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 Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]

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Shang-Ti Xun
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MessageSujet: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Mar 27 Avr - 14:55

Le temps passait vite ici bas et le même ballet se produisait chaque jour à sa fenêtre, celui d'un levé de Soleil.
Chaque matin Xun reproduisait le même rituel : il se réveillait avant l'astre du jour, se préparait et une fois prêt à sortir il s'asseyait sur son lit en attendant que la lumière pointe à sa fenêtre. Chaque jour ainsi, il retardait encore un peu le moment où il devrait sortir de sa chambre. C'était l'un des rares instant où il pouvait jouir d'un peu de solitude, car il savait que le reste de la journée il n'aurait plus un instant à lui. Etre suivis et épié, c'était son lot quotidien.

Avant d'être chevalier et d'entrer au château il était déjà observé par ses semblables alors maintenant qu'il était sous surveillance la méfiance à son égard s'était intensifié. Pas facile à supporter pour quelqu'un d'aussi discret que Xun, mais il comprenait cette réaction, elle était humaine après tout. Il faudra du temps, beaucoup de temps encore avant qu'on ne le traite comme un véritable membre de cette communauté, mais il ne perdait pas espoir, car il savait que ses intentions étaient pures.
Sa chambre baignait à présent dans la lumière, il était temps. Le jeune homme se leva, inspira un grand coup et sortis d'un pas décidé. Les couloirs étaient déserts, mais dans quelques minutes l'agitation qui régnait ici chaque jour aller démarrer.

Aux portes du château tout était calme, seuls quelques commerçants commençaient à ouvrir leurs établis. Xun partis en direction du port, il aimait cet endroit, car quel que soit le moment de la journée il y avait toujours cette ambiance sereine, surement du mouvement régulier, prévisible de la mer. Il fit un rapide tour comme il en avait pris l'habitude depuis quelques temps. Un peu en retrait il pouvait déjà sentir une présence familière, deux gardes se tenaient à moins de 5 mètres de lui. Xun soupira, autant rentrer au château maintenant. Il ne tenait pas vraiment à ce que tout le village le dévisage, encore une fois. Il leva son visage vers le soleil histoire de profiter un peu de sa chaleur, c’était vraiment une belle journée, dommage qu’il soit si désœuvré. Il jeta un coup d’œil aux gardes, toujours les même, amusé de le voir postés là à attendre qu’il bouge il ne put retenir un petit sourire. Les pauvres avaient là une tâche bien ingrate et bien inutile. Il leur fit un petit signe de la main, presque ironique, les gardes lui rendirent.

Xun regarda la mer. S’il n’en tenait qu’à lui il prendrait ses jambes à son coup et partirait à l’aventure. Cela faisait trop longtemps qu’il vivait dans la routine, mais voilà ce n’était pas à lui d’en décider. Une ère de paix s’était installé et c’était mieux comme ça pour le village, mais lui ne pouvait réprimer cette envie de sortir son épée, l’adrénaline d’un combat ou d’une mission lui manquait. Il y avait bien les entraînements mais ce n’était pas suffisant. Il pourrait essayer de semer ses gardes mais ça ne lui attirerait que des ennuis, en plus il s’était pris d’affection pour ces deux pauvres hommes.
Bref rien à faire il était condamné à attendre sagement qu’il se passe quelque chose et qu’on lui donne des ordres…si tant est qu’on lui en donne.

Il revint sur ses pas comme pour rentrer, les gardes maintenaient leur distance. Il avançait à pas lent prenant son temps, on était encore au petit matin la journée allait être longue. Il s’arrêta prêt de la Garnison où tous les autres soldats logent. Il hésita un instant puis finalement y entra. Il n’était pas particulièrement apprécié là bas mais c’est encore ici qu’il se sent le plus chez lui. De jeunes recrues s’entrainaient au combat sous les braillements d’un supérieur quelconque. Beaucoup de nouveaux visages, apparemment personne n’était dupe quant à la durée de la paix entre Sizheng et Funan et on formait déjà de nouveaux rangs en vue des prochaines batailles. Il progressa encore un peu dans la Garnison, il hésitait à participer à un entrainement. Ce serait un peu stupide partir sans en faire au moins un, sinon à quoi bon venir. C’est sans doute ce que beaucoup aurait pu penser de cette drôle de visite mais pour ce qui était de ce qu’on pensait de lui Xun n’en était plus à ça près,

Citation :
-Tiens…mais regardez qui est là…

Une voix dans son dos, tiens, il ne passait donc vraiment pas inaperçu.


Dernière édition par Shang-Ti Xun le Mer 19 Mai - 11:51, édité 1 fois
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Lì Shui-Khan
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MessageSujet: Re: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Jeu 6 Mai - 0:28

