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 Comme des prisonniers [PV]

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Lu Zaizhuan
Lu Zaizhuan
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MessageSujet: Comme des prisonniers [PV]   Ven 22 Jan - 2:01

Voilà bien trop longtemps qu’il ignorait ses devoirs de roi. Xing He n’avait fait que le lui rappeler ces derniers temps. Bien entendu, le Premier Ministre avait raison. Lu Zaizhuan négligeait tout, jusqu’aux affaires qu’il devait mener. Mais il n’y avait pas que cela. Les devoirs d’un roi s’étendait à bien plus, et l’un d’eux, non des moindres, était celui qu’il redoutait le plus : donner un héritier au royaume de Funan.
Avant la trêve, aimer une femme ne lui aurait posé aucun problème. Il avait toujours aimé la beauté et la grâce : les femmes de la cour étaient souvent d’une grande beauté. Certaines des concubines de son père lui avait toujours paru fascinantes, désirables. Il avait perdu le compte des fois où, caché derrière un paravent, il avait observé le long rituel de l’habillage, appréciant les douces courbes féminines et la beauté des lignes de leur corps. Lu Zaizhuan aimait les femmes. Il les avait toujours désirées, toujours aimées. Elles étaient magnifiques. Des lèvres pleines et roses, une peau de lait, douce comme de la soie, de longs cheveux dans lesquels perdre ses doigts... Aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, il aimait les femmes.
Jusqu’à Qing Yi. Il avait eu beau tenter de se raisonner, il lui avait été impossible d’oublier. Qing Yi était un homme, mais ça n’avait rien changé pour Lu Zaizhuan : il l’aimait, passionnément, et qu’il fut un homme était bien le cadet de ses soucis. Dès lors, et alors même qu’on lui offrait pour concubines les plus belles jeunes femme de Funan, il n’avait plus cœur à en désirer une seule. Quelle ironie... Alors qu’avant d’être seigneur, il était libre et ne désirait qu’avoir ses propres compagnes, à présent qu’il pouvait avoir toutes celles qu’il voulait, il ne souhaitait plus qu’étreindre un homme qui ne pourrait jamais lui donner l’héritier qu’attendait son royaume.
Mais il fallait faire ce qu’il avait à faire. On attendait beaucoup de lui, on comptait sur lui. Et lorsqu’il serait à Sizheng, si quelque chose se passait mal, il ne serait pas en mesure de revenir en arrière et d’essayer de réparer ses erreurs. Non, c’était maintenant qu’il fallait le faire, avant que ce ne soit trop tard. Il avait donc demandé à ce qu’on lui amène Leng Bing Xuan dans ses appartements. De toutes ses concubines, c’était celle qui avait sa préférence. Elle était belle, douce, cultivée. Elle aurait pu être sa favorite – elle l’était, en quelque sorte – s’il n’avait eu un homme dans la tête. Elle aurait pu devenir son Épouse. Elle aurait pu... s’il n’avait pas voulu Qing Yi. Anxieux, il s’était forcé à s’agenouiller sur le sol, les mains serrées autour d’une tasse de thé brûlant. Il avait déjà eu des rapports avec ses concubines depuis qu’il était seigneur. C’était toujours une torture. Chaque fois, il manquait de soupirer le nom de celui qu’il imaginait, les yeux clos. Le scandale aurait éclaté si cela avait le cas.

Lorsqu’on frappa à la porte, Lu Zaizhuan sentit son estomac se nouer. Une nouvelle fois, il allait devoir faire semblant, se jouer de cette femme qui ne demandait rien de plus qu’un peu de son amour, et trahir une fois encore celui qu’il aimait. Beaucoup auraient donné tout ce qu’ils possédaient pour avoir sa chance. Lu Zaizhuan aurait volontiers échangé sa situation, ses richesses, ses concubines et Funan tout entier contre le simple bonheur d’être avec Qing Yi. La porte s’ouvrit. Il ne se leva pas – le seigneur ne se levait pas pour accueillir ses concubines – mais il regarda la jeune femme et sourit.

