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 Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. [PV Wu Sheng]

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Xing He
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MessageSujet: Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. [PV Wu Sheng]   Jeu 1 Oct - 0:38

Ce jour-là le ciel n’était qu’un océan de bleu. Le vent avait chassé les nuages, puis avait disparu avec eux cessant de faire danser les longues tiges de bambou des forêts environnantes, et ayant arrêté de fouetter les hautes herbes agrippées aux pans de la montagne sur laquelle le soleil dardait le moindre caillou de ses rayons brulant, rendant l’air chaud, lourd et irrespirable dans les bâtiments épais qui constituaient le château qui était justement accroché sur le flanc de la montagne le plus exposé à l’astre solaire.

Le ministre, harassé par une journée faite d’encre, de feuilles et rouleaux qui semblaient s’empiler toujours plus nombreux et sans fin sur son bureau où l’air devenait irrespirable à cause de la chaleur de l’après midi qui ne faisait qu’y stagner, avait pris congé auprès de son souverain, fait préparer un cheval modeste, revêtit ses plus simples habits et avait dévalé la montagne au galop en quête de toute la fraicheur que la vallée encaissée pouvait lui offrir.

C’est au milieu de la place principale du village de Chenlan, rejoint après une longue chevauchée au cours de laquelle chaque mètre parcourut le rapprochait de cette fraicheur tant convoitée, qu’il mit pied à terre, attachant la bride de sa monture face à l’abreuvoir afin qu’elle se repose et ai la force de faire le chemin inverse quand viendrait l’heure de remonter vers le château. Il avait revêtu une tunique simple et de couleur pâle, comme en portent d’habitude les gens aisés, laissant deviner qu’il occupait un rang social élevé, mais ne trahissant ni sa fonction de premier ministre, ni son allégeance au royaume de Funan.

Il entra prestement, saluant le tenancier comme le ferait un habitué des lieux et prit place à une petite table dans un recoin de la salle, assez petite pour suffire à un solitaire sans faire preuve d’isolement ostensible, et assez bien orienté pour permettre d’observer la salle s’en en avoir l’air. Une fois placé, il fit un deuxième signe au tenant, attendant que celui-ci se rapproche afin de passer commande. Peu après, un thé brulant, ainsi qu’un plateau de jeu rudimentaire et usé lui furent apportés.

D'abord, le jeune homme ne bougea pas, ne touchant pas à sa boisson, observant la salle, humant l’air frais et chargé des parfums des herbes infusés dans les théières de porcelaine blanche et bleu, ou fumées dans des pipes en bois sculptés ; prêtant une oreille attentive aux conversations des autres clients qui résonnaient dans la petite salle aux plafonds voilés, essayant de comprendre et d’interpréter les bruits confus de la rumeur qui planait dans la pièce pendant un long moment de torpeur, puis enfin de se pencher sur sa tasse fumante pour un respirer une bouffée de saveurs douces et amères.

De l’eau chaude et quelques feuilles de thé cultivées non loin de là, sur une des montagnes voisines, dans un autre royaume ou les gens étaient à la fois des voisins et des étrangers.
Un bon jeu de société dont le plateau, élimé, arborait encore fièrement des peintures écaillées ou l’on devinait une créature surnaturelle sortie des légendes que l’on raconte dans les chaumières de paysan le soir au coin du feu et qui délimitait la surface de jeu et la position des pions qui leur était destinés pour commencer une nouvelle partie. Tout était là.
L’homme sourit, il ne manquait plus qu’un bon camarade de jeu, assez loyal pour ne pas tricher et assez noble pour ne pas vous laisser gagner par complaisance pour parfaire ce moment de détente qui s’annonçait si plaisant.

Soudain, une ombre vint assombrir le plateau de jeu ou les pièces étaient maintenant disposées et n’attendaient que le début du jeu. Le premier ministre, surpris relevât le nez puis salua poliment l’homme noble qui venait de se présenter devant lui, avant de lui proposer le deuxième tabouret de la table qui lui faisait face, d’un geste de la main et d’un sourire aimable, l’invitant ainsi à se joindre à lui pour commencer une nouvelle partie.

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Wu Sheng
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MessageSujet: Re: Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. [PV Wu Sheng]   Dim 24 Jan - 0:37

« Deux jours, et une nuit ? J’espère que c’est une blague… »

Ce commentaire était tombé, net est précis. Les sourcils froncés - exprimant son mécontentement si ça se révélait être vraiment une farce de mauvais gout - et la mine interrogatrice - car Wu Sheng était un peu perdu suite à ce qu’il venait d’apprendre.