L'aube.
Eh oui, une nouvelle fois et comme toujours, il était devant ce tableau magnifique que lui offrait la nature. Peut-être ne s'en lasserait-il jamais, et continuerait sans prendre le temps de scruter ce qui l'entourait. Il fallait dire également que la nature était bien plus intéressante que certains humains, lesquels le sidéraient sans qu'il ne comprenne pourquoi. Etait-ce leur façon de penser? Leur façon d'agir? Il aurait bien voulu donner des réponses à ces questions, mais il y avait là bien plus important. Disons que les humains avaient une façon bien étrange de penser, si ce n'était que lui était complètement différent des autres, et cette façon de penser, il ne voulait pas la connaître plus qu'elle se dressait à ses yeux quotidiennement.
Une nouvelle fois comme toujours, il échauffa lentement ses bras, puis ses genoux. L'air frais faisait du bien le matin, et c'était aussi la période où il pensait toujours à Bai Jinzi. Quelques petits moments en souvenir de ces quelques instants, mais pas trop. Les souvenirs ne faisaient que raviver d'horribles brûlures et rouvraient les plaies qui avaient déjà été trop longtemps pansées.
Une nouvelle fois encore, il passa la main dans ses longs cheveux aux reflets gris mauve, pour les mettre en arrière et les laisser profiter de la légère brise qui s'était levée. Combien de temps cela faisait depuis qu'il était ici à simplement commander une armée endormie? Ce n'était pas qu'il avait réellement envie d'avoir à affronter Funan, puisqu'il était contre toute cette guerre, mais ne rien faire et rester en caserne sans jamais avoir à lever le petit pouce commençait à rouiller les troupes. Il était à présent sûr que cette journée serait dure pour ses soldats qui en pâtiront de sa mauvaise humeur. Il n'était pas souvent de cette humeur-là, mais ne rien faire le démangeait plus que tout et il ne voulait pas envoyer des soldats incapables lorsque la situation l'exigera. Et puis, ces temps-ci de drôles d'évènements se produisaient, augmentant par la même occasion des inquiétudes déjà trop fondées. Malheureusement, il n'était pas la tête de l'état et il ne prendrait pas de décision... enfin, bien heureusement plus qu'autre chose. Il n'était pas du genre à diriger, et encore moins un pays... l'armée était peut-être une exception qu'il ne comprendrait jamais.
Regardant une dernière fois l'horizon et toute cette étendue de bleu scintillant, il décida enfin de se retourner pour se diriger vers les rues léthargiques de la ville. Il était à peine huit heures, tout le monde se réveillait doucement, les boutiques également, et il semblât qu'il connaisse ce réveil comme s'il avait toujours vécu dans ce milieu. En même temps, depuis quelques années cela faisait déjà presque un hymne, un rituel matinal qui n'était pas plus mal. Avoir des relations avec autrui, très peu pour lui. Mais voir de temps à autre les gens, leur dire simplement bonjour au levé du soleil était quelque chose qui apaisait, et même lui, associable comme il était, avouait en son fort intérieur qu'il en avait besoin. Ce n'était pas plus mal...
Il laissa ses jambes l'entraîner, ses pieds foulant tranquillement le sol tantôt poussiéreux, tantôt terreux, profitant de saluer les quelques passants matinaux, les marchands arrivés si tôt et les commerçants qui ouvraient pour laisser apparaître les douceurs de leurs marchandises. Tout était si calme, si délicat lorsque le soleil pointait de cette façon... mais, contrairement à ce qu'il se disait d'habitude, quelque chose ne semblait pas être... comment dire, Normal? Shui-Khan avait très peu d'intuitions instantanées lorsqu'il était seul, mais lorsqu'elles venaient soudainement comme à l'instant, c'était que la journée présageait quelque chose d'assez rare. Enfin, il verrait bien. Il avait décidé que dans tous les cas, aujourd'hui serait un recensement des armes, des chevaux... du matériel en général et sans oublier le corps armé. Il ne voulait pas qu'un soldat manque à l'appel en n'importe quelle circonstance, et bien entendu, comme tout bon perfectionniste qu'il soit, qu'une tenue soit mal mise ou soit en mauvais état.
A peine arrivait-il vers le centre-ville que déjà un soldat l'interpela après l'avoir salué. Il fallait déjà que cela commence si tôt, mais ce n'était pas plus mal. Soit il aimait regarder éternellement les paysages de Sizheng, soit ses activités se complétaient par l'armée, laquelle avait le monopole de ses actions.
-Mon Général, nous avons rassemblé les papiers que vous nous avez demandé hier! Je pense que tout est en ordre dans les archives.
-Bien, je me chargerai de vérifier dans la soirée. Disposez.
Le soldat parti alors qu'il plongeait un peu plus dans les profondeurs des ruelles, se délectant de ces quelques moments avant le travail. Une jeune femme le salua, celle qui lui offrait souvent le thé en après-midi, alors qu'un vieillard venait lui demander s'il avait trouvé la dague qu'il avait perdu. Quelques discussions, pas si longues, et voilà que la journée commençait réellement. En passant par une ruelle pour atteindre le chemin de la garnison, Shui-Khan rencontra le jeune homme qu'il avait aidé à porter les lourdes charges de riz il y a deux jours de cela, accompagné de sa petite fille. Il avait cette mauvaise manie de se méfier du sexe opposé, mais lorsqu'il était en présence de petites, cela ne lui dérangeait pas plus que ça. Celle-ci se jeta à son cou et ne se détacha plus de lui:
-Shui Shui!!! cria-t-elle de joie.
-Hua! Arrête tout de suite, tu es en présence d'un général!
La voix masculine n'était autre que ce jeune père, qui était affolé par la conduite de sa fille sans gênes.
-Excusez-moi, Général... Hua ne connait pas encore les bonnes manières à mon plus grand désespoir, s'inclina-t-il alors, le visage rouge de honte.
-Ca ira, Lu-Pan. Les formalités ne te sont pas forcées. Et puis, elle n'a rien fait de mal.
Le général, connu de tous comme étant le Général Ying, n'avait jamais une réelle expression marquant un sourire, une quelconque aise ou un plaisir. Tout le temps absorbé par l'impassibilité, il faisait parfois peur en restant de la sorte, mais peu à peu, on commençait à s'y habituer. Shui-Khan déposa la petite fille qui commença à suivre quelques poussins égarés par leur maître, tandis que son père racla sa gorge pour que le général lui prête un peu d'attention et tourne la tête en sa direction:
-Je... je m'excuse vraiment... et en même temps je ne vous remercierai jamais assez pour l'aide que vous m'avez apporté il y a deux jours.
-Ce n'est rien. Dit-il simplement. Si vous avez besoin d'autre chose, n'hésitez pas.
Le jeune homme fit un grand sourire et le salua plusieurs fois. Mais au moment où il allait appeler sa fille, un bruit de char accompagné d'un hennissement retentit, suivis d'un cri de garde. Shui-Khan se tourna vivement: un char fonçait tout droit sur la route, alors que la petite Hua était en plein milieu. Il n'aurait pas eu le temps d'arrêter le cheval, mais convaincu qu'il ne laisserait pas un cadavre dans les bras d'un père, il se lança en plein milieu de la route pour couvrir la petite fille et la protéger ainsi du passage de la voiture. Le conducteur eut à peine le temps de tirer les rennes et le cheval se cabra au-dessus du général, qui tout en protégeant la jeune fille, prit l'initiative de relever le bras et le visage pour atteindre un bout des rennes du cheval situé au niveau de l'anneau du mors, ce qu'il attrapa vivement pour faire redescendre l'animal. Une fois que ce fut fait, il se releva avec la petite blottie contre lui, la tenant de son bras gauche, alors que son bras droit calmait l'équidé affolé. Ce n'était pas tous les jours qu'il sauvait quelqu'un de la sorte, mais peut-être tous les jours que ce genre de problèmes survenaient...
-Oh, Hua! Ma petite Hua!! s'exclama le père qui accourut en ouvrant ses bras, Oh merci de tout coeur Général!! je vous dois la vie!
Le général rendit la petite au jeune homme:
-Non, je ne pense pas... on ne fait pas d'échanges avec les vies des gens. Soyez simplement heureux qu'elle soit encore là.
Shui-Khan se tourna vers le conducteur qui était descendu, et qui n'était autre qu'un soldat conduisant le matériel militaire à la garnison. A ses côtés, il y avait un autre soldat qui était descendu à la hâte après avoir constaté que le protecteur n'avait été autre que le général Ying. Ils le saluèrent comme il le fallait, avant de présenter leurs excuses que Shui-Khan balaya de la main. Il n'aimait pas ce genre de situation, et pour lui, il était normal que cela arrive au moins une fois de toute son existence. Les accidents sont des choses qui sont courantes et bien entendu, humaines. Ce qui l'intriguait était néanmoins ce char qui partait en direction de la garnison... il n'avait jamais demandé à ce que autant de matériel soit déchargé là-bas...
-Que transportez-vous précisément? Demanda-t-il, trop intrigué.
-D-D-Des armes Mon Général! Commença le premier.
-Oui, nous sommes un peu dans le besoin à la garnison, donc nous avions pris l'initiative d'en emprunter quelques unes à l'armurerie pour les utiliser. Continua le second, mais nous avions l'intention de les rendre assez tôt!

