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 La Mésange & le Tigre [Chapter. II]

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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: La Mésange & le Tigre [Chapter. II]   Mar 6 Oct - 17:38

Le silence nocturne était sans doute le plus apaisant qui soit, aux yeux de Liu Biu. Le léger bruissement des feuilles, bercées par un vent frais et doux, le chant de quelques rares oiseaux nocturnes, le clapotis de l’eau des fontaine du jardin royal, et surtout, la clarté de la lune, tous ces petits instants étaient savourés. Ce soir, Liu Biu était mélancolique. Elle songeait à ses parents, qui avaient quitté Sizheng pour parcourir le monde et apprendre de nouvelles cultures. Elle espérait qu’ils reviendraient bientôt, et qu’ils pourraient encore lui dire qu’ils étaient fiers d’elle et de ce qu’elle avait accompli. Mais le doute l’avait quelque peu prise ces derniers temps, avec tous ces complots, ces mystères et disparitions… Elle constatait chaque jour qu’au sein du palais, de plus en plus de rumeurs circulaient et l’inquiétude gagnait le peuple. Soucieuse de toujours bien faire, la jeune femme avait pris la décision d’agir sans avoir recourt au peuple de Sizheng. Raison pour laquelle elle avait, une semaine auparavant, contacté un mercenaire répondant au nom de Shao Xia.
Ce mercenaire, dont la réputation n’était plus à faire, avait accepté son marché. Ayant envoyé une missive par le biais de Fang, une de ses gardes les plus fidèles, mais aussi son amie, Liu avait fixé l’heure du rendez-vous à deux heures du matin, heure à laquelle plus personne ne sortait dans la ville, sauf les roublards -quoique avec les rumeurs, les rondes de la garde avaient doublé. Attendant l’heure du rendez-vous, le Premier Ministre errait dans le château, Fang et Shizao -un nouveau garde fraîchement nommé- non loin d’elle. Vêtue d’un hanfu d’un blanc immaculé, elle ne passait pas inaperçue et les quelques gardes qui surveillaient les jardins ne la quittaient pas des yeux une seule seconde, que ce soit pour son indiscutable beauté ou pour sa présence à découvert.

Ce n’est qu’après une bonne heure et demie de marche que le Premier Ministre retourna dans ses appartements, Fang expliquant au jeune Shizao qu’il devrait lui aussi se reposer, les débuts de garde nocturne étant pour plus tard. Le jeune homme s’en alla, laissant seule Fang et Liu Biu. Sans mot dire, les deux jeunes femmes pénétrèrent dans la chambre, tout en échangeant un regard complice.

Peu après, c’était une silhouette drapée de noir qui quittait le château, échappant aux gardes par des passages non surveillés. L’avantage d’être résidant du château et haut placé était que l’on nous confiait chaque passage secret, par mesure de précaution. Ainsi, Liu Biu, avec Fang comme couverture, avait quitté le château en direction de l’auberge. Du moins la ruelle d’a côté. Il était exactement une heure trente du matin lorsqu’elle arriva à destination, et prix soin de se cacher des quelques ivrognes qui titubaient dans l’avenue principale. Si pour leur première rencontre, Liu Biu n’avait pas jugé utile de se cacher, elle savait que maintenant, à chacune de leur rencontre, il lui faudrait être bien plus discrète.

S’étant assise à côté des poubelles de l’auberge, personne n’irait la voir en se demandant « est-ce vous Yuan Liu Biu ? ». Non, la première image que l’on verrait d’elle serait une mendiante ne sachant où dormir, préférant l’odeur des détritus que la compagnie d’hommes bourrus. La seule chose à laquelle faisait attention Liu Biu était de ne pas se faire repérer, tout en repérant le plus de personnes possibles. Shao Xia saurait la retrouver, aussi ne jugeait-elle pas utile de se montrer davantage ; une main suffirait pour qu’il puisse la différencier des vraies mendiants. Bien qu’elle fut concentrée, les pensées de la jeune femme se tournèrent vers la récompense que voulait le mercenaire ; la réclamerait-il ce soir même ? Et était-elle en mesure de lui offrir exactement ce qu’il voulait ? Elle en doutait très fortement. Le cœur n’y était pas, la réponse était donc non. Ceci dit, en fonction des résultats de son enquête, le mercenaire aurait peut-être le droit à une remise en question.
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Shao Xia
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MessageSujet: Re: La Mésange & le Tigre [Chapter. II]   Mar 13 Oct - 21:54

