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 Le soupir des roses qui se fanent [Lu Jin]

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Min Lan Hua
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MessageSujet: Le soupir des roses qui se fanent [Lu Jin]   Sam 31 Oct - 8:55

Une main en visière pour se protéger de la lumière trop vive du soleil, Lan Hua leva les yeux vers le ciel clair, dénué de tout nuage, de cette après-midi ensoleillée. Jamais la lumière du jour ne lui parut aussi vive qu’aujourd’hui. Elle savait bien qu’elle n’était pas plus vive qu’à l’accoutumé, c’était elle qui avait changé, c’est tout. C’est fou, celons votre manière d’être, de penser ou de voir les choses, votre vision du monde pouvait changer du tout au tout. C’était ce qu’elle constatait, un petit sourire aux lèvres, tandis qu’un de ces majestueux oiseaux de proie fendait le ciel avait une élégance souveraine. Un de ces princes du ciel. Elle se demanda un instant ce que cela faisait de pouvoir voler si haut. On devait se sentir plus grand, plus libre. Il parait que le monde vu d’en haut parait moins misérable et semble s’étendre à l’infini. Elle continua d’observer le vol de l’oiseau roi jusqu’à ce que celui-ci ai disparu dans l’horizon lointain et infini, se perdant dans ses souvenirs d’un passé si proche et si lointain à la fois.

Mais ce n’est qu’illusion, le monde à sa part de misère même si on ne la voit pas toujours. Et puis, mieux vaut ne pas se laisser bercé par une illusion aussi douce soit-elle sinon on perdra de vue ce qui est vraiment important. Je me souviens qu’un jour, Hui Xiang m’a dit que les dieux voulurent résumer les charmes de la femme en un seul, mais qui fut le plus essentiel et mirent dans son regard tout l’infini du ciel. C’était là de bien belles paroles qu’il m’eut dite, mais sans doute ce ciel qui réside dans nos yeux de femme, fut-il comme nos cœurs : aussi changeant qu’un ciel d’automne

Un petit air nostalgique vint voiler les traits gracieux de la jeune femme qui ferma les yeux un instant, laissant la brise tiède caresser sa peau et jouer avec ses cheveux de jais, dont seules les mèches de l’avant étaient tirées en arrière en un élégant chignon orné de deux épingles à cheveux dorée et décorées, un bijou en or finement ciselé et un ruban de soie rouge. Le reste de sa luxuriante chevelure de jais restait libre à danser avec le vent. Elle ne portait pour bijoux qu’une paire de boucle d’oreilles d’or ornées de petites pierres rouge et un collier d’or également. Ses habits, une longue robe en soie rouge, recouverte par une tunique de soie blanche qui se dégradait vers un rose perle aux extrémités et dont les manches s’élargissaient à partir du coude. Les pans de tissus des larges manches donnaient l’illusion d’être les pétales d’une rose de Chine et flottaient dans le petit vent d’après-midi. Sa taille était enserrée d’une large ceinture rouge à motif dorés. Du maquillage, elle avait comme à son habitude les lèvres peinte d’un rouge-rosé pâle, un trait de crayon noir rehaussant son regard et un très léger fard à paupière d’amarante clair.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle porta son regard d’argent scintillant mêlé à un vert d’eau éclatant, sur les jardins du château de Funan. La mélancolie s’envola de sa figure angélique et une petite lueur amusée dansa dans ses yeux à l’étourdissante profondeur. Oui, le monde paraissait vraiment différent celons l’angle duquel on le regarde. Avant il lui paraissait si distant et si petit. Si terne et froid aussi. Mais à présent elle en avait une vision différente, plus chaleureuse. Il lui semblait plus proche, plus imposant, empli de senteurs, de couleurs et de sons. Tellement différent que celui dans lequel elle s’est entêtée à vivre tant d’années durant. Avait-elle été sotte d’obstinément fermé les yeux sur ce monde qui après seconde observation avait aussi ses bons côté ? Peut être, peut être pas, l’important étant sans doute de pouvoir, non, de décider d’ouvrir les yeux à un moment donné. Si la vie n’est pas tendre et que peut être le ciel lui-même a un enfer, il y a des choses qui méritent indéniablement d’être vécues, jusqu’au bout. Jusqu'à la fin du chemin.

Si on prend la vie comme une aventure et un défi à la fois, alors tout va bien… On peut continuer d’avancer sans perdre sa détermination et ses buts en cours de route. Après tout, à quoi bon prendre la vie au sérieux quand on sait que quoi qu’il arrive on n’en ressort pas indemne

Sur cette pensée, elle s’avança dans les jardins de Funan dans lesquels elle venait d’arriver, un sourire serein et une lueur vivace au fond de ses envoûtantes prunelles. Du bout des doigts, elle faisait jouer de son ombrelle qui tourbillonnait doucement derrière sa tête. Elle déambulait rêveuse parmi les fleurs et la luxuriante végétation qui composait les jardins du château. Les rumeurs prétendant que le royaume de Funan possédait les plus beaux jardins de tous les royaumes de Jade, n’étaient pas exagérées. On aurait facilement pu se croire au beau milieu d’un paradis perdu. Si son précédent royaume eut possédé ne serait-ce qu’un dixième de l’enchanteresse beauté de ces jardins elle aurait été comblé. Ce n’était pas un royaume de jardiniers comme disait souvent la reine mais un qui fondait sa puissance sur le commerce et la guerre.
Elle continuait de se promener d’un pas léger parmi la végétation et les fleurs des plus diversifiées. Elle avait l’allure charismatique d’une femme véritablement « belle », à tout les sens du terme, ayant trouvé sa sérénité. Une beauté emplie de secrets. Il est vrai que depuis qu’elle avait décidé d’aller de l’avant elle se sentait beaucoup plus sereine. Ces jardins, non, Funan en lui-même lui rendait la faisait se sentir en harmonie. Elle était en paix avec elle-même. Une paix qu’elle n’avait pas connue depuis longtemps, et pourtant… Pourtant il y avait toujours cette rêverie mélancolique en elle. L’amertume du passé dont on ne se débarrasse jamais vraiment.
Le cours de ses pensées arrêta ses pas, et son regard se fit lointain un instant. Elle chassa tout ceci dans un coin de son esprit et ses yeux furent attirés par quelque chose qui gisait au sol. Une yuè jì, une rose de chine. La fleur rouge-rosée, gisait là, au sol. Encore éclatante de beauté et pourtant agonisante car privé de la sève qui lui était vitale. A la fin de ce jour, elle ne serait plus. Existence aussi éphémère que celle des humains, mais bien plus pure, plus innocente et plus belle aussi. Elle se pencha alors pour ramasser la fleur et en caressa les contours veloutés du bout des doigts.