Shui-Khan plissa les yeux. Il n'aimait pas ça, et savait qu'il y avait quelque chose d'assez étrange avec ces deux soldats. De plus, ils étaient très jeunes quant à leur recrutement, qui avait été fait il y a à peine quelques semaines. Eh oui, Shui-Khan retenait les têtes de chaque personne qu'il croisait, et cela faisait l'un de ses côtés si effrayant (pour beaucoup). Seulement, il avait de là une petite idée qui lui passa par la tête. Pourquoi pas en profiter? Au moins, cela animerait sa journée si léthargique.
-Bien, allez à la garnison je vous y rejoins.
Les soldats parurent soulagés, et, comme un léger pressentiment qui paraissait plus être une bonne certitude, Shui-Khan s'assura qu'ils passeraient la capitale sans même avoir tourné vers la garnison. Ils saluèrent le général et s'en allèrent à une vitesse vertigineuse. Peut-être se faisait-il des illusions?
Il ne tarda pas alors à partir en direction dudit lieu après avoir salué Lu-Pan et Hua, marchant à pas calmes et à la fois rapides. En chemin, il avait croisé un soldat qui s'empressa de retourner à la garnison pour prévenir les autres de son arrivée.
Craint pour sa perfection et ses exigences, il avait tendance à rendre l'ordre et à cadrer tous ceux qui osaient sortir des rangs, même un petit peu. Aujourd'hui, il serait intransigeant quant à ceux qui seraient mollasson et n'hésiterait pas à infliger des sanctions sévères à ceux qui ne seraient pas préparés correctement comme il le demandait constamment. Ses pas le menèrent enfin dudit lieu qui paraissait être animé. Au moins, il y en avait qui s'entraînaient, mais cela était parfois une facette de ce qu'ils faisaient réellement. D'un pas sûr il traversa l'entrée où les gardes étaient correctement postés et le saluèrent de la plus belle des manières. Il n'y avait aucun doute, ils avaient été prévenus... il aurait tellement préféré les surprendre dans un flagrant délit...
Une fois à l'intérieur, mis à part les tintements des lames et les bruits sourds des panneaux de bois qui recevaient les flèches lourdement, une voix assez bruyante se fit entendre dans le couloir où il s'engageait. Plus il avançait, plus il atteignait la grande cour, celle qui accueillait en son sein une quantité impressionnante de soldats. Personne ne l'aperçut au début, et cela était tout à fait normal. Il n'était pas surnommé "Ying" (Ombre) pour rien, et se dissimula dans l'ombre que lui faisait le mur. Un soldat, celui qui l'avait croisé pour prévenir son arrivée dans la garnison, était avec deux autres de la même trempe que lui, devant un jeune homme qu'il semblait connaître, même de loin:
-Tiens…mais regardez qui est là…
-C'est pas notre ami "l'inconnu de Funan"?
-Mais non, qu'est-ce que tu racontes? C'est "l'amnésique"!
Ils éclatèrent de rire et Shui-Khan fronça les sourcils. Alors comme ça, on profite pour se moquer mais on ne travaille pas?... Il sentit une grande envie de leur donner du travail forcé, mais il s'abstint de bouger avant de constater leurs agissements jusqu'au bout. Il fallait qu'il les entende entièrement et leur fasse comprendre une assez bonne punition.
-Qu'est-ce que t'es venu faire ici? T'es sûr que tu vas tenir le co... aïe!
La main de Shui-Khan n'avait pas hésité à se poser sur la tête du soldat avec force, de façon à ce qu'il arrête ses sottises. Le général de l'ombre n'avait pas pu supporter plus longtemps d'entendre autant d'idioties, d'autant plus que ces soldats ne savaient pas à qui ils s'adressaient. Autour, le silence tomba lourdement dans la garnison. Lorsque les fantassins et les archers comprirent l'arrivée du général, ils se postèrent tous au garde à vous sans bouger d'un seul pouce. Les trois soldats qui étaient face au jeune homme firent de même, même s'ils savaient que cela avait très peu de cohérence avec ce qu'ils venaient de dire:
-Insulter un chevalier de Sizheng c'est aussi insulter un général tout autant que Sizheng, soldats.
Dit-il de sa voix monotone et presque avec un fond d'écho.
-N-Nous sommes... nous nous excusons Mon Général...
-Que cela ne se reproduise pas. Peu importe d'où nous venons et ce qu'a été notre passé, l'importance est ce qui nous uni aujourd'hui.
-O-Oui Mon Général!
-Disposez.
Tout le monde rompit, alors qu'il salua le chevalier avant que les officiers supérieurs en charge de l'entraînement ne viennent à son encontre:
-Bonjour Mon Général!
-Bonjour.
-Nous avons accueilli de nouvelles recrues aujourd'hui, et d'anciens combattants sont revenus.
-Bien, je me chargerai de préparer l'ordre de l'entraînement et de l'apprentissage. Mais pour l'heure, j'ai quelque chose de plus important à traiter avec vous, et j'aurai besoin que nous soyons seuls.
-Reçu Mon Général.
Les quatre officiers supérieurs se dirigèrent vers la salle disposée pour les discussions privées alors que Shui-Khan s'adressait au chevalier qu'il avait très bien reconnu:
-J'aurai également besoin de toi, si cela ne te dérange pas.
Il lui fit signe de tête pour lui demander de le suivre, et se dirigea calmement en direction de la salle privée, parcourant plusieurs couloirs et recevant les salutations de tous ceux qui le croisaient. Pour la punition des trois soldats irrespectueux, il s'en chargerait après. Pour l'heure, les deux soldats au char le préoccupaient, et le chevalier à sa suite était un élément très prometteur qui pouvait l'épauler...
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Shang-Ti Xun
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MessageSujet: Re: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Mar 15 Juin - 10:22

