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 Le Tigre et l'Assassin

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Shao Xia
Shao Xia
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MessageSujet: Le Tigre et l'Assassin   Sam 23 Jan - 20:15

En temps de paix, il était parfois nécessaire de faire un peu n’importe quoi pour s’assurer une subsistance. Être un mercenaire parfait n’induisait pas nécessairement qu’on était toujours en activité, loin de là. Il fallait, de temps à autre, consentir à faire autre chose que se battre, même si l’on n’était vraiment doué que pour ça. Shao Xia avait déjà fait l’expérience de beaucoup de travaux plus ou moins dignes de son intérêt : il avait été fermier, garçon d’écurie et même tailleur. L’avantage de ces travaux, c’était qu’il ne risquait pas sa vie et qu’il n’avait pas besoin de donner un coup de main à l’un ou à l’autre des Royaumes de Jade. Le problème, c’était que ça ne correspondait pas du tout à sa vision de la vie. Jouer les espions et les hommes de main pour le Premier Ministre de Sizheng avait de bons côtés. Certes, cela le forçait à se montrer coopératif et à rester un peu plus longtemps que prévu dans ce royaume, mais cela lui permettait de s’adonner à une activité bien plus intéressante et, surtout, de se remplir les poches.
Il avait bien l’intention de quitter Sizheng rapidement, pourtant. Yuan Liu Biu était trop belle, trop séduisante, pour qu’il prenne le risque de tomber dans ses filets, et s’il restait trop longtemps à Sizheng, c’était ce qu’il adviendrait certainement. Il n’était pas question pour lui de devenir l’esclave d’une femme juste parce qu’elle lui plaisait. Il remplirait cette seule mission et disparaîtrait avant de succomber à la tentation. Et puis, cela faisait un moment qu’il n’avait pas mis les pieds à Funan. Au printemps, les montagnes étaient belles. C’était la bonne période pour gravir les hauteurs.
Xia avait néanmoins pris à cœur sa mission. Cet assassin était une véritable anguille. Il avait cru, durant un instant, retrouver sa piste dans les bas-fonds de Sizheng, pour se rendre compte au final qu’il ne suivait qu’un leurre. Le véritable assassin était bien trop malin pour laisser des indices derrière lui. Cela inquiétait – et excitait – d’ailleurs Shao Xia. Les occasions de trouver un adversaire à sa taille n’étaient pas légions, mais cet homme était particulièrement intéressant. Il brouillait les pistes, jouait avec les ombres et les mensonges et disparaissait dans les ténèbres aussi facilement que s’il eut été un spectre. Le mercenaire avait réussi à dénicher un renseignement précieux alors que rien n’aurait pu le laisser croire. Deux paysans avaient vu un homme, ou une femme, entièrement vêtu de noir quittant Sizheng quelques jours auparavant. Sa vitesse était telle qu’il n’avait pas besoin de cheval pour courir sur la piste et, surtout, il portait un masque sur le visage, orné d’un croissant de lune. Shao Xia avait émis un sifflement d’admiration et de satisfaction en apprenant cette nouvelle.

Un Man Yue.

Dans les légendes des Royaumes de Jade, les Man Yue intervenaient régulièrement. Tantôt réels, tantôt fruit de l’imaginaire collectif, ces assassins réputés insaisissables se jouaient de la vigilance et de toute prudence pour atteindre leur proie. On racontait que, lorsqu’ils avaient une cible, celle-ci était condamnée à mourir à brève échéance. Le messager de Sizheng avait contribué à prouver cette rumeur. Ce qui interpellait Shao Xia, c’était l’intervention des Man Yue dans une affaire telle que celle-ci. Tuer un messager était une tâche si simple que n’importe quel homme bien entraîné aurait pu faire l’affaire : pourquoi faire intervenir des assassins légendaires pour abattre un pion ? Sachant que les Man Yue signaient toujours leurs crimes d’un croissant de lune sanglant tracé sur la main de leur victime, ils étaient immédiatement identifiables. Personne n’aurait alors cru que Funan avait perpétré ce meurtre. Alors pourquoi ? Pour faire croire que c’était bien Funan qui avait engagé ces assassins ? Quel était donc le message que transportait ce malheureux ? Personne ne le saurait sans doute jamais. Sauf s’il parvenait à mettre la main sur le Man Yue.
Apprenant ces informations, Shao Xia avait loué un cheval à Sizheng, vidant dangereusement la bourse de Jades que lui avait remise Yuan Liu Biu. Le Man Yue avait été aperçu sur la route de Chenlan. Si cela faisait plusieurs jours qu’il était passé par-là, il n’était sans doute pas resté éternellement dans le village au bord du Changmin, mais il avait peut-être une infime chance de le rattraper. Restait à espérer que le Dragon des Montagnes tenait assez à son pays pour vouloir le protéger de toute accusation mensongère.
Le cheval s’arrêta à Chenlan, les flancs ruisselant de sueur et le souffle court. Shao Xia, qui n’était pas habitué à chevaucher aussi longtemps – ni habitué à chevaucher tout court –, déplia ses jambes raidies par l’effort prolongé et fit quelques pas hésitants au sol. Si avec ça il ne récoltait pas des courbatures pendant une semaine, il était vraiment le meilleur cavalier au monde. Il faisait presque nuit. Retrouver l’assassin maintenant relèverait du miracle. Chenlan n’était pas un grand village, cependant : si un homme vêtu de noir s’était présenté ici, les habitants l’auraient forcément remarqué, sauf s’il ne l’avait pas voulu. Et cela aussi tourmentait Xia : pourquoi un assassin habitué à se fondre dans son environnement s’était-il laissé voir par deux fermiers ? Il l’avait fait sciemment, c’était une évidence, car il lui aurait suffi de bien peu pour ne plus être vu. Alors, pourquoi ? En son for intérieur, Xia se doutait de la réponse, et elle faisait battre son cœur plus vite qu’à l’ordinaire. L’assassin savait qu’il était suivi, et il laissait des traces de son passage pour attirer son poursuivant dans un piège. Ou simplement parce qu’il avait envie de l’affronter. Se mesurer à un Man Yue était une perspective intéressante. Xia aurait aimé connaître l’issue d’un tel combat, même s’il était plus ou moins persuadé de pouvoir remporter la victoire. C’était un challenge qui méritait son attention.
Il flatta l’encolure de son cheval, qu’il confia aux écuries du village. À présent, il avait bien mérité un arrêt à l’auberge de Chenlan. C’était aussi l’endroit où il était le plus susceptible d’obtenir des informations. À moins qu’un assassin bien plus malin que lui ne l’eut déjà pris pour cible. Et Shao Xia n’allait pas tarder à s’en apercevoir.
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MessageSujet: Re: Le Tigre et l'Assassin   Lun 15 Fév - 0:08

