qu’il avait eu à mener jusqu’alors, mais il le sentait : il n’était plus aussi alerte, plus aussi résistant, plus aussi fort. Il était temps que les batailles reviennent sur les plaines au bord du Changmin, ou Shao Xia verrait ses rêves de gloire et d’immortalité lui passer sous le nez.
Il avait ruminé toute la journée, une coupe d’alcool à la main. Jamais le même, bien sûr : le niveau des réserves du tenancier avait commencer à dangereusement baisser au fur et à mesure que le mercenaire lui commandait de remplir sa coupe. L’homme n’avait pas posé de questions. Des guerriers itinérants qui devenaient alcooliques par désœuvrement, il en voyait tous les jours. Ces derniers temps, c’était même devenu le fléau de Funan. On ne comptait plus les bagarres de poivrots, qui se finissaient à coups de sabre dans la rue. Xia avait assisté à l’un d’eux pas plus tard que la veille. Oui, les temps étaient durs pour les mercenaires...

La journée entière passa. Si Xia avait une certaine résistance à l’alcool – grâce aux soirées bien arrosées sur les champs de bataille, lorsque le besoin de se réchauffer ou d’avaler du courage liquide se faisait sentir – il n’était pas un surhomme. Son pas était mal assuré lorsqu’il se leva et ses idées n’étaient pas tout à fait claires. Après avoir attendu un instant que ses esprits lui reviennent à peu près, le jeune homme quitta l’échoppe. C’est à cet instant qu’il aperçut une silhouette qui disparaissait dans l’ombre. Même alcoolisé, Xia savait reconnaître une personne désireuse de se faire oublier, encore plus lorsqu’il s’agissait d’une femme. Il fronça les sourcils. S’il se décida à la suivre, ce fut par simple curiosité, et aussi avec la sensation qu’une partie de son ennui disparaîtrait s’il le faisait.
La lionne ne tarda pas à remarquer qu’elle était suivie. Un éléphant dans un magasin de porcelaine aurait fait plus attention qu’un mercenaire éméché. Pestant mentalement contre cette mauvaise idée qu’il avait eu de boire ce jour-là, Shao Xia tâcha de ne pas se laisser distancer. Mais alors qu’il tournait au détour d’une rue, il dut se rendre à l’évidence : la lionne ne l’avait pas attendu. Durant un instant, il hésita. Il aurait pu faire demi-tour et oublier cette femme. Après tout, ça ne le concernait sûrement pas. D’un autre côté, l’ennui était tel qu’il aurait sauté sur n’importe quelle occasion de se divertir, et il sentait qu’il y avait là quelque chose d’étrange. Mû par l’envie de se distraire, le mercenaire poussa donc plus avant, et bien lui en prit.
Nouveau détour, nouvelle rencontre. Il n’eut pas le temps de réfléchir. De toute façon, il aurait fallu quelques secondes supplémentaires à son cerveau pour analyser la situation. Il fut attiré dans l’ombre et des lèvres pulpeuses et douces s’emparèrent des siennes. S’il n’était pas dans les habitudes de Xia de refuser les faveurs d’une femme, il savait discerner les bonnes des mauvaises raisons. Ça, il en était convaincu, c’en était une mauvaise. La femme était aux aguets, et bien que son baiser eusse pu paraître passionné, il y avait quelque chose d’artificiel dans sa façon de l’étreindre et de l’embrasser. Ce fut lorsqu’il reçut une tape dans le dos qu’il comprit. Elle fuyait quelque chose, quelqu’un. Xia n’était pas du genre à aimer les complications, mais tout son instinct était désormais alerté.
Lorsque la jeune femme s’écarta de lui, il sut, sans trop savoir comment, que les choses étaient bien loin d’être terminé. Son sixième sens – un peu englué dans les vapeurs de l’alcool – se réveilla à cet instant. Trois hommes étaient passés, mais il en entendait d’autres. Il avait à peine regardé la femme, juste assez pour savoir qu’elle était belle. Tournant la tête en direction de la ruelle voisine, le mercenaire fronça les sourcils.



« Attendez ! »


Un souffle, un murmure. Il attrapa le bras de la lionne, l’écrasa contre le mur et plaqua sa main sur sa bouche.