D'un calme résigné, Xun laissait les « inconnus » et les « amnésiques » fuser à ses oreilles. Que pouvait-il répondre de toute façon ? Ils allaient entrer dans une joute verbale qui se finirait sans doute aux poings. Il aurait pu aussi tourner les talons, mais il avait sa fierté et de toute façon il savait que s'il décidait de prendre la fuite les soldats ne le laisseraient pas s'en tirer à si bon compte. Il les laissait alors se défouler. Cette provocation puérile avait pour unique but de faire craquer Xun pour le pousser à la faute et avoir ainsi une bonne excuse pour lui rentrer dedans. Mais l'absence totale de réaction du jeune homme ne permettait aucune issue à la situation et agaçait ses homologues.
Il pouvait comprendre la peur et la méfiance à son égard, mais pas la haine qu'il pouvait sentir à ce moment-là. Les moqueries affichées et les humiliations sont la preuve claire et nette d'un rejet, leurs rires et leurs mots étaient bien plus blessants que tous les regards en coin et les messes basses sur son passage. Eux ne cachaient pas et lui faisaient bien comprendre qu'il ne serait jamais considéré comme un membre de peuple de Sizheng. Xun avait bien conscience qu'il devait faire preuve de sa loyauté encore plus que les autres, mais savoir que quoiqu'il fasse pour prouver sa bonne foi les soldats, ses coéquipiers directs, le rejetteraient était décourageant. Le regard dans le vide il n'entendait même plus ce qu'on lui disait, il cherchait un moyen de se sortir de cette situation sans faire d'esclandres.

La peur et l’ignorance rendaient les gens stupides, pensait Xun. Il n’arrivait pas à déterminer ce qui était le pire : eux qui affichaient leur mépris ou les autres qui faisaient semblant de ne rien voir. Au moment où Xun allait se décider à ouvrir la bouche, l’un des soldats se stoppa net dans sa phrase et eut un mouvement de sursaut,

Citation :
-Insulter un chevalier de Sizheng c'est aussi insulter un général tout autant que Sizheng, soldats.

Xun surpris sursauta également, fixant l’inconnu avec des yeux ronds comme des billes. Il ne l’avait ni vu, ni entendu, ni même senti arriver et pourtant il était là. Un général. Comme pour souligner la puérilité de l’attitude des chevaliers il avait littéralement taloché l’un d’eux comme on l’aurait fait pour calmer un gamin. Xun était stupéfait, sans voix il ne sut réagir face à cette intervention. Il se contenta de détailler le général d’un air légèrement ahuri… Il fut plutôt lent à la détente, mais quand il comprit enfin qui était intervenu il se mit immédiatement au garde à vous. L’ombre de Shizeng, un général connu pour sa discrétion sans égale et sa force. Xun n’aurait jamais pensé qu’un jour dans sa vie ce serait ce général là qui interviendrait en sa faveur. Son visage lisse de toutes expressions donnait l’impression que tout lui était égal. Mais visiblement Xun s’était trompé sur son compte, le général Lì Shui-Khan était juste.

Citation :
-Disposez.

Les chevaliers ne demandèrent pas leur reste et retournèrent vite à leurs occupations. Xun rompit soulagé, l’esclandre avait été évité. Son regard se porta plus loin sur les gardes chargés de le surveiller, tous deux avaient la main sur le pommeau de leur épée. Xun leur sourit, il n’y avait plus lieu de s’inquiéter.

Citation :
-Nous avons accueilli de nouvelles recrues aujourd'hui, et d'anciens combattants sont revenus.

Citation :
-Bien, je me chargerai de préparer l'ordre de l'entraînement et de l'apprentissage. Mais pour l'heure, j'ai quelque chose de plus important à traiter avec vous, et j'aurai besoin que nous soyons seuls.

Des officiers supérieurs étaient venus à la rencontre du général agissant comme si Xun n'était pas là. Il avait vu juste, personne ne croyait en la durée de cette paix et on se reformait déjà les rangs en vues de nouvelles batailles. Même si personne n’aimait la guerre Xun quelque part tout au fond de lui espérait que les combats reprendraient afin de pouvoir faire ses preuves. Il savait que cette envie était purement et simplement égoïste mais il ne pouvait le nier, il avait besoin de reconnaissance. Brusquement il sortit de ses pensées réalisant alors qu’il aurait peut-être dût se retirer comme les autres, car par correction il n’avait pas à écouter une conversation entre officiers de hauts rangs. Les officiers partirent en direction d’une salle à l’écart pour parler. Son regard croisa celui du général, il s’attendait à recevoir un reproche, mais au lieu de ça Lì Shui-Khan aller lui donner des directives et lui demanda de le suivre. Alors qu’il se dirigeait d’un pas calme et décidé vers la salle de discussion, Xun resta muet sur place. Il se reprit rapidement et fit diminuer la distance qui le séparait de son général,

- Non mon général !

Il ne savait pas ce qu’il avait derrière la tête mais il le sentait préoccupé. La tâche que l'on allait lui confier lui importait peut, Xun était simplement ravi de savoir qu’il pouvait être utile.
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Lì Shui-Khan
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MessageSujet: Re: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Ven 2 Juil - 22:54

Ses pas l'avaient conduit jusqu'à la fameuse salle, laquelle était emplie d'un écho de bavardages typique des moments de suspens qu'il faisait peser sur les officiers présents. Il y en avait une dizaine, pas plus, mais tous aussi sévère et le visage ridé par le temps, marqué par la dureté de leurs services et de leurs ordres. Lorsqu'il posa le pied à l'intérieur, ils firent tous un mouvement conduisant à se relever, mais le général "Ying" leur fit signe de la main de rester assis. Il n'avait que faire des mondanités, elles ne prouvaient en rien que chacun d'entre eux était à ses côtés et ce, pour la vie!
Sachant très bien le chevalier à sa suite, il s'installa en tailleur au bout de la longue table basse mise en place, lui demandant d'un regard de le suivre et de s'asseoir à ses côtés. Si jamais le chevalier venait à rester de l'autre côté, loin de lui, les autres officiers risqueraient de le mettre à l'écart et ainsi prendre part à la discussion sans lui, quelque chose qu'il ne souhaitait aucunement. C'est ainsi qu'une fois installés, les premiers officiers levèrent les éventails de telle sorte à se faire choisir par le général pour parler en premier. Cependant, contre l'attente de tous, le général "Ying" ne décida pas de donner la parole à un quelconque officier, bien au contraire, il la prit lui même en déposant sa main à plat sur la table basse où se dressait une énorme carte des royaumes de Sizheng, Funan et les autres terres. Tous se turent, inquiets et très surpris d'une telle réaction, qui était à la fois si rare et surprenante de la part du général. Tout aussi calmement, il laissa ses iris parcourir la carte qui tapissait la table avant de relever un regard sombre, ses yeux mauves luisant aux faibles lumières des flammes qui les entouraient tous. Ce qu'il pensait? Eh bien... à peu près tout! Il n'avait plus à cacher ses véritables intentions, mais pour l'heure une autre affaire était en train de faire épine à l'armée, et il fallait à tout prix l'arrêter avant que les soldats et le reste ne soit atteints.

