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 Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]

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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Mer 28 Oct - 21:05

« Attention au vase ! »

Le souffle retenu, Liu Biu se crispa attendant le moment fatidique où le vase se briserait par terre. Mais par chance, Li Mei avait des réflexes incroyables et pu rattraper, à bout de bras, l’objet de collection qui appartenait à l’un de leur généraux. Délicatement, il fut reposé sur son socle, et les soupirs de soulagement purent se manifester ; mais les deux vilaines pintades rebelles (8D) n’avaient pas le temps de s’attarder sur ce lieu, et entreprirent donc de filer d’ici à toute vitesse.

Si cela n’avait été que la seule et unique bourde qu’elles avaient failli commettre, l’on aurait trouvé ceci normal. Malheureusement, l’excitation de l’une et le stress de l’autre les rendirent beaucoup plus maladroites que la normale, et nombreuses furent les erreurs qu’elles enchaînèrent à commencer par pouffer de rire en entendant un garde lâcher un pet dans son armure, qui lâcha après ça un commentaire du style « ouh, il était temps que ça sorte ! » . Manquant de se faire repérer, elles avaient très rapidement pivoté et changé de direction, quitte à ce que le chemin soit plus long. Durant le trajet, elles avaient pu imaginer pendant quelques secondes l’incroyable capacité des voleurs et autres truands à se fondre dans le décor, et ce n’était pas chose aisée.

Ce ne fut qu’à la sortie du château qu’elles s’accordèrent le droit de rire un peu, et tout de suite, le stress de Liu Biu s’envola. Il était clair que pour elle, cette toute première folie la marquerait à vie et qu’il lui faudrait en profiter, car peut-être cela ne se reproduira-t-il jamais. Les deux jeunes femmes, avançant dans les rues, suivaient des groupes de gens qui semblaient aller au même endroit. Leur façon de se tenir laissait quelques personnes assez perplexes, et leur gestuelle aussi. S’en rendant bien vite compte, elles tentèrent d’imiter les gens devant eux, en vain ; on aurait davantage dit des canards que des femmes. L’une des personnes devant elles se retourna et constata l’étrange démarche qu’elles avaient adoptées ; pensant qu’il s’agissait là d’une provocation, le groupe au complet leur avait demandé si elles se trouvaient drôles. La réponse était évidemment « non », mais en de pareilles circonstances, mieux valait ne pas débattre et se faire petit. Liu Biu attrapa la main de Li Mei et s’éloigna du groupe, accélérant le pas.

« Quand on a l’habitude d’être le centre d’attention, il est dur de se faire passer pour une ombre, n’est-ce pas ? La furtivité n’est pas dans nos cordes dirait-on. » chuchota le Premier Ministre.

Enfin, l’Opéra était en vu. Cet immense bâtiment, probablement le plus beau après le château, était éclairé de mille feux. Les gens se bousculaient déjà à l’entrée, et certaines personnes étaient même venues déguisées en leur idole ; quel spectacle vraiment loufoque. Liu Biu, aux côtés de Li Mei, s’était arrêté pour vérifier qu’elle n’avait pas perdu sa bourse de Jade, avant de rejoindre son amie pour faire la queue. Devant eux, la foule était totalement euphorique ; il y avait même des groupes d’enfants qui s’amusaient à reproduire les spectacles qu’ils avaient déjà vu, et le Premier Ministre ne pu que rester admirative.

« Ils sont mignons. »

Qu’elle profite. Aucune des deux n’avait la moindre idée de ce qui les attendrait, une fois à l’intérieur. Un coup de chance, ou de malchance, elles le sauraient bien assez tôt. D’autant plus que les gens à proximité les reluquaient d’une façon assez étrange, l’air de se dire « mais c’est qui ces deux-là ? »…

Le temps était long. La file d'attente aussi. L'impatience se faisait ressentir chez pas mal de gens, mais Liu Biu demeurait toujours dans son petit monde, un peu à l'ouest des évènements qui se déroulaient autour d'elle. Le côté trop sérieux de la demoiselle avait reprit le dessus et depuis un moment elle songeait aux évènements récents, encore. Soucieuse du bien être de sa Reine, elle posa un regard inquiet sur elle, mais fut soulagée de la voir si pétillante.

« Cela faisait un moment que je ne vous... que je ne t'avais pas vue si souriante, Mei. »
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Wang Li Mei
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Sam 31 Oct - 19:43

Leurs pérégrinations les avaient conduites au-dehors du Palais et les deux beautés de Sizheng savouraient l'air extérieur. Li Mei était toute excitée et ne devait qu'à des années d'apprentissage de l'étiquette de rester calme et sereine. C'était si bien, la ville, malgré ses odeurs pestilentielles et la vulgarité de ses habitants. Oh oui, elle se sentait renaître.
Et puis, le fait même d'avoir réussi à sortir du château sans provoquer une crise de nerfs généralisée, des hallucinations collectives ou l'effondrement des bâtiments était déjà un petit miracle en soi. C'était amusant, être incognito; la jeune Reine songea qu'elle devrait le faire plus souvent. Cela lui permettait de mieux connaître la vie de ses sujets, de toute façon; tout comme les habitudes hygiéniques un peu étrange de certains de ses servants. L'envers du décor leur avait déjà permis, au cours de leurs promenades passées, quelques bonnes découvertes. Mais Pintade numéro une et Pintade numéro deux n'en étaient pourtant pas au bout de leurs surprises.

L'air du soir parfumait doucement d'iode les rues agitées, presque fiévreuses, de la capitale. Les discutions allaient bon train chez les passants et les commerçants, sous l'œil intrigué mais ravi de nos deux damoiselles. Si Liu Biu avait pu être angoissée par l'idée de cette sortie, Li Mei ne l'avait jamais été, bien qu'elle ne pouvait se calmer. Sa joie était trop grande; elle trépignait sur place.
Les deux « fugueuses » attirèrent maintes fois l'attention sur leur accoutrement si décalé par rapport à leurs manières princières; et l'une de ces mésaventures donna au Premier Ministre l'occasion de philosopher sur leur condition.

« Quand on a l’habitude d’être le centre d’attention, il est dur de se faire passer pour une ombre, n’est-ce pas ? La furtivité n’est pas dans nos cordes dirait-on. »

Ces quelques mots chuchotés firent glousser la jeune fille aux cheveux bleutés. Rire trop fort aurait pu passer pour de la moquerie envers les gens qu'elles venaient de vexer et elle ne pouvait pas vraiment se le permettre. Au fond, même les simples paysans avaient leurs codes et leur politesse... Il ne fallait froisser personne.

« Il faut croire que c'est le cas; enfin, nous manquons juste d'entraînement. » Li Mei allait ajouter une proposition plus ou moins sérieuse sur l'emploi d'un « Professeur de Gens du Peuple » au Palais lorsque la vue de l'Opéra, coupant son petit souffle, finit aussi sa réponse.
L'esplanade du théâtre était noire de monde; cela grouillait, littéralement, dans tous les coins. Enfants, vieillards, mères de famille ou simples badauds : toute la ville était là. Les jeunes adolescentes déguisées en Qing Yi surprirent beaucoup notre amie impériale; la première fut suffisamment ressemblante pour lui mettre le doute, mais elle tiqua sur les suivantes. Certaines de ces pauvres créatures, boudinées ou bronzées, faisaient peine à voir dans leur vaine tentative de ressembler à la vertueuse enfant du royaume.