« Si vous cherchez à les éviter, vous feriez mieux de vous tenir tranquille encore un instant. »


C’était sans compter la pseudo intelligence de ces hommes. Shao Xia avait beau être plein de bonne volonté, il était ivre et en oubliant les règles élémentaires de prudence. Le bas de son hanfu était visible à la lueur d’un réverbère à la flamme vacillante. Les bandits ne tardèrent pas à le repérer, et ils furent bien moins dupes que leurs acolytes. Dans sa semi-torpeur, Xia entendit le sifflement de la lame que l’on sort d’un fourreau.


« Navré », souffla-t-il à la lionne contre lui.


Il se retourna, dégaina son sabre. Juste trois. Parfait. Il n’y voyait pas encore double : il avait donc l’avantage.
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Yīng Feng
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MessageSujet: Re: Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]   Dim 10 Jan - 23:44

Tsshh.

C'est le seul son qui sortit des lèvres de la jeune femme aux cheveux de feu. Réponse ultime à la situation qui tournait visiblement en sa défaveur. Cela ne l'a mettait pourtant pas en état de stress, pas non plus anxieuse, juste.. fatiguée de devoir faire avec les autres. Solitaire ? Asociale ? Surement un peu. Cependant, ce n'est pas cela qui l'exaspéra, non c'était la faute à ce manque de chance quasi chronique en cette soirée. Par la barbe des dragons pourquoi fallait il qu'elle choisisse le seul homme qui dans cette rue porte ce satané hanfu ! Et le voila qui se tourne et fait glorieusement face aux assaillants de la gente demoiselle. Une demoiselle qui avait déjà la dague à la main, depuis que le bras de l'homme s'était tendu vers son bras en fait.. Il avait faillit se retrouver la gorge tranchée d'ailleurs.. Mais enfin, la lueur un peu alcoolisée de son regard avait dissuadée la jeune femme. Un homme à moitié ivre n'était pas digne d'être tranché par ses soins. Du moins.. cet homme n'était visiblement pas un passant ordinaire. C'était bien sa chance.. un bon samaritain pour prendre soin d'elle.

Un léger sourire en coin, les sourcils hauts, Feng ne bouge pas de son mur, elle pourrait bien faire tomber ces trois hommes, il lui suffisait de deux pas et de trois gestes. Deux pas pour entrer dans le cercle que forme les trois poursuivants , puis trois coups, chacun pour un homme, chacun dans le plexus, ou bien à la base du cou.. chacun fatal mais pas mortel. Elle n'avait que faire des vies de ceux là, s'ils étaient plus faibles qu'elles et cela était le cas, ils n'étaient pas assez attentifs, pas assez vifs, pas assez vigilants, leurs gardes fourmillent de failles et malgré leur carrures, leur force est incapable de faire face à la vitesse. Cependant, elle ne fera rien.

Par manque d'intérêt ? Par manque de temps ? Rien de tout ca. Elle n'avait juste aucune raison de s'interposer entre les hommes et l'Homme. D'une part parce qu'il avait semble t-il choisit d'échanger quelques coups avec ceux là, d'autre part.. depuis qu'elle avait prêtée un peu plus attention à cet homme, elle avait vite vu qu'il était fort, bien qu'absolument pas impressionnant.. Il avait ce quelque chose qui fait le vrai prédateur, une chose qu'elle connaissait bien puisqu'elle en était elle aussi détentrice. Aussi, elle n'avait aucun regret, si l'homme voulait s'impliquer dans ces broutilles, libre à lui. Cela ne pouvait qu'arranger la jeune femme qui ne voulait pas qu'on lui prête attention. Il occuperait la pensée de ces hommes et elle.. elle disparaîtrait. Tant mieux.

Toutefois elle trouve le petit mot, à la fois si inutile, si vain, si mal adressé mais quelque part si innocent qu'elle décida d'accorder une marque d'attention plus que de gratitude à celui qui, sans trop en avoir conscience, lui offrait une large porte de sortie. Alors avant de s'échapper, elle fit un pas et un geste. Un pas et elle était dans le dos de l'Homme, un geste et elle détachait la broche qu'elle avait dans les cheveux, une broche particulière, une broche qui n'attachait pas sa chevelure mais qui y était cachée, une aiguille affutée surmonté d'une chrysanthème. Cela amusait beaucoup la jeune femme que de décorer ainsi l'Homme, c'était à la fois moqueur et délicat que de donner un signe d'honneur à un mercenaire tout en offrant avec cet honneur un objet de mort. (Etre décoré de l'Ordre du Chrysanthème au Japon est le plus grand honneur qui soit. ^^)