-Officiers
,
commença-t-il de sa voix sûre et puissante, je sais très bien que vous avez tous des questions à poser et des urgences à élucider.

Le dos droit, le regard fixant chaque pupille, il prit un moment de silence pour vérifier qu'ils étaient tous en haleine face à ce qu'il allait dire avant d'annoncer tout aussi tranquillement:

-Mais nous avons quelque chose de bien plus important pour l'heure: des espions se sont infiltrés dans la Garnison.


Il y eut une inspiration générale, des brouhahas et des murmures de révolte, mais Shui-Khan les cessa rapidement d'un simple geste de main:

-Vous êtes des officiers, en aucun cas vous ne devez transmettre une quelconque panique. Si vous avez été élevé à ce rang, c'est parce que vous avez l'expérience et la sagesse! Et c'est pour cela également que je m'en remets à vous pour aide.


-Que comptez-vous faire, Général Ying?


Shui-Khan riva ses yeux mauves et luisants sur le dernier officier qui avait posé la question, et ce dernier se garda de pousser au plus loin ses préoccupations face à un tel regard menaçant. Le général n'aimait pas lorsqu'on lui coupait ainsi la parole, surtout pour poser des questions aussi idiotes, dont les réponses ne sauraient tarder. Voyant l'expression terrifiante qu'il exprimait au plus profond de ses pupilles, les officiers se turent pour de bon sans demander leur reste. Il y avait des fois où le général n'avait pas le monopole de la conversation, mais lorsque c'était lui qui l'engageait, il valait mieux parler au bon moment et pour dire des choses censées:

-Je reprends donc
, dit-il en faisant mine de n'avoir pas entendu, des espions se sont infiltrés dans la garnison, mais pas seulement. Voici mes instructions, et je veux que vous les suiviez à la lettre.

Un jeune serviteur, simplement vêtu et le chignon enrobé dans un tissu blanc, s'approcha du côté opposé au chevalier, de façon à ne pas trébucher sur lui et déploya un long rouleau où il était question du plan de la ville avec les bases militaires, les casernes et les réserves. Il tendit ensuite une cravache qu'il tendit au général, lequel la prit rapidement pour montrer clairement ce qu'il y avait à faire. Il savait que le chevalier à ses côtés entendrait tout, mais aussi qu'il serait capable d'analyser par lui-même la situation, et peut-être après l'aider à retrouver ceux qu'il avait croisé précédemment. Mais pour l'heure, il n'avait pas à donner les informations complètes de ce qu'il savait, en tout cas, il ne le dirait pas aux officiers... Subitement, il frappa l'extrémité de la cravache sur le papier jaune du rouleau étalé, montrant clairement le point de rassemblement numéro un: le fort des fantassins.

-Officiers des deux premières compagnies, vous vous chargerez de surveiller les allées et venues de tous les soldats du fort de fantassins! Je ne veux aucune fuite, tout le monde doit être entièrement analysé.


Sa cravache frappa violemment le dessin du fort suivant, face au fort précédent mais séparés par des routes et des maisons dans une symétrie parfaite:

-Officiers de la troisième et sixième compagnie, vous prendrez en main le fort des archers! Le premier que je vois dépasser cette limite n'aura aucune pitié de ma part.


Dans une dernière claque bien ressentie, la cravache termina son premier voyage sur le dernier des forts, celui où Shui-Khan avait passé énormément de temps:

-Officiers de la quatrième et cinquième compagnie, vous êtes en charge du fort des chars et cavalerie. Mêmes les chars et les chevaux qui entrent et en sortent devront être minutieusement surveillés. Voilà pour mes instructions, avez-vous, à présent, des questions quelconques?


Deux ou trois officiers levèrent la main, mais il ne les autorisa nullement à prendre la parole. Ceux qui l'intéressaient étaient les deux derniers officiers en charge de la neuvième et dixième compagnie. Ils étaient silencieux, faisant mine d'avoir compris et de n'avoir aucune question, mais il savait que dans leurs regards il voyait déjà la crainte et l'énervement se dessiner. Comme prévu... sûr de ce qu'il faisait, il jeta un simple coup d'oeil au chevalier de façon à croiser son regard, comme un avertissement, comme un signe pour qu'il fasse attention à ce que lui aussi regardait. Ses iris, d'un mauve translucide, virèrent une nouvelle fois sur les officiers désignés. Le chevalier s'en rendrait compte, il était très intelligent, et d'ailleurs il n'avait pas à douter de lui. Une fois ceci analysé de près, il désigna enfin deux ou trois officiers pour qu'ils puissent poser leurs questions:

-Nous serons simplement en charge de la surveillance des forts?
-Qu'en est-il de vous-même et de ce chevalier?
-Qu'en est-il des officiers de la septième et huitième compagnie?


Shui-Khan ne montra aucun signe d'énervement, ni même de fatigue. Ses yeux étaient rivés sur les derniers officiers, et tout le monde croyait pertinemment qu'il n'écoutait rien, mais sans détacher son regard de ce qu'il présumait comme coupable d'avance, il répondit brusquement, avec le plus grand étonnement de sa petite assemblée.

-Vous avez ordre de surveiller tout simplement mais avec la plus grande attention!! Si jamais je vois un seul soldat espion infiltré dans nos bases je jure de vous faire comprendre votre erreur jusqu'à la fin de votre existence! Pour ce qui est des officiers de la septième et huitième compagnie, ainsi que LE chevalier Shang-Ti Xun n'ont pas affaire avec ce problème! Aussi, veuillez vous occuper de celle qui vous a été confiée. Si vous n'avez plus de questions, disposez!


Le ton avait été froid et très brusque, mais personne ne broncha et obéis rapidement. Seuls les officiers de la septième et huitième compagnie restèrent assis alors que la salle se vidait des autres officiers. Il avait fait signe au chevalier Xun de rester, alors que les deux officiers se rapprochèrent de lui. Une fois que les serviteurs furent sortis et les gardes postés à l'entrée, Shui-Khan reprit la parole:

-Si je vous ai gardé tous trois c'est bien que je vous confie une mission des plus importantes tout comme ma plus grande confiance.