N’y a-t-il personne pour entendre le soupir des roses qui se fanent ?

Un sourire attendrit sur le bout des lèvres, une impression de tranquille assurance et de maîtrise de soi, d’un geste élégant et précis, piqua la fleur dans son petit chignon. Le geste à peine achevé, un bruissement d’étoffe attira son attention. Elle se retourna pour se trouver face à une autre rose qui l’avait approchée durant sa lointaine rêverie. Une rose emprisonnée de glace. Elle gratifia la nouvelle venue d’une révérence et tout en inclina la tête elle murmura deux mots :

« Ma Dame… »

Celle qui se trouvait présentement à ses côtés, n’était nulle autre que la princesse de Funan surnommée à juste titre sans doute « la Princesse de Glace ». Si pour Lan Hua, la princesse des lieux faisait figure d’un personnage charismatique entrevu de d’ici et là avec quelques très rares échanges – notamment des politesses -, elle n’avait jamais eut l’occasion ou plutôt, ne s’était jamais donné l’occasion d’en découvrir plus d’elle-même sur l’énigmatique jeune femme. A part son nom, son surnom très joliment trouvé et le fait qu’elle eut perdu elle aussi son époux à la guerre, elle n’en savait guère plus sur cette femme qui possédait elle aussi une beauté et un charisme à faire pâlir plus d’une…


Dernière édition par Min Lan Hua le Mer 10 Fév - 17:54, édité 1 fois
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Min Lan Hua
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MessageSujet: Re: Le soupir des roses qui se fanent [Lu Jin]   Sam 7 Nov - 20:06

A sa révérence, une gracieuse inclinaison de la tête et un sourire qui semblait bienveillant répondirent. Lan Hua pouvait deviner dans les yeux sombres de la princesse de Funan ou « la Princesse de Glace » comme il était de notoriété publique de la surnommer, une pointe de curiosité qui lui semblait destinée. C’était d’ailleurs bien là, une des seules choses que l’on pouvait véritablement deviner sur le royal visage. Comme elle songea-t-elle distraitement, avait reçu la meilleure éducation possible pour son rôle de princesse. Enfin, Lan Hua n’avait été que l’épouse du défunt futur seigneur de son ancien royaume.
La jeune femme ne se demanda alors, que très brièvement ce qui pourrait pousser la princesse du royaume à venir l’aborder d’elle-même, avant de ce souvenir qu’il ne pouvait y avoir que trois raisons à cette impromptue « visite ». L’une était tout simplement le hasard : la princesse pouvait se balader dans les jardins et être venu vers elle sans but précis, ni même peut être dans le but d’engager une conversation. Après, elle avait pu être curieuse vis-à-vis d’une nouvelle figure avec laquelle elle n’avait pas encore eut de réel contact… Et finalement, il y avait cette dernière raison, celle qui faisait que dans son ancien royaume déjà on venait l’approcher par curiosité ou pour tenter sa chance : les rumeurs. Elle n’avait ici pourtant rien fait de spécial mais elle devait avouer que même ne prêtant pas attention au monde qui l’entourait, les regards pas toujours discrets et les murmures incessants venant titiller ses oreilles à l’ouïe fine, ne pouvait la tromper. Les ragots à son sujet, à son seul passage ou à sa seule apparition allait bon train et allaient montants, toujours alimentés par de nouvelles sottises.
Cela piqua tout de même la curiosité de la jeune femme à cet instant. Si les rumeurs à son sujet étaient parvenues jusqu'à la princesse, lesquelles étaient-ce et en quoi avaient-elles plus influencé la princesse sur sa manière de la voir. Ce n’était pas la de l’inquiétude. Nullement. C’était de la curiosité doublé d’une pointe d’amusement. N’avez-vous jamais remarqué que lorsqu’une personne entend les rumeurs que vous laissez comme un sillage après votre passage, avant même de vous avoir rencontré en personne, cette personne ne pourra s’empêcher de garder à l’esprit ce qu’elle a entendu précédemment de vous lorsque finalement vous vous rencontrez. Alors maintenant elle se demandait, si des rumeurs étaient parvenues aux oreilles royales et ce qu’il en avait été conservé dans un petit recoin d’esprit.
Dans les rumeurs de son anciens royaume, elle avait eu droit à tout ou presque : d’une déesse des plus divines, tombée des cieux à un atroce démon sorti tout droit des enfers. Les rumeurs influençant le plus souvent la manière de se comporter, de vous parler et de vous voir des gens, il y avait des moments (le plus souvent d’ailleurs) où s’était tout ce qu’il y avait de plus agaçant mais, il y avait aussi des moments ou s’était tout ce qu’il y a de plus amusant. Elle se souvenait d’ailleurs d’une scène toute particulière qui avait achevé de faire voir à ses détracteur, en elle une sorcière.