Et puis ? Et puis elle disparut. L'ombre avait elle grandit ? L'obscurité s'était elle faite plus propice à l'évasion ? Cela n'était pas nécessaire à Feng pour se volatiliser. En aussi peu de temps que de mouvement, la lionne s'était extraite au sol, la louve avait retrouvée les toits et la femme, sans un regard en arrière, courrait avec facilité sur les ardoises de Funan. Il fallait qu'elle choisisse maintenant, devait elle rentrée à la maison close ? Ou prendre le risque de parcourir à nouveau la ville ? La sécurité n'avait jamais portée trop d'importance dans le monde de Feng, seulement, il était clair que cette nuit ne lui portait pas chance alors.. il valait mieux arrêter les dégats. Il n'était pas temps encore qu'elle se fasse connaître des petits bandits. C'était sans compté sur l'acharnement quasi maladif de ces fameux petits bandits. Des hommes qui eurent tôt fait de se retrouver devant elle. C'est vrai que.. ils étaient sept. S'arrêtant dans sa petite course, Feng observa la situation avec attention. Sans un geste perceptible douze aiguilles descendirent vers ses deux mains semble t-il inertes. Elle était prête.. c'était sans compté une nouvelle fois, sur sa "bonne étoile" de la soirée.
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Shao Xia
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MessageSujet: Re: Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]   Mer 13 Jan - 10:26

Trois contre un, c’était une situation dans laquelle Xia s’était déjà retrouvé maintes fois. À force, ça ne l’effrayait plus du tout, et là, ça aurait dû être encore plus facile, car ces hommes n’étaient pas des soldats entraînés. Le mercenaire se tenait néanmoins sur ses gardes. Dans son cerveau embrumé, il se rappelait qu’il n’avait pas toutes ses facultés. Avec ce qu’il avait ingurgité comme alcool, il lui faudrait au moins jusqu’au lendemain matin pour être de nouveau opérationnel – même s’il n’avait pas la chance d’avoir autant de temps devant lui. Les trois hommes n’avaient pas de sabre. Ceux qui avaient le loisir de s’offrir une telle arme n’étaient pas nombreux, avec le prix que cela coûtait : à moins d’en voler un, ou de le tenir de son maître, tout le monde ne pouvait pas se payer un tel luxe.
À la lueur de la lune et des étoiles, Zhen Feng jetait des éclats blancs sur les murs de la ruelle. Les bandits hésitèrent visiblement. Xia espéra un instant qu’ils fileraient sans demander leur reste, ce qui serait mieux pour tout le monde, mais ils étaient bien plus tenaces qu’il ne l’aurait cru. Ou peut-être simplement fâchés d’avoir perdu leur proie. Le mercenaire avait souri lorsqu’il avait senti la jeune femme glisser son aiguille dans ses cheveux. N’était-ce pas un peu trop romantique ? Avoir les faveurs d’une dame pour un combat, c’était quelque chose qu’on ne voyait qu’à l’Opéra de Sizheng. Quoi qu’il en soit, il la sentit filer aussitôt après son geste, et il pesta intérieurement contre ces personnes qui n’ont aucune gratitude.
Le premier homme se jeta sur lui à cet instant. Maladroit, Xia parvint à l’éviter
in extremis en faisant un pas de côté. Son épaule heurta le mur à côté de lui ; si l’homme ne réussit pas à se redresser immédiatement – il continua sa course sur deux ou trois mètres avant de s’arrêter – ses comparses furent plus prompts à réagir. Armé d’un sabre, Xia avait l’avantage, mais il ne fallait pas compter sur eux pour abandonner, persuadés qu’ils étaient que le nombre suffirait à faire la différence. Ils se jetèrent tous deux en avant. À cet instant, il n’y avait pas deux solutions. La largeur de la ruelle interdisait toute fuite en avant et l’homme derrière lui ne le laisserait pas passer non plus. Zhen Feng chanta ; une pluie pourpre moucheta l’air. L’instant d’après, les deux hommes s’écroulaient devant le mercenaire, terrassés par un seul coup. Xia poussa un imperceptible soupir de soulagement en se retournant. Le troisième bandit, considérant les corps de ses deux acolytes sur le sol, jugea préférable de faire volte-face et de s’enfuir à toutes jambes de l’autre côté.
Nettoyant son sabre sur le
hanfu d’un des deux morts, Xia estima qu’il était plus que temps, à présent, de retourner à l’auberge. Puisque la jeune femme n’avait pas jugé utile de rester pour le remercier de son intervention, il ne servait à rien de la chercher. De toute façon, la ville était grande : il n’avait aucune chance de la retrouver, et son instinct était bien trop émoussé par l’alcool pour s’y fier. Il rengaina Zhen Feng et, tout en reprenant son chemin, glissa sa main dans ses cheveux pour en retirer la broche que la lionne y avait glissé avant de partir. Un chrysanthème. Xia sourit et glissa l’objet à l’intérieur de son vêtement.