Récolter des nouvelles à Sizheng était aussi délicat que trouver des perles à Funan. Shao Xia avait mis un temps fou avant de gagner la confiance d’un serviteur du palais. Celui-ci n’avait pas été très loquace, au début. La peur suintait par tous les pores de sa peau. Pauvre garçon. Il savait quelque chose qu’il n’aurait pas dû, et on avait dû le menacer de tenir sa langue s’il voulait la garder dans sa bouche. Au bout de quelques jours, cependant, le jeune homme avait fini par confier quelques bribes d’informations. Ces dernières n’avaient fait que conforter les soupçons de Shao Xia, insinués en lui par Yuan Liu Biu elle-même. Le Premier Ministre avait été assez claire sur ce qu’elle cherchait. Elle n’allait pas être déçue.
Durant un moment, Xia avait songé à mentir. Après tout, qui irait vérifier ce qu’il avait été le seul à pouvoir découvrir ? Il haïssait la paix, il s’ennuyait à mourir, et il avait à présent la possibilité de faire reprendre les hostilités. Il lui aurait suffi d’un tout petit mensonge. « Non, madame. Le messager a été tué par les soldats de Funan, comme le disait la rumeur ». Et tout aurait repris, comme deux ans auparavant. Shao Xia aurait pu recommencer à faire ses preuves, tenter de se faire un nom, de surpasser tous les autres. De tuer un Général ou un seigneur, pourquoi pas ? Puis il avait réfléchi. L’information qu’il détenait était capitale. Les dirigeantes de Sizheng n’étaient pas des idiotes : tôt ou tard, elles finiraient par l’apprendre elles-mêmes. Et même si ce n’était pas le cas, elles ne méritaient pas qu’on leur mente aussi éhontément. Même si Xia n’avait aucun compte à leur rendre, il ne devait pas oublier que des vies innocentes étaient en jeu : mentir et tromper le Premier Ministre revenaient simplement à devenir un assassin, ce qu’il n’était pas. Il était un mercenaire, un soldat itinérant. Il prouverait sa valeur quand le temps serait venu.
À l’auberge, les conversations allaient bon train, mais rien n’était aussi intéressant que ce qu’il avait appris. Shao Xia n’avait pas cru bon de partir à la recherche d’autres informations. Il savait celui qui les lui avaient données fiable. Assis à sa table habituelle, le jeune homme attendait le signe du Premier Ministre. C’était une jeune femme qui s’était présentée à lui. Jeune et bien mise, elle était évidemment servante au palais, mais le mercenaire l’avait à peine regardée. Il n’était pas là pour ça. Si Yuan Liu Biu lui plaisait, les choses de la chair n’avaient jamais eu la préférence de Xia. La guerre, en revanche... Il avait compris le message. À deux heures du matin, dans la ruelle bordant l’auberge. Il y serait. D’un signe de tête, il acquiesça au message et congédia la jeune fille, qui partit sans un mot de plus. Plus que jamais, Shao Xia garderait la main sur son sabre.

Le temps passa lentement. Le mercenaire resta attablé toute la soirée, l’oreille aux aguets, tandis que la verve habituelle des habitants et des gens de passage emplissait l’air. Lorsque vint enfin l’heure du rendez-vous, le jeune homme se leva, régla ses consommations et sortit. La nuit était fraîche. Bientôt, les neiges venues de Funan gagneraient les territoires de Sizheng qui, malgré la proximité de la mer, ne serait pas épargné par le froid. Xia referma les pans de son hanfu et se dirigea vers la ruelle indiquée. Tout d’abord, il ne vit rien, dans la pénombre qui régnait. Ses yeux noirs s’accoutumèrent bientôt à l’obscurité, et il put distinguer des ombres, dont une qui retint son attention. Une silhouette menue, enveloppée de haillons. Shao Xia eut un léger sourire. Le déguisement était parfait.
Il s’aventura dans le passage et s’approcha de cette forme peu engageante. La femme ne lui tendit pas la main pour lui quémander une pièce. Xia s’appuya contre le mur et croisa les bras.

« Ne savez-vous donc pas, madame, qu’une mésange, même déguisée en corbeau, aura toujours l’air d’une mésange ? »

Il attendit qu’elle lève la tête vers lui. Même s’il était certain de l’avoir reconnue, ce qu’il avait à dire ne souffrirait d’aucune erreur de sa part. Ce qu’il savait ne devait être connu que du Premier Ministre et de la Reine, lorsque Yuan Liu Biu viendrait à le lui raconter. L’air bien plus sérieux que d’ordinaire, le mercenaire haussa les épaules et s’accroupit face à la jeune femme.