Il prit la carte, la manipula quelque instant pour la mettre dans le sens correct de son plan, avant de continuer:

-Ces espions ne sont pas seuls, j'en ai vu deux sur mon chemin mais je suppose que quelques uns de nos officiers sont impliqués là-dedans. Cette affaire restera donc secrète jusqu'à ce que l'on trouve la tête de toutes ces toiles.


Contrairement à tout à l'heure, il n'utilisa pas la cravache mais ses simples doigts longs et fins. Ce qui fit moins de bruit, mais aussi qui exprimait clairement que Shui-Khan n'avait pas d'autorité à montrer à leur égard, car il avait confiance en eux et savait pertinemment qu'ils étaient loyaux.

-Si vous êtes d'accord, nous fonctionnerons en binômes. Voici comment se répartissent à peu près leur réseau à ce que j'ai compris...


Il montra du doigt la trajectoire entre les trois forts, le point central était une simple taverne comme les autres, puis le point de la garnison qui avait été écartée de la surveillance.

-Je n'ai donné aucun ordre aux deux officiers présumés, comme vous l'avez remarqué. La seule chose qu'ils voudront faire est de rester ici pour prouver leur innocence, ainsi le travail sera donné à leurs subordonnés. Alors le mieux est que Hue Kuai et Jiao partent pour la maison de plaisir où sont partis ceux que j'ai croisé plus tôt. Je crois qu'ils manigancent bon nombre de choses, surtout ne vous faites pas avoir. Xun...


Le général avait tourné le visage en sa direction et parut avoir un regard franc et confiant:

-Tu viens avec moi. Nous allons profiter de l'agitation pour les prendre par surprise. La taverne est le point central entre les trois forts et en même temps leur base. Si nous arrivons à les avoir avant qu'ils ne partent de la ville, nous pourrons les faire prisonniers.


Il se leva alors et se dirigea vers le fond de la salle où il prit son épée dans le fourreau qui était accrochée au mur. Assez énorme et d'un poids considérable, il dut l'attacher à son dos et serrer les sangles avant de se retourner vers ses compagnons les plus sûrs:

-
L'exécution est autorisée si résistance trop importante. Si vous n'avez pas de questions, ni de doutes, nous pouvons commencer à y aller. Hue Kuai, Jiao, partez devant.

Les deux officiers hochèrent la tête et saluèrent les deux hommes avant de partir. Shui-Khan attendit un bon moment, un moment suffisant pour ne pas relever les soupçons des autres officiers et partir tranquille. Il savait que ces deux-là qui restaient profiteraient de s'enfuir, mais comme il avait tout calculé, il savait ce qui engendrerait cette fuite et où ils se retrouveraient. Avec l'aide du chevalier, il n'avait vraiment rien à craindre quant à l'aboutissement de cette mission qui n'était connue que de peu de personnes. D'une voix neutre, il tourna le visage vers le chevalier Xun, et, s'il n'y avait pas eu cette habitude si étrange de voir son expression de marbre, on aurait cru que ses traits s'étaient adoucis pour laisser transparaître une espèce de sourire rassurant:

-Je compte sur toi.


Ce furent les derniers mots du général avant le départ de la mission, qui s'annonça lorsqu'il ouvrit les pans de l'entrée et en sortit, le chevalier à sa suite...
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Shang-Ti Xun
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MessageSujet: Re: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Lun 19 Juil - 17:46

Les deux gardes restant à l’entrée, Xun suivit le général. Il n’avait jamais mis les pieds dans cette salle, pourtant c’est à peine s’il prit le temps de la détailler. Tout ce qu’il l’intéressait à l’heure actuelle était de savoir ce qu’il se tramait ici et pourquoi le général faisait appel à lui. A la fois surpris et curieux, il était à l’affut de la moindre information. Le général quelques pas devant lui pris place en bout de table et fit signe à Xun de se joindre à lui. Le jeune chevalier hésita une fraction de seconde, se demandant alors s’il était bien à sa place ici, mais c’était une demande du général il n’avait pas à la contester.
Assis à ses côtés Xun jeta un œil à la tablée. Tous des officiers, il connaissait le visage de certains mais d’autres lui étaient totalement inconnus. Droit comme un « i » et sage comme une image il laissa se faire les choses sans jamais intervenir, restant simple observateur, il examinait et analysait les moindre gestes ou regards du général de peur de manquer quelque chose. L’atmosphère était tendue au commencement de cette réunion et l’annonce du général Ying n’allait pas arranger les choses.

Des espions avaient réussi à s’introduire dans les rangs. Xun eut du mal à y croire, comment avaient-ils pu passer sans se faire repérer ? Ca lui paraissait impossible à moins que quelqu’un les ait introduit et si c’était bien le cas les choses se compliqueraient et deviendraient bien plus graves.

Citation :
-Que comptez-vous faire, Général Ying ?
Xun s’interrompit dans sa réflexion pour tourner son regard vers l’auteur de cette phrase on ne peut plus stupide. Voilà une question bien inutile, comme si le général allait simplement lancer cette information sans plan d’attaque. Le chevalier regarda ensuite Lì Shui-Khan et compris qu’à l’avenir il faudra éviter de parler pour ne rien dire ou sans réfléchir devant le général, Xun n’avait jamais vu un tel regard. Il n’avait rien eu besoin de dire, tout le monde s’était tu dans la seconde, quand le général repris la parole il continua comme si de rien n’était, il n’avait pas besoin d’en rajouter. Xun était impressionné par cette autorité naturelle, il avait entendu parler de ce général mainte et mainte fois, mais il ne l’avait que rarement croisé. Maintenant qu’il se tenait face à lui il voulait bien croire que tout ce qu’il avait entendu était vrai. Le jeune chevalier avait hâte de travailler sous ses ordres.

On apporta une carte de la ville, comme quoi le général savait exactement où il allait. C’est muni d’une cravache qu’il indiqua fermement sur la carte le point où chaque compagnie serait postée. Les instructions étaient claires nettes et précises tout le monde savait ce qu’il y avait à faire, mais étonnamment le général offrit aux officiers de répondre à leurs éventuelles questions. Certains levèrent la main, mais Lì Shui-Khan ne leur donna pas la parole il avait le regard rivé sur les officiers de la neuvième et dixième compagnie. Ils n’avaient pourtant pas levé la main…Xun observa un instant et crut lire de la gêne sur le visage de ses deux officiers face au regard perçant du général. L’espace d’un instant Lì Shui-Khan regarda Xun, c’était la première fois qu’il le faisait pendant la réunion, Xun ne pensait pas trop s’avancer en déduisant de ce fait qu’il faudra sûrement avoir à l’œil ces deux là. Il mémorisa leurs visages et regarda ailleurs.