Si Liu Biu trouvait ce spectacle ravissant et instructeur, Mei était bien loin de toute considération nécessitant une quelconque connexion neuronale. Il y avait tellement de monde, tellement de vie ! La foule se bousculait, les gens s'invectivaient, se saluaient... Les hommes se donnaient de grandes claques dans le dos, les femmes gloussaient comme des enfants et les plus jeunes criaient, courraient et faisaient moult bêtises pour patienter.
Car de la patience, il en fallait, surtout pour cette jeune Pintade Rebelle surexcitée ! Sa compagne d'aventure ne put d'ailleurs s'empêcher de le lui faire remarquer.

« - Cela faisait un moment que je ne vous... que je ne t'avais pas vue si souriante, Mei.
- Hé bien, tu sais, Biu, je crois que j'ai trop travaillé, ces derniers temps. » Répondit la jeune fille en souriant, le « parler populaire » lui semblant plus aisé de minute en minute. «  Enfin, tu dois te détendre aussi, hein. Toutes ces rumeurs et tous ces problèmes nous touchent à fond, mais ce soir, ce doit être l'éclate totale ! »

Son langage tout de même un peu alambiqué fit rire un de ses camarades de la file d'attente; un jeune soldat en permission, à son uniforme. Il lui fit vaguement penser à Tien Yu, qui lui manquait affreusement; et elle décida d'entamer la conversation, prétendant venir d'un pays au-delà de la mer avec sa jolie cousine que voilà. Toute à son personnage de fille du peuple, la demoiselle ne se formula pas des remarques parfois un peu gaillardes de son interlocuteur.
La discussion fit au moins passer le temps de l'attente sans douleur; puis les jeunes gens devant eux passèrent les gardes à l'entrée, après s'être plains du prix des billets. Ils crièrent au Premier Ministre et à leur Reine qu'ils espéraient bien les revoir à l'intérieur, et Mei les salua d'un grand signe de la main. L'ouvreuse l'arrêta alors, lui demandant la somme relativement haute d'une vingtaine de Jade. Mais les poches de la jeune fille étaient vides, et elle se retourna vers Biu, l'air interrogatif. Le Premier Ministre avait parlé de l'inviter, non ?
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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Sam 14 Nov - 23:15

Le monde pourrait s’écrouler sous ses pieds, jamais Liu Biu ne cesserait de réfléchir, d’étudier chaque chose qui l’entour. Une qualité, tout comme un défaut ; constamment en train d’analyser, elle pouvait s’avérer indécise et douteuse envers les autres. Mais ce soir, sa concentration était axée sur le comportement du peuple, qui agissait avec une telle énergie qu’elle trouvait épatant de voir ces rayonnements jaillirent du cœur des enfants, alors que ces derniers semblent beaucoup plus calmes pendant la journée. D’un autre côté, un évènement comme celui-ci était devenu rare avec la guerre ; aussi Liu Biu espérait-elle pouvoir se rendre à l’opéra plus souvent, grâce à la trêve. Mais le souvenir des complots refit surface…

«… Enfin, tu dois te détendre aussi, hein. Toutes ces rumeurs et tous ces problèmes nous touchent à fond, mais ce soir, ce doit être l’éclate totale ! »


Les yeux ronds comme ceux d’un poisson, Liu Biu fixait sa petite Reine avec consternation. D’où sortait-elle pareil langage ? Le pire était que ces mots semblaient être sortis par réflexe, comme s’il était normal qu’une reine parle de la sorte. Le Premier Ministre de Sizheng sembla soudainement s’arrêter de vivre, tant son immobilité était inattendue. Mais le rire d’une personne derrière leur duo la sortit de son état second, et elle remit pied sur terre. Ah, oui, elles étaient au milieu de leur peuple sans qu’aucun d’entre eux ne sache qui elles étaient…
Le soldat, malgré que Liu Biu n’oublie pas leur déguisement, lui parut trop familier avec Li Mei. Les sourcils froncés, elle leur tourna rapidement le dos, comme une pintade dont on vient d’insulter le plumage. Ce comportement quelque peu inapproprié interpella un ami du soldat, qui vint se planter devant Liu Biu, tentant probablement une sorte de numéro de charme avec un sourire colgate, qui laissa pourtant la jeune femme aussi rigide qu’un iceberg. Mais loin de se décourager, il poursuivit la discussion, avec un enthousiasme assez déroutant ; peu à peu, Liu Biu se détendit et vint même à rire de ses jeux de mots, se surprenant à apprécier cet humour quelque peu… vaseux.

Enfin arrivés à l’entrée, le groupe se sépara et les hommes entrèrent, offrant de grands sourire aux deux jeunes femmes. Sans trop s’attarder sur eux, l’ouvreuse réclama les vingt Jade pour les laisser entrer ; Liu Biu ne se le fit pas dire deux fois, et malgré la somme qui pouvait paraître importante, elle n’en fit aucune remarque sortit d’une de ses poches une petite bourse, dans laquelle se trouvaient leur monnaie ; elle paya, et trouva soudainement que sa bourse avait le ventre bien creux, limite tout flasque. Entrant dans l’Opéra, aucune des deux n’eut le temps de s’attarder sur le prix, tant la beauté des lieux était captivante. La tête levée afin de contempler le plafond, Liu Biu remarqua le visage de plusieurs comédiens forts talentueux peints avec un soin tout particulier. Avançant de quelques pas, elle prit doucement la manche de Li Mei et la tira pour réclamer son attention.

« Regarde… »

D’un mouvement de tête, elle lui indiqua un tableau, qui représentait leur étoile de Sizheng, Qing Yi. Grandeur nature, s’il vous plait. Stupéfaite par la beauté du tableau -l’acteur était en pleine contemplation d’un magnifique ciel étoilé- une bonne foule s’était arrêtée pour le regarder et le commenter.
Le temps passait bien plus vite qu’on ne l’imaginait ; Liu Biu et Li Mei durent rapidement entrer dans la pièce principale, afin d’y retrouver leur place. Celles au premier rang étaient déjà prise, mais au second, elle pu en distinguer six ou sept de libres.

« Vite, dépêchons-nous, il y en a devant ! »

Entraînant son amie avec elle, toutes deux dévalèrent les escaliers afin d’avoir ces places, qui partiraient sûrement très vite une fois que la seconde vague de spectateurs arriverait. Les fesses posées sur un siège confortable, Liu Biu regarda le premier rang, et contata qu’il n’y avait que des gens qu’elle connaît grâce à leur statut ; des nobles, des stratèges, quelques chevaliers reconnus pour leur talent, et autres riches de Sizheng. Ces places devaient coûter cher. Enfin, cela dit, le deuxième rang n’était pas mal non plus. Très enthousiaste à l’idée du spectacle qui allait bientôt commencer, Biu se retourna vers Mei et lui prit les mains.