« J’ai des informations qui pourraient être intéressantes. Il y avait bien un messager. Mais il n’est pas mort à Funan. D’après ce que j’ai pu apprendre, il est bien rentré à Sizheng, mais quelqu’un, à la Cour, a engagé un assassin pour le faire disparaître. Mon informateur n’a pas pu me dire qui était l’assassin ni qui était le commanditaire. Je peux continuer à enquêter, si vous voulez, mais je pense que vous aurez plus de chances que moi de découvrir de qui il s’agit : je n’ai pas accès à la Cour. »

Il ne parla pas de récompense. Yuan Liu Biu savait qu’elle devrait le payer tôt ou tard. Sans faire un geste pour se relever, Shao Xia attendit que la jeune femme réagisse.
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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: Re: La Mésange & le Tigre [Chapter. II]   Lun 26 Oct - 15:40

Le silence était maître dans cette petite ruelle, où personne n’allait jamais. La jeune femme, attendant que le mercenaire la rejoigne, gardait ses sens en éveil, malgré l’ennui et la légère fatigue ; cette journée n’avait pas été de tout repos. Soupirant, elle fera les yeux un bref instant, histoire de se rafraîchir les idées et se requinquer. Quand enfin, elle entendit le bruit d’un pas. Sans geste brusque, elle tourna simplement la tête, restant dans la pénombre, et ses yeux clairs se plissèrent légèrement. C’était Shao Xia.

Pendant quelques temps, le doute avait pris le premier ministre, se demandant si le mercenaire la trahirait. Pourtant, il tirerait de plus grands avantages en choisissant de rester à ses côtés ; mais rien ne pouvait être garanti à cent pour cent, elle le savait bien. Dans le cas où il viendrait à lui mentir, elle devrait sévèrement le punir, et elle n’aimait pas infliger de quelconque châtiment.

Le jeune homme s’avança vers elle, mais elle ne pipa mot et se contenta d’attendre qu’il commence à parler, baissant légèrement la tête afin que l‘on ne voit pas son visage. Il lui semblait beaucoup plus imposant, vu d’en bas, et lui trouvait même des allures de prince capricieux dans sa gestuelle, ce qui, en un sens, l’amusait un peu. Elle voyait toujours en lui ce tigre, ce prédateur à la fois admiré et craint par les autres ; même elle redoutait de le voir dans le camp adverse, elle ne le niait pas. Shao Xia était de ceux qui ne pouvaient que devenir grands.

« Ne savez-vous donc pas, madame, qu’une mésange, même déguisée en corbeau, aura toujours l’air d’une mésange ? »

Un sourire se dessina sur les lèvres du Premier Ministre, qui releva lentement la tête vers le Mercenaire. Son regard parlait clairement : « dis moi ce que tu sais ». Et elle ne se fit pas attendre. Il confirma alors ses doutes ; l’assassin était parmi eux. Quelqu’un cherchait véritablement à faire tomber Li Mei de son trône, et à déclencher à nouveau une guerre sans merci. Les temps étaient bien assez durs, ces gens là n’avaient-ils donc aucune vie à mener ? Liu Biu se releva, soupirant brièvement. Elle resserra sa capte autour d’elle, cette tenue ne la réchauffant pas beaucoup.

« Je vous remercie. Cela dit, je ne pense pas que l’assassin soit présent dans la cour même du royaume ; son commanditaire oui. Peut-être l’assassin est-il un mercenaire comme vous ? Je n’ai guère découvert grand-chose depuis notre première rencontre, mais les tensions se font de plus en plus sentir et quelque chose se prépare… Je peine à avancer. Si l’on retrouve l’assassin, on retrouvera son commanditaire. »

Le regard perdu dans les yeux de Xia, la jeune femme réfléchissait à toutes les possibilités qui s’offraient à elle. De son côté, elle devrait davantage approfondir ses recherches et se rapprocher des généraux, utiliser d’autres moyens pour les faire parler. Son attention se portait particulièrement sur Du She, qui ne lui avait jamais inspiré la moindre conscience ; mais un homme de cette classe, avec autant de pouvoir, serait-il du genre à utiliser ces méthodes là pour parvenir à ses fins ? Non… Du She était plus malin. Sans quitter le mercenaire du regard, elle libéra une de ses mains qui glissa sous sa cape, fouillant dans une poche interne. Jetant un bref regard vers l’entrée de la ruelle, Liu Biu fit un pas vers Xia, se rapprochant de lui, et lui offrit une bourse de jades, en guise de premier paiement.