Le jeune homme était dans sa chambre, essayant quelques masques qui devaient lui servir pour son prochain rôle, dans très peu de temps. Le moment des essayages était pour lui sacré : ses parents le savaient très bien, mais visiblement, cette fois, son père avait décidé de l’oublier. Le comédien désormais « à la retraite » était gaiement entré dans les appartements de son fils et, le ton joyeux, il lui avait annoncé :

« Cela fait longtemps que nous n’avons pas passés du temps rien que tous les deux. Ces temps-ci, je te sens perdu, tu réfléchis énormément et tu ne nous adresse presque plus la parole. J’aimerais qu’on se retrouve, et que tu me parle de tes problèmes. Demain, à la première heure, nous partirons pour le village de Chenlan. C’est un endroit discret et apaisant, nous pourrons y passer un agréable moment, à l’abri des regards et surtout des oreilles curieuses. Nous y resterons la nuit. »

Wu Sheng n’avait pas apprécié. Il avait posé sur son lit le loup qu’il s’était précédemment mit devant les yeux, et s’était assit un instant, comme choqué par ce qu’il venait d’entendre. L’envers de la médaille… Avoir des parents aimants, c’était s’habituer à des sangsues. Sauf que le jeune comédien n’était pas du genre à offrir aussi facilement son sang. De toute manière, rien que le fait que son géniteur ait pu le déranger aussi simplement l’agaçait au plus haut point : il n’était plus un adolescent, alors comment osait-il encore lui parler comme tel ? Wu Sheng plaça ses mains devant son visage, réfléchissant à un moyen d’envoyer paitre de façon douce et calme son paternel, mais il ne trouvait pas. Il posa alors ses yeux sur l’homme, puis il lui avoua :

« Je ne t’ai pas parlé de Qing Yi pour que tu t’inquiètes. Et d’ailleurs, saches que je ne suis pas comme toi, jamais je ne cèderais à cette absurde tentation. »

Ses mots avaient écorchés le cœur de Wu Sheng, qui savait pertinemment que ces propos n’étaient que mensonges. Jour après jour, il ne pensait qu’à « lui », il souhaitait l’avoir, tout en entier. Mais devant son père qui avait déjà fait l’erreur de succomber à ce pêché charnel, avec un « homme » qu’il avait cru femme, le Soleil de l’Est se refusait à montrer la moindre faiblesse. Il était au-dessus de ça, lui, il ne faisait pas partit des faibles : il était un Héro. En fin de compte, Wu Sheng, frustré par ses réflexions, fit un geste de la main, comme s’il eut balayé l’air, et il ajouta :

« Allez laisses-moi, je suis occupé. »

En temps normal, ce genre de situation finissait toujours de la même façon : le père de Wu Sheng soupirait, et s’en allait sans un mot. Mais, était-il dans une période de révolte totale face à son fils ? L’homme s’avança vers lui, l’air sévère, pour la toute première fois de sa vie. Depuis ses vingt-six années d’existence, jamais le jeune comédien n’avait vu cette expression sur le visage de son géniteur, qui lui lança :

« Malheureusement, je ne te laisse pas le choix. Si tu ne viens pas avec moi, je serais à même de conseiller une nouvelle recrue très prometteuse en tant que personnage principal lors de ta prochaine représentation. Tu sais à quel point ils me font confiance. Malgré ta réputation et ton talent, le rôle te sera enlevé. »

Et le pire, c’est que cela était tout à fait possible, Wu Sheng en était bien conscient. Autant que lui – ou presque – son père avait également brillé sur la scène de l’Opéra de Sizheng, alors sa renommé lui avait valut une confiance presque aveugle des autres comédiens. Le Soleil de l’Est passa une main dans ses cheveux, agacé : perdre son rôle reviendrais à le céder à une autre personne qui, l’espace de quelques instants, aurait la chance de lui « voler » Qing Yi. Cette idée ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Wu Sheng soupira, puis il répondit, amèrement :

« Si ça peut te faire plaisir... Mais le lendemain, on partira dès l’aube. J’ai beaucoup mieux à faire ! »

*****

C’est pour cette raison totalement grotesque que Wu Sheng s’était retrouvé sur un cheval, aux côtés de son père, en route vers le petit village de Chenlan. Il y allait, mais le cœur n’y était vraiment pas. Déjà, il n’était pas habitué à ce que son géniteur lui fasse du chantage. Généralement, c’était plutôt son rôle... Et deuxièmement, Wu Sheng détestait les endroits calmes. Il avait eu écho de ce fameux village ou l’allégeance n’avait pas la moindre importance aux yeux des gens. C’était bien sympathique tout ça, mais totalement sans intérêt. Wu Sheng n’avait rien contre les personnes de Funan, et ignorait tout autant celles de Sizheng. Pour lui, un être humain restait un être humain, et tous les êtres humains – ou presque – étaient barbants. Le jeune homme se demandait donc comment il allait bien pouvoir s’occuper une fois sur place. Tout ce dont il était certain, c’est qu’une fois de plus, il allait perdre son temps.