« J’ai hâte ! Je sens que l’on va se régaler ! »


De chaque côté de l'une d'elle, deux places étaient encore libres. Nul doute qu'elles seraient bientôt entourées d'hommes... x)


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Wang Li Mei
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Dim 15 Nov - 16:54

L'excitation qui habitait notre jeune Reine, première pintade du pays, était à son comble. Elle trépignait, ne tenant plus en place. C'était l'impression que lui donnait chaque minute : qu'elle n'allait pas s'en remettre, que son corps et son cœur allaient exploser. Chaque micro-évènement de cette soirée était un pas de plus vers cet état d'extase, chaque découverte lui faisait penser « Oh ! Il faut que je sorte plus souvent. , chaque surprise la faisait presque couiner de joie, et elle tirait la manche de Liu Biu, piaillant : « Regarde ! Regarde ! ».
Où était la sage étudiante, lectrice du traité de mathématiques et soucieuse du bien-être de son peuple ? Elle dormait, tout simplement, au fond de la poitrine d'une enfant dont on avait volé les premières joies. Mei, la fille du peuple, avait prit ce soir la place de sa Majesté, et comptait bien en profiter.

Car il y avait beaucoup à voir, à découvrir, à sentir et à écouter; beaucoup plus qu'elle ne l'aurait cru ou imaginé. A l'intérieur du théâtre, les murs blanc crème et rouge écarlate étaient réhaussés de dorures que des lustres eux-mêmes couverts de feuilles d'or faisaient briller de mille feux. Le personnel de l'opéra était vêtu d'uniformes bordeaux, et plusieurs gardes tentaient de maintenir un semblant d'ordre dans la foule en délire. Tous, ici, se mêlaient, riches et pauvres, femmes et hommes, vieux et enfants... Tout Sizheng était en pâmoison devant ses acteurs et ses chanteurs. Leur portraits, peint dans des couleurs chatoyantes, ornaient les façades de l'opéra avec une grâce presque sensuelle.
Un attroupement s'était formé devant celui, particulièrement impressionnant, de Qing Yi. L'étoile du pays, la Vertueuse, s'y laissait admirer dans toute sa splendeur. Heureusement que Liu avait attiré l'attention de Mei sur le tableau. Le peintre avait délicatement vernie son œuvre, de sorte que l'idole du Royaume semblait être auréolée d'un voile presque divin. Sa beauté n'avait pas de pareille et en cet instant, Li Mei comprit l'adoration que vouait le peuple, et les peuples des contrées alentours, à la perfection absolue de Qing Yi.

Oh; elle l'avait déjà entendu au Palais, bien sûr; mais cette image, vénérable et louable, donnait au chanteur une aura de gloire et de beauté qui envoya dans les cordes la confiance que la jeune Reine avait en son propre physique. Si cet acteur était plus beau que Liu Biu, mais où allait-on ?
En parlant de Liu Biu, le Premier Ministre tirait déjà Li Mei par l'épaule. Hein ? Quoi ? Ah, oui, s'asseoir ! Le spectacle allait commençait; les premières bougies s'éteignaient déjà dans la salle principale, ne laissant que la scène d'illuminée. Sans trop savoir comment, la souveraine se sentit happée vers celle-ci et se retrouva assise sur un des confortables sièges de velours, au deuxième rang. Les premières places étaient réservées aux nobles, elle le savait bien, et tira la langue à une vieille courtisane alambiquée qui lui avait réservé un regard noir. La pauvre dame, toujours à cheval sur l'étiquette, aurait bien été en peine de savoir sous le nez de qui elle venait de claquer son éventail !
Li Mei laissa s'échapper un petit rire discret, alors qu'une deuxième fournée de spectateurs entraient derrière eux.

Les instruments commencèrent à s'accorder en coulisse. La souveraine ne tenait plus et elle serrait fort, très fort la main du Ministre dans la sienne. Ce geste lui était venu naturellement, comme une expression physique et sincère de sa joie. On vint s'asseoir à côté d'elles, mais la jeune fille n'accorda pas un regard aux inconnus. Toute son attention était destinée au décor, que le rideau venait de se lever : un lac enchanté, que traversait un pont de pierre et où semblait nager un dragon. Au loin, un autre dragon semblait dormir, enroulé au sommet d'une montagne.
Trop excitée par cette situation, la Reine ne vit pas le message évident que risquait de lancer la pièce.

« Biubiu ! » Glapit telle, petite pintade roucoulante, « Biubiu ! Regarde, ça commence ! Ca commence enfin ! On va le voir sur scène ! On va voir Qing Yi !! »

Mais les trois coups annonçant le début de la pièce ne venaient pas...
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Lu Zaizhuan
Lu Zaizhuan
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Mar 17 Nov - 21:39

Le hasard était quelque chose d’étrange. On pouvait passer des années à soupirer après quelque chose, mais alors même qu’on n’espérait plus pouvoir l’obtenir, être soudain mis en sa présence. Lu Zaizhuan avait senti son cœur bondir, son estomac se nouer. Qing Yi. Tout s’était soudain éclairci. « La jeune fille » n’était pas une jeune fille, justement : c’était un homme, et pas n’importe lequel. Un comédien de l’Opéra. De l’Opéra ! C’en était presque ironique. Un sourire désabusé naquit sur les lèvres du seigneur de Funan. C’était peut-être là le signe qu’il attendait depuis si longtemps ! Il serra les rênes un peu plus fort ; Lan Bao ne sembla pas s’en offusquer.
Sans attendre plus longtemps, et sans laisser le temps au jeune comédien de sauter à bas de sa monture, il éperonna les flancs du cheval, qui reprit aussitôt une allure plus soutenue en direction de Sizheng. Les champs défilèrent sous leurs yeux. Peu à peu, la glorieuse et paisible capitale du royaume ennemi sembla se rapprocher d’eux. Le cœur de Zaizhuan battait maintenant la chamade. Il n’avait prévu aucune excuse pour se rendre à l’Opéra mais, sans le savoir, Chen Lee lui offrait une occasion en or. Il ramènerait le garçon là-bas, et avec encore un peu de chance, il pourrait voir Qing Yi et lui parler. Ah, si les choses pouvaient se passer comme dans ses rêves... Il lui suffirait alors de tendre la main, et Qing Yi y glisserait la sienne, et il l’attirerait contre lui, et le comédien se blottirait dans ses bras... Ah, ce serait... parfait...!
Avant d’entrer dans la capitale, il aida Chen Lee à descendre et posa lui aussi pied à terre. Ainsi, on ne leur poserait aucune question lorsqu’ils passeraient les portes de Sizheng. Dans un coin de son esprit, Lu Zaizhuan remercia Xing He. Ses bons conseils avaient été utiles : habillé simplement, Lan Bao sanglé de cuir et non couvert de sellerie décorée, il pouvait passer pour un voyageur parmi beaucoup d’autres. Les gardes ne firent pas obstacle. Quelques instants plus tard, le seigneur de Funan marchait dans les rues de la capitale de Sizheng comme si de rien n’était.

« J’ai l’impression d’être venu il y a plus d’un siècle... », murmura-t-il pour lui-même.