C’était une fin d’après-midi plutôt ennuyante de mes dix-sept and et en compagnie de mon mentor Ming Che, je faisais la conversation à un jeune fonctionnaire du palais qui bien que brillant et sympathique, n’était pas ce qu’il y avait de plus subtil en ce bas monde. En effet, Yuan Wei était partie ordonner que l’on prépare le thé que l’on comptait prendre tout les trois entre femmes pour clore cette après-midi pluvieuse sans que goutte d’eau ne tombe. Quand cette dernière revint vers nous, le jeune homme à qui je parlais me demanda subitement si comme on le disait depuis quelques temps, j’’étais une sorcière. Je sentis le regard courroucer de Ming Che se poser sur le pauvre garçon tandis que moins bien que surprise, je n’en laissais rien paraitre. Je ne m’en offensais pas au contraire, par une journée de tel ennui, j’aurais donné beaucoup pour pouvoir le rompre et la question impromptu du jeune fonctionnaire était tout ce dont j’avais besoin pour égailler cette fin d’après-midi. Je m’avançais donc vers lui, inclinant la tête sur le côté et un sourire amusé aux lèvres, plongeait mon regard dans le sien dès qu’il releva les yeux (qu’il avait sans douté baissés de gêne) et lui murmurais ces quelques mots dont je me souviens aujourd’hui encore parfaitement : « Et bien pourquoi ne reviendriez-vous pas demain me voir pour me dire si je vous ai oui ou non jeté un sort ? ». Sur ces mots, je m’étais retournée et allait vers Yuan Wei qui n’avait rien perdu de la scène et comme Ming Che à présent, avait bien du mal à dissimuler son amusement. Une fois que l’on était de retour dans les appartements de la princesse, les deux femmes avaient ri pendant de longue minute de cette petite « aventure ».
Le lendemain, alors que j'étais avec la princesse, ses suivantes, les suivantes de la reine qui avait pris congé et graciées de la présence de Hui Xiang, le jeune homme de la veille vint à moi comme je le lui avais suggéré. C’est ainsi que le rouge aux joues, les mains nerveuses, il m’avoua a mi-mot que je lui avais en effet jeté un sort car depuis hier soir où mon regard c’était posé sur lui, son cœur ne lui appartenait plus. J’étais restée de glace devint sa confession car étant d’une part des plus désintéressée et d’autre part, j’avais déjà un fiancé bien que ce n’était pas encore officiel à l’époque. D’ailleurs mon fiancé qui n’était autre que le prince n’apprécia guère de voir un homme se déclarer à moi juste sous ces yeux et le regard qu’il jeta au pauvre garçon était sans équivoque. Ce dernier ne demanda pas son reste et s’excusa rapidement pour disparaître sous le regard noir du prince. Je ne le revis plus, non pas que cela m’importait…


Depuis ce jour, ses détracteurs avaient gardé l’idée de la sorcière mais ils enrageaient chaque jour davantage voyant que de toute évidence rien ni personne n’arrivait à atteindre la jeune femme car certains hommes épris allait jusqu'à dire qu’ils n’auraient rien contre être trainés en enfer par une si jolie fleur du mal... Toute à ses pensée, Lan Hua se dit qu’elle avait ce jour là subtilisé et volé en toute conscience le cœur d’un innocent. Certains avaient dit que ce n’était pas le cœur mais l’âme qu’elle avait volé. Que d’idioties futiles. Si les gens avaient autant d’énergie à dépenser en sottises, ils pourraient en faire un usage plus pratique et intelligent.
Ce qui tira la jeune femme de ses réflexions fut son nom prononcé à mi-mot par nul autre que Lu Jin la princesse de Funan. Son nom n’avait été prononcé ni comme une interrogation, ni même vraiment comme une constatation. Il s’agissait en fait de la réponse à son « Ma Dame… », que prise dans sa rêverie, elle n’avait presque pas remarqué. Une chance qu’elle fut si bien entrainée à dissimuler chacune de ses émotions. Mais une chose était sure à présent : la princesse avait effectivement entendu parler d’elle par le biais des divers ragots qui courait a son sujet car elle n'avait pas souvenir de lui avoir jamais dit son nom elle-même.
La princesse détourna ensuite son regard d’elle pour le porter sur le plan de yuè jì qui se trouvait derrière elles. Elle regarda elle aussi les fleurs, dont une était à présent piquée dans sa chevelure, attendant que la princesse reprenne la parole. Ce qu’elle fit d’ailleurs quelque instant plus tard quand elle l’informa qu’elle était venu ici dans le but de voir comment se portait ladite plante. Elle lui demanda ensuite si elle avait quelque connaissance sur les plantes et ce qu’elle en pensait. Elle prit donc la parole pour répondre à la princesse tout en se tournant complètement vers les fleurs:

« Les yuè jì sont des plantes très résistantes. Leur parfum est riche et leur pétale donne au thé une fragrance délicate et rafraichissante. On peut aussi les utiliser pour parfumer le miel. Les fleurs, les feuilles et les racines ont également des propriétés médicinales. Elles soulagent les douleurs et régulent la circulation du sang. Les feuilles, les racines et ses fruits, en décoction, sont usés pour soigner les entorses et les plaies. Les boutons de ses fleurs sont usés pour les douleurs d’estomac et les gonflements… Des fleurs aussi belles qu’utiles. »

Elle se retourna à nouveau vers la princesse, ses cheveux virevoltant autour d’elle dans l’action, un sourire à la fois jovial et amusé aux lèvres. Elle enchaina presque immédiatement, en posant la question qui lui brulait les lèvres avec une douce curiosité.

« Et vous ma Dame, quelle est donc cette curiosité à mon égard que je vous devine ? Ce pourrait-il que les murmures sur moi, portés par le vent vous soient parvenus. Si tel est le cas je dois avouer que ma curiosité est piquée de savoir lesquelles parmi toutes ces rumeurs à mon égard vous sont parvenus, à vous, celle que l’on surnomme la Princesse de Glace. Sans offense bien sur. »

Elle inclina la tête en signe de respect une nouvelle fois montrant qu’elle savait bien là, qui se trouvait devant-elle. Elle releva la tête pour laisser son regard à la fois si clair et si sombre rencontrer celui de l’autre jeune femme, un sourire bienveillant au bout des lèvres, attendant la réaction de la princesse…
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Min Lan Hua
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MessageSujet: Re: Le soupir des roses qui se fanent [Lu Jin]   Mer 10 Fév - 19:04