Le voyage fut assez long, et très fatiguant. La route avait été bien trop calme, et cela avait mit Wu Sheng sur les nerfs, comme à son habitude, bien évidemment. Son géniteur avait tenté à de nombreuses reprises de le distraire, mais, trop occupé à lui en vouloir, son fils l’avait royalement négligé pendant toute la « ballade ». Quand ils furent arrivés devant la principale auberge du village, les deux hommes attachèrent les chevaux et Wu Sheng observa les lieux, sceptique. Les gens semblaient bien calmes ici : on riait paisiblement, souriait sans se soucier de rien, discutait devant un bon thé. Les enfants jouaient naïvement sous les regards de quelques parents très confiants. Un tableau bien écœurant pour le comédien de Sizheng. C’était trop « parfait », il ne supportait pas ça. Le côté pacifique de l’endroit risquait de très vite lui faire du mal. Wu Sheng posa ses yeux sur son père, qui lui adressa un sourire inquiet. Le fils fit une grimace, et avoua :

« Tu veux vraiment me faire mourir ? Assurément... Qu’est-ce que c’est que cet endroit ?... Tss... Tu es vraiment fatiguant. »

Son père ne répondit pas : pas parce qu’il ne le voulait pas, mais plutôt parce que Wu Sheng ne lui en laissa pas le temps. Le jeune homme avait déjà délaissé son géniteur pour rejoindre l’auberge. Il comptait demander une chambre et s’y enfermer pour la journée, et n’en sortirait certainement que le lendemain pour le départ. Cette excursion n’aurait donc servit à rien, mais il s’en fichait. Il l’avait seulement fait pour le principe, et pour ne pas risquer de perdre sa place de comédien aux côtés de Qing Yi.

Le Soleil de l’Est venait enfin d’entrer dans la taverne et, après un rapide coup d’œil alentour, il s’était dirigé vers le comptoir pour négocier une chambre avec le tenancier. L’homme, de petite taille, un peu enrobé, avait les joues pleines et souriait de façon béate tout en discutant avec un client. Il se caressait de temps à autre sa longue barbe grise et étouffait un rire bienheureux. Wu Sheng était totalement blasé, on ne faisait guère attention à lui. C’est à cet instant qu’il comprit enfin que dans ce village, personne n’avait encore prit le temps de se soucier de sa présence. Etait-il donc si peu connu ? Cela l’étonnait !

Le jeune homme se tourna face à la salle et examina les gens, guettant un regard de n’importe qui. Mais, la seule et unique personne qui l’analysa ne sembla pas franchement surprise de le voir. Ainsi donc, le seul mérite que lui offrait cet endroit, c’était l’anonymat ? Un mérite ? C’était plutôt vexant en fait. Malgré qu’il s’amusait à se ficher totalement de ses nombreux « fans », Wu Sheng s’était habitué à leurs adulations aveugles. Cela lui donnait de l’importance après tout, alors cette soudaine ignorance allait le frustrer. Le Soleil de l’Est quitta donc le comptoir et commença à se balader dans l’auberge, espérant attirer le regard de quelques curieux. Il en oublia même sa « mission » principale, qui était de réserver une chambre, mais il se doutait bien que son père s’en chargerait pour lui.

Pendant cinq petites minutes, Wu Sheng parcourut donc les lieux de long en large, passant près des gens comme si de rien était, feignant de ne pas les observer, alors qu’eux ne lui prêtaient pas la moindre attention. Mais ce petit jeu commençait à l’énerver. Alors, il finit par se dire que si personne ne le reconnaissait, c’était que la clientèle était essentiellement masculine. S’il rejoignait l’extérieur, sans doute aurait-il plus de chance ? Son physique n’était pas du genre à pouvoir laisser désintéressées les jeunes demoiselles ! Alors, qu’on le connaisse ou pas, il trouverait le moyen d’être le centre d’intérêt de quelques petites gens.