L’angoisse le saisissait peu à peu tandis qu’ils approchaient de l’Opéra. Et s’il s’était trompé sur toute la ligne ? Si ses rêves, au final, n’avaient été que ce qu’ils étaient réellement : de simples rêves ? Si Qing Yi n’éprouvait rien pour lui, que ferait-il ? Cette perspective ne l’avait jamais effleuré durant ces deux dernières années, sans doute parce qu’il vivait loin de Qing Yi et que le problème ne se posait pas. Mais à présent qu’il était si proche du but, il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il ferait s’il devait essuyer un refus. Il n’avait pas non plus la moindre idée de ce qu’il lui dirait quand il le verrait.
Nerveux, inquiet, il ne s’aperçut pas qu’il ralentissait peu à peu l’allure. Il avait peur. Lui qui s’était battu, qui avait affronté les soldats de Sizheng, qui avait croisé la mort plus d’une fois, redoutait d’être mis en présence de celui qu’il désirait le plus.
Lorsqu’ils arrivèrent devant l’Opéra, il hésita plus encore. Une pièce n’allait pas tarder à débuter, mais il n’osait pas rentrer. Qing Yi devait être prêt à jouer. Maquillé, costumé, sur le point d’incarner son rôle, de devenir la Vertueuse... de chanter... Lu Zaizhuan rêvait de l’entendre, de le voir, mais il redoutait tout le reste. Serrant la bride de Lan Bao, il resta un moment près de l’entrée, ne sachant pas quoi faire. Il était évident que le roi de Funan n’oserait pas faire un pas de plus si personne ne l’y forçait. N’était-ce pas un comble, lorsqu’on savait qu’il était venu juste pour retrouver celui qu’il aimait ?

« Vous voilà arrivé, dit-il enfin à Chen Lee, le regard rivé sur l’entrée de l’Opéra. Je crois qu’on vous attend... »

Un peu de courage, Lu Zaizhuan. Un peu de cran. Il attacha la bride de Lan Bao à une rambarde de bois et inspira profondément. Ce n’était plus le moment de reculer. Prenant son courage à deux mains, il pénétra à l’intérieur de l’édifice. Il ne trouva pas la force de pénétrer plus avant dans la salle, mais resta debout, non loin de la porte. Il avait une vue imprenable sur la scène. De là, il verrait Qing Yi, sans aucun doute. Qing Yi le verrait-il ? Le reconnaitrait-il ? Il l’espérait et le craignait à la fois.
Mais alors qu’il patientait, le cœur battait à tout rompre, il ne se doutait absolument pas que quelqu’un d’autre que Qing Yi, dans cette salle, pourrait imaginer qui il était en réalité.

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Xing He
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Lun 21 Déc - 0:41

C'est habillé en mercenaire, et en portant la même tenue que celle qu'il arborait le jour ou il avait franchis pour la toute première fois les portes immenses du château de Funan que He emprunta la grande route qui mène à la frontière avec leur pays voisin, le cœur battant à tout rompre et l'esprit fort préoccupé.

Peu après le départ de son roi, suite à leur discussion pour le moins agitée, He prit immédiatement les dispositions nécessaires pour que celui-ci ne se fasse pas remarquer lors de sa disparition et qu'il puisse également circuler facilement jusqu'à Sizheng sans se faire repérer. Il avait fait relever la garde de la route principale un peu plus tard que d’habitude, laissant le passage libre pour son roi. Il avait également trouvé un subterfuge pour que lui et son souverain ne soient dérangés ‘sous absolument aucun prétexte ’ feignant d’avoir une réunion de la plus haute importance avec un de ses espions du royaume de Sizheng revenus de mission.

Ensuite, il revêtit une tenue aussi simple que celle qu’il portait lorsqu’il résidait au village de Chenlan, alors qu’il s'interrogeait encore sur le camp à choisir.
Des cheveux sobrement noués en chignon, coiffés comme ceux des soldats et un bandeau de couleur neutre pour cacher sa cicatrice le rendaient absolument méconnaissable pour quiconque ne le connaissait pas personnellement ou de longue date. Le premier ministre souriait de son déguisement, cette tenue lui rappelait le temps ou il n’était encore qu’un simple archer dans l’armée de Funan et que son fidèle ami Su venait de s’engager avec lui sous les ordres du tout jeune prince Zaizhuan.

C’est ainsi que perdu dans ses pensées il fit le chemin qui menait à Sizheng sans s’en rendre compte, et ce n’est en levant les yeux sur le large édifice qui s’élevait devant lui qu’il sortit de sa torpeur pour se rendre compte qu’il était arrivé devant l’opéra de la ville portuaire.

La rue était pratiquement vide, tout le monde était déjà renté à l’intérieur semblait ’ il, et il ne restait que quelques infortunés , trop pauvres pour se payer un ticket d’entrée, qui devraient se contenter d'observer la foule se presser à l’intérieur, habillé de leurs plus belles tenues, puis d’attendre que le spectacle commence pour espérer en entendre le léger murmure qui parviendrait peut être, malgré les épais murs décorés, à s’échapper et venir résonner en dehors de l’opéra dans la petite rue qui lui faisait face.

Heureusement pour le premier ministre, la pièce avait du retard et elle n’avait toujours pas débuté quand il mit pied à terre, attachant son cheval et reconnaissant Lan Bao, le fidèle destrier de son roi, bien plus sobrement équipé ce soir-là que d’habitude. Hé ne pus s’empêcher de réprimer un léger soupir ainsi qu’un sourire de soulagement, Zaizhuan avait beau être dans les nuages, il écoutait encore un peu ses bons conseils et savait rester vigilant quand il le fallait.

Le jeune homme, gravit rapidement les quelques marches du perron de l’établissement et, marchant doucement pour pouvoir observer tout ce qui l’entourait et repérer tout ce qui aurait pu lui permettre de fuir en urgence avec une ou deux personnes, entra à l’intérieur pour y rester immobile quelques instants. Le premier ministre avait beau être sur ses gardes et habiter dans un cadre prestigieux, les décors et la disposition de l’opéra avaient de quoi couper le souffle à n’importe qui.

C’est un vieil homme courbé et vêtu de couleurs criardes qui le sortit de sa contemplation en l’apostrophant avec une petite caisse de pièces, réclamant dans un patois assez semblable à celui parlé par les commerçants de Chenlan , qui lui réclamait le prix du billet puisqu’il venait d’entrer dans l’opéra et semblait vouloir assister à la représentation. He ne se fit pas prier et ne voulant surtout pas se faire remarquer, porta une main à sa bourse et en sortit assez de pièce pour payer une des plus belles places que l’opéra pouvait offrir. Sans écouter le vieil homme qui lui expliquait qu’il n’y avait déjà plus de place et qu’il devrait rester debout sans pour autant lui rendre sa monnaie, il prit le billet qu’on lui tendait et se dirigea vers une des deux entrées qui permettaient de rejoindre la grande pièce de représentation, afin de pouvoir observer la scène de loin curieux tout de même de découvrir qui était ce fameux acteur qui avait réussi à faire ainsi tourner la tête de son roi.

C’est là dans la pénombre qu’il prit place, debout contre un mur proche de la sortie, main sur son épée cachée sous sa robe, prêt à dégainer s’il le fallait, et cherchant son roi du regard dans la salle qui venait de s’éteindre ou d’où l’on entendait les premières notes du spectacle qui commençait.