Lorsqu'elle eut fini sa tirade, emplie d'une passion enjouée, sur les multiples rôles des yuè jì, elle put voir le sourire finement amusé de la princesse lorsqu'elle se retourna vers elle. Bien qu'amusé, ce sourire ne cachait cependant aucune moquerie, plus... un amusement surpris. Sans doute la jeune femme ne s'était nullement attendue à ce que Lan hua ne lui explique en détail les propriétés des roses de chine. Puis, sans un mot la princesse tendit une main d'un geste gracieux vers la plante, en effleura doucement les pétales pour finalement aller caresser avec délicatesse le revers des feuilles avant de laisser glisser ses doigts le long de la tige.
Tout en l'observant faire, elle laissa ses pensée dériver un instant avant que la princesse ne prenne doucement la parole. A ses yeux, le yuè jì lui semblait plutôt fragile. Aux yeux de Lan Hua, c'était une fleur encore jeune dont les pétales dégageait le parfum de l'innocence qui n'a pas encore connu les rudesses de son premier hiver. Ce rosier paraissait plus chétifs peut être aussi, parce que les autres yuè jì étaient plus vieux, avaient tous connu ces hivers qui à chaque fois pouvaient être leur dernier, et resplendissait de cette force vive des vainqueurs tant qu'ils le pouvaient... Au fond, les hommes et les fleurs ne sont pas bien différents, ce dont elle fit part à mi-mot à la princesse.

« Les fleurs ne sont pas si différentes des humains si ce n'est que leur cœur ne devient jamais laids... On ne nait pas forcément avec l'éclat d'une force vive, parfois elle reste cachée sans attirer l'attention pour s'épanouir lorsque son temps de briller sera venu. Ce yuè jì est jeune et ne connait pas encore les rudesses de la terre. La pluie qui bat les feuilles et les pétales, le vent qui mord et veut vous faire courber la tête, l'hiver qui veut vous voler votre chaleur et éteindre la lumière de votre vie... C'est quand on passe par ces épreuves que l'on devient plus fort et que l'on brille davantage parce qu'on s'est battu alors on le mérite, on à le droit d'être là et de se tenir fièrement. Alors ce petit rosier, quelle force peut-il bien cacher sous cet air chétif que lui donne sa jeunesse? Le temps nous le dira et il nous le montrera lui-même... »

Cette fleur menue est différente de moi... Elle se bat pour briller alors que moi j'ai toujours été couverte de la lumière. Je n'en désirais pas tant... Non en fait, je n'en voulais rien. Tout ce que je voulais pouvait paraitre futile surtout aux gens de mon rang pourtant, à mes yeux s'aurait valu tout l'or du monde, tout la gloire éternelle des dieux... Je suis quelqu'un de plutôt égoïste au fond... Je possède tout ce que beaucoup osent à peine imaginer dans leurs rêves les plus fous et moi j'en veux pas, je le dénigre sans un regard jeté en arrière... Pourtant même sachant cela, ça ne vaut rien pour moi et maintenant d'autant plus que ce que j'ai toujours voulu m'a été pris au fil du temps, me dépouillant de tout ce que j'avais de plus précieux au monde... Je voulais juste... savoir. Savoir ce que c'était d'être libre, l'insouciance, le bonheur et être aimée, mais toutes ces choses sont impossible désormais car la seule personne avec laquelle j'aurais voulu faire ça, je l'ai perdue... Pour toujours, la mort l'a emporté et j'ai maudit le monde. Quelle sottise... le monde n'est point responsable de la laideur des hommes, il la subit et en garde de profonde blessure lui aussi.

Dans ses yeux, une lointaine mélancolie était venue briller. Sur ses lèvres, se trouvait à présent le sourire de quelqu'un qui savait, qui avait déjà vécu beaucoup, vu et entendu trop parfois... Elle garda le silence quelques instants. La princesse l'observait avec soin et Lan Hua la laissa faire, un sourire serein aux lèvres. Elle ne manqua pas de remarquer l'amertume qui s'empara du sourire de la princesse avant de rapidement disparaitre et, n'eut-elle pas été si bonne observatrice, elle l'aurait manqué. Elle se dit alors que la première dame de Funan avait-elle aussi connu des hivers au froid mordant et sans pitié et que tout au fond de ces yeux sombres, ce cachait de lourds tourments qui ne laissaient aucun répit. Il est de notoriété publique que l'époux de la jeune femme était décédé à la guerre, alors peut être que comme elle, la princesse de Glace avait ouvert son cœur, jusque là bien caché, à l’abri de regards, à une personne qui en disparaissant dans les abimes de la mort, avait tout emporté avec elle... Puis, Lan Hua, chassant cette mélancolie d'un instant, avait posé la question qui lui brûlait les lèvres depuis que la royale personne l'avait abordée en murmurant son nom. Bien sûr, elle n'était pas surprise que l'on connaisse déjà son nom à la cours de Funan, mais ce qui attisait sa curiosité était le fait que la seule autre femme que l'on disait aussi inaccessible qu'elle, lui porte un quelconque intérêt. Sans compter du fait qu'il s'agissait de nul autre que la sœur cadette du seigneur des terres montagneuses de Funan.

Une fois sa question pétillante d'une audace tout en légèreté polie, la princesse de Glace retourna son attention toute entière sur elle. La princesse ne sembla s'offusquer de son audace à mi-mot et lui affirma qu'elle ne lui en voulait pas et trouvait légitime qu'elle veuille savoir ce que l'on pouvait bien dire d'elle. La princesse n'avait raison qu'en parti dans son affirmation. Elle se moquait bien des autres mais était juste curieuse de savoir ce que la princesse avait entendu murmurer d'elle et ce qu'elle en pensait. Une fois ceci dit, elle se mura dans un silence quelques instants et observa les alentours. Cherchait-elle quelque chose ou quelqu'un ou au contraire voulait-elle s'assurer qu'elles disposent d'un peu de tranquillité et d'intimité? Lan hua n'aurait su le dire, mais dans tout les cas, la jeune fille ne saurait y prêter grande importance car elle n'avait rien à cacher et jusqu'à ce jour, de ce qu'elle voulait garder pour elle, personne n'était parvenu à lui en arracher une miette. Puis, la princesse reprit la parole en l'invitant à reprendre la marche et se détourna pour déambuler dans l'allée, d'un pas lent et léger. Lan Hua la suivit pour marcher à ses côté de sa démarche gracieuse et aérienne. Bientôt, aux yuè jì succédèrent d'autres plantes mais la jeune femme n'y prêta guère d'attention, prêtant oreille attentive à la princesse de Funan qui venait de reprendre la parole pour commencer son récit...