« Voici une première paie, le reste viendra plus tard. »

Les yeux de Liu Biu revinrent se poser sur l’homme, et elle eut un léger sourire.

« Faites attention à vous. »

Sous-entendant qu'il serait dommage qu'il lui arrive quelque chose ou qu'il abandonne avant même d'avoir reçu sa récompense.


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Shao Xia
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MessageSujet: Re: La Mésange & le Tigre [Chapter. II]   Mer 28 Oct - 18:13

Yuan Liu Biu était une femme dont la beauté occultait la grande intelligence. D’aucun se serait sûrement laisser berner par les apparences ; Xia, en revanche, savait très bien à qui il avait à faire. Ce n’était pas n’importe quelle femme, et pas seulement parce qu’elle était Premier Ministre. Il y avait, derrière ces longs cils noirs, un regard qui ne pouvait dissimuler la grande vivacité d’esprit dont la jeune femme était douée. Le mercenaire n’était pas insensible à son charme – comment l’être, alors même qu’une telle beauté lui adressait un sourire tel que celui-ci ? – mais il se méfiait. Commencer à mettre un doigt dans l’engrenage risquait bien de l’attirer tout entier dans le mécanisme. Il n’était ni fou ni désespéré : aucun Royaume ne ferait de lui son pion.
Néanmoins, il se surprenait à se laisser entraîner par cette histoire. Découvrir le fin mot de tout ça ne ferait pas repartir les hostilités entre Sizheng et Funan, mais au moins, elle laverait l’honneur du seigneur Lu Zaizhuan et ferait repartir la guerre sur des bases saines. L’esprit de Shao Xia se contentait de peu. Des combats, du Jade en récompense, et la gloire au bout du chemin. Son regard se perdit sur la ligne délicate du cou de Liu Biu. Bon, un peu de chair ne serait pas malvenu non plus... Sans rien laisser paraître de ses désirs, le mercenaire attendit la réponse de la jeune femme, mais celle-ci le laissa dans la perplexité.

« Qu’est-ce que vous attendez de moi, exactement ? Que je mette la main sur cet assassin. Ça va être difficile : je veux bien tenter, mais je ne vous promets rien. Je n’ai guère de piste... »

Le serviteur qu’il avait interrogé allait mourir de frayeur s’il retournait le voir. Dans un autre contexte, ça aurait pu être amusant, mais pour le moment... Xia appuya sa tête contre le mur derrière lui et plissa les yeux, perdu dans ses réflexions. Il était évident que le garçon en savait plus que ce qu’il voulait bien en dire, mais de là à tout avouer, il y avait un pas qu’il ne franchirait sans doute pas. Il avait peur, c’était évident. Ce qu’il savait coûtait au moins le prix d’une vie, voire de bien plus.
Shao Xia ne connaissait rien des façons de la Cour, ni des complots que les têtes bien remplies ourdissaient afin de servir leurs plans. Selon lui, rien ne valait un bon combat : celui qui s’en sortait victorieux était celui qui avait raison – cette façon de penser donnait donc toujours tort à ses malheureux adversaire : c’était probablement la raison pour laquelle le mercenaire aimait cette philosophie. Quoi qu’il en soit, il y avait au palais de Sizheng quelqu’un qui aurait bien voulu voir la guerre reprendre, pour des motifs encore inconnus. Mais qui aurait bien pu vouloir déclencher les conflits ? Après tout, mis à part les mercenaires, personne n’avait intérêt à ce que la guerre reprenne... À part peut-être les fabriquants de sabre. Et les stratèges. Et les soldats, qui ne sont faits que pour se battre. Ah... oui, peut-être, en fin de compte, y avait-il bien plus de personnes intéressés par la guerre que l’on ne pouvait le croire.