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Yuan Liu Biu
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Mer 23 Déc - 15:25

Comme lorsque la beauté du ciel étoilé vous rend aveugle à toute autre chose, Liu Biu était littéralement hypnotisée par le spectacle qui s’offrait à elle. Bien assise dans son fauteuil, elle avait les jambes croisées, les mains délicatement posées dessus ; mais son regard était rivé sur la scène et n’en bougeait plus. Ses yeux se délectaient de voir les danses et interprétations des acteurs, ses oreilles savouraient le chant de ces talentueux êtres. Tout le spectacle était d’une beauté à couper le souffle. Les décors étaient éclatants de couleurs, tout comme les costumes, et la lumière vive de la scène, provoquée par quelques gens dotés de magie, suivait l’évolution de chaque personnage. Le public ressentait tant la colère des peuples de Funan et Sizheng, que la détresse du jeune couple qui fuyait en direction des dragons, l’un après l’autre.
Définitivement, Qing Yi était d’une grâce et d’un talent incomparable. Chacun des sons qu’il produisait prenait Liu Biu au cœur, le caressant lors des belles retrouvailles, faisant couler des larmes quand il mimait la mort de la Princesse. Et quand enfin les Dragons s’animèrent, probablement joués par plusieurs personnes, l’admiration pu se lire dans chacune de ses pupilles. Subjuguée par la magie du spectacle, le Premier Ministre de Sizheng n’aurait pu songer à quoique ce soit d’autre.
Vint la dernière scène. La plus dramatique. Celle où, rongés par la haine, les deux peuples s’unirent à la guerre, et livrèrent un combat sans merci. La main de Liu Biu serra son vêtements, et elle se mordit la lèvre, sentant sa propre colère monter en elle. Comment ignorer la mort de ces deux êtres ? Comment rejeter la faute sur autrui quand on est soi-même responsable de nos pertes ?

Jamais elle n’aurait imaginé qu’un tel spectacle aurait été donné ce soir-là. Comme un rappel à l’ordre, comme une tentative de dissuasion des rebelles qui désiraient la guerre. Comme si les acteurs avaient voulu transmettre leur dégoût de la guerre et leur amour de la vie ; Liu Biu se sentait frissonner de la tête aux pieds. Applaudissant avec conviction lorsque les acteurs vinrent saluer le public, elle imita bon nombre de gens et se leva, pour mieux les féliciter de leur exploit. Reprendre ce récit n’était pas chose aisée, mais l’Opéra de Sizheng n’était pas le plus reconnu pour des broutilles. Ils avaient là de véritables artistes, des gens irremplaçables. Et une fois de plus, Qing Yi avait été le plus brillant de tous, celui qui aura le plus marqué les esprit par une interprétation que l’on qualifierait de divine.

La grande salle commença peu à peu à se vider. Les gens délaissèrent peu à peu leur place, mais Liu Biu refusait de bouger. Elle attendait, tout comme Li Mei, que tout le monde parte avant d’aller féliciter en personne la troupe. Ils étaient tous des gens de confiance et probablement qu’aucun d’entre eux n’avait imaginé qu’ils avaient joué devant leur Reine -et le Roi de Funan. Le sourire aux lèvres, la jeune femme murmurait tout plein de chose à son amie et Reine, ne cessant de rayonner. Elles étaient aux anges. Jamais un spectacle n’avait été aussi poignant à ses yeux, jamais elle n’avait autant versé de larmes pour un opéra. Un Opéra ? Non, ce soir, cela avait été bien plus qu’une simple pièce.

Se levant finalement de son siège, le Premier Ministre de Sizheng remarqua finalement quelque chose d’étrange. Un homme, près des portes, semblait attendre quelque chose. Se penchant légèrement vers Mei, elle lui désigna du regard les deux hommes et chuchota.

« Il ne te dit pas quelque chose, celui-là ? »

Se laissant aller à la réflexion pendant quelques instants, elle finit par s’approcher doucement l'homme, se débrouillant pour garder Li Mei derrière elle. Il était beaucoup trop suspect pour qu’elle laisse la Reine passer devant. Glissant dans son champ de vision, elle se racla la gorge et arbora un joli sourire qui, lorsqu'elle reconnu le visage de cet intrus, sembla se crisper et devenir figé. Évidemment, qu’il lui disait quelque chose, celui-là.

« Par le Dragon des Eaux… Vous… »

La surprise, parfaitement lisible sur son visage, l’avait aussi bloquée dans sa réflexion. Voir le Seigneur de Funan ici même était plutôt inattendu ! Les seules fois où elle l’avait vu avaient été sur le champ de Bataille, quelques années auparavant, et lors de la décision de la trêve. Devenue entièrement silencieuse, elle gardait cependant une certaine dureté dans son regard, traduisant parfaitement son inquiétude et sa suspicion vis-à-vis de l'étranger.


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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Lun 28 Déc - 0:07

La prestation de Qing Yi était la plus parfaite que Lu Zaizhuan eut pu jamais voir. Alors que, la dernière – et seule – fois où il l’avait vu, cela n’avait duré qu’une fraction de seconde, aujourd’hui il pouvait l’admirer. Il ne pouvait détacher son regard de lui. Le moindre clignement d’yeux lui était insupportable. La voix de Qing Yi était parfaite, sa grâce, voluptueuse... Il aurait voulu pouvoir monter sur scène, sécher ces larmes sur ce visage, serrer ce corps contre lui, comme il le faisait dans ses rêves. Il eut presque une impulsion en avant, lorsque le comédien s’effondra sur la scène. Le cœur de Zaizhuan battait la chamade. Il suffisait d’un pas en avant, et Qing Yi le verrait peut-être alors. Et s’il le voyait, le reconnaîtrait-il ? Avait-il seulement rêvé une seule fois de lui durant ces longs mois ?
Il s’avança vers la scène lorsque la lumière revint. Il devait parler à Qing Yi, maintenant. Il n’avait plus la patience d’attendre. Il devait savoir si ce qu’il ressentait depuis ces longs mois était partagé ou non. Si la réponse était négative, il rentrerait à Funan et on ne le verrait plus jamais ici. Ou peut-être enlèverait-il cet homme pour le soustraire à tous les autres regards. Cela déclencherait une nouvelle guerre... mais il ne se sentait pas d’humeur raisonnable. Il se vit montant sur la scène, prenant la main du comédien, l’entraînant loin des regards, loin de cet homme qui osait lui prendre la main de cette façon. Il se vit seul avec lui, dans un lieu connu de lui seul, au cœur des montagnes de Funan. Il se vit, penché au-dessus de son corps... Il pouvait bien être égoïste, tout de même. Il ne l’avait jamais été : Funan avait toujours été la seule chose importante. Mais à présent, Lu Zaizhuan désirait quelque chose de personnel.
Au dernier instant, il se ravisa cependant. Il ne pouvait pas risquer la paix et renier tout ce qu’on lui avait appris depuis son plus jeune âge. Et tandis qu’il revenait à sa place, le seigneur de Funan se maudit de ne pas avoir plus de courage. N’importe qui aurait cédé à ses désirs. Mais le roi le pouvait-il ? Sans doute pas. Condamné à partager sa vie avec des femmes magnifiques qui l’aimaient, tandis que lui se languissait d’un homme. D’un étranger.
La façon dont l’autre comédien lui tenait la main laissait un goût amer dans la bouche de Zaizhuan. Il aurait voulu être à sa place, mais il fallait croire que ce n’était pas sa destinée. Et pourtant... après tout ce temps, il était de nouveau tout proche de lui. Il n’avait qu’à monter sur la scène. Il n’avait qu’à...

Il se figea lorsqu’un visage tout autre lui cacha la sublime vue qu’il avait de là où il était. Il ne tarda pas à le reconnaître, tout comme la voix qui l’accompagna. Lu Zaizhuan se raidit. Durant un instant, il songea à fuir, mais le flot de personnes qui quittaient la salle l’empêchait de prendre une issue. Yuan Liu Biu. De toutes les représentations que donnait la troupe de l’Opéra de Sizheng, il avait fallu qu’il tombe sur le jour où le Premier Ministre venait admirer les comédiens ! Si ce n’était pas de la malchance...!