Elle lui apprit qu'à peine s'était-elle installée à Funan que la première dame du royaume avait déjà connaissance de son existence et que l'entrée discrète était ratée si c'eut été son intention. Ça, elle l'avait bien remarqué elle-même, car à peine eut-elle franchit le seuil du château que tout les regards s'était posé sur elle et les murmures n'était emplis que d'elle. Tous avait vraisemblablement cessé leurs activités du moment pour lui porté un attention toute particulière dont elle se serait passée. La princesse lui avoua ensuite qu'on lui avait loué sa beauté, ce qui fit sourire avec amusement Lan Hua. Elle lui dit ensuite qu'elle avait demandé à ses dames de compagnie de lui faire part des différentes rumeurs qui courraient à son sujet, a titre informatif, ajoutât-elle. Peu importait la raison pour laquelle la princesse souhaitait connaitre les ragots la concernant, Lan Hua ne saurait en être offusquée, habituée aux curiosités qu'elle éveillait sans le vouloir.

La princesse ralentit alors le pas pour finalement s'arrêter et plonger son regard dans le siens. Lan Hua soutint le regard sombre de la princesse alors que celle-ci reprit la parole l'informant des deux rumeurs les plus folles qui circulaient à son sujet. La première était qu'elle avait eu plusieurs époux qui avaient tous connus une fin tragique aux circonstances troubles. Celons les dires de la princesse cette rumeur n'avait pas convaincu grand monde. Soutenant toujours le regard de la princesse, elle ne laissait rien transparaitre ni dans ses yeux, ni sur visage, ni sur son corps... Elle restait impassible et attendait que la princesse continue, il serait bien temps de s'exprimer quand cette dernière aurait fini son récit. Elle eut quand même une pensée amère à l'entente de cette rumeur.

Mais cette rumeur est des plus charmantes... Si j'avais vraiment eu divers époux dont je me serais débarrassé pour une raison ou autre, cela signifierait que j'aurais un but et il n'y aurait aucune raison pour moi d'errer dans ces montagnes trainant mon âme meurtrie comme un fantôme qui cherche le repos qui lui est refusé...

Elle sortit de ses pensées quand la princesse enchaina avec un air grave que l'autre rumeur était bien moins plaisante puisqu'on l'accusait d'être une espionne de Sizheng. Elle l'assura qu'elle ne croyait en de tels propos mais que ça pouvait devenir un affaire grave si une personne importante décidait d'y prêter oreille attentive et lui proposa même de chercher l'auteur de cette rumeur. Lan Hua le savait bien et à vrai dire elle avait elle-même entendu cette rumeur mais n'y avait prêté aucune importance et si quelque chose devait arriver et bien ça arriverait... La première dame de Funan lui adressa ensuite un sourire rassurant avant de reprendre, lui demandant de raconter à son tour ce qu'elle avait pu entendre sur elle, son frère et Funan en général. Alors elle prit la parole et décida de commencer par la note la plus joyeuse, c'est-à-dire les rumeurs dont elle eut vent sur Funan avant d'éclaircir le souci de la princesse concernant cette vilaine rumeur faisant d'elle une espionne pour un pays "ennemi".

« Je vais répondre à vos inquiétude ma Dame mais permettez moi de commencez par la note la plus joyeuse en commençant par répondre à votre question quand aux rumeurs de Funan qui me sont parvenues. Je voudrais tout de même ajouter qui si c'est là les plus vilaines rumeurs qui courent à mon sujet, alors les gens de Funan sont dénués de réelle méchanceté car j'ai déjà entendu des horreurs sur mon compte qui ferait pâlir les enfers. »

Elle eut un petit sourire avant de se perdre dans ses pensées pour rassembler tout ce qu'on avait pu lui dire du royaume des montagnes. Elle reprit alors la parole avec amusement.

« Je ne suis originaire ni de Funan et encore moins de Sizheng. Je viens d'un royaume qui se trouve de l'autre côté de vos montagnes. Par chez nous, vos deux royaumes sont comme un mythe, d'autant plus que vous n'avez pas de réelle interaction avec les autre royaumes. Ça ne fait que renforcer les fables qui se murmurent à vos sujets, et elles sont très éloignées de votre véritable histoire. Les histoires diffèrent plus ou moins celons les régions alors je vais vous conter celle que l'on dit chez nous et ses quelques variantes dont je me souviens. »

Elle se tut un instant, pour s'assurer d'avoir les bons mots et de n'avoir rien oublié et pris une inspiration avant de se lancer dans son récit d'une voix claire et assurée.