Le général répondit aux trois questions et mis un terme à cette réunion rapidement. Il fit signe à Xun de rester, alors que la salle se vidait deux officiers restèrent également. Les officiers de la neuvième et dixième compagnie partirent en évitant tout contact visuel avec le général. Xun ne savait si c’était l’instinct du général ou de bons renseignements, mais dans tout les cas il avait de grandes chances qu’il ait visé juste avec ces deux là. S’ils ont vraiment à voir avec cette infiltration leur mettre la pression ainsi les poussera tôt ou tard à faire une erreur…

Le général finit par reprendre la parole, la mission qui allait leur confier était différente tout comme la façon de la présenter. Le général paraissait plus calme et n’utilisait pas l’autorité pour se faire entendre, preuve de la confiance qu’il leur faisait, Xun appréciait ce genre de comportement d’autant plus que c’était assez rare pour lui. Les deux officiers iraient donc à la maison des plaisirs, Xun compris donc qu’il ferait équipe avec le général. Il n’était pas sûr d’être digne d’autant de confiance, mais ferait de son mieux pour répondre à ses attentes.

Citation :
-Tu viens avec moi. Nous allons profiter de l'agitation pour les prendre par surprise. La taverne est le point central entre les trois forts et en même temps leur base. Si nous arrivons à les avoir avant qu'ils ne partent de la ville, nous pourrons les faire prisonniers.
Xun hocha presque imperceptiblement la tête comme pour se signifier à lui-même qu’il avait compris. Lorsque le général les y autorisa les deux officiers prirent les devant laissant le général et le chevalier seul. Xun se leva ressentant des sentiments étranges, à la fois l’adrénaline de partir en mission, la gratitude qu’un général de cette réputation lui fasse confiance et dans le même temps la peur de décevoir. Il mit la main sur le pommeau de son épée, il fallait faire de son mieux et se montrer digne de confiance. Le général se tourna vers lui, Xun leva alors la tête. Le regard mauve du général, si dur tout à l’heure, semblait presque s’être adouci. Sur un visage aussi lisse que celui du général c’était étrange, mais les inquiétudes de Xun se levèrent, il n’y avait pas de raison pour que ça se passe mal. Sous les ordres du général il n’y avait rien de prétentieux à parier sur la réussite de cette mission.

Citation :
-Je compte sur toi.
Xun ne laissa rien transparaître et hocha la tête l’air décidé avant de le suivre. Mais au fond de lui ces quatre mots se gravèrent à jamais.
Ils quittèrent la pièce quelques secondes plus tard, comme si de rien n’était. Les deux gardes à l’entrée jetèrent un œil sur Xun mais ne le suivirent pas pour une fois. Il ne savait pas si on leur avait donné des indications ou si le seul fait d’être avec le général le dispensait de cette surveillance, mais c’était une bonne chose. A présent il fallait se rendre à la taverne, un lieu inconnu pour Xun, il n’y avait jamais mis les pieds. Non pas qu’il dénigrait ce lieu, mais il n’était un grand amateur d’alcool donc il ne fréquentait pas ce genre d’endroit.

Les espions étaient en tout cas bien informés sur la ville. La taverne était en effet un endroit parfait pour une planque : fréquentée par des gens de passages ou des habitués trop saouls, en centre ville et à une distance quasi égale des trois forts, plus il y pensait et plus il lui paraissait évident que ces gens s’étaient fait aider pour infiltrer le village et que l’action avait été mûrement réfléchie. Mais les deux officiers étaient réellement les cerveaux de cette affaire ? Il avait un doute, mais quoiqu’il en soit il le saurait bien assez tôt. En route pour la taverne il cherchait à imaginer comment tout cela aller se dérouler, ne connaissant que le visage des officiers et non des espions il allait devoir être attentif à tout sans pour autant avoir la certitude qu’ils étaient bien dans la taverne. La mission était simple mais les enjeux compliqués. Lorsqu’ils quittèrent la garnison Xun laissa place à la confiance plutôt qu’aux doutes et à l’inquiétude. Cela faisait longtemps qu’il réclamait un peu d’action et il pouvait déjà sentir l’adrénaline et stress que l’on a avant une mission, il avait l’impression de se réveiller d’un long sommeil…non mieux, de revivre. Il retrouvait sa raison d’exister : la défense de sa ville d’accueil.

Arrivé à proximité de la taverne il se calma afin d’éviter toutes actions stupides, bien qu’on ne soit à l’abri de rien. Il jeta un œil au général pour savoir si il y avait des indications à suivre à partir de maintenant ou non.
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Lì Shui-Khan
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MessageSujet: Re: Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance [LÌ SHUI-KHAN]   Dim 29 Aoû - 1:31

La taverne.
Ce mot résonna dans la tête du général comme celui qu'il devait fuir telle la peste. Il n'aimait pas ce genre d'endroit, tout simplement parce qu'il n'aimait pas la foule ni la puanteur de l'alcool, mais cela était bien plus raisonnable que la maison des plaisirs où il n'aurait pas hésité à manifester son horreur pour le sexe opposé.
A peine avaient-ils posé les pieds à l'intérieur qu'il fronça les sourcils. Il ne supportait pas de voir autant de personnes complètement ivres et abandonnées à leurs péchés sans qu'elles ne se rendent compte de l'inutilité de leurs actes. Il détestait cela... mais aujourd'hui il était en "mission" et où que fussent les personnes responsables d'une infiltration, il irait les chercher jusqu'au bout. Il avait seulement arrêté le pas à l'entrée, analysant de ses yeux mauves et froids le nombre de personne, les ayant déjà comptées, puis scrutant le moindre mouvement suspect. Le responsable, attablé derrière son bar, avait remarqué leur présence et se hâta de venir les accueillir. Même si Shui-Khan était discret et silencieux telle une ombre, il était connu de beaucoup et engendrait une peur indescriptible lorsqu'il apparaissait dans des lieux où ses pieds n'auraient, en général, jamais foulé.

-Général Ying! Cela est si étrange mais aussi un honneur de vous voir en ces lieux. Si je puis vous servir de quelque manière qu'il soit...?
se plia-t-il, le dos courbé, les mains jointes en signe de soumission.
Le général savait très bien qu'il jouait la comédie, et que les jeux de hiérarchie lui avaient beaucoup aidé depuis, mais il continua de figurer cette expression impassible digne de lui avant de lui répondre tout aussi neutre:

-Je ne suis pas venu pour me distraire, Tao.


-Je prie mon général de me pardonner pour cette impolitesse!
Se hâta-t-il d'expliquer, le visage baissé, les mains suppliantes, avant de lui adresser un nouveau regard, souhaitez-vous tout de même vous installer?

-Non, ce ne sera pas long. Je voudrais simplement que personne ne sorte de cet endroit.