Le jeune comédien se mit à sourire, heureux d’avoir trouvé une occupation, et il fit route pour sortir de la taverne. Pourtant, il aperçut bientôt, au loin, son père qui venait d’entrer. Wu Sheng s’arrêta, observant son géniteur qui venait de lui faire un signe de la main. L’air dubitatif, le Soleil de l’Est se demandait si oui ou non il devait lui répondre. Il savait que s’il ne le faisait pas, son père n’allait pas le lâcher de toute la journée. Wu Sheng débuta alors une timide levée de main, mais n’acheva pas son geste, stoppé dans son élan par un détail qui avait prit soudainement toute son attention. Devant la table où Wu Sheng s’était immobilisé, un homme venait de le saluer sereinement, lui proposant visiblement de s’assoir. Le connaissait-il ? Le visage du comédien s’éclaira : si c’était le cas, il ne devait pas laisser passer cette occasion. Et puis cela lui permettrait de trouver un alibi idéal pour susciter le délaissement de son père.

Wu Sheng s’installa donc à la table de l’inconnu, tout en l’observant avec insistance. Ce garçon ne semblait pas faire partit des gens du peuple, bien loin de là, et cela avait le mérite de ravir Wu Sheng qui, autrement, n’aurait pas prit la peine de s’assoir de toute évidence.

De longs cheveux noirs attachés avec élégance, une mine douce et posée, un regard délicat, le teint clair et légèrement satiné. Cette personne n’était pas déplaisante à regarder. Cela arracha un sourire pernicieux à notre Soleil de l’Est. Ce visage lui en rappelait un autre, mais avec un quelque chose en plus, une masculinité sans doute un peu plus affirmée. Et puis, il y avait cette marque corail sur le front de son vis-à-vis qui offrait une autre différence. Ce dessin, que pouvait-il signifier ? Wu Sheng s’en voulait presque de se trouver subitement aussi curieux. Il chassa donc ses idées de sa tête, et adressa à l’homme :

« Je vous salut bien bravement. Permettez-moi de me présenter. Je me nomme Wu Sheng. Mais peut-être auriez vous déjà entendu parler de moi sous le nom de Soleil de l’Est ? Pour ma part, je ne me rappelle pas vous avoir déjà vu... Vous n’êtes pourtant pas de ces visages qu’on oubli facilement... Alors sans doute ne vivez-vous pas à Sizheng ? »

Cela devait certainement être le cas. Même s’il ne prêtait que très peu de son attention aux gens de Sizheng, il en avait vu défiler de grandes quantités dans sa vie, et avait l’habitude de repérer essentiellement les personnes intéressantes psychologiquement, autant que physiquement. Alors bien entendu... Il n’aurait pas pu complètement l’oublier. Quoique... Ces temps-ci, il était tellement obnubilé par « certaines choses » que peut-être ?... Mais ça n’avait aucune importance. Attendant une réponse, Wu Sheng détourna un instant ses yeux de son voisin et il ausculta le plateau de jeu qui s’offrait à lui. Il avait déjà vu ça quelque part : sa mère – lui semblait-il – y jouait très souvent avec ses amies, parfois même elle mettait en jeu ses bijoux ou de l’argent. Tout comme son fils, elle était une personne bien frivole et sans réels soucis de l’argent qu’elle pouvait dépenser : de toute façon, elle n’avait que ça à faire de ses journées...

« Amateur de Weiqi¹ ? »

Wu Sheng attrapa un des pions, noir, et le fit jouer entre ses doigts. Il pensait pouvoir faire une partie. Même si ce genre de jeux ne lui plaisait guère, la personne en face de lui continuait bizarrement à titiller son indiscrétion. Le jeune comédien revêtit une fois de plus son sourire de « requin » presque vicieux, puis il ajouta :

« Je me proposerais bien pour faire une partie avec vous. Mais je vous préviens, je suis très mauvais joueur... »

Il ne préférait pas le cacher, il n’aimait pas forcément camoufler ses mauvais défauts, il en avait bien trop, et de toute manière, pour lui, ils étaient plus comme des qualités ! Sinon, personne ne l’aimerait n’est-ce pas ? Wu Sheng commença à séparer les pions blancs des pions noirs et garda pour lui les plus sombres, faisant glisser vers son interlocuteur les autres, d’une blancheur immaculée. Ils seraient mieux dans le camp adverse, le Soleil de l’Est savait pertinemment que depuis longtemps, il faisait parti du côté « obscur ». Comment pouvait-on faire autrement sinon ? Le monde lui-même semblait gouverné par cette obscurité... Les quelques gens encore capables de rester biens sous tous rapports étaient en général d’une naïveté et d’une bêtise accablante.