« Bonsoir, Bing Xuan. Je vous en prie, entrez. »

Elle était ravissante, comme toujours, si belle que n’importe quel homme se serait damné pour elle, et il aurait eu raison. Lu Zaizhuan lui désigna la place en face de lui et servit une deuxième tasse de thé. Sa main tremblait légèrement ; quelques gouttes de thé tombèrent sur la table d’acajou. Le seigneur fit comme si de rien n’était. Trouver un sujet de conversation, lorsqu’on était stressé, n’avait rien de particulièrement facile. Pourtant, discuter avec Bing Xuan était toujours un plaisir : elle était intelligente et drôle, personne n’aurait pu résister à son charme. Mais ce soir, l’enjeu était grand. Il devait réussir à l’aimer si passionnément qu’elle lui donnerait un fils.
Avec un nouveau sourire, un peu crispé, il prit sa propre tasse et but une gorgée. Le thé chaud lui arracha une grimace et il manqua de s’étrangler avec. Pitoyable. Les courtisans qui espéraient le destituer aurait ri en le voyant dans cette situation.

« Pardonnez-moi, dit-il lorsqu’il parvint de nouveau à articuler quelque chose. C’est... passé de travers. »

Il se redressa et inspira profondément.

« Comment s’est passée votre journée, Bing Xuan ? Êtes-vous sortie vous promener en ville, aujourd’hui ? »

Il n’ignorait pas que les journées étaient longues, pour les concubines, et certaines d’entre elles espéraient tellement se faire remarquer de leurs seigneurs qu’elles passaient le plus clair de leur temps à se montrer vicieuses et pernicieuses envers les autres concubines. Lu Zaizhuan espérait au moins que Leng Bing Xuan ne faisait pas les frais de cette « concurrence » et qu’elle parvenait à trouver une occupation. S’il avait eu à choisir, aucune d’entre elles ne se serait trouvé là. Elles se trouvaient dans une cage ; dorée, certes, mais une véritable prison, et le seul espoir qu’elles avaient de vivre mieux que les autres étaient de donner un enfant au roi. Comme il se détestait, sachant cela...

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Leng Bing Xuan
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MessageSujet: Re: Comme des prisonniers [PV]   Dim 24 Jan - 19:28

Cette journée fut comme toutes les autres… longue, monotone, triste, grise… les adjectifs ne manquaient pas pour qualifier ce jour qui venait de s’écouler sur cette partie de cette magnifique planète. En début de journée, le temps avait été légèrement frais et pluvieux, par conséquent les concubines avaient préféré restées à l’intérieur du palais. Toutes, sauf Bing Xuan… Bien que la jeune femme se soit énormément assagit pendant son séjour ici, elle n’avait aucune honte, ni aucune crainte de sortir par un temps pareille. La pluie ne tombait plus et la fraîcheur ne luit faisait pas peur, le soleil avait eu tout le temps de sécher l’humidité du sol ! Mais les « odalisques » n’avaient de cesse que de lui conseiller de ne pas sortir sous peine de tomber malade. Bing Xuan aurait tant voulut désobéir pour se promener ne serait-ce que dans les jardins, mais elles avaient raison, il serait inacceptable de tomber malade pour de telles futilités.

Elle avait dû trouver une occupation plus intéressante que de s’amuser avec les poissons du bassin ou les oiseaux. La jeune femme avait donc choisit un autre échappatoire… la lecture. Après s’être rendue dans la « bibliothèque » , elle s’était assise près d’une fenêtre qui donnait sur un couloir, lui-même donnant sur l’extérieur. Les allées et venues ne la dérangeait en aucun cas, les rideaux cachaient sa présence, mais elle ne cherchait pas à se cacher, ni a épier qui que ce soit. Et pourtant elle entendra bien malgré elle, les rumeurs qui circulent sur les penchants du seigneur de ce royaume. Ces murmures avaient interrompu sa lecture, encore et toujours elles avaient de quoi rabaisser le moral de Bing Xuan. Evidemment, ce n’était pas la première fois qu’elle les entendait, mais ça avait toujours de quoi lui donner un coup. Elle s’était penchée pour regarder qui parlait, les commérages étaient une spécialité féminine disait-on. Finalement, les mégères tournèrent la tête vers Bing Xuan et partirent plus loin. La jeune fille s’adossa au siège, essuyant une petite larme avant de reprendre sa lecture. Mais elle avait du mal à se concentrer, elle ressassait ce qu’elle avait entendu et faisait quelques rapprochement en se disant que ces rumeurs n’étaient pas totalement fausses. Tôt ou tard, elle ou quelqu’un d’autre, finira par découvrir la vérité… et Bing Xuan avait passé du temps à se faire une raison, pour souffrir le moins possible quand ce jour viendrait.