Man Yue. C'était son nom. Comme tous les autres, femme ou homme. Ils n'avaient pas de nom autre que celui ci. Les Man Yue agissaient simplement et efficacement. Rien ne leur échappait, ils étaient entraînés pour ça. Le moindre détail, la moindre rumeur, la vie de leur cible, les faux semblants, tout était minutieusement étudié pour ses tueurs professionnels. Qu'ils soient homme ou femme.

D'ailleurs, c'était une demoiselle qui faisait, aujourd'hui, le sale boulot. Elle passait parfaitement inaperçu, de part sa taille et son sexe. Jolie jeune demoiselle, il fallait avoir l'oeil pour remarquer que son corps était aussi athlétique que gracieux. Elle passait parfaitement inaperçu, avec son physique on ne peut plus subtile. Cheveux noir en queue de cheval, yeux aussi vert qu'un champ de prairie, la demoiselle était jolie. Bien jolie. Bien évidemment, son âme était aussi noire qu'elle pouvait être belle. Quand elle tuait une victime, son regard était glacial, et aucun dégoût ni aucune culpabilité ne l'obscurcissait. Mais lors de ses voyages où de ses incursions dans un pays, une cour, un village ou autre, elle retrouvait son apparence de jeune femme simple et jolie que personne ne soupçonnerait.

Il était simple, pour elle, d'échapper à n'importe quel regard. Et surtout de voir ceux qui tentait de la poursuivre. C'est donc tout naturellement qu'elle avait vu ce mercenaire à sa suite, à Sizheng. Même si elle préférait rester à l'écart des affaires publiques, comme on lui avait apprit, elle devait se douter qu'il avait été engagé par une personnalité éminente de Sizheng afin de la poursuivre. Elle sourit. Oui, elle s'en doutait qu'il serait difficile à semer... c'est pour cela qu'elle avait fait exprès de se montrer à ces fermiers, au abord de Sizheng, se dirigeant vers Chenlan. Ce serait là qu'elle le testerait, pour voir sa force. Qui avait dit que les Man Yue étaient incapable de prendre un minimum de bon temps, parfois ?

Elle resta un moment au village et failli partir, fatiguée d'attendre un assassin qui ne semblait pas si rapide que ça. Mais cette dernière nuit fut la plus fructueuse. En effet, un étranger arriva au village. Quel intérêt ? Il arrivait de multiple étranger en une semaine. Mais la Man Yue sourit. Rien ne lui échappait. Ni un nom, ni un visage, ni une silhouette. Et elle l'avait reconnu. Du haut de son perchoir. Quoi de mieux qu'un point de vue en hauteur pour mieux apercevoir ce qu'elle voulait. Et la noirceur de la nuit ne la gênait pas. Au contraire.

D'après elle, vu l'heure, l'homme allait sûrement se diriger vers l'auberge du village. Et son intuition fut juste. Elle s'était installée, silencieusement, après avoir commandé un verre d'un alcool fin. Elle le regarda entrer avec un petit sourire, dans un coin discret de la pièce. Elle verrait sûrement à ce moment là s'il était aussi doué qu'il le paraissait. Elle n'hésitait pas à le détailler. Plutôt à son goût l'assassin. Dommage qu'il était ici pour la débusquer et la tuer. Chose impensable pour elle, bien entendu. Et aussi, qui soupçonnerait une femme délicate, dans un coin d'auberge, ayant manifestement une cape de voyage sur le dos, ne prouvant qu'une chose, qu'elle était de passage ? Peut-être lui ? Au fond, elle bouillait de tomber sur un mercenaire ou autre aussi puissant qu'elle. Qui serait capable de la voir, de voir à travers ses illusions, de la démasquer et de lui provoquer une sorte d'adrénaline qui la forcerait à donner son meilleur pour survivre.

C'est ainsi que la belle demoiselle plaçait quelques espoirs en ce beau mercenaire qui venait de rentrer dans la petite bâtisse. Elle serait tant déçue s'il n'apercevrait même pas sa présence. Elle porta son verre à ses lèvres et cessa de le regarder. Lui rendre la tâche plus simple n'était pas dans ses intentions. Elle attendit donc....
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