« Je ne suis pas venu en ennemi, souffla-t-il pour qu’elle seule entende. Laissez-moi partir. Personne n’a besoin de savoir que je suis venu ici. »

Au fond, il ne croyait pas du tout que le Premier Ministre le croirait. Ce n’était pourtant que la stricte vérité. Il n’avait cherché à offenser personne : il se tenait tout près de la porte, sans oser avancer vers l’objet de ses pensées. Il avait pourtant besoin de sa présence. Si seulement il avait pu savoir...

« Laissez-moi parler à Qing Yi et je partirai. Je ne demande que cela. Je ne viens pas pour vous causer des problèmes. »

Il ne pouvait rien exiger, bien sûr. Il n’était absolument pas en position de force. En territoire ennemi, personne n’aurait osé braver les forces en présence. Et si Yuan Liu Biu était là, il y avait fort à parier que Wang Li Mei elle-même pouvait être dans la salle, ce qui n’arrangerait pas les affaires de Lu Zaizhuan. Il poussa un soupir, croisa les bras sur sa poitrine. Elle ne pouvait tout de même pas être bornée. Il ne demandait pas grand chose. Juste quelques instants avec le comédien. Juste un peu de solitude avec lui, juste pour savoir, juste pour lui avouer. Et si la réponse était négative... Il ferma les yeux une seconde, pour oublier ce qu’il venait de penser. Si la réponse était positive, tout changerait entre Funan et Sizheng. Tout serait... si parfait qu’il en avait le vertige.
Il regarda la jeune femme sans se détourner. Il était roi de Funan, pas n’importe quel adolescent qu’elle pouvait se permettre de gronder parce qu’on l’avait surpris là où il ne devait pas être. Ce n’était pas une déclaration de guerre et elle serait forcée de le reconnaître. Droit comme un i, Zaizhuan ne chercha aucun secours. D’une part parce qu’il n’avait aucune idée de la présence de Xing He dans la salle, et d’autre part parce qu’il n’était pas dans son caractère de compter sur les autres. La foule se dissipait, à présent. Il aurait aisément pu fuir. Mais c’était déjà trop tard. Empli d’un nouveau courage, Lu Zaizhuan regarda en direction de Qing Yi. Le comédien l’avait-il enfin vu ? L’avait-il reconnu ? Ressentait-il lui aussi le besoin d’être seul en sa présence, de lui parler ; avait-il des choses à lui avouer ? Le cœur du roi de Funan battait la chamade, mais il ne partirait pas avant d’être tué ou de le savoir.

« Je vous jure par le Dragon des Montagnes que je ne lui ferai aucun mal, continua-t-il d’une voix sourde. Je n’en ai que pour quelques minutes. Et s’il refuse de me recevoir, je partirai. Je vous le jure, sur le Royaume de Funan. »

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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Ven 22 Jan - 0:16

Qing Yi n’était qu’à quelques mètres de lui. Malgré la présence de Yuan Liu Biu en face de lui, qui l’empêchait de voir le comédien, Lu Zaizhuan savait qu’il n’avait que deux ou trois pas à faire pour se retrouver près de celui qui hantait toutes ses pensées. Il aurait pu faire n’importe quoi pour obtenir ce qu’il demandait, aussi bien se mettre à genoux que poignarder celle qui lui barrait le chemin. Parler à Qing Yi, seul à seul. Il se doutait que c’était une requête folle. Le Premier Ministre de Sizheng lui refuserait très probablement cette faveur ; quant à Qing Yi lui-même, pourquoi aurait-il accepté de parler à un inconnu ?
Les idées de Zaizhuan s’entremêlèrent lorsqu’il entendit une voix qu’il reconnut immédiatement. Il l’avait entendue tant de fois, dans ses rêves. Il avait discuté avec cette voix, l’avait entendue gémir dans ses plus brûlants songes. Il sentit son cœur battre la chamade, son estomac se noua. Qing Yi. Qing Yi se rapprochait. Il suffisait d’un pas, d’un geste.
Et leurs regards se croisèrent. À cet instant, Lu Zaizhuan fut persuadé qu’il n’était pas le seul à avoir cru, et espéré, durant ces deux dernières années, qu’ils se reverraient enfin. Qing Yi le regardait comme s’il avait sous les yeux une personne qu’il avait attendue durant des mois. De là à imaginer que, tout comme lui, Qing Yi s’était épris d’une ombre croisée au détour d’un chemin, à qui il n’avait jamais adressé la parole, il n’y avait qu’un pas, que le seigneur de Funan franchit aussitôt. Bien sûr ! Au cours de ces derniers mois, ils avaient tous deux attendu ce moment où ils se retrouveraient enfin. Il n’était pas le seul dont les sentiments avaient grandi.
Transporté à cette idée, il leva un regard plein d’espoir vers Qing Yi. Sa beauté était sans pareille. Il aurait donné n’importe quoi pour un instant de solitude avec lui. Depuis ce rêve qu’il avait fait, si réel, au bord du Changmin, il n’aspirait plus qu’à cet instant. Il esquissa un sourire, pâle et hésitant, mais doux.

« Si vous voulez bien m’accorder un instant, dit-il d’une voix bien plus assurée qu’il ne l’aurait imaginé en pareilles circonstances, je vous promets de ne pas abuser de votre temps. J’ai juste besoin de vous dire quelque chose qui ne concerne que vous. »

Peu importait ce que dirait Qing Yi après qu’il lui eût avoué ses sentiments. Lu Zaizhuan accepterait le refus et la honte qui s’ensuivraient, s’il se trompait. Il avait juste besoin de quelques minutes seul avec Qing Yi. Il avait déjà maintes fois imaginé ce qu’il lui dirait s’il avait un jour la chance de le retrouver. Les « je vous aime » et autres « j’ai besoin de vous » se bousculaient déjà dans son esprit, se jetaient contre ses lèvres en espérant les franchir. Non, pas devant ces femmes. Aucune ne devait entendre. Ces mots n’étaient réservés qu’à celui qu’il désirait.
Il leva un regard plein d’espoir vers le comédien. S’il l’aimait, lui aussi, il ne pourrait refuser. S’il l’aimait comme Lu Zaizhuan le croyait, il l’emmènerait quelque part où ils pourraient être seuls, parler, se toucher. Il avait attendu deux années, et à présent qu’il était si proche du but, il n’était plus sûr de rien. Ou plutôt, d’une seule chose : il aimait l’homme qui se tenait en face de lui, maquillé ou pas, vêtu des atours d’une femme ou non. Si Qing Yi partageait ses sentiments, alors...
Il se tint digne, le visage impassible en dehors de ce sourire qu’il n’adressait qu’au comédien. Il ne dirait rien devant Wang Li Mei et Yuan Liu Biu. Il était faible, vulnérable, sûrement pas en position d’exiger quoi que ce fut, mais il avait son honneur. Il se montrerait fort. Il serait digne de Qing Yi. Si ses sentiments risquaient de provoquer la guerre, alors il partirait avant qu’elle ne se déclenche, mais le comédien saurait ce qu’il éprouvait. Il lui suffisait alors de répondre que lui aussi et tout serait bien plus simple. Ou pas.