Mais le destin est souvent bien ironique. Xia l’avait constaté maintes fois, et celle-ci ne serait pas différente. Alors qu’il tournait au coin d’une rue pour gagner, par un raccourci, l’auberge dans laquelle il avait établi sa demeure provisoire, le mercenaire se retrouva de nouveau plongé dans une histoire qui ne le concernait pas. Sept hommes, semblait-il, lui tournaient le dos. Devant eux, une jeune femme à peine visible dans l’ombre, mais le mercenaire la reconnut immédiatement. Décidément. Qu’avait-elle fait, pour se mettre à dos tous les bandits de Funan ? Leur avait-elle volé leur dernier butin ? Était-elle l’amante de leur chef, qui s’était enfuie pour ne plus subir ses violences ?
Quelle qu’en fût la raison, Shao Xia était désormais mêlé à tout ça. Il avait été embarqué dans l’histoire par une furie aux baisers enflammés qui, sans peut-être l’avoir réellement voulu, l’avait appelé à l’aide par ce simple geste. Il n’était pas du genre à sauver la veuve et l’orphelin, mais une belle femme, c’était autre chose. De nouveau, Zhen Feng étincela à la lueur des astres nocturnes. Deux hommes se retournèrent, l’aperçurent. Il y eut des cris et les autres le virent enfin.



« J’espère que vous ne comptez pas me fausser compagnie une nouvelle fois », lança-t-il à la jeune femme derrière eux.


C’est vrai, quoi. Après tout, il n’était pas du genre à aider n’importe qui gratuitement. Et c’était elle qui l’avait aguiché : à elle d’en assumer les conséquences. Un sifflement déchira l’air. Xia poussa un juron étouffé. Une lame s’était enfoncée dans sa cuisse, lancée de main de maître par l’un des bandits – à moins que ce ne fût qu’un coup de chance ? Soudain tout à fait décuvé, il fallut toute la volonté du mercenaire pour qu’il parvînt à rester debout malgré la douleur. Il serra le manche de son sabre de toutes ses forces pour s’obliger à ne pas flancher. Quel idiot ! L’ennui était véritablement le pire ennemi du guerrier. La vanité et la libido étaient celles du mercenaire.
Avec sa jambe blessée, il fallait désormais oublier tout espoir de fondre sur ces hommes pour les abattre rapidement : il ne pouvait plus qu’attendre qu’ils veuillent bien s’avancer vers lui. Il jeta un coup d’œil derrière eux. La jeune femme était-elle toujours là ? Si elle s’enfuyait encore, cette fois, il lui courrait après pour lui apprendre la politesse. Sauf qu’il ne pouvait plus courir, bien sûr. Maugréant et s’invectivant en pensées, Xia plissa les yeux. Allez. Ça ne prendrait pas longtemps.
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Yīng Feng
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MessageSujet: Re: Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]   Mer 13 Jan - 17:14

Sa bonne étoile.. il faudrait qu'elle lui cause un de ces jours, qu'elle lui explique que si elle continue comme ca elle allait devoir filer avant l'heure. Les fripouilles semblaient assez fiers d'eux. Il faut croire que l'un de ceux qui avait rencontré la jeune femme avait prévenu les autres. Ce n'était pas très galant de faire venir autant de monde pour une simple femme. Enfin.. le visage dans l'ombre de sa capuche, Feng admettait volontiers qu'ils n'étaient pas aussi imbéciles qu'ils y paraissait puisqu'ils semblaient avoir devinés qu'elle n'était pas vraiment "une simple femme". Cela ne changerai pas grand chose à l'issue de cette rencontre. Bien qu'elle ne soit pas en mission, cette bande commençait à se faire un peu trop importante, si sept hommes étaient venus aussi vite c'est qu'il devait y avoir une organisation plutôt bien ancré dans cette partie de la ville. Alors elle ne pourrait pas faire comme elle le voulait.. elle qui ne souhaitais pas se montrer avant un certain temps.. Et bien..