« Par chez nous, on dit que ce ne sont pas des mortels qui peuplent les royaumes de Funan et Sizheng car il est de commune croyance que seuls les dieux et ceux qui peuplent leurs royaumes auraient idée de se faire la guerre pendant près de cinq cent longues années. Cette idée est d'autant plus accentuée que vos deux royaumes ont une interaction avec les autres royaumes quasi inexistante. Il est vrai qu'il aurait été victoire facile si l'un ou l'autre avait demandé aide et alliance à un royaume voisin mais vous avez chacun préféré rester entre vous même en temps de guerre. Il s'en va de dire que vous êtes plutôt a part et donc regardés d'un œil à la fois curieux et méfiant par vos voisins. Mais revenons à l'histoire... Nous connaissons bien votre histoire, celle de la fin tragique des deux souverains amants mais séparés par la rivalité qui régnait entre leur royaumes respectifs et dont la mort acheva de déclencher la guerre qui semblait menacé depuis toujours. A vrai dire, beaucoup s'étonnaient que de guerre il n'y avait pas encore eu avec cette rivalité pesante. Ainsi, si certains craignait pour leur tranquillité, ne voulant pas se trouver mêler aux conflits de ces deux royaumes mystérieux, d'autres, mal intentionnés, proposèrent alliance à l'un ou l'autre des royaumes. En effet ma Dame, il est également cette croyance celons laquelle Funan et Sizheng furent établis par les dieux pour protéger un merveilleux trésor qu'ils avaient caché là. Les cupides pensaient donc qu'en s'alliant avec un des royaumes pour se débarrasser de l'autre ils pourraient obtenir une partie du fabuleux trésor et d'autres plus sournois imaginait qu'après avoir fait tomber un des royaumes, ils se retourneraient contre leur allié pour s'emparer du soit disant trésor tout entier. Que de sottise, mais ça montre bien toute la laideur des hommes. Bien sur aucune alliance ne fut faite et vous savez à quoi à présent, vous avez échappé... »

Le ton de sa voix, tout comme son sourire ne cachaient pas son amusement quant au récit qu'elle contait à la princesse. Elle tourna d'ailleurs un regard amusé et entendu vers elle pour énoncer sa dernière phrase avant de les détourner à nouveau pour reprendre son récit.

« Oh, et savez vous que dans mon ancien royaume votre histoire s'est oubliée au profit d'une autre des plus farfelue? Une histoire celons laquelle le peuple de Funan est en réalité une horde de créatures des montagnes peu sympathiques, un peu lourdauds et pas toujours très intelligents, dirigées par des géants méchants comme tout et d’une absolue laideur. En suivant cette idée, ce qui aurait déclenché cette longue guerre entre vos deux royaumes, serait la jalousie maladive qu’éprouveraient les gens de Funan à l’égard des habitants de Sizheng. Le peuple de Sizheng serait celons les dires, des enfants de l’eau de grande beauté et élégance, doté d’une grâce et d’une intelligence divine. Apparemment leur voisins montagnards ne supportait de voir cette beauté leur faire face alors qu’ils étaient si laids et décidèrent donc que si ces déplaisante créatures des eaux disparaissaient, il n’y aurait plus rien, ni personne pour leur renvoyer leur défaut dans un miroir. Et c’est ainsi que la guerre débuta. Ridicule n’est pas ? Le seigneur de Funan est dépeint comme un géant a trois yeux et deux paires de bras et la princesse un cyclope de glace, avec une bedaine trop large et une haleine putride qui ferait fuir l’enfer. Autant dire que vous passez pour des monstres sanguinaires. »

Elle s’arrêta de parler un instant pour étouffer un rire amusé dans la manche de sa robe en soie qu’elle avait placée devant sa bouche. Elle sembla ensuite réfléchir avant de reprendre la parole.

« Ce mythe qui n’étais plus que raconté parmi la noblesse pour se distraire, fut ravivé lorsqu’il y a deux ans, une trêve fut signée entre Funan et Sizheng. On murmura alors qu’il s’agissait en fait d’un mauvais tour des êtres des montagnes. Il est dit qu’en fait, Funan aurait prit en otage un des enfants de l’eau et qu’impuissant le peuple de Sizheng ne pouvant libérer leur camarade durent se plier aux exigences de leur ennemis. Voyez, les gens par chez nous ont la langue aiguisée et mauvaise car ce récit est empli de méchanceté à l’égard de Funan alors que jamais de mauvais sang il y eut entre nos deux nations… A présent vous vous demandez sans doute ce que je peux bien faire ici avec toutes ces horreurs qu’on m’a dites à votre sujet ? Je vous l’expliquerais après et si je puis ajouter une chose, si je fus un tant sois peu superstitieuse, je me trouvai alors bien déçu de découvrir des hommes et des femmes tout ce qu’il y a de plus commun. »

Elle regarda à nouveau la princesse avec un sourire et laissa un petit silence passer avant de reprendre.

« Ceci, c’est ce que l’on dit de vous de l’extérieur. De ce que j’ai pu entendre de vous au sein de Funan, et bien… autant l’histoire précédente fut amusante, autant les rumeurs qui cours sur vous sont pour beaucoup aussi déplaisante que celle à mon sujet qui vous chagrine ma Dame. Puisque tel est votre souhait, je vais également vous faire part de ceci, mais sans doute en avez-vous déjà entendu beaucoup. »

Elle se tut à nouveau, cherchant par où commencer. Des rumeurs sur le dirigeant de Funan et son entourage proche ne manquaient pas, et celles qui lui étaient parvenu n’étaient pas enrobées de soie mais de poison. N’eut-elle été habituée aux bien plus viles encore de son ancien royaume, elle aurait été choquée des critiques et rumeurs de faits graves qui courraient de-ci, de-là. Quand elle eut trouvé ce qu’elle voulait dire, elle reprit la parole avec un ton sérieux, tranchant avec l’air léger et amusé du précédent récit.