-Bien!


A cette annonce, qu'il avait volontairement faite à haute voix, quelqu'un bougea au fond de la pièce à sa droite. Aussi vivement que la lumière, la silhouette s'était dressée, avait sauté sur les quelques tables qui la séparait de la fenêtre avant de tenter de sauter par-delà celle-ci, sans succès. Car à la dernière seconde, sa ceinture se bloqua en arrière pour le faire reculer violemment dans son élan, se retrouvant finalement pendu à la main du général, qui, telle l'ombre qui avait suivi la lumière, avait apparu en une fraction de seconde derrière lui. Le regard froid, plus froid que la glace transperçait celui du fuyard qui commençait déjà à baiser ses pieds en signe de respect et d'imploration.

-Je vous en supplie seigneur, ne me faites aucun mal, je n'ai rien fait d'injuste!

-Alors pourquoi t'enfuis-tu?


La voix de Shui-Khan avait résonné dans la pièce, et, sous l'odeur continuelle de l'alcool et l'excès d'opium, un silence naquit au sein de tout cet attroupement. Tous les regards s'étaient tournés vers eux, et le jeune homme implorant n'avait pas relevé le visage, le front toujours dans la poussière:

-C'est... simplement que j'ai pris peur! Je vous en supplie...!!


Le général Ying plissa les yeux. Il n'aimait pas les menteurs et encore moins ceux qui se défilaient, sachant très bien que ce garçon était au service de ceux qu'il recherchait. Il y avait des âmes menaçante dans cette taverne, et les yeux rivés ainsi que les lèvres crispées qu'il avait entraperçu lui confirma que certains étaient encore là à attendre son départ. Mais il n'en ferait rien dans ce sens là. Derrière lui, un couteau était déjà sorti d'un poche discrète, au cas où, mais même s'il lui faisait dos, Shui-Khan l'avait déjà vu comme s'il avait des yeux derrière la tête. Attrapant avec rapidité un petit poignard d'une longueur mesurée et d'une finesse incroyable, il le lança vivement derrière lui, le laissant frôler la tempe du fautif pour la laisser se planter au mur, à côté de son oeil. Il suait à grosses gouttes et son intervention lâcha un sceau d'eau glacée sur les autres clients.

-Si vous avez des menaces à proférer, n'hésitez pas à me les avouer en face.


Tous des lâches... lamentable. D'un signe de tête, il demanda au chevalier Xun d'inspecter chaque personne, ainsi que leurs armes s'ils en avaient, dans la salle à côté. Les quelques femmes qui accompagnaient certains hommes furent mises de côtés et leurs armes de défenses enlevées par le personnel de la taverne. A la porte de l'entrée, le responsable du bâtiment surveillait qu'aucun ne sorte, de façon à s'attirer les bonnes grâces du général et ainsi être mieux rémunérer. Certes, il aurait une mauvaise réputation et des quelques menaces qui proviendraient des dealers, mais si le gouvernement et le général étaient de son côté grâce à de bonnes actions, il aurait leur protection!
De son côté, Shui-Khan avait pu attraper quelques uns des comploteurs, mais c'étaient surtout ceux qui étaient à leur service et non pas au courant de tout le complot qui se tramait. Au fil des interrogatoires, la file se termina et aucun ne parut suspect. En tout cas, c'est ce dont il fut convaincu lorsqu'il tourna le dos à l'attroupement qu'il avait interrogé, avant que l'un d'eux ne se lève brusquement dans un cri terrifiant, le poignard pointé sur la nuque du général qui eut un bon réflexe: celui de se retourner et d'apercevoir le danger.

Le corps gisant sur le sol comme une simple carcasse baignant dans son sang, les yeux exorbités, l'attaquant ressemblait à présent à un cadavre inoffensif critiqué çà et là par les autres qui s'étaient gardés de toute action mal placée. Ils avaient tous le regard rivé sur le général, qui, calme et silencieux avait -sans que personne n'ait eu le temps de comprendre ni de voir- tranché la gorge du malheureux sans état d'âme. Il était apparu derrière lui en une fraction de seconde, et sa légende du général de l'ombre ne cessa de s'accroître dans leurs pensées et leurs bouches.
A présent, plus personne n'osa le déranger, mais ce qui inquiétait Shui-Khan n'était pas ces personnes, mais bien ce repère qui pourtant avait accueilli un peu plus tôt les espions qu'il avait surpris. Où étaient-ils? S'ils s'étaient rendu compte du mouvement du général et du chevalier, c'était bien entendu qu'ils avaient du être prévenus, mais que pour être prévenu d'une mission considérée comme secrète, les seules personnes aptes à le confirmer étaient celles qui avaient assisté à la réunion...
Tout en espérant que Xun découvre quelque chose ou quelqu'un de compromettant de son côté, il réfléchit un peu à la situation. Attrapant celui qui avait failli fuir en tout premier lieu, il l'interrogea de nouveau:

-Tu es certain de ne pas savoir le nom de celui qui t'as donné ses ordres?


-Non mon seigneur!

-Son visage?


-Il portait un masque et une longue veste encapuchonnée mon seigneur, je n'ai rien vu!

-Que t'a-t-il offert pour ses services?


Le jeune homme sortit de sa poche une petite dague à la poignée d'ivoire et aux quelques pierres semi-précieuses. Le général Ying le prit dans sa main et l'analysa. Ce genre de dague, peu de personnes en possédait, et ceux qu'il avait connu et qui en portait était au nombre de deux...
Il fronça les sourcils, plissa les yeux, ses yeux mauves qui ne présentaient plus en ce moment-même que froideur extrême et envie de meurtre. Il n'avait pas compris encore le but du coupable, de la machination de tout cela, mais il savait qui était derrière et qu'il venait de se faire avoir sans pour autant qu'il ne le laisse lui échapper.
Laissant quelques personnes s'en aller, il attacha cependant celles qui avaient été mêlées à l'affaire sur des fauteuils et nomma des policiers qui passaient dans les quartiers comme de coutume pour qu'ils les surveillent tandis qu'il se dirigea vers l'autre salle où le chevalier Xun était censé s'occuper du reste de la clientèle. En s'y dirigeant, il pensait déjà au plan qu'il allait concevoir pour pouvoir enfin poser les pieds dans la maison des plaisirs sans laisser échapper sa lame en guise de menace et de protection, tout en surveillant les moindres faits et gestes de ceux qui avaient tramé tout cela.
Quelle ne fut pas sa surprise tout de même, lorsqu'il ouvrit la porte de l'autre salle, bondée de monde mais où le silence était aussi sage que maître de la pièce:

-Chevalier Xun?...


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