Tant pis.

Dans un frémissement de tissu, Feng se mit en garde, un pied en arrière, légèrement écartés, genoux pliés, le corps prêt à bondir.. ce qu'elle allait faire quand un nouvel évènement allait mettre son grain de sable dans l'engrenage. Décidément cet homme était aussi chanceux qu'elle ! Comment se faisait il qu'il lui tombe tout le temps dessus ? Il cherchait vraiment à s'attirer des ennuis ? Entre les épaules de deux bandits qui s'étaient soudain retournés, elle pu voir la lame du mercenaire.. La petite voleuse de ville qu'elle était admira la blancheur de l'éclat de cette lame, visiblement elle était de très bonne facture. Voila un homme soûl plus intéressant que les autres. Les hommes qui étaient arrivés portaient eux aussi des lames, bien moins belles, sans éclat, des dagues de boucheries.. suffisantes pour blesser gravement cependant. L'un d'eux lança un de ces couteaux et.. il se montra plutôt habile puisque son coup réussit et que la cuisse du mercenaire fut bientôt ensanglantée. Les sourcils froncés cette fois, Feng serait sérieuse.

Sans un mot, la silhouette fine s'avança vers les bandits, si des bandes compressaient sa poitrine pour ne pas être gênée, la marque était pourtant visible, ce qui devait émousser l'esprit de ses hommes et leurs appréhension.. Tss.. Les hommes ces chacals. Enfin.. cela l'arrangeait. Elle s'arrêta à quelques courts mètres des premiers hommes comme si elle hésitait, comme si la pauvre gazelle apeurée se demandait que faire. Si ceux là étaient dupe alors autant en profiter, d'un geste anodin elle leva la main à ses cheveux pour les replacer, mais quand sa main quitta l'ombre sous sa capuche, elle décrivit une courbe floue, rapide, quatre aiguilles étaient partie, silencieuses et fatales elles s'enfoncèrent profondément entre les yeux trois bandits, la dernière sembla manquer sa cible en frappant un quatrième à l'épaule. Du moins, ce dernier du lâcher son arme. Feng n'était pas très fière d'elle, si elle maîtrisait plutôt bien les armes de lancés elle n'était pas encore une experte. Et dans les bruit de trois corps tombant à terre et d'un cri de douleur pour l'homme blessé, de fureur pour les compagnons, les quatre hommes restant chargèrent. La femme se pencha, envoya un coup de pied dans le ventre d'un premier assaillant, se releva pour donner son coude à un autre et son genoux à un troisième. Les hommes reculèrent, pliés en deux, le souffle court mais le quatrième réussit à lancer sa dague. Adroite et rapide, quatre épines de fer allèrent frapper le métal qui dériva et alla se planter par terre. Ce geste avait été rapide et précis, la capuche tomba sur les épaules de la femme, dévoilant au clair de Lune une chevelure de feu et des yeux à l'éclat aussi vif que la lame du mercenaire.

Le visage d'une beauté sauvage se tourna vers le mercenaire blessé et visiblement hébété surement par l'alcool, un sourire de louve aux lèvres.


Une demoiselle se doit de secourir le gentil homme en détresse.