« Hum, si vous me le permettez, je vais commencer avec ce que j’ai entendu sur votre frère, le Seigneur de ces terres. Il est dit-on, homme bon et droit ainsi qu’un seigneur juste. Les femmes murmurent qu’il est beau et que cependant il a encore à prendre épouse. D’ailleurs les rumeurs à ce sujet vont bon train et semble presque toutes liées à la trêve d’il y a deux ans. Il semble que cette trêve déplait à beaucoup, car il semble malheureux de dire que cette guerre entre vos deux royaumes semble profiter à trop. Je pense que c’est à partir de ce moment que toutes ces rumeurs à vos sujets ont commencé à s’élever comme un brasier affamé. Pour revenir à votre frère, le reste des rumeurs sont moins flatteuses. Il est dit que la véritable raison de cette trêve serait que le Seigneur se soit épris lors d’une visite à Sizheng d’une de ces gens. Certains disent qu’il s’agit d’une femme à la rare beauté, d’autre d’un homme et certain même prétende qu’il s’agit d’une des célébrités de l’opéra de Sizheng. Que se soit vrai en parti ou non, je pense qu’il ne s’agit que de mauvaises langues qui associent la trêve avec un soi-disant amant du roi. Et quand bien même notre Seigneur eut un amant à Sizheng je doute fort qu’il est si peu de discernement qu’il demanderait une trêve au nom d’un amour à l’équilibre fragile. Vos frère n’est surement pas homme à prendre sont rôle de souverain à la légère. Pour revenir aux rumeurs, on lui prête un autre amant, son premier ministre mais cette rumeur à tendance à être ténue ces jours. Ensuite, les plus méchants disent que votre frère veut profiter de la trêve pour vendre Funan à Sizheng et les plus médisants ajoutent en échange de pouvoir garder son amante ou amant de Sizheng avec lui… On dit aussi que notre Seigneur avec ses idéaux de paix, ferait la ruine du royaume. Pourtant, que je sache, ce n’est pas la première trêve qu’il y eut entre vos deux royaumes et si celle-ci semble durer c’est peut-être que les souverains ont des manières de penser différentes de leur prédécesseur car les vieilles rancunes ont la vie dure. Il suffit d’écouter les murmures pour savoir à quel point cette trêve déplait… Mais les trêves bâties sur cinq cent ans de guerre sont fragile comme la feuille au vent d’automne… Un rien et tout peut partir en fumée, je ne le sais que trop bien. »

Elle fit un geste vague de la main, le regard lointain avant de reprendre.

« C’est à peu près tout ce que j’ai entendu sur votre frère, quand aux vôtres, elle sont plus nombreuse et moins plaisantes, mais je vais tenter de résumer du mieux que je puis. On dit de vous que vous êtes femme aux pensées inaccessibles, froide mais belle comme la glace. Il est de notoriété publique que vous avez perdu votre époux à la guerre, il y a trois de cela. Après, le reste est moins charmeur puisqu’on fait de vous une comploteuse manipulatrice comme une vipère. Vous comploteriez pour prendre la tête de votre frère dit-on, il est même parfois ajouté que vous feriez ça de concours avec le premier ministre. Certaines femmes de la cours, disent que vous souhaiteriez le retour de la guerre car, vous voueriez une haine viscérale à nos voisins de Sizheng qui vous ont enlevé votre époux. Oh, et avez-vous déjà eu vent de la dernière rumeur des plus folle qui coure à votre sujet ? Je n’en ai moi-même eut vent qu’hier, mais on murmure que vous auriez vendu vos faveurs à des généraux de Funan pour que ceux-ci vous aide dans votre complot contre votre frère. Il est déjà des rumeurs que certains généraux et stratèges auraient des idées de rébellion car il semblerait qu’on les ait aperçu à Chenlan pour comploter. Ce sont la des accusations plus grave encore que celle qui pèse sur ma tête… »

Elle se tut à nouveau pour reprendre la parole.

« Je crois que j’ai dit l’essentiel de ce que l’on a pu me souffler… Et, si vous me le permettez ma Dame, j’aimerais ajouter quelque chose de ma propre observation. Beaucoup disent que vous avez su garder la tête haute malgré ce tourment… Moi, je vois surtout une femme profondément blessée… J’ai moi-même connu la douleur de perdre son époux, très récemment et je sais, qu’il s’agisse d’un mari ou d’un autre proche, quand ils disparaissent, il emporte une partie de nous avec eux laissant un vide… un douloureux vide… Oh! Pardonnez-moi, j'espère ne point vous avoir offensée! »

Elle garda le silence à nouveau, plus longtemps cette fois et laissa la mélancolie la gagner. Puis, reprenant ses esprits, elle reprit la parole car, son récit n’était pas terminé, il y avait encore une chose qu’elle devait dire à la princesse de Funan.

« Je vous ai dit avant que je vous dirais la raison de ma venue à Funan en espérant apaiser votre esprit à propos de cette rumeur… Et bien je vais vous conter, car après tout je n’ai rien à cacher à mes souverains. »

Elle prit une inspiration et décida de se lancer dans son récit. Elle n’aimait guère parler d’elle, mais comme elle l’a dit, un sujet n’a pas de secret pour son souverain. C’est ce qu’on lui avait appris et elle-même était d’accord sur ce principe.

« Je suis née dans un royaume voisin à Funan également, en tant que fille du Premier Ministre du royaume, mais je n’y ai vécu que jusqu’à mes huit ans car en une nuit j’ai tout perdu. Ma famille, mon foyer, mon royaume, l’innocence de mon enfance. Un royaume voisin nous attaqua en traitre et en une nuit, la capitale ou je vivais alors fut réduit en un tas de cendre fumante de désespoir et d’horreur. Nos alliés sont arrivés trop tard pour éviter le massacre total et ce fut leur premier Stratège qui me trouvait parmi les trop rares survivants du désastre et m’adoptait. C’est au palais de mon nouveau chez moi que je fis la connaissance du prince et de la princesse, des jumeaux de trois ans mes ainés… sans que je sache pourquoi, la princesse semblait s’être mit en tête de faire de moi son amie à une époque ou je ne voulais personne à mes côté, un temps ou j’ai haïs le monde pour la première fois. Finalement, les efforts de la princesse portèrent leurs fruits puisque nous devinrent les meilleures amies qui soient et nous passions beaucoup de temps avec le prince du moins, à chaque fois que l’on pouvait échapper à nos précepteurs respectifs. C’est étrange, bien qu’ils fussent jumeaux, ils étaient très différents. La princesse est vive comme une pie tandis que lui, était calme… »

Elle se perdit quelques instant dans ses souvenirs avant de reprendre la parole pour continuer son récit.