Wu Sheng se demandait pourquoi il réfléchissait à tout ça, il soupira, et décida de plutôt se concentrer sur des choses plus attrayantes. Le jeu qu’il allait commencer n’en étant pas forcément une, il préféra s’appliquer à épier de façon peu anodine le jeune homme qui lui faisait face. Cette personne paraissait étrangement détachée du monde. Cette aura de douceur et de tranquillité qui planait autour de lui en était presque anormalement apaisante pour Wu Sheng. Il n’était point habitué à ce genre de sensation. Ou plutôt, en général, l’ataraxie était pour lui synonyme d’embêtement et de désespoir. Néanmoins, l’effet ressentit en cet instant n’était pas le même, ce qui le rendait singulièrement plus attentif et intéressé qu’à l’accoutumé. La mine pensive, le Soleil de l’Est entrouvrit les lèvres et dit lentement :

« Je vous en prie... Je... Vous laisse commencer. »

La situation ne l’incommodait pas encore assez pour qu’il décide d’en changer, aussi, il préférait attendre calmement la suite des évènements. En attendant, il ne se lassait pas de parcourir des yeux le visage et la silhouette accommodante et sereine de son locuteur. Malgré le fait que son intellect lui suggérait que cette personne était sans doute pareille aux autres, son esprit, lui, le persuadait que quelque chose en cet étranger était à même d’avoir le droit d’éveiller autant son anatocisme...

Citation :
{ ¹ Finalement, c'est le jeu que j'ai choisis =D C'est l'équivalent du Jeu de Go japonais ^^ }
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Xing He
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MessageSujet: Re: Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. [PV Wu Sheng]   Mar 23 Fév - 1:23

Un soupire d'aise, le poids d'une fonction qui s'évanouit...
Enfin au calme. Enfin loin de cet enfer de papier et du fourmillement des trop nombreux habitants du château.

Maintenant anonyme parmi la foule, il se souvint un instant de la période où il séjourna ici avant de faire le choix de son camp. Comme le temps passe vite !
Un large sourire vint effleurer ses lèvres laissant presque croire qu'il riait seul pour ensuite laisser place à une expression naïve.

C'est en sortant de sa torpeur, clignant mollement des yeux comme lorsqu'on viens de se réveiller d'une nuit de sommeil trop courte qu'il prit conscience du fait qu'il était seul face à un plateau de jeu qui se jouait à deux.
Bah! Il trouverait bien un compagnon de jeu pour l'accompagner et avec un peu de chance celui-ci le divertirait autant par son esprit que par son jeu.
Le 1er ministre n'eut pas besoin de scruter la salle à la recherche d'un partenaire bien longtemps.
Déjà, un jeune homme de grande stature semblait y déambuler, tel un pauvre hère sans but, gesticulant de façon inarticulée en observant la porte de l'échoppe, perdu dans ses pensées ainsi que dans l'espace de la salle encombrée de tables, de chaises et de bruits, ayant à peine l'air de savoir ce qu'il y cherchait vraiment.

C'est ainsi qu'il vint se planter juste devant la table qu’He occupait. Celui-ci, amusé par l'air presque hagard de l'étranger, l'invita d'un sourire doux accompagné d'un geste de la main à venir se poser un instant, si ce n'est plus, afin de se reprendre et de recomposer le fil de ses pensées.
À la surprise du jeune homme déjà assis, l'autre répondit à son invitation et vint s'assoir en face de lui, paraissant particulièrement soulagé de s'être trouvé une place, mais également une occupation qui semblait maintenant le soulager de ses attitudes et pensées désarticulées.
L'un avait gagné une place parmi la micro-société de ce petit salon de thé. L'autre avait gagné un compagnon de récréation et voir peut être même un camarade de jeu.

Xing He, pourtant plus habitué à ce qu'on incline respectueusement la tête en sa présence plutôt qu'on ne soutienne son regard, ne s'offusquât nullement et ne prit point ombrage du regard insistant, scrutateur et presque indécent de l'étranger qui venait de se joindre à lui et le dévisageais déjà depuis longtemps, lui offrant pour toute réponse un de ses sourires doux et sereins dont lui seul avait le secret, se laissant observer docilement et impassiblement.
Un sourire amusé aux lèvres par l'attitude un peu sauvageonne de son nouveau compagnon de jeu, He l'imitât en l'observant également, mais de façon bien moins ostensible, afin de ne pas froisser ce dernier qui semblait avoir le sang chaud.