« Je risque ma vie pour vous, madame, vous le savez, soupira-t-il en se redressant. Si je reviens vers vous blessé, il vous faudra panser vous-même mes plaies. »

Un sourire naquit sur ses lèvres, rendant sa remarque difficile à cerner. Plaisantait-il ou était-il sérieux, le Premier Ministre ne le saurait sans doute jamais. Dans un certain sens, ce qu’il disait n’était pas si dénué de sens : si quelqu’un était capable de faire tuer un messager de son propre pays pour relancer une guerre, faire assassiner un mercenaire trop curieux ne serait qu’une formalité. Et même si Xia n’était pas du genre à se laisser faire, il n’en ressortirait sans doute pas indemne.
Avec une déférence qui aurait pu paraître surprenante si quelqu’un l’avait vu faire, Xia s’inclina devant la mendiante assise par terre pour prendre congé, puis glissa la bourse de Jade à l'intérieur de son hanfu. Il aurait les informations qu’elle lui demandait. Mais elle lui devrait, après cela, beaucoup plus qu’elle ne le pensait : la dette s’alourdissait de plus en plus, même sans les intérêts.
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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: Re: La Mésange & le Tigre [Chapter. II]   Ven 13 Nov - 16:23

Le Premier Ministre avait parfaitement conscience du fait qu’elle lui faisait prendre de gros risques, et qu’au fil du temps, le prix à payer serait plus élevé. Mais qu’importait la monnaie, si elle pouvait protéger le royaume ainsi que Wang Li Mei ; une seule de ses tuniques pouvait nourrir une famille entière pendant de longues semaines.

Si Shao Xia excellait dans l’art du combat, il n’était cependant pas fou, et comprenait l’espoir qu’il représentait pour Liu Biu -et par la même occasion, pour le royaume. La jeune femme baissa légèrement les yeux lorsqu’il lui fit remarquer qu’il n’avait aucune piste à suivre, et se perdit à nouveau dans ses songes. Certes, son informateur précédent ne pourrait plus rien lui révéler, mais, tout comme elle le faisait, l’ennemi aurait pu engager un mercenaire ? L’avantage du mercenaire était qu’il obéissait tant qu’il était sûr d’être payé, certains étant plus fourbes que Xia, la possibilité que l’un deux eut été employé pour tuer le message n’était pas à exclure. Mais il existait aussi les inconvénients ; fonctionnant dans leur propres intérêt, et n’étant rattaché à aucun royaume, le mercenaire avait peut-être déjà pris la poudre d’escampette… ou avait été tué, pour « x » raisons. Il lui faudrait un peu fouiner dans toute la paperasse pour savoir qui était entré et qui était sorti du royaume depuis le départ du Messager.

Le son de la voix du jeune homme la fit reprendre ses esprits, et elle se redressa à son tour, resserrant autour d’elle la cape qui la couvrait. Oui, elle le savait. Liu Biu savait qu’il prenait des risques considérables, et qu’elle lui demandait peut-être plus que ce qu’il pouvait lui apporter. Beaucoup auraient tourné le dos au Premier Ministre après cette demande, car, quelle que soit la paye, si l’on finit mort, l’argent n’a plus d’importance, n’est-ce pas ? Mais Xia restait, ou du moins, il tenterait de l’aider davantage. Même si elle ne put saisir le sens de sa fin de phrase, elle n’était pas contre l’idée ; après tout, n’était-ce pas là la moindre des choses ? Restait à savoir ce que lui pensait réellement. L’esprit de cet homme était brumeux sur de nombreux points, aux yeux de Liu Biu. Elle ne parvenait pas à déceler ses véritables intentions ni ses songes…


N’ayant plus prononcé un seul mot, la jeune femme resta dans son coin d’ombre, observant le mercenaire quitter le lieu. Ce serait à elle de lui donner une piste. Ses recherches à l’intérieur de la cour pourraient les faire grandement avancer, encore fallait-il qu’elle cherche au bon endroit. Après une bonne dizaine de minutes où elle s’adonnait encore à la réflexion, le Premier Ministre sorti lentement de la ruelle, prenant garde à ce que personne ne la suive. Aurait-elle le temps de dormir ? Non ; à vrai dire, ce rapide entretient lui avait donné une nouvelle énergie et son envie de vite en finir avait pris une place bien plus importante. Ce n’était plus qu’une question de temps… Le peuple ne tarderait pas à découvrir que ce « retard » du messager n’était pas dû au hasard, et les rumeurs deviendraient des affirmations qui mettraient Funan et Sizheng en danger. Les ennemis sont nombreux. Face au complot, Liu Biu ne voyait d’autres alternatives que d’en avertir Xing He, le Premier Ministre de Funan. Si elle ne l’avait jamais rencontré, elle avait cependant entendu beaucoup de bien à son sujet. Un homme particulièrement respecté, dont la sagesse et le sang-froid n’étaient plus à démontrer. Il entendrait probablement ces nouvelles d’une oreille moins fougueuse que celle de son Roi, même s’il n’était pas stupide. (Macaque 8B)
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