« Je ne vous ferai aucun mal, promit-il. Je veux juste vous parler. S'il vous plaît. »

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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Dim 7 Fév - 15:33

La présence du Seigneur de Funan en Sizheng pouvait être perçue comme une déclaration de guerre ouverte. Ils avaient signé une trêve, et non une paix, ainsi les allers et venus dans chacun des territoires était promptement interdits sans autorisation officielle. Le regard de la jeune femme demeurait totalement impassible et d’une froideur surprenante ; quel genre d’homme était-ce pour réclamer une trêve et venir ensuite s’infiltrer dans le royaume anciennement ennemi ? Était-il ici avec un but particulier, un but néfaste qui aurait comme effet celui d’une bombe dans une chaumière ? Les premiers mots prononcés par le Seigneur Lu Zaizhuan firent tiquer la jeune Premier Ministre, qui n’était visiblement pas convaincu des explications faiblardes qu’il lui fournissait. En tant que Seigneur de Funan, il lui aurait simplement suffit de demander à Wang Li Mei une autorisation pour pouvoir se rendre à l’opéra et ainsi regarder la pièce pour qu’il puisse y aller sans avoir besoin de se camoufler. Pourquoi prenait-il autant de risques ?

Et quand enfin il lui déclara vouloir parler à Qing Yi, Liu Biu détacha son regard du Seigneur pour glisser vers l’estrade, guettant le comédien. Se connaissaient-ils ? Cela ne lui semblait guère possible, étant donné que le seul passage de Zaizhuan à Sizheng ne lui avait pas laissé le temps de vagabonder dans les rues. Probablement l’avait-il déjà vu, certes, mais rien de plus. La jeune femme reposa son regard sur Zaizhuan et ne perdit rien de sa dureté. L’homme se redressa, cette fois-ci avec beaucoup plus d’allure. Qui était-elle pour regarder ainsi un seigneur ? Elle n’était rien d’autre qu’une fervente protectrice de Sizheng, et aussi de Li Mei. Il n’était pas dans ses habitudes de se montrer si froide, limite sans cœur, mais le monde de la politique réclamait bien souvent ces attributs afin que l’on ne se fasse pas marcher sur les pieds. Liu Biu inspira, s’apprêtant à lui souffler de partir, que sa présence en ce royaume pouvait créer des remous que ni lui ni elle ne désirait. Mais encore, il la devança, et jura même sur le Dragon des Montagnes que ses intentions étaient totalement pacifistes. La détermination de l’homme était intrigante. Qu’est-ce qui pouvait bien le pousser à vouloir parler à Qing Yi ? Etait-il un de ses admirateurs ? Cela ne l’étonnerait guère, mais pourquoi se déguiser ? Pourquoi vouloir se faire aussi discret ? Liu Biu ne comprenait pas.

A croire qu’elle n’avait pas le droit à la parole, la demoiselle se fit une nouvelle fois stoppée dans son élan ; la voix douce de Qing Yi se fit entendre, et elle se retourna. Le Comédien était là. Bon sang, est-ce qu’on la laisserait en placer une, ne serait-ce que pour demande ce qu’il se trame ? Qing Yi eut un hoquet de surprise quand il vit qui demandait à le voir. Le jeune comédien semblait le connaître ; comment cela était-ce possible ? Liu Biu ne comprenait définitivement plus rien. Zaizhuan demandait à voir Qing Yi, déguisé en homme du peuple ; Qing Yi acceptait de le recevoir, et fut surpris de voir de qui il s’agissait ; Etait-il possible que le Seigneur de Funan ait plus se glisser ainsi à Sizheng, sans que personne ne s’en aperçoive ? Est-ce que Qing Yi savait de qui il s’agissait ? Et qu’est-ce qui pouvait les unis pour que tous les deux affichent une mine surprise ? Liu Biu fulminait d’avoir autant de questions sans une piètre réponse.

Elle baissa les bras et se contenta de faire la muette, lâchant juste un faible soupir en signe de lassitude. Avait-elle le pouvoir d’interdire Qing Yi d’accorder un moment de tranquillité avec un inconnu ? Elle ne désirait pas froisser le Comédien, et elle pouvait très clairement voir dans leur regard que tous les deux avaient un lien beaucoup plus profond que ce qu’elle pouvait imaginer. A les voir, non, le Seigneur de Funan ne représentait aucunement un potentiel danger pour Sizheng. Pas sur le coup. Pas maintenant. Mais elle devrait songer à éclaircir certaine chose avant qu’il ne s’en aille, tel une ombre. Qing Yi demanda à se que personne ne les dérange, et la jeune femme ne pu que lui accorder cette intimité.

« Qu’il revienne ici une fois votre entretien terminé. »

Soulagé d’avoir pu prononcer enfin une phrase, elle les regarda s’éloigner, avant de se décaler et regarder Li Mei, qui était restée silencieuse tout le long de l’échange. Le Premier Ministre de Sizheng s’inquiétait un peu, ne sachant pas ce qu’ils allaient dire ou faire, mais elle faisait confiance au Comédien. Qui plus est, des soldats encerclaient constamment l’Opéra, ce qui rendait une fuite totalement impossible. Les sourcils froncés, la jeune femme eut un faible sourire qui se voulait rassurant envers sa Reine, mais elle-même ne savait quoi penser de tout ceci.


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Xing He
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MessageSujet: Re: Les Pintades et les Macaques contemplent l'étoile... [xD]   Lun 10 Mai - 19:24

Tapi dans l'ombre, le premier ministre avait assisté au spectacle un sourire triste sur les lèvres et un pincement au cœur.

Sourire affable et amusé d'abord en observant les deux dragons qui ornaient la scène avant de prendre vie, interprété par de nombreux danseurs de talent, rassuré de voir que les deux peuples, bien que divisés avait tout de même gardé une profonde attache à cette culture qui leur était pourtant commune en en laquelle ils avaient toujours foi.
Pincement au cœur ensuite, car c'est ce soir-là qu'il comprit pourquoi son roi avait succombé aux charmes de l'étoile de Sizheng. L'acteur fit preuve de tant de grâce, de beauté, de conviction dans l'exercice de son art, pourtant si dur, que même le premier homme politique du pays, pourtant réputé pour son sérieux et son cœur prétendument froid, fût touché par le désespoir de cette princesse légendaire dont il connaissait si bien le tragique destin… trop bien peut-être.
A cette pensée, le jeune homme reprit son visage de glace. Plus jamais cela.
Il s'était mis au service de son roi pour que cela ne se reproduise justement plus jamais… et entendait bien réussir sa mission. Dut-il y laisser sa propre vie s'il le fallait !

Le spectacle prit fin. La torpeur et l'obscurité firent place à la lumière et aux éclats de voix de la foule qui acclamait les comédiens qui veinaient saluer plusieurs fois leur public. Puis le calme revint peu à peu tandis que la salle se vidait, peu à peu.
De nouveau en alerte, He surveillait le flot quitter la salle. Tentant de repérer la silhouette de son roi, afin de savoir quel allait être son prochain mouvement . Il ne restait plus grand monde… Quelques-uns des membres du public se dirigeaient vers la scène pour saluer les artistes, d'autres encore attendaient un quelconque partenaire avant d'emprunter eux aussi la porte de sortie et finalement il ne resta plus qu'une poignée de gens.