Si c'était une phrase blessante ? Mal venu de la part d'une femme ? La jeune femme s'en fichait éperdument, elle n'était pas de celle à faire des concessions parce qu'il lui avait sauver la mise une fois, elle l'avait déjà remercié pour cela.. a sa façon. Alors si elle lui rendait service maintenant ? Certainement pas, elle faisait juste sa future promotion. Elle ne voulait pas être dérangée par de petites frappes lors de ses missions, elle devait donc gagner peut-être pas leur respect mais leur crainte pour qu'ils n'ai pas l'idée saugrenue d'interférer s'ils venaient à se revoir. Cependant Feng était amusée par cet Homme, elle ne pensait pas le revoir avant plusieurs semaines.. peut-être même jamais. Si elle se moquait joyeusement de lui, elle n'en était pas abusée, elle avait bien vu qu'il n'était pas tout a fait risible, sa lame en était une preuve de plus. Les quatre hommes se relèvent doucement, les doigts serrés sur leur lames. D'une moue tendrement exaspérée le visage de Feng se tourne vers eux, elle glisse sa main dans les plis de son manteau, en sort une petite fiole qu'elle porte à ses lèvres, calmement elle rebouche la fiole et la range. Elle lève alors une main devant sa bouche alors que les hommes approchent, elle fait signe au mercenaire de ne pas intervenir et même de se reculer s'il le peut. Les hommes brandissent leurs lames et Feng délivre ses lèvres, sa main décrit un signe étrange dans les airs et soudain une flamme sort de la bouche de la jeune femme, dans cette flamme les quatre dernières aiguilles sur les douze qu'avait sortie Feng filèrent vers les quatre hommes, les blessant tous superficiellement au visage alors que le feu léchait leurs chemises.

Ils se reculèrent brutalement, lâchèrent leurs lames pour pouvoir taper sur leurs habits avant qu'ils ne s'enflamment, leurs yeux terrifiés se levèrent alors sur le visage sauvage et féroce, sur cette crinière de feu et d'un tacite accord ils s'enfuirent en criant que les flammes du dragon les avaient maudits (C'est beau hein ! J'ai réussi à donner un sens à mon titre xD). S'essuyant la bouche du revers de la main la fine silhouette se tourna vers le mercenaire.


Alors ? Pourquoi diable poursuivez vous les flammes du dragon ?


Son ton était ironique et elle n'attendait pas vraiment de réponse, ce qu'elle voulait c'était observer de plus près cette lame, mais ce n'était plus une voleuse et puis.. bien qu'il était certain que dans l'état actuel des choses elle aurait l'avantage sur l'homme, elle n'avait aucune envie de le déposséder. Aussi devrait elle attendre un peu. Sans un mot elle se glissa sous le bras de l'homme pour l'aider à marcher.

Vous auriez du m'écouter la première fois et rentrer vous coucher. Enfin, je veux bien vous raccompagner.. si vous me rendez ma broche.


Il aurait été amusant pour une dame de prendre ainsi la place de l'homme et proposer de raccompagner mais Feng n'avait pas le savoir de ces petites formalités, aussi se comportait elle comme bon lui semblait, elle savait que cela n'était surement pas convenable pour une Dame mais.. elle n'était pas Fei Mo pour l'instant alors, qu'importe les convenances. Elle appellerait un médecin s'il y en avait un et puis.. sa broche retrouvée, il ne resterait rien d'elle à cet homme, il ne la reverrait plus. C'était un contrat muet mais, elle n'aidait pas les gens d'habitude et cet homme ne devait pas croire qu'il avait une dette de santé envers elle, elle était assassin pas gentille fille. Cette broche était le lien qui aurait pu relier cet homme à elle, parce qu'elle marquait son attention envers lui, maintenant elle voulait la lui reprendre, elle lui avait donner assez d'attention comme ca. Il aurait pu la retrouver à cette broche, elle ne le souhaitait plus, il n'était pas bon pour les affaires d'être lié à un homme comme celui ci, elle ne devait pas se lier d'attention avec un être de cet ville sous le visage de Ying Feng.

Maintenant il fallait qu'il lui dise où est ce qu'il vivait pour qu'elle le ramène.. Hm, surement n'avait il pas de maison personnelle, un mercenaire devait surement dormir en auberge. A moins que, comme l'indique son odeur d'alcool, il dorme à la taverne. Ce ne serait pas le premier à devenir alcoolique avec le manque d'activité, la paix pouvait être nocive pour ceux qui utilise plus les armes que les parchemins. Si cet homme était un alcoolique alors il avait de la chance de ne pas s'être fait voler sa lame. Cependant, il allait avoir du mal à garder cette chance avec cette cuisse ouverte. Il fallait vite s'en occuper d'ailleurs, les lames des fripouilles ne sont jamais très recommandables, ni pour leur qualité ni pour leur nettetés. Il serait dommage qu'un joli bouc comme ca perde une jambe n'est ce pas ? Ce serait un coup dur pour les affaires d'un mercenaire.
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Les flammes du Dragon ? [Shao Xia]

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