« A treize ans, je commençais mon apprentissage laborieux pour devenir Dame de cour. J’étais studieuse car je devais bien cela à l’homme qui m’avait adopté, devenir une femme qui puisse faire un beau mariage qui lui fasse honneur. J’étais sous la tutelle d’une de ses vieille amie qui, était considérée comme la troisième dame de la cour après la reine et la princesse. Elle était très exigeante mais elle m’apprit beaucoup et lui en suis des plus reconnaissante de m’avoir pris sous sa tutelle car il est dit qu’elle ne s’intéressait qu’aux filles qui promettaient les meilleurs mariages. J’étais flattée pour ceci mais aussi par ce qu’elle me disait parfois qu’elle était fière de moi. Elle était un peu comme la mère que je n’avais plus. Bientôt, beaucoup espérait pouvoir conclure un mariage avec moi et mon père adoptif semblait des plus heureux. S’il était content, alors j’étais moi aussi satisfaite. Je passais toujours mon temps libre avec la princesse et voyait un peu moins souvent le prince car il était appelé à gouverné un jour alors son éducation était plus stricte. C’est durant mon seizième anniversaire que se produire deux évènements majeur. Le premier, fut le prince qui se déclara à moi. Je ne lui répondis pas tout de suite car de toute évidence, trop de chose aurait rendu toute liaison entre nous impossible. Pourtant quand j’y pense, alors que je me persuadais que je n’éprouvais rien pour lui, je suis sûre à présent que sans que je m’en rende compte, ces sentiments d’amour que j’avais pour lui, étaient déjà là. Deux jours plus tard, la reine me convoqua pour m’annoncer qu’elle allait désormais s’occuper de moi pour que je devienne la future épouse royale du prince. Deux ans plus tard, le jour de mon dix-huitième anniversaire nous fument officiellement déclarés fiancés et deux mois plus tard nous étions mariés. »

Elle s’interrompit à nouveau et son regard se fit lointain et sombre.

« Quelques mois plus tard, le même... maudit royaume qui avait anéantit le mien des années auparavant, nous déclara subitement la guerre. Le Seigneur et le prince partirent mener les troupes au front et après sept mois de combats acharnés, nous commencèrent par perdre le Seigneur. La Reine s’occupa du trône à la place de son fils le temps que la guerre ne s’achève et je devenais de plus en plus inquiète que mon époux avait pris le commandement des troupes à la place de son père, accompagner de son plus fidèle compagnon qui est également le mari de la princesse. Durant un an et demi, je n’ai pu voir mon époux que durant de trop brèves trêves servant à se réorganiser pour les deux camps. La guerre était rude et on ne semblait pas en voir la fin. Et finalement, ce que je redoutais le plus arriva… Encore une fois la guerre m’arracha ce que j’avais de plus précieux. Le prince était tombé au combat laissant le royaume désemparé mais la guerre grondait toujours. Après les funérailles de mon époux je fis part à la reine de ma décision de me retirer. Je n’ai jamais ou l’ambition du pouvoir et sans Hui Xiang, je ne voulais pas d’un royaume à gouverner alors j’ai laissé ma place a la princesse et son époux. C’est mieux ainsi car, la princesse de sang du royaume avec un époux encore en vie et ayant tout les requis pour être seigneurs, sont bien plus digne du trône qu’une étrangère au royaume comme moi. La reine fut déçu de ma décision mais me laissa partir et je partis pour Funan, par curiosité et puis parce que je savais qu’ici on ne viendrait me déranger car les gens de chez moi évite vos royaumes. Vous devez vous douter de la raison… »

Elle laissa un petit sourire danser sur ses lèvres avant de reprendre.

« Je suis arrivée ici comme un fantôme en peine auquel on refusait le repos… J’ai beaucoup réfléchit. J’ai haïs le monde, je l’ai maudis une fois encore. J’ai crié et pleurer silencieusement, demander pourquoi aux dieux injustes, sans obtenir de réponse. J’ai souhaiter plonger ces engeances qui m’avaient a nouveau pris quelque chose de précieux, dans les abimes les plus profondes des enfers et qu’ils sachent, qu’ils voient avant que les ténèbres ne se referment sur eux, que c’est moi qui les y ait précipiter et que c’est le prix à payer pour leurs crimes. Puis j’ai réfléchit encore et je sais que la vengeance n’apporte rien. Elle ne ramène pas ceux que nous avons perdu e tune fois consommée, elle nous laisse vide de tout car une fois accomplie, la haine qui nous guidait jusque là s’envole avec elle. Alors comment vivre après quand tout a disparu ? Et puis, se venger reviendrait à s’abaisser au niveau de ces gens, à devenir aussi laid qu’eux ainsi, qu’à très certainement blessé d’autres personnes chère à mes yeux d’une manière ou d’une autre… L’impuissance, la frustration et le désespoir, tour à tour se sont bousculé dans mon esprit… Mais, j’ai fait la promesse d’aller de l’avant à la princesse. Cela me semblait pourtant impossible quand je suis arrivée, il y à plus d’un mois de cela et puis, … »

Elle prit une nouvelle inspiration pour achever son récit.

« Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai reçu une lettre de la princesse avec laquelle je garde contact, m’annonçant que la guerre venait de s’achever. C’est leur victoire et nos ennemis ont finalement eut le juste retour des choses en connaissant le même sort qu’avait connu mon royaume natal : l’anéantissement total et complet de leur maudit royaume. Les survivants de l’armée sont devenus des prisonniers de guerre qui seront exécutés bientôt. En lisant ces mots, je me suis sentie soulagée pour la première fois depuis longtemps. Soulagée, que toutes mes prières n’ont donc pas été veine et que justice à enfin été rendue. Soulagée de savoir que ces monstres ont finalement payé pour leurs crimes et les vies chéries qu’ils ont volés. Alors j’ai fait pu faire mon deuil… Si les blessures elles, restent et ne guériront jamais totalement, je peux cependant, à présent envisager l’avenir avec plus de sérénité et tenir cette promesse. Après tout, on ne revient pas sur une parole donnée ! »

Son récit était terminé et elle se tourna vers la princesse, un sourire empreint de sérénité et de détermination, illuminait les traits délicat de son visage. A ce moment, Lan Hua était plus resplendissante que jamais…
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Le soupir des roses qui se fanent [Lu Jin]

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