Au milieu de la salle maintenant presque vide ; une femme à la beauté et au maintien bien trop distingué pour être une simple femme de bourgeois se figea, presque interdite, pour dévisager une personne à l'autre bout de la salle. Le regard d'abord attiré par l'éclat de l'inconnue puis par son expression, suivant la direction de son regard, He reconnus aussitôt la silhouette de son roi et sans vraiment réfléchir, décidât de s'en approcher le plus possible, de façon à pouvoir intervenir rapidement s'il le fallait, mais aussi de pouvoir entendre la discussion qui allait suivre.
La suite fut rapide… quelques échanges qui ressemblaient plus à une supplication qu'à une négociation afin d'obtenir une audience, puis l'objet de la discussion s'approchant, fit s'accélérer le tout.
Soudainement, c'est l'étoile de Sizheng qui mit fin elle-même à la discussion en attrapant le roi étranger par la manche et en l'entrainant dans les coulisses où ils disparurent sans que personne n'ait vraiment eu le temps de réagir ou d'y émettre une opposition. Laissant là les deux jeunes femmes béates, et immobiles, peu habituées à êtres interrompues de la sorte.
Une brève expression de courroux était venue perturber la beauté du visage du premier ministre de Sizheng, car c'est bien d'elle qu'il s'agissait, He l'avait reconnu, malgré le peu de fois où ils avaient pût se rencontrer, l'homologue de Funan se souvenait avoir eu affaire à ce visage si doux malgré ce caractère si ferme. Ayant du mal à appréhender la situation la jeune femme donna quand même un ordre simple, mais ferme.

C'est quand il la vit reprendre contenance et se radoucir qu'il choisi de faire les derniers pas qui les séparait. Après avoir approché les deux femmes, il fit une révérence appuyée et se présentât avec la franchise d'une personne qui souhaite démontrer son honnêteté et les convenances que l'étiquette et le protocole imposaient quand deux membres haut placés d'un gouvernement se rencontraient.
Les salutations d'usages faites, il proposa d'apporter quelques explications au comportement fougueux et irrévérencieux de son roi.
S'inclinant encore une fois en signe de pardon, il précisa qu'ils étaient là en paix, mais aussi incognito puis expliqua plus calmement pourquoi le roi était venu puis s'excusa encore une fois, espérant faire ainsi oublier l'attitude peu conventionnelle de son supérieur.

Il répondit ensuite patiemment aux questions dont la première dame du royaume voisin le bombardait sans ménagement.
Oui, le roi connaissait déjà Qing Yi.
Oui, le roi est juste un fervent admirateur et souhaite juste présenter ses respects au comédien.
Oui, le roi est venu sans prévenir… c'est qu'il hésitait, avait trop peur qu'on lui refuse la permission ou qu'il soit pris dans un piège, et finalement le roi est parti sans prévenir, même sa propre garde rapprochée.
Oui, He, son premier ministre, est le seul à être venu avec lui, pour le surveiller...
He réclama juste d'accorder l'audience que son roi venait de demander, de façon surement maladroite, mais sans aucune mauvaise intention, c'est assuré.
Il en fit la promesse, quand le roi aura fini ils repartiront tous deux sans se faire remarquer et ne mentionneront jamais cet incident, ils ne sont pas venus pour cela et d'ailleurs si cela pouvait rester secret également au sein de Sizheng ce serait surement mieux pour les deux royaumes, non ?

D'humbles excuses données en nombre, des explications données avec franchises et une intention toute démontrée de ne pas vouloir nuire, finirent par payer et apaisèrent les soupçons ainsi que l'emportement des deux femmes.
Et d'ailleurs l'opéra n'a t'il pas démontré ce soir que les deux royaumes ont tant besoin de mettre un terme à cette guerre qui n'a duré que trop longtemps? Une période de trêve est toujours si fragile à maintenir, autant ne pas perturber cet équilibre si éphémère...
Les excuses et explications furent reçues et acceptées avec montre de bonne volonté
Un accord fut trouvé… et le roi étranger dès qu'il réapparaitra rentrera immédiatement chez lui et tout cela bien sûr ne se reproduira pas…

Une fois l'accord passé, la discussion interministérielle se dissout pour laisser place à un silence… long... lourd… qui devient bientôt plus pesant à chaque instant qui défilait.
Depuis combien de temps sont-ils partis déjà ? Ne vont-ils donc jamais revenir ?
La politesse, si ce n'est la pudeur laissa le temps filer encore un peu jusqu'à inquiéter les deux têtes de l'administration et bientôt un acteur qui passait par là fut envoyé toquer à la porte de l'acteur pour donner des nouvelles et interrompre cette entrevue qui devenait bien trop longue et qui bafouait les règles de l'hospitalité qui avait été accordée avec beaucoup d'indulgence malgré une certaine réticence et une méfiance toute justifiée.

Soudains, des cris, d'abord sourds, puis bientôt assourdissants, transpercent le silence. L'acteur revint dans un état de panique peu rassurant, suivit d'autres membres de la troupe tout aussi affolés.
-Qing Yi a disparut! Et son visiteur secret de même !
Un instant de flottement dans la salle contrasta avec le mouvement et les cris qui émergeaient de derrière la scène.
-Qing Yi a été enlevé !! Cria l'un!
-On l'a tué ! cria l'autre !
Les décors devinrent flous, l'air soudain lourd, pesant et presque aussi irrespirable que les volutes d'un poison tandis que la sa salle semblât se rétrécir et se transformer en un sombre cachot de prison comme celui qui pourrait maintenant menacer d'accueillir le premier ministre de Funan, pourtant lui aussi incrédule et tout aussi perdu que son homologue de Sizheng
L'atmosphère de tension ayant maintenant atteint son paroxysme, la salle est devenue muette aux oreilles des deux premiers ministres qui échangent un regard perdu. Que croire ?

En un instant les soldats envahirent l'immense salle et se frayèrent un chemin parmi les allées des sièges.
Un moment plus tard le premier ministre étranger est désarmé et entouré de deux soldats aux carrures plus épaisses que délicates.
La est reine rapatriée expressément au château et l'étranger mis aux fers dans un des nombreux appartements luxueux d'habitude réservés aux hôtes de marque, en attendant qu'une décision soit prise. Pendant ce temps, la rumeur enfle et se propage sur toute la ville pendant la nuit avant d'aller embrasser la campagne et les environs au petit matin.

L'enquête du lendemain apportera une réponse à tout ceci : la fuite.

Aucun signe de combat, pas de violence ou même la moindre pression…
Juste un petit bout de papier griffonné dans l'urgence par la vertueuse, déposé sur sa coiffeuse et tombé à terre suite à l'agitation de la nuit précédente.
D'autres excuses, et une autre explication. D'une simplicité et d'une candeur désarmante.
Les deux jeunes gens se sont simplement enfuis ensemble… ils s'aiment… ils reviendront...

~~~~~~


L'histoire terrible allait-elle se répéter ?

Qing yi, après avoir joué son rôle avec tant de ferveur et de talent avait-il pu imaginer qu'il serait à la même place que la princesse de Sizheng et le roi de Funan avait-il songé un jour marcher ainsi dans les pas de son propre ancêtre ?

Iraient-ils eux aussi implorer les dragons de leur apporter leurs soutiens pour enfin réunir leurs pays respectifs ? Et leur fin serait-elle aussi tragique ?

L'opéra avait pourtant réussi la veille à toucher les cœurs, à inspirer le pardon et la paix dans les cœurs d'une des capitale de ce royaume. Cet espoir naissant allait-il mourir comme tous les autres ? Cette guerre était-elle donc vraiment sans fin ?

...

La suite dans l'enceinte du palais de Sizheng...

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