Lorsque le soir tomba et que le ciel fut assombrit, Bing Xuan s’était assise sur le sol du gynécée, les bras croisés sur le bord de la fenêtre, elle observait les étoiles qui scintillaient dans les cieux. La lune, était gibbeuse et lui permettait de voir quelques chauves-souris voleter dans l’étendue noire de la nuit. Un papillon de nuit entra dans la chambre, attiré par la lumière et la jeune fille le regardait s’affoler ne sachant où se poser. Les trois autres concubines n’aimaient pas vraiment voir un intrus comme lui interrompre leurs bavardages. Bing Xuan cacha son sourire derrière sa manche, dire qu’elles se détestaient et cherchait à se rabaisser mutuellement, quand elles avaient peur elles étaient toutes en cœur. Elles avaient remarqué le rire de Bing Xuan et pourtant dieu savait qu’elle ne riait pas souvent, elles s’apprêtaient à l’incendier quand quelqu’un entra. Les femmes portèrent leur attention sur cette nouvelle arrivante, une femme plus âgée et mûre:

« Leng Bing Xuan ! Tu as été choisie pour passer la nuit avec le seigneur, prépares-toi convenablement. »

Puis elle referma la porte. Bing Xuan ne s’attendait absolument pas à ça… depuis combien de temps les concubines n’avaient-elles pas été appelées pour remplir leur devoir ? Un long, très long moment ça c’est certain ! Aussitôt les murmures foisonnèrent, Bing Xuan se leva pour enfiler des chaussons noirs, mais elle tiqua en fermant un œil. Dans l’un de ses chaussons se trouvait un bout de verre brisé, elle le retira en sachant très bien comment il avait atterrit là. La jeune femme quitta le gynécée pour rejoindre les bains accompagnée des « odalisques ». Après s’être déshabillée, elle entra dans le bain où on la lava soigneusement avant de l’en sortir pour l’habiller et la fouiller. Bing Xuan soupirait faiblement, pourquoi aurait-elle du poison ou une dague sur elle ? Tuer Lu Zaizhuan était impensable pour elle… quoi que manipuler ce genre de personnalité pouvait être aisé si on s’y prenait au bon moment, elle était d’une telle complexité… Lors de l’habillage, elle tiqua à nouveau, on avait placé une aiguille dans ses vêtements et elle saignait du doigt à présent. Ca ne l’étonnait même plus de voir ce genre de chose, quand elle était plus jeune elle-même faisait ça simplement par vengeance. Elle savait bien qu’à cet instant elles se faisaient de mauvais coups.

Après la toilette, l’habillage et la fouille, on la coiffa. Ce point rouge qui contrastait à merveille sur sa peau de lait, était tellement bénin qu’il ne valait pas la peine qu’on s’en occupe. On l’amena enfin à la chambre du maître des lieux. On frappa à la porte et quand la voix de Zaizhuan s’éleva, on ouvrit la porte pour laisser passer Bing Xuan. Elle était légèrement tendue, un peu stressée de se retrouver face à cet homme agenouillé sur le sol devant du thé. La porte se referma et la jeune concubine s’avança jusqu’à lui pour s’incliner et le saluer respectueusement. Elle attendit qu’il lui fasse signe pour s’asseoir face à lui. Là, il lui servit une tasse de thé brulant. Elle mettait tellement de cœur dans la contemplation de son seigneur qu’elle en connaissait certaines mimiques et elle avait également pu voir ces légers tremblements qui entraînèrent la chute de petites gouttes sur la table. Bing Xuan le remercia et attendit qu’il boive le premier pour l’imiter. Elle fut surprise de le voir grimacer en buvant le thé, avait-il avaler de travers ? La jeune femme avait penchée sa tête sur le côté avec un sourire, avant de reposer sa tasse, effectivement c’était passé de travers:

« Ne vous excusez pas, ce sont des choses qui arrivent. »

Elle le regardait se redresser et la questionner sur la journée.

« La journée à été assez pauvre en divertissement, le temps ne m’a pas permis de sortir en ville. Mais s’il aurait été plus clément, je n’aurais pas hésité un instant. Alors j’ai décidé de consulter quelques ouvrages. Et vous ? Avez-vous passez une bonne journée ? »

Une fois qu’elle se serait « remis dans le bain », tout ira beaucoup mieux. C’est juste que ça faisait longtemps qu’elle ne s’était pas retrouvé en tête à tête avec Zaizhuan. L’ambiance se détendrait certainement… enfin du moins elle l’espérait.
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