L'homme était grand. C'est en constatant qu'il devait bien faire une vingtaine de centimètres de plus que lui que He se dit qu'il n'aimerait pas avoir à se batte en corps à corps avec ce géant qui, bien que musclé avait tout de même une silhouette parfaitement harmonieuse. Peut être trop même, après un instant d'observation, les yeux aiguisés du militaire décelèrent l'absence de cicatrices dont la peau semblant si fine et bien trop délicate pour avoir connus la dureté des champs de bataille ou les armures mal ajustées en métal échauffées par le soleil qui vous tannent la peau en en fait un cuir épais.
Trop musclé pour être un simple militaire ou artisan ; mais trop délicat pour n'être autre que de haut rang, la curiosité de hé était piquée et demandait à être épanchée…

He, pourtant, perdit le fil de ses pensées quand il surprit l'inconnu fixant de façon insistante sa marque au front.
Déstabilisé l'espace d'un instant, il fit un mouvement à peine perceptible vers l'arrière puis d'un léger mouvement de tête, il vint cacher son signe distinctif d'une épaisse mèche couleur ébène qui avait dût se coller sur sa tempe durant l'effort de la chevauchée du chemin sur les flans de la montagne jusqu'ici sous la chaleur écrasante.

C'est la voix de son nouveau camarade, puissante et pourtant harmonieuse, dotée d'un timbre si singulier qui le sortit de ses pensées.
Le soleil de l'est… ce nom disait bien quelque chose au premier ministre, mais impossible de se souvenir d’où il avait bien pu entendre pareil nom. L'étranger était peut-être un artiste ? Ou un homme émérite en son royaume ?

Hochant la tête en signe de salut, il se présentât à son tour, répondant poliment aux questions tout en prenant soin de ne pas y répondre de façon trop détaillée afin de conserver son anonymat, mais donnant tout de même les éléments suffisants pour que la curiosité de son interlocuteur soit satisfaite.

"Enchanté. Je me prénomme He, et effectivement je ne suis pas de Sizheng.
Je suis intendant dans le royaume de Funan."


Le premier ministre avait pris soin de distiller les informations en ne les donnant qu'au compte goutte et en les laissant les plus opaques possible. Après tout, son poste consistait vraiment à gérer une intendance fut-elle la plus importante du pays voisin !
Il jugeait pour l'instant judicieux de dissimuler le fait que son intendance n'était autre que le royaume voisin tout entier. Il n'avait aucun intérêt à se présenter en tant qu'ennemis devant cet étranger qui semblait être si prompt à se faire une idée des gens qu'il rencontrait.

Le naturel revenant pourtant au galop, et la curiosité piquée au vif, presque frustré de ne pas réussir à reconnaitre l'identité de son interlocuteur, où peut-être par simple déformation professionnelle le premier ministre se permit de s'enquérir poliment sur l'identité de son compagnon de jeu.

"Je vous prie de ne pas en prendre ombrage, mais je ne suis pas familier avec votre nom.
Je l'ai bien déjà entendu quelque part, mais je n'arrive plus à me souvenir d’où et à quoi il peut bien faire référence.
Je travaille beaucoup et sort peu de mon bureau, je suis donc assez peu au courant des faits du royaume de Sizheng et ne voudrait en aucun cas vous faire offense en ne pouvant vous témoigner le respect qui vous est dût."


Il avait répondu alors que son interlocuteur observait le plateau de jeu, hochant de la tête pour répondre à l'affirmative quant à l'interrogation sur son attrait pour ce jeu puis y ajoutât un haussement d'épaules ainsi qu'un sourire amusé quand il fut avisé du niveau de maitrise du jeu par celui qui était maintenant son adversaire.

'Le sage a honte de ses défauts, mais n'a pas honte de s'en corriger.'

Il rit tout seul de son trait de sagesse puis sans rien dire de plus, s'intéressât aux pions, étonné de voir ainsi l'autre prendre de façon aussi spontanée les pions noirs alors qu'habituellement les gens rechignaient pourtant souvent à les prendre, de peur peut être d'avoir à laisser passer leur tour dès le début de la partie.

Le jeune homme prit donc les pions blancs qu'on lui désignait, commençant à les disposer tandis que son adversaire méditait sa dernière phrase et que le tenancier venait vers eux afin de prendre la commande de ce nouveau venu.

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Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. [PV Wu